Dimanche 31 janvier 2010
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16:10
SPLEEN du passé SURREALISTE
AU-DESSUS DE LA MER
à voir
là où je suis, l’estrade vermoulue du monde éteint, sous mes bottes sales ou le repos que je pensais, et nous
contemplons, dos tournés, vaste pays, un passé révolu, lisière et plainte et fracas.
méchants remous de tourbillons gras, papiers sales jaunis.
falaises, océans multiples, mélange familier
l’eau de mer boit, paisible, le sable aux couleurs claires, rejets de vagues, tendre bonne eau, limpide, flux et
reflux
…/…
courtoisie de mes plaintes, odeur de pain chaud dans mes têtes, dossier érodé du monde érodé.
Je lis, je bois pour me détacher des idées de mort, ou de ruines antiques, parfumés d’embruns, d’ocres, algues
pourrissantes, ou triste ou sinistre, la fin morose des vignes sauvages d’où je tenais notre vin
mes vies d’être humain, puis fœtaux membres en déclin…
derrière mon dos, il y a le verger de pommes noires et d’amertume
la vie déprécie, je disais, pour une perte de temps complexe
intimement visage infime dont mes souvenances,
la marée sombre et la robe blanche ont grisonné
au miroitement de l’embarcadère ennuyeux et les
mains entre bouées et balises, en escalier vers chemins et dunes avancées et
naviguer en s’effaçant, refusant déjà les abîmes
plonger blême dans les lieux imparfaits
définir, suivant les marques, les à-coups insatisfaits
les petites morts de trop
qu’il est ridicule le temps d’hier
une danse passée sur la plage mesquine
parcelle irréelle terrasse unique
surplomb où je peux voir « en dessous »
avec le bruit d’un silence infirme
où toute graine sonne mélancolie
oeuvre photographiée (musée Kampa à Prague)
de Magdalena Abakanovic
Par frenchpeterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 21 décembre 2009
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09:52
Parvenu au bout du bout, à l’extrême tension du fil
qui casse, dans le monde d’ici et de ce jour ; voir la repousse des mélancolies, sur des drains d’ennui, sur des coteaux solitaires, et les catalyses des âmes nocturnes ; ou la cristallisation
des peines : or gaufré, vermeil, argenté comme nuages ; sereinement pencher ma tête vers l’autre aube ; la maladie des sols et des yeux clairs, la grande tentation de la dépression absolue, voire
même « et d’en finir », jambes noires opaques la grande mort extravagante fait sa gymnastique élastique dans mon crâne surchauffé ; pourquoi plaider ainsi ?
Parvenu au bout du bout, à l’extrême tension du fil qui casse, dans le monde d’ici et de ce jour ;
voir la pousse des mélancolies, sur des paquets d’ennui, sur les bocages solitaires désertés, et les catalyses des âmes coupe-vent ; ou la cristallisation des peines : or gaufré, vermeil
argenté ; sereinement pencher ma tête vers l’autre sombre ; la maladie des hommes et des yeux clairs, la grande tentation de la dépression totale, voire même « et d’en finir », jambes noires
opaques la grande mort noire bizarre fait sa cour dans mon crâne surchauffé ; pourquoi plaider ainsi ?
Parvenu au bout du bout, à l’extrême tension du fil qui casse, dans ce monde d’ici et ce jour ;
revoir la repousse des mélancolies, sur des morceaux d’ennui, sur des coteaux dépeuplés, et les catalyses des âmes féminines ; ou la cristallisation des peines : or gaufré, vermeil, gris argenté
de nuages ; sereinement coincer ma tête vers l’autre réveillon ; la maladie des sols et des grands yeux , la grande tentation de la dépression finale, voire même «d’en finir », jambes bordurées
noires opaques la grande mort extravagante fait sa cuisine dans mon crâne creux ; pourquoi plaider ainsi ?
Parvenu au bout du bout, et le fil qui casse, dans le monde d’ici et de ce jour ;
voir l’arrière-scène des mélancolies, sur des drains d’ennui, sur des falaises infinies, et les catalyses des âmes nocturnes comme amers ; ou la cristallisation des peines : or gaufré, vermeil,
argenté de nuages, engainée ; sereinement pencher ma tête d’un autre côté ; la maladie des sols et des grands yeux, la grande tentation de la dépression absolue, voire même « et d’en finir »,
jambes noires résilles la mort esseulée fait son entrecuisse élastique dans mon crâne-citerne ; pourquoi plaider ainsi ?
Parvenu au bout du bout, à la tension du fil qui casse, dans le monde d’ici et aujourd’hui ;
deviner la repousse de toutes ces mélancolies, sur mes furoncles d’ennui, sur tes coteaux desséchés, et les catalyses complexes des âmes humaines ; ou la cristallisation des grandes peines : or
cuivré, vermeil, argenté cutané ; grandement pencher ma tête vers une autre direction ; la maladie des sols et des yeux trop clairs, la grande tentation de la grande dépression, voire même
«d’en finir », collant noir opaque et jupette noire la grande mort curieuse fait son squash final dans mon crâne douloureux, désoeuvré ; pourquoi plaider ainsi ?
Par frenchpeterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
5
Samedi 19 décembre 2009
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19
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/Déc
/2009
12:37

L'APERITIF DE LA NEIGE
J’ai
Cherché à gravir l’horizon et le profaner tel un funambule, libellule heureuse
En me désenlisant des mots, j’ai voulu déconstruire mes phrases, démonter un établi
J’ai
Cherché dans ma poésie à dévitaliser mon ennui, à revitaliser ton monde
Je t’ai inventé un corps parfait, des dons d’amante
Une féminité idéalisée comme un retour de flamme ; idéalisant ces grains de peau, ces lignes de toi, ces courbes, plaies
et bosses, cet Y et ce triangle comme un résumé de mon monde sexuel, toi Elsa, Gala, ma muse
J’ai
Jeté des lettres comme des bouées, des amers épars
L’horizon ensuite je l’ai bancalisé
Je l’ai hissé en tous sens de gauche à droite, de bas en haut
Il fut un arbre sans branche
Une échelle sans barreaux
Un bras tendu
Puis une greffe de soleil pour faire « vrai » pour donner « l’impression » …
Retrouver l’horizontalité et le sens des conventions
Oublier mes sirènes dadaïstes et mes revolvers aux cheveux blancs
Laisser là les fées altruistes, les banquets paganistes
Alors :
L’apéritif de la neige est tombé aux heures crépusculaires dans une tiédeur et un silence assourdissants
Ou inquiétants dans la ville de ma naissance
Il a ainsi neigé sur la Loire, sur les iles et les bras
En oblique vental ou tout droit soudainement
Alors le vent faiblit
C’était saupoudré comme sur un gros gâteau
Du sucre glace qui me venait
J’aurais pu alors à mes côtés te dévorer sucrée
Sentir dans la chute de ta glace tes odeurs de vanillé
Tes sexes de femme en sourires
Tes éclosions en devenir
Il y aurait une sorte de grâce
Des lumières dans la neige bleue
Des étincelles humaines ou la chute de cristaux
Des reins de fée où encastrer mon sexe
Ou ton gros ventre rond enceint recevant la neige
comme des gouttes d’anges d’éternité
"allégorie de la musique et de la poésie" par Louis-Ammy BLANC
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
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Samedi 27 juin 2009
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15:04
« Celle que j’aime a froid… » Jacques Bertin
Encore une fois, il y a la sente sombre vers les sombres hivers
Les retours en arrière pour déplaire
là où la solitude et mon mal se réunissent et font la fête
La m é l a n c o l i e de l’être
- dit-on -
Aragon parlait de blondeur des blés pour tes écrins, tes mets, tes vins
Il y aurait tant à dire sur ce chant de ton corps, de leurs corps
Sur les perles, les rosées des chants de coqs , aubades d’or
Cette valse des épidermes quand j’appuie de mon front mes doutes sur ton ventre rond
Partiellement et ta voilure, ta chevelure de lin, tes galions, tes caravelles
Tes bas de laine et ton teint vif, tes mains de lait des doigts qui pèlent
Tes oranges en forme de seins dont j’ai sucé le goût comme un jus peint de blond,
Femme univers
Femme de la rue
Ma belle frangine disait Ferré
Tu es ma copine, dans la rue le soir, je fumais pour faire comme toi, et pour crier sur les toits que je t’aimais, aux amis pigeons éreintés
Dans les ruelles, les noirs chevaux derrière moi se hâtaient pour égaler ma course vers toi, mes déraisons de toi, des fusions pulsantes sur les rythmes de tes
danses et j’y croyais
Et ma course était belle
Au ralenti filmée
Déjà la peine germée
Si forte et si cruelle
Toi, ma drôle de fille
Peinte en lune
Toi qui te maquilles avec le bleu de l’eau, le vert de l’herbe, le jaune du soleil
Jupons des aubes automnales
Jupons des capricieux du matin
Tristes réveils à midi avec les bruits de la ville qui travaille, ô nous adorables fainéants
Avoir faim, alors, réveiller, reprendre conscience de nos corps
Poitrine de lait
La mer calmée
N’est-ce pas Léo ?
saison malade
Au sud de ton sexe vert oh les merveilleux nuages du centre nombrilisant de toi
Oh les vergers que tu promettais, t’en souvient-il de tes pas sur les pavés luisants glissants mouillés
Serrée à moi et nous avions ri
Je marchais comme Dylan avec mes bottes qui me faisaient mal et toi comme Suze Rotolo
On voulait devenir la pochette de « The freewhellin’ »
La devenir entièrement, retrouver cette jeunesse, cet air frais
Fidèles, fidèles excessivement nous étions
Terriblement fiers et jeunes, magnifiquement heureux dans nos parcs à deux
Glissants tels des ombres bleues
Nous étions les bons sergents de cette ville-là, de ce temps-là, de ces espoirs
C’est ta jeunesse qui doit faire crier
Cette jeunesse dans tes yeux et ton corps adolescent maladroit hésitant
Je rêvais de corps à corps violents ou de grands coups en serpette dans les âmes
Et rires de femmes
Et ta jupe, tes robes en résumé de ton féminin
Cette forme absente de ce sexe immense
Ce sexe qui manque au creux de toi qu’il faut combler
Sans cartes pour s’y retrouver
Perdu au cœur du problème
N’y voyant rien dans ce soyeux poème
Ou mensonges, encore ? mensonges affamés
Mensonges faits pour tuer, pour massacrer d’un coup ce château de cartes si patiemment érigé
Sarments savamment mis de côté pour un feu final
Il y a si lointain si longtemps
Puis ce fut le sombre, le noir, le gris sombre que je vis
Et cette absence, cette terrible absence, ce moment terrible ailleurs
ton regard a fui vers d’autres villes, d’autres champs
J’ai perdu ces moissons là dans ce vieillissement tissulaire auprès du lit
- parmi les livres -
(mes compagnons de révolte, mes deuils)
ce grand lit si vide de toi où tu as vécu
laisse des creux où la chaleur se perd
le grand trou qu’il fit en moi
dont je ne pus dire que : pourquoi ?
oh ces anciennes années que je vis maintenant en silence
- inutiles stances -
c’est comme un douloureux héritage
c’est bien demain, les temps bénis ?
oui ! c’est bien pour demain les temps bénis ?
« où tu es bien
parce que on ne nous séparera pas… » Jacques Bertin
Par frenchpeterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 18 mai 2009
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18
/05
/Mai
/2009
22:25
Où suis-je dans ce monde, où suis-je dans ton monde
?
poivrée, à cette heure matinale, ta sueur
à l’hypogastre de tes collines, je lèche, patinée peau fragile
de ta couleur noisette, il reste où ta peau frissonne
couleur d’enfant, j’étais le mage en grand
Les geysers ce matin au soleil fainéant
teintent
Les étourneaux qui strient et vrillent les cieux marron
Et puis : brûlures du soleil sur les toits endormis, protecteurs
La terre est amicale et ses gradins immenses,
immenses pour l’immensité des hommes
le sang qui fouille mal a mité mon âme
mille thèses dît-on sur les vies humaines
laiteux sentiers fissures entre les doigts aimants
en vain, en vain, vainement et flamboiement
pour lire aussi toutes ces peines brutales
et pourtant l’entrain du monde
la grande embase
et puissante d’où tout s’élève
juguler cet épanouissement
les coquelicots étaient rouge sang
et rose avant fraichement dans leur cocon
puis brunis
embuées les fleurs naissent avec minutie
Puis la césure, le monde ou toi-même coupé en deux
Histoire d’un rythme adouci
Il est resté de ma vie une marbrure jolie dans un coin du monde, orogénèse absente, signe de
mon insignifiance
Par frenchpeterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
6
Jeudi 30 avril 2009
4
30
/04
/Avr
/2009
22:09
L’homme a ce matin-là
en bouche
une diction pour finir /
Les beaux poèmes lus à forte voix ont fui dans le noir
loin dans la nuit silencieuse
Dans cette seconde moitié d’une journée si insolite remplie de dormeurs épuisés
perdant dans leurs rêves leur moitié d’humanité
Tous ces rameurs de la journée
ces travailleurs obligatoires
qui depuis longtemps ont perdu une partie du sens de leur vie
Il n’est pas de littérature, ni de corps en sueurs, ni de lointains voyages
Au mieux quelques musiques, ou quelques traits de couleur
pour émouvoir
C’est l’homme de glace – dit l’écrivain – qui lit en silence loin du feu
chacun sait qu’il peut aimer, il en est capable, il suffirait de peu de choses
la chute, Bertini, 1965
Par frenchpeterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
2
Samedi 14 mars 2009
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14
/03
/Mars
/2009
19:44
Le corps calmé par ces pas incertains,
le vent assommé de bourrasques,
au dehors les grands pins et leurs verts aggressent
profèrent force et indifférence au genre humain
ils sont comme des stalles pour diriger mon chemin,
un pavage naturel, un lien, un lieu pour m’aider
Il y a dans dans cet air où
le ciel parfume
des odeurs d’infini
des idées d’homme complet
ou des « idées de révolution »
L’homme perçoit ces nuages-là comme des amers
nuque pliée au sol, puis regard aux cieux
L’attente incertaine des dieux imbéciles est douce-amère
Ne restera que le silence du vent dans le grand silence humain
Et la difficulté de se construire seul, isolé du reste humain
Et pourtant je ne suis pas un corail, et ma solitude est donc sans faille et totale
Les grands pins tremblent dans le mistral sans fin
Par frenchpeterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
2
Mardi 23 décembre 2008
2
23
/12
/Déc
/2008
21:47
les racines
les terres
les cieux ou les gouffres immenses
il faudra reconnaître découvrir
travailler
chercher dans les creux et trous
écarter les bras
ne pas se noyer basculer dans le vide en arrière
bras ballants gesticulants
ressentir ces sensations de vide
définir la vie comme une vaste lacune
l’amertume du vide en nous
qui nous ronge nous nourrit nous abreuve
le vide le vide qui nous définit nous nomme
c’est silence de le dire
le grand vide est en nous
il nous soutient c’est l’équilibre
le grand funambule dont on fermera les yeux plus tard
à la toute fin
tu dis quoi : toujours pareil ?
pourquoi ne pas vivre puisque tu vis ?
PUIS dans un grand bruit
d'une grande déglutition :
finissant ainsi la vie, tu la nommeras peut-être
Par frenchpeterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
1
Samedi 20 septembre 2008
6
20
/09
/Sep
/2008
01:57
– dis-tu – blessé à mon pampre ?
Perdu tes jeunes années, n’oublie :
Nous ne sommes plus
Le temps a passé - évoquer le passé ?
Les rivières dorées, les poissons à chercher ?
=
Le bois a durci
Les rimes ont varié, de désillusions différentes en errances vagabondes
Les cœurs si tendres jadis perlent ce jour de sévérité
/
/
Nos 20 ans d'âge jeune sont loin
Nous sommes insatisfaits
Nous voulions plus avec nos yeux frais
Mais c’est ainsi de tous, le temps écarte les idéaux
Passe – peu importe – un autre temps
celui où il faut consolider
Les failles lézardent le beau poème
Celui qui disait « boy meets girl »
Dans des lueurs adolescentes
Les éclairs, la fulguration, les découvertes inventives, les blagues sans cesse renouvelées
Tes sourires de 18 ans
C’était l’orée
C’était à découvrir, le corps des autres, entre autres
et tant de paysages !
Casse casse ce qui reste, parfois le feu la lumière – au centre – se reforme
Fouille fouille dans les débris et flammèches comme un orpailleur
Cherche cherche dans toutes ces photos celles qui te rassureront
Ma tête hispide toujours est ma seule réponse
Mon regard ahuri encore devant tout ce monde
Air hagard d’encore rien comprendre à cette farce
(image volée sur le site d'Haruki Murakami)
Par frenchpeterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
3
Mardi 1 juillet 2008
2
01
/07
/Juil
/2008
11:33
Magritte / "La clairvoyance"
j’avais des droits d’auteur sur toi qu’on dit incorporels
je m’en souciais
en errance ou en errements
les vapeurs du lit
une envie d’en finir
de s’endormir à jamais en boule
gentils hérissons soyeux
en chairs douces et parfumées
odeur de douche et de savon
un soupçon d’indéfini
incompressible incompréhension d’un toi d’un moi
de ce couple de deux ce perlimpinpin
dans le lit froid
ton corps chaud ton dos tes fesses
je suis venu me caler dans tes creux pour conjurer ce froid
tu dormais déjà
épuisée de tant d’images
un couple que nous formions
une éternité dans la lenteur du mouvement des corps
l’exhalaison des souffles
la lenteur du rythme costal
un type d’immobilité enfin et soudainement à réussir
réveils ou sommeils en feintes
une impression d’utilité
suis-je utile ?
désespéré et décalé
puis une éclaircie
en marge
enfin ma main comme un couvercle sur ton sexe
mon bras malhabilement immobile
terriblement la chambre est silencieuse
dans ma nuit sans sommeil
dans mes péroraisons
dans le limon de nos ennuis d’amour
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
7
Mercredi 18 juin 2008
3
18
/06
/Juin
/2008
22:13
Là
à l’orée mordorée
des aubes
Sans cesse renouvelées artifices ensoleillés
Jupons de couleur :
Le soleil naît
(un autre levant)
Je ferme les yeux et pense aux morts
Je vois et je ne vois pas le monde à naître, sans cesse, il renaît
Sans cesse, l’horizon réapparait
à l’homme perpendiculaire
L’homme distant, qui regarde, stupéfait de cette naissance
Sa verticalité l’oppose, mais c’est son humanité, du moins il le pense
La trouée des lumières donne à l’horizon
un splendide tutu carmin
Je ferme les yeux et pense à ceux que j’ai aimés
à 6 heures, à l’aube rougeoyante, celle des naissances
le serpentin des vents naissants est comme un large navire,
les narines frémissent aux premières senteurs,
l’envie de quitter les rives, de rejoindre là-bas les filles aux yeux sombres,
les paysages inconnus aux fleurs sauvages, d’autres routes
je ferme les yeux et pense à ceux que je ne verrai plus jamais
ils sont ainsi les morts : coincés dans notre mémoire,
ils y sont présents « à vie »
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : spleen "poèmes"
2
Mardi 29 avril 2008
2
29
/04
/Avr
/2008
02:12
Il y aurait la Tristesse et sa Grande Falaise
et la Femme par un désastre gravitationnel,
le tout basculerait dans de grandes obliques et grandes gesticulations
En grande panique du dieu Pan
Banales, la Femme et la Tristesse glisseraient ensemble dans
des éclats pulsés de lumière très éblouissante en flashs puissants comme des saccades spermatiques
Je ne sais laquelle chuterait la première sous un ciel totalement bleu sans croche de nuages
Un ciel de peintures, un camaïeu
Ou c’est moi qui glisse - je file - ou je tombe -
dans mes culpabilités humaines
Fildefériste gesticulant dans de grands éclats de quartz ne sachant ni où
commencer ni où finir ma vie
Recommençant le chemin pourtant épuisé du désespoir et de l’incertain
Ce chemin là même qui forme une boucle et revient sur lui-même
En friche mélancolique en silence en bruits de broussailles
En piétinements, en revirements, élongations, crispations, longues chutes de falaises
Monticules en butoir
Plus haut que le sommet on ne monte plus
D’autres disent que ces escalades ne riment à rien
rimes pauvres
La douce camarde est au bout
sexy
habillée de noire
trouvant mon déhanchement appétissant
elle déhale mon corps
loin des eaux dangereuses
les tourbillons des flaques mornes
et des ennuis elliptiques
donc,
on attendra donc,
-------------------------------------------------------
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
2
Vendredi 18 avril 2008
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18
/04
/Avr
/2008
03:48
j'attends le temps d'y voir
les brouillards
irritaient les paysages
maintenant les
arbres nus nous désignaient
les verts malins s'y mêlaient
Good Bye ma vie aréolée d'aurores incertaines
aux chapeaux de claque de la fin
Mai
ensoleillé et poussiéreux / à écarter
nous partimes fiévreux et
fiers
sur nos destriers fins comme des alumettes de poussière
Alphonse à ma gauche tremblait d'insomnie
son P.34 fidèle au poste jonchait sa main
éparpillée
nous chantions heureux le temps des cerises en changeant l'air
le soleil était vif l'air frais nos vitres ouvertes
nous fumions nos Gitanes complètement
sourds
la radio gueulait ses principes
nous foulions
ainsi le monde en pleine liberté
jusqu'où aurions nous pu nous en aller sans ces
tristes habitudes
et moi bagué toujours déambulant l'esprit vide dans ces ruelles
impossibles je souffrais de mes pas dans l'inconnu
de ces temps
des mouettes me giflaient de leur queue bariolée ;
j'espérais vivre loin de leurs nids ...
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
6
Dimanche 6 avril 2008
7
06
/04
/Avr
/2008
05:28
mon coeur s'envine, mon coeur enviné
en tête avec mon entité on a décidé
de s'entre détruire s'entre déchirer
c'est entendu dit mon coeur d'accord
dit la peine ensiforme en soi à l'envie
mon coeur s'envine, mon coeur enviné
joliesse de cette attitude joviale
pars ma jouvence indécente indécise
c'est la déprime indécollable qui colle
ainsi, ma vie incurieuse incréée vide
et mon coeur s'envine, mon coeur enviné
la peine s'incruste s'imprime indélébile
ma vie d'inélégance inepte inemployée
laisse courir son sang hors d'elle hors
et je meurs moussu de malheur bien mûr
et mon coeur s'envine, mon coeur enviné
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
3
Samedi 1 mars 2008
6
01
/03
/Mars
/2008
16:28
Elle dit :
(elle parlait) …
…/… dehors
(je regardais dehors)
le vent courbait les branchages
violemment
…/… elle parlait fort
je n’écoutais plus
dehors : le vent courbait fort
les branches, les hanches des arbres
les racines piétinaient
attendant la fin des discours
les branchages
…/…
elle se tut au silence clair
enfin seulement (et seulement)
je pus voir ses yeux clairs
ses joues blanches
elle put voir également (et enfin)
mes larmes claires
tout en regardant les branchages (dehors)
je pleurais notre séparation
en serrant les poings, mordant les lèvres
elle comprit trop tard ce qui nous liait
moi, je regardais les branches, nous pleurions
chacun isolément
…/…
quand les larmes se turent
le vent baissa
elle se rhabilla
ce fut enfin en grand silence
qu’elle quitta la chambre
en larmes nous deux
j’entendis le frottement de ses hanches
et la laine de sa robe
comme des branches
dehors :
je regardais les branches
violemment
les pleurs du vent
ruisselaient sur les branches
moi dehors, je regardais les branches
violemment
et fixement
Par frenchpeterpan
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Publié dans : spleen "poèmes"
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