ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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B o n j o u r !

je vous souhaite un bon passage


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."

Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux



écrivez moi si vous le souhaitez :      

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)
______________________________________________

 

Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /2010 11:28
Sans doute un des premiers poètes a avoir fait un enregistrement de lui-meme en train de lire un de ses propres poèmes... en 1892 ! (4 vers de "America"...)
c'est ici : 
Whitman
  
Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Vendredi 13 août 2010 5 13 /08 /2010 11:53

    Raymond Radiguet est mort très jeune de la typhoïde, à 20 ans et 6 mois. Né en 1903, il eût une vie fulgurante. 3 jours avant de décéder, Cocteau recueille quelques mots : « Ecoutez, écoutez une chose terrible. Dans 3 jours je vais être fusillé par les soldats de Dieu. …/… L’ordre est donné. J’ai entendu l’ordre. …/… Il y a une couleur qui se promène et des gens cachés dans cette couleur. »

    Raymond Radiguet laisse 3 œuvres seulement vu son grand jeune âge :
* un recueil de poésie écrit entre 14 et 17 ans
* un roman « Le diable au corps » écrit entre 16 et 18 ans
* un second roman « le bal du comte d’Orgel » écrit entre 18 et 20 ans !

    On est stupéfait de cette précocité rimbaldienne ! J’aime tout chez cet auteur et ses poésies et les deux romans, et j’ai été particulièrement impressionné par le « bal du comte d’Orgel ». le roman n’est pas terminé à la mort de Radiguet et c’est Cocteau qui fignolera la fin mais en suivant les indications de son jeune disciple ("Cet élève qui devint mon maître"). C’est visiblement une autre version de "la princesse de Clèves", mais l’originalité est telle qu’on oublie rapidement ce parallèle ; « Le bal du comte d’Orgel » parle encore de ces fameux sujets qui m’intéressent :  la raison et la passion, les amours impossibles, le désir et la fidélité, l’amitié et la vertu, les études psychologiques … Le classicisme extrême de l’écriture de l’auteur peut surprendre vu l’âge de l ‘écrivain et peut paraitre un peu suranné, démodé, surtout quand on connait l’aspect très moderne et surréaliste de ses poèmes, un net côté avant-gardiste. Et pourtant l’utilisation du l’imparfait du subjonctif ne dénote pas dans ce court récit qui montre les méandres du cœur.

    Chaque phrase de Radiguet, quelque soit le contexte est pépite d’or et nul besoin de batte d’orpailleur pour la trouver !
Il laissa cette note à propos du « bal du comte d’Orgel » :
 « Roman où c’est la psychologie qui est romanesque. Le seul effort d’imagination est appliqué là, non aux évènements extérieurs, mais à l’analyse des sentiments.
Roman d’amour chaste, aussi scabreux que le roman le moins chaste. Style : genre mal écrit comme l’élégance doit avoir l’air mal habillée.
Côté « mondain ».
Atmosphère utile au déploiement de certains sentiments, mais ce n’est pas une peinture du monde : différence avec Proust. Le décor ne compte pas. »


    Gide dira grand bien de ce court roman : « Extraordinaire pureté de ce livre ; presque excessive. Cela tient de la gageure et de l'acrobatie. La réussite est à peu près parfaite. Bien supérieur au Grand Meaulnes.... »

«Les manoeuvres inconscientes d'une âme pure sont encore plus singulières que les combinaisons du vice.» RR in le bal du comte d'Orgel











Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Vendredi 13 août 2010 5 13 /08 /2010 09:50
lasse l’eau vif argent qui peint

le ruisseau descendant
torrent lacrymal et veines bleutées par le froid
je disais
je ne sais plus
au vent dehors les grands arbres fouettent
le grand vent glacé et un froid blessant
d’hiver gris et sombre endormi
 et neige cassent branches
craquements et eau glacée

le froid s’est installé ainsi
entre chacun de nous
comme une faille ouverte sur d’autres terres
le monde aurait pu se détacher du monde comme un
ballon, la terre partirait au loin
au loin sous d’autres climats enchantés
au loin

pour une autre espèce d’homme
définitivement nous ne participerons plus à cette « terre-là »
Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /2010 20:36

        Je voudrais vous parler ici d’un écrivain singulier, peu connu et pourtant un de ceux que je considère comme un écrivain majeur : Jean Reverzy.

    Jean Reverzy est né en 1914, mort en 1959 à 45 ans. Il perd son père à la guerre alors qu’il n’a que 18 mois, lorsqu’il aura 4 ans il recevra la croix de guerre de son père délivré à titre posthume lors d’une cérémonie militaire. Imaginez la scène.
    En 1932 il commence des études de médecine, en 1940 il est obligé de démissionner de sa fonction d’interne pour attitude non conforme (propos et écrits anti-pétainistes).
    Il se mariera très vite et très mal, cherchant très rapidement à divorcer, or les nouvelles lois de Vichy interdisent le divorce et sa première femme ne cessera de le harceler durant toute sa vie (« un cas unique » dira un expert de la jurisprudence), cette dernière ayant une partie de sa famille dans le monde religieux, Reverzy deviendra brutalement très anticlérical et anti-théiste. En 1943 il est arrêté par la Gestapo puis relâché ; en 44 il rejoint le maquis dans la forêt de Tronçais. De 1945 à 1952 il partage son temps entre son métier de médecin généraliste (installation dans un quartier pauvre de Lyon) et ses voyages. En octobre 1952 après plusieurs mois passés en Océanie (un rêve d’adolescent et une passion pour Gauguin) et poussé par des angoisses sur la maladie et la mort, il se met à écrire.



Son premier roman est publié en 1954 « Le passage » chez Julliard ; c’est un succès immédiat, couronné par le prix Renaudot, Jean Reverzy a 40 ans passés. Le livre est maintes fois réédité.

En 1955 après des voyages en Hongrie et en Roumanie, il rompt avec le PCF.
En 1956 il publie « Place des angoisses », roman « lyonnais » où le narrateur est le médecin que sans doute Jean Reverzy est. Le succès est moins au rendez-vous.

En 1958 il publie son troisième livre « Corridor », roman inquiétant et expérimental mais qu’on ne peut pas relier au nouveau roman qui voit jour ces années-là. Il se lie d’amitié avec Charles Juliet, ce dernier lui consacrera un livre d’ailleurs. C’est à nouveau un relatif insuccès.

En 1959, il participe à un meeting pour la paix en Algérie, il meurt brutalement le lendemain, à 45 ans alors qu’il s’était atteler à « La vraie vie » roman écrit pour sa mère qu’il savait condamnée par un cancer. Il n’aura écrit « que » 4-5 ans.


    J’aurais pu vous parler du « passage » livre remarquable. Suite à une crise existentielle et un malaise profond où des idées de maladie mortelle le hantaient, Reverzy décide de partir en Océanie. Il voit cela comme une solution thérapeutique, en outre depuis l’adolescence il rêve de ces îles-là. Il sera déçu du voyage, et l’écriture sera la seconde étape de son voyage polynésien. Reverzy s’inspire de l’un de ses patients pour inventer le personnage de Palabaud, il puise aussi dans sa propre hypochondrie. Ce long récit magnifique parle de la maladie et de la mort ; sentant la mort proche, Palabaud veut regagner sa ville natale Lyon pour y mourir, il y rejoint son ancien ami médecin – le narrateur.
    Bien sûr, résumé ainsi cela est insuffisant, il s’agit bien de découvrir le passage entre la vie et la mort, l’écriture serait l’un de ces passages ; mais aussi encore la notion de « présence au monde »  si chère à Reverzy et à tant d’autres écrivains. Enfin bien sûr la qualité d’écriture de Reverzy qui rappelle un peu celle de Camus, une écriture rythmée, riche, brillante, très ample.


        Si « Le passage » est un livre extraordinaire, « Place des angoisses » n’est pas de reste, il y a d’ailleurs une continuité : on retrouve le médecin narrateur, son cabinet, la ville de Lyon, le Professeur. Alain Gerber dira cependant que même si Reverzy a composé deux fois le « même livre », il n’est guère possible de produire deux textes aussi différents. 
        Ce livre m’a toujours intrigué et perturbé, d’abord parce qu’il parle d’un métier que j’aurais souhaité parfois être mien (soigner des êtres humains, améliorer leurs conditions), d’autre part il parle de choses qui me sont chères : la mort, l’humanisme, l’empathie, la grandeur et la frivolité des êtres vivants, les indécisions de nos propres existences.
    Cela pourrait être la vie résumée de Reverzy : une sorte d’initiation médicale, le narrateur – médecin – espère devenir un « grand médecin hospitalier », il deviendra médecin des ouvriers et des pauvres dans un quartier triste de Lyon au nom ironique : « Sans-souci ». C’était la médecine d’autrefois, celle des années 50, bien pauvre en ressources techniques, mais si riche en humanisme ; même si le portrait que fait Reverzy d’un grand ponte lyonnais montre cependant les écarts monstrueux de cette médecine-là.
Dans ce grand roman on y parlera encore de la maladie, de la mort, des médecins, mais c’est aussi d’une méditation sur la vie et la mort, sur la pauvreté et les choses essentielles ; et tout cet aspect fusionnel est très bien décrit et révélé. On y sent là une humanité et une authenticité qu’on sait désormais révolues, d’un autre monde, d’un autre temps ; et puis la mélancolie des grandes villes, la solitude de l’homme dans son mysticisme laïque. Jean Reverzy était un écrivain exceptionnel.


Alain Gerber à propos de « Place des angoisses » :
« Vivre, c’est être poussé dans le dos par un violent harassement qui ne connait ni trêve, ni fin, ni remède – que la mort. Semblables au narrateur de ce livre, nous sommes tous peu ou prou des « épuisés infatigables ». Et voici, objet unique et scandaleux dans le panorama littéraire universel, le sublime roman de l’exténuation. »

De Jean-François, son fils : «  Reverzy s’engage, sans jamais l’affirmer, sur la voie d’un mystique laïque : son objet est sans cesse répété et clairement défini. La voie négative qu’opère l’acte d’écrire lui permet d’en retirer du réel la forme humaine et de peindre par les mots la pure présence du vivant, ou plus simplement du phénomène humain et de son passage entre vision et parole, regard et lettre.

    "Que m’importait d’ailleurs la mort des autres ! je commençais de connaitre la mienne : elle était au bout de ma longue patience. Et déjà, fort de mon expérience, m’adressant à un auteur à venir, hésitant devant sa première phrase, fraternellement, je lui donnais mon conseil : « Vous voulez écrire, apprenez à mourir. »

A l’heure d’une certaine régression de la forme romanesque, Jean Reverzy nous ouvre toujours une voie nouvelle et à accomplir dans ces lisières du verbe et du silence, de la noèse individuelle et de son parcours solitaire et d’une métanoèse qui crée un nouvel espace.

"Derrière moi il n’y a rien
En moi il n’y a rien
Devant moi, rien.
Quand j’ai voulu devenir écrivain, il a fallu que je me crée de toutes pièces un univers intérieur à partir de mon néant, pour le projeter sur le néant de la littérature."

Ce néant est un océan fertile, immense, inachevé et inachevable…

Enfin un passage de « Place des angoisses », de ces passages-là, une fois lues qui ne vous quittent plus guère.


« De même que le repas que m’offrit le professeur Joberton de Belleville, événement singulier de ma jeunesse, ma visite à Dupupet reste pour moi un sujet de méditation, d’étude, d’étonnement et parfois de crainte. Ma mémoire l’a simplifiée en quelques faits : ma brève attente dans les ténèbres où brillait la plaque de cuivre, l’exploration du bois rugueux, puis ma marche hardie, le début de la phrase immense accompagnant mon dialogue avec Dupupet, le silence soudain, l’auscultation du vieux mâle dont le thorax, frappé par mon index, résonnait comme le bois léger de la porte. Enfin le contact obscène et tentateur des trois billets. En me remémorant tout cela, il m’arrive de penser qu’une science est encore à naître qui se préoccupera de l’approche des vivants, de leur contact, de leur retrait, des mouvements de leurs corps et de leurs membres. Science qui serait celle de la solitude de l’homme et, par là, celle de l’homme même : c’est pourquoi elle n’ a encore tenté personne. Et le rêve seul est permis devant le mystère des forces qui attirent les êtres, les éloignent ou les immobilisent face à face, cependant que la pensée se contente de cette observation, sans conclusion ni profit pour l’intelligence, de sons articulés, de signes écrits, de gestes, de décharges, de regards, grâce auxquels semblent communiquer les âmes.
Je mourrai sans satisfaire la curiosité qui m’a tourmenté ; mais la curiosité vaut par sa seule existence ; ses questions n’ont pas besoin de réponse. Je ne saurai jamais pourquoi, après avoir frappé à la porte de deux êtres qui s’appelaient Dupupet, une heure durant je leur parlai, je le écoutai, je leur fis signe , alors que, sans paraître m’entendre et cependant en parfait accord avec moi, ils modulèrent le chant de leur langage. Après avoir pénétré dans l’intimité des vieillards, avec une facilité si grande qu’il me fallut des années de réflexion pour m’en étonner, je ne sentis plus de même : il y eut de ma part un progrès, non de compréhension, mais d’attitude. Je crois que la pauvreté de Dupupet, proche de la mienne, n’y fut pour rien ; mais le changement était en moi.
Je m’étais trouvé près d’un vieillard endormi, je l’avais réveillé ; nos voix s’étaient levées pour proclamer notre alliance, pendant que derrière nous une femme se signalait par une phrase sans fin. Je ne voulais rien comprendre, parce que rien d’humain ne se comprend, mais j’avais trouvé ma place au milieu des hommes. »



les oeuvres complètes de Jean Reverzy /
dans l'excellente collection Flammarion

à lire absolument !

Par the very famous french peterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Mercredi 11 août 2010 3 11 /08 /2010 20:51
Clovis Trouille : peintre libre

« Chers amis, tournez le dos aux écoles, n’adhérez qu’à vous-même. Chaque artiste a son secret en lui qu’il lui faut découvrir. » CT

Clovis Trouille Acte Sud 2003 par Clovis Prévost  

 


    Non-conformiste, anticlérical, anarchiste, antimilitariste, Clovis Trouille avait tout pour me séduire. Pourtant ses peintures sont peu connues, rejetées jadis par une critique qu’il n’aimait pas lui-même et aussi par la bourgeoisie qui jugeait ses œuvres trop érotiques, trop subversives et trop anti-curés.
« je rejette la morale de la société bourgeoise, l’imposture de sa religion, la morale de ses curés, son patriocularisme, je désire au contraire une société sans frontière. » CT


    Ce fut donc en « solitaire inclassable » que Trouille passa ce siècle (1889-1975). Il ne se dirigea ni vers une étude des « arts primitifs » tel Picasso ou Gauguin, ni vers un classicisme encore à la mode. Il choisit sa propre voie, en soldat anti goupillon et anti sabre et se mit à peindre la libido, les femmes nues, la prostitution et bien sûr la mort. Pour faire un art – pour reprendre ses propres mots de « voyou, voyant et voyeur ».

    Au début tout prédestinait pour que Clovis Trouille soit un peintre reconnu, puis vint le service militaire de 2 ans , puis la guerre de 14-18, il ne sera démobilisé qu’en 1919, il dira lui-même avoir perdu 7 ans de sa vie « nous étions la génération sacrifiée, privé d’amour à cet âge. » Il espérait être un grand peintre avant la guerre et faisait tout pour ; il revint de ces 7 années de solitude, anarchiste et antimilitariste ; il continua de peindre abondamment et de retoucher sans cesse, mais pour lui la peinture était devenue « autre chose » et il ne chercha plus une reconnaissance publique. « L’on peut être certains que je le suis, érotique, et que je l’ai toujours été. Mais il me semble qu’un artiste qui ne sent pas la femme ne peut être un bon artiste. Mon œuvre est un chant d’amour à la femme, qui m’a tant manquée dans ma jeunesse (refoulement). »



Clovis Trouille aimait les nus photographiques des années 1900, ces nus en noir et blanc ; en peinture il chercha à restituer cet érotisme là de même qu’à promouvoir un couleur abandonnée des impressionnistes : le noir (voir le magnifique « mes funérailles » de 1940 où tout est noir et blanc à part la chair rose de 3 jolies créatures.)



    Riche dans son indépendance, Trouille ne suivit pas la sirène surréaliste que pourtant lui proposèrent Dali, Aragon ou Breton. Cependant pour certains, ses toiles sont bien plus « surréalistes » que beaucoup d’artistes reconnus de cette époque. Trouille n’aimait pas les idéologies. Il disait de son art qu’il était plutôt « super-réaliste ». L’utilisation de la photographie chez Picabia ou Dali qu’ils essayèrent eux de minimiser, lui Trouille la revendiqua haut et fort et sans difficultés ; en ce sens certains ont dit qu’il était peut être l’un des précurseurs du « Pop art ».

    Clovis trouille aimait donc les photographies et il fut l’un des premiers à utiliser celles-ci comme outils : soir en les décalquant, soit en les découpant, parfois même en les collant sur la toile et en repeignant dessus. Si Trouille abandonne suite à ses collages des notions de perspective, son grande originalité est l’utilisation de couleurs vives abondantes et qui pour certains pourrait paraitre presque « vulgaire ». Il n’en est rien, Trouille est un coloriste de génie. Comme le disait Cézanne : c’est la couleur qui commande. (« Quand la couleur est à sa richesse, le dessin est à sa plénitude »)

    Il vendra très peu de toiles de son vivant et ce volontairement ; il eut un métier : maquilleur retoucheur de mannequins à Paris (Maison Imans)  et dessinateur publicitaire avant la guerre ; l’art et le commerce ne vont pas ensemble disait-il.
    Trouille n’aurait peint que 120 toiles environ, mais perfectionniste, il les retouchait sans cesse ; il en donnait régulièrement à ses amis, et tous les 2-3 ans il les récupérait pour les « retoucher », souvent c’était infime, par exemple un grain de beauté sur la cuisse d’une nonne.

        Les lettres inaugurant le livre sont très intéressantes, Trouille y explique sa vie et sa peinture, son refus du monde bourgeois. Et le livre est tout entier magnifique : grand format, belles reproductions, les textes juste ce qu’il faut ; un très beau livre bien fait ; bravo à ACTE SUD et Clovis Prévost, le metteur en scène de ce très beau livre.  Acte Sud 2003.

« D’autre part, je tiens à ce côté subversif de mes œuvres, qui à mon avis fait que les peintures de cette sorte vieillissent bien. Car vous savez que le temps, la patine du temps n’adoucissent que trop la peinture.
On reste stupéfait devant l’Olympia de Manet, de penser que l’on a dû faire protéger ce tableau par la police, les visiteurs voulant le lacérer. Ce tableau, avait donc, alors, une puissance mystérieuse de « jamais vu », qui déchainait la colère. Je m’habitue à mes tableaux en les voyant vieillir et il me semble que c’est le piquant du subversif qui les sauvera de la patine du temps et de la banalité coutumière. » (1959) CT

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André Breton aussi disait de lui qu’il était « le grand maitre de cérémonie du tout est permis. »

Le poète Ghérassim Luca : « vous êtes celui qui a réussi à planter entre les cuisses du Douanier Rousseau une paire de couilles géantes. »

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Site officiel des amis de Clovis Trouille
http://www.clovistrouille.net

Article très intéressant sur le peintre par Michel Darras
http://www.numerologue.net/index.php?2007/08/25/22-exposition-de-clovis-trouille-a-amiens

très très intéressant article de Michel Debray : Clovis Trouille, John Ruskin
autour de la cathédrale de Notre-Dame d'Amiens : ici
http://m_debray.club.fr/TROUILLE%20RUSKIN/index.html

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Par the very famous french peterpan - Publié dans : peintures et peintres
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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /2010 17:35

« Les lapins, race rongeuse, se multiplient avec une rapidité  incroyable ; les poètes se multiplient encore plus vite, et pourtant ce sont des ennemis publics, une autre race de rongeurs très envahissante qui attaque sans cesse le sentiment du juste et du vrai,  pour mettre à sa place l’amour de l’ampoulé, du maniéré et du niais. »

Edmond Duranty


(lu dans l’excellent « le poète perplexe » de Jean-Michel Maulpoix, josé Corti Ed, 2002)

 

(à rapprocher des "mauvais poètes" de Kundera dont je parle dans la rubrique "théâtre")

 


 

edmond-durant-Degas

 

 

Le romancier et critique E. Duranty peint par E. Degas en 1879


Par frenchpeterpan - Publié dans : notes rapides de lecture
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Dimanche 8 août 2010 7 08 /08 /2010 20:00
" La poésie ne verra peut-être jamais les îles promises, mais elle demeure au sommet du grand mât la vigie passionnée. Elle connait les vagues par leur nom. L'équipage s'endort. Elle veille. "
Géo Norge
Par the very famous french peterpan - Publié dans : citations
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Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /2010 10:15
arbre tentant de s'échapper (en vain)
dessin de frenchpeterpan (ML)



Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes dessins
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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /2010 07:58

bretagne

 

La mer me touche de tous ses doigts
Je rêve, illuminé
Les chants musicaux flottent insensiblement et les mouettes guettent les vautours
Les dériveurs plongent et ressortent ruisselants d’essence marine
Les nuages préparent leur migration
Les oiseaux crient de joie
Et ma main se rapproche de la tienne par les sombres détours de l’irréel
Je t’aime.

Le silence se met à exister
Et la lampe de pétrole brûle près de mon corps
Derniers souffles de la flamme qui danse aux sons de l’air
Ma montre indique 23h 30 et je n’ai pas sommeil
Comme pour préserver mes minutes de bonheur, le silence m’enveloppe et la nuit est claire, à ma lucarne un phare
Et dehors, la mer bouffonne

Je suis seul et bien, mes seuls amis : ma montre, la lampe de pétrole, le phare inlassable, les craquements nets des bûches dans l’âtre
J’ai le torse nu, la nuit est belle
Le murmure pâle de l’eau et ce phare rythmique pour mes jeunes sens
J’écris le nez sur mon bloc

Un éclat toutes les 10 secondes
Pour dire l’ennui qui pousse
Je suis loin de toi que je rêve, loin de ma ville
Le phare tourne bêtement se moquant de ma vie
Dans mes songes, je vois tes seins d’alouette, tes seins de mouette
Tu es si légère, parfois, le phare éclaire des mots d’amour
Je les déchiffre, ils viennent de toi, le soleil terne et noir, l’air me manque

Mes inspirations fuient comme des poissons dans l’eau
30 jours nous éloignent
je compte le phare comme le métronome de nos séparations

je suis sur l’île de Victor Hugo
le vent souffle, un chien errant sur la plage est venu nous côtoyer
il cherche à voler les chaussures d’un ami
celui-ci est obligé de marcher le bras en l’air dans le sable froid
je disais :
la peinture éternelle
c’est le sombre sang
que ma belle fidèle
fait couler depuis 100 ans

L’air paraît mer
Et ces chevaux, ces arbres et ces tuilent flottent comme des méduses aoûtiennes, le long de la Vilaine
Le chemin est rude, mais ta main m’entraîne
Le soleil oblique nous jette
Des clins d’œil complices et les lapins qui nous guettent
Semblent vivre leur premier jour

Odeurs des mers du Sud de la Bretagne
O paysages limpides des tableaux du peintre
Il reste dans mes yeux pâles l’immense visage de la mer
Et tous ces bleus et verts, ces îlots crachats de géants
Je suis seul comme l’adolescent que je suis dans mes souffrances
Tu n’existes pas encore, je le sais
Et pourtant je rêve aux bonheurs des filles de ma rue
Regards et soupirs courtois ou non
Vous gonflez vos bustes à volonté

Vents et souffles de la mer
Rugissez vos prières
O vagues si violentes
Je suis là dans l’attente

Dans quelques semaines
J’aurai 17 ans
17 ans déjà derrière dans le vent affolé de l’enfance
j’ai l’impression déjà d’une carcasse trouée
d’un poète noir
et d’un corps chaud qui n’est là que pour brûler et mourir

 

alguesalgues2

photographies frenchpeterpan ©

Par frenchpeterpan - Publié dans : Textes de jeunesse
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Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /2010 20:57

La poétesse Lucienne Desnoues est morte en 2004.

Elle avait épousé Jean Mougin, qui n’est autre que le fils de Norge, grand poète que chanta par exemple divinement Jeanne Moreau. Elle était aussi la petite-nièce du forgeron Desnoues que l’on découvre dans le Grand Meaulnes d’Alain Fournier.
Dès l’âge de 26 ans, elle publia sa poésie.
Une anthologie personnelle a été publiée par Acte Sud en 1998.







Les excellentes éditions EPM ont décidé en 2003 de rééditer l’album magnifique de chansons-poèmes mis en musique par Jean-Grançois Gaël et Hélène Martin, le tout chanté somptueusement par cette dernière.




    Nous reviendrons sur Hélène Martin, elle est -pour moi- et avec Colette Magny ce que l’on a fait de mieux en femmes poètes-musiciennes-interprétes. C’est une femme d’exception qui a poursuivi la grande poésie toute sa vie.
Bien sûr elle a mis Genet, Giono et Aragon en musique (et en chants) : et quels disques !! On reparlera de ceux là, de cette magnificence des chants et des musiques, des orchestrations de sa voix alto divine…

Ce disque est un petit bijou, épuisé déjà. Vous pouvez par exemple télécharger ou écouter des extraits ICI.


Dans sa chanson "Liberté femme", Hélène Martin chante aussi :

« Item à Lucienne Desnoues

Et je me souviens du jour où

L'ami Lucien

Nous présenta et ce fut bien

Le plus fameux etceterra

De l'amitié sans errata. »


    Je savais le disque de Hélène Martin chante Lucienne Desnoues : (« mes amis, mes amours » grand prix de l’académie du disque français)1968 épuisé, malgré sa réédition en 1996 puis en en 2002 par EPM. Trop petit tirage sans doute et c’est bien dommage.
Quel fut mon plaisir de trouver chez un libraire un exemplaire !

    A la première écoute, quel plaisir, cela n’a pas vieilli, je revois toute la puissance et la force d’Hélène Martin . Les poèmes de Lucienne Desnoues sont eux doux et simples.

« Matines » est par exemple, une perle dans le chant et la diction pleine de pudeur d’Hélène Martin.

Matines

O mes amours, voici le jour,
Un jour de mai qui se proclame,
Un jour, qui va tout feu tout flamme,
Durer toujours.

Voici le jour fort comme quatre
Sous sa crinière de beau temps
Voici le jour bien trop content
Pour en rabattre.

Dès qu(il pointa son museau tendre
Il eut avec lui tous les coqs,
Les platanes musclés à bloc
Pour le défendre.

C’est promis, juré, décrété,
L’eau le dit, le bronze le gronde :
Il va durer pour tout le monde
L’éternité !

Laissez s’arrêter les pendules,
C’est le jour à jamais levé,
C’est le jour J, c’est le jour V
Cœurs incrédules.

Bah ! On sait qu’il déchantera.
Midi va l’assommer sans faute.
Il glissera dans l’herbe haute,
Ce fier-à-bras.

Déjà la voix des eaux s’étouffe,
Le zèle des clochers s’éteint.
On tient à l’œil ce beau matin
Faiseur d’esbroufe.

Toute mesure et tout velours
La sûre nuit guette son heure.
Hélas, il faudra bien qu’on meurre,
O mes amours.

----------------------

Hélène Martin c'est simplement :


 Le prix du Disque de l'Académie Charles-Cros, qui couronne:

 _. une première fois en 1961, un de ses premiers 33t
 _. une seconde fois en 1973: Hélène Martin/Fine Fleur
 _. une troisième fois en 1980, le coffret "Hélène Martin chante les poètes".
 _. Le Grand Prix de l'Académie du Disque Français pour "Mes amis mes amours"
 _. Le prix de l'Humour Noir pour "Ballade de Bessie Smith"
 _. Le Prix SACEM en 1986
 _. Le prix Odette Vargues (SACEM) pour l'ensemble de son œuvre en 1988
_ .Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1986

Pour voir son site ; cliquer sur son visage


Par frenchpeterpan - Publié dans : chanson poétique
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Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /2010 08:03



    Ambrose Pierce est né en 1842 (1842-1913) au sein d’une famille miséreuse et puritaine américaine, il était le 10ième enfant d’une fratrie de 13. Il fit la guerre de sécession parmi les nordistes.
    Le général Sherman donna l’ordre un jour d’attaquer sous les mitrailleuses sudistes, résultat plus de 25000 morts ! Pierce s’en réchappa et quitta l’armée, capitaine, blessé à la tête, à l’âge de 23 ans.
    Sa vie ne devait être ensuite qu’une succession d’échecs et d’erreurs … Et pourtant, il devint l’un des éditorialistes les plus célèbres et les mieux payés (en particulier par le richissime W.R. Hearst, celui dont Orson Wells s’inspira pour « Citizen Kane »). Il possédait un humour féroce et était craint (son surnom : bitter Bierce, Bierce l’amer).     Il restait pessimiste et noir, ce qui fut mal compris en 1910. Son œuvre maitresse reste : le dictionnaire du Diable avec ses 998 définitions, préfacé par Cocteau en 1955, en voici certaines :

- bonheur : agréable sensation qui naît de la contemplation de la misère d’autrui.
- égoïste : dénué de respect pour l’égoïsme des autres
- félicitations : politesse de la jalousie
- aider : faire un ingrat
- politesse : la plus acceptable des hypocrisies
- rire : convulsion interne, produisant une déformation des traits et accompagné de bruits inarticulés

    Vous connaissez sans doute cet auteur sans le savoir, c’est lui qui écrivit « la rivière du hibou » (« Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek »), Robert Enrico en fit un bien beau court métrage en noir et blanc (1962) dont on garde à l’esprit la chute brutale.



    C’est un auteur qui pratique humour noir acerbe et désespoir sombre, vous pourrez aussi le découvrir dans l’excellent «  le club des parenticides » ou « Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek et autres nouvelles » (Libretti à 1.50 €). Ce dernier livre est un fantastique plaidoyer contre l’imbécillité de la guerre et ses horreurs : « le coup de grâce » et « Chickamauga » (en indien : « la rivière de la mort ») ne laissent pas indifférents !!
    « L’humour noir, c’est la politesse du désespoir » disait Boris Vian.

    La mort de Bierce demeure aussi un mystère, en 1913 il décide de partir  en Amérique du Sud (à 71 ans !), à la rencontre des armées de Pancho Villa qu’il veut rejoindre, on perd sa trace à ce moment ; pour beaucoup cette fuite mexicaine sonnait comme un suicide caché. « être un gringo à Mexico, c’est comme l’euthanasie » écrivit-il dans une de ses toutes dernières lettres.
Bonne lecture.

Par frenchpeterpan - Publié dans : Ecrivains divers...
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /2010 10:11
Cette fille avait 0 défaut
Moi, j’avais bu 1 verre de trop
Pris mon courage à 2 mains
En deux temps, 3 mouvements
J’étais à genoux, plié en 4
Ses 5 doigts dans ma main
(je me sentais 6 pieds sous terre) :


je pense à toi 7 jours sur 7
j’aimerais faire le grand 8 avec toi
dire mon amour, preuve par 9
je sais que tu vaux 10 sur 10
tu es mon 11 tricolore à moi
mes 12 mois de l’année
mon vendredi 13 aimé
je ne veux plus chercher midi à 14 heures
depuis 15 jours je ne rêve que de toi
j’en perds la tête comme Louis 16
aurais tu 17 automnes - printemps ?
je saurai attendre tes 18 ans
ou 19 printemps comme tu le sens
20 dieux comme je suis amoureux
22 v’la l’amour qui s’amène
24 heures sur 24 je serai là
j’attendrai sur mon 31
mes 32 dents pour t’embrassant
on écoutera mes vieux 33 tours
tu seras  mes semaines de 35 heures
il y aura 36 choses à faire
ma fièvre de toi est à 40
50 manières de s’y prendre ?
des fripes des années 60
en 69 je rêve de m’étendre
ou le tour du monde en 80 jours
d’accord à 100 pour 100
j’aimerais tes 101 dalmatiens
j’attendrais 107 ans s’il le faut
pas de virage à 180°
360° vision en panoramique
365 jours par an
mes 400 coups pour toi
tu as mis dans le 1000
toi mes 1001 nuits câlines
et ton délicieux style 1900
et 20000 lieux sous tes couettes
il y aura toujours 36000 choses à faire
nous serons riches à millions
dans nos mille milliards d’étoiles en fusion




"le comptable amoureux / chanson pour Jean Bart"
Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /2010 09:26

on ne sait plus
- à un moment -
ce qui est végétal ou minéral
le vivant / du "mort"
survivre dit cette racine
malgré l'eau salée et le mistral
le minéral lui parfois imite la racine
et réclame sa part de vie
je les respecte tous deux


la nature donne à la nature des airs de résistance
survivre dit encore cet arbre
en rampant pour mieux vivre
son tronc est dur comme la pierre
incassable

ainsi se lignifier
puis se minéraliser
pour toujours vivre
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes photographies
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Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /2010 01:26


        On prend un grand plaisir à lire le dernier livre de Philippe Ségur : "écrivain (en 10 leçons)" ; c’est drôle, inventif, on suit à chaque chapitre l’évolution de l’apprenti écrivain. On rit à chaque étape, l’écriture de Ségur est efficace. Et c'est bourré d'humour.
        Comme il le dit lui-même justement, il est doué pour les titres, donc après les excellents "Métaphysique du chien" (prix Renaudot 2002 des lycéens), "Autoportrait à l’ouvre-boite", "poétique de l’égorgeur" (livre qu'on est obligé de lire d'une traite, tellement il est bien), ou encore "Seulement l'amour" titre plus classique et dont j'aime bien la couverture, voici "écrivain (en 10 leçons)",  je vous conseille vivement cette lecture réjouissante. Et les autres livres également...
   
        J'ai lu récemment aussi quelque chose d'un autre écrivain qui enfant, souhaitait lui aussi devenir super-héros, mais ma mémoire défaillante m'empêche de retrouver le livre ou l'auteur... Peut être sont ce quelques dessins aussi de Goossens, grand humoriste lui aussi ...
        En cliquant sur son visage, le site de Philippe Ségur ... bonnes lectures !

Photographie : P. Bordels

        Pour compléter ma collection, j’ai acheté aussi le seul recueil de poésie qu’il a fait paraître : « Messal » (2007), du nom du lac près duquel il habite. en voici, un petit poème :


Miroir du lac.
Deux mille rides polissonnes
en ribambelles qui tessonnent
claquent la langue

le ressac

mouille son ventre
monotone.


Par the very famous french peterpan - Publié dans : notes rapides de lecture
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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /2010 12:14

photo non truquée !

chacun a pris sa place tranquillement sur les coussins...

bon été à tous !

 

farnientechats

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes photographies
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