ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard
______________________________________________

 

Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 19:27

«Depuis des années, je recherche une manière de penser et d'écrire qui rôde autour du monde à la façon dont un chat rôde autour de son territoire»

Kenneth White (in "La Maison des marées")

 

K.White

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 08:31



le monde est en colonne de vertébres

qui du jour cache et montre les ténèbres
se dresser contre les verrous du monde
reculer tous les malheurs qui grondent

en approche vernale de tes humanités
ce vernissage de ton corps aimanté
cette rude éclaircie en rubis transparent
en ruades de tous tes corps en torrents

j'attendis de la nature
un verdict qui ne vint jamais
j'attendis de ces peintures
des soleils-levants en déblais
des impressions de verglas
soleils vernissés chocolat

impédance de mon univers vertical
vers-libriste en toute indépendance
montée des sèves en total génital
en verticalité dire toutes tes danses

homme unique seul perdu et qui observe
un vent giflant et qui donne la verve
poète verbeux en mal de bonnes rimes
avec ton corps sublime en haut des cimes

j'attendis de la nature
un verdict qui ne vint jamais
j'attendis de ces peintures
des soleils-levants en déblais
des impressions de verglas
soleils vernissés chocolat

avec des vers à foisons pleurant à verse
une cascade d'or irradiant traverse
et moi nouveau-né de vernix couvert
j'attendrais de grandir en lisière

en lisière des mondes déshumanisés
jus de vers de petit poète pur jus
tes sexes couleraient clairs en verjus
puis torrents et galets jaunes anisés

j'attendis de la nature
un verdict qui ne vint jamais
j'attendis de ces peintures
des soleils-levants en déblais
des impressions de verglas
soleils vernissés chocolat



Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 08:41
"Comment échapperions-nous à notre passé, nous qui nommons "passé"
le pauvre souvenir qui nous en est resté ?"
William Matthews

Par the very famous french peterpan - Publié dans : citations
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 22:47

 

 

L'air se réchauffant, la terre urine de l'eau et de la boue mélangées

sous sa jupe de glace

le long des cuisses d'argile, le liquide hésite dans ses sinuosités

 

détours, ondulations serpentent vers la pente, fuyant le soleil

 

flaquesglacées

 

glace1

 

glace

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 10:33

 

Emile Nelligan est un poète quebecois célèbre, il a écrit tous ses poèmes entre 16 et 19 ans, symboliste ; il souffrit rapidement de graves troubles mentaux ; interné à 20 ans ; il passa 42 ans dans deux asiles différents, n'écrivant plus rien de neuf. Certains de ses poèmes sont très connus comme ce "Soir d'hiver".

 

 

 

emile-nelligan

 

 

 

 

 

 

Ah! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé !
Qu'est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j'ai, que j'ai !

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire : Où vis-je? Où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés :
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé !
Qu'est-ce que le spasme de vivre
Ah tout l'ennui que j'ai, que j'ai !...



Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 15:29

Puisque personne ne m'envoie un ou plusieurs de ses "lieux singuliers"

je mets mon second

 

le fauteuil, le canapé "dehors", la chaise longue...

lieu idéal pour lire et farnienter, fabriquer à l'aide du soleil de la bonne vitamine D3, s'assoupir

regarder et observer les gens de passage, les oiseaux rondouillards, les chiens joueurs insoucieux, la chute hasardeuse des feuilles aventurières...

 

repos-chaise

Par frenchpeterpan - Publié dans : Lieux singuliers
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Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 22:50

 


insectes.mp3

 

 

 

Insectes

 

    M'éloignant davantage vers l'Ouest, je vis des insectes à neuf segments avec des yeux énormes semblables à des râpes et un corsage en treillis comme les lampes des mineurs, d'autres avec des antennes murmurantes ; ceux-ci avec une vingtaine de paires de pattes, plus semblables à des agrafes ; ceux-là faits de laque noire et de nacre, qui croustillaient sous les pieds comme des coquillages ; d'autres hauts sur pattes comme des faucheux avec de petits yeux d'épingle, rouges comme ceux des souris albinos, véritables braises montées sur tiges, ayant une expression d'indicible affolement ; d'autres avec une tête d'ivoire, surprenantes calvities dont on se sentait tout à coup si frères, si près, dont les pattes partaient en avant comme des bielles qui zigzaguaient en l'air.

   Enfin, il y en avait de transparents, carafes qui par endroits seraient poilues ; ils avançaient par milliers, faisant une cristallerie, un étalage de lumière et de soleil tel, qu'après cela tout paraissait cendre et produit de nuit noire.

 


 

Henri Michaux (Mes propriétés, 1929)

 

Henri-Michaux

Par frenchpeterpan - Publié dans : dictions de Michaux et d'autres...
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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 23:49

J’aurais pu dire
Quand le vent dans nos nuages
J’ai souffert dans ce chemin sans fin qui plongeait dans l’assistance
On descendait vers l’enfer
Bref j’arrêtais de lire, me mis à vivre
Je ne distinguais plus alors le réel des faux-semblants
Les choses imaginées, les choses peintes, les choses naturelles
Telle plastique de femme au buste sévère, je ne savais plus : qui tu étais?
Je m’exposais aux autres, c’était aussi une forme d’enfermement
Quand on me dit scientifiquement que j’étais fou, je devins enfin lucide
Si c’est ma folie qui fit ma lucidité
Que dire alors de ceux qui ne sont « pas assez fous »
Je m’étais coupé les mains pour arrêter d’écrire, mais
Des moignons semblaient repousser des doigts
Des doigts qui comme des serpents recherchaient des stylos
Puis je coupais mes bras, et ça repoussait aussi
Il fallait donc mes mains pour écrire, c’était mon Sisyphe à moi
D’autant plus gênant que quand le génie manque
Je ne voulais offrir alors que des moignons
Ou du moins des choses manquantes
De moi il ne resterait plus que le zeste ou la flaque
Je coupais tout alors sans même bien souffrir
Seul demeurait dans la flaque étale mon esprit abîmé
Les autres alors prétextant mon infirmité rirent de mon état humide
De mon résumé d’homme, de mes prétentions d’écrivains
Qui es-tu pour te définir dans la mare, pourquoi repousses-tu ton enveloppe humaine
Je dis : je suis fou, je ne suis pas homme, mais simple résonance du vent dans les nuages
Le tempo rythmé des battements de mon coeur
Dans l’air alentour et les grands peupliers hautains
Tu déprimes dirent mes amis ?
Je me bats répondis-je plutôt, je me bats pour vous satisfaire
Je m’habille pour vous plaire, je fais attention alors que je n’en ai guère
De mon apparence externe, je me moque complètement
Dans ce monde, il faut posséder sans cesse, je mens à vous
De vous dire que je ne puis vous satisfaire
Je ne serai pas le gendre idéal, ni l’homme ultime
Ni le poisson qui brille d’argent sous le flot léger
Je ne suis que la flaque sombre qui enfin ne connaît plus rien d’humain
Marchez-moi dessus alors sans même vous en rendre compte
Je serai l’âme du ruisseau, la mâche des feuilles
Le bourbier où l’enfant passe, les cristaux de terre cuite cassée
Je serais la flaque que le soleil abreuve
Ou la flache noire des trous des arbres centenaires
L’étang glauque des trop vieux souvenirs humains
La trop froide absence de toi dans le froid d’immenses nuits

 

arbre

Photographie frenchpeterpan ©

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 12:39

    Je me souviens de l'excitation de Michael Caine pour déclarer sa flamme à sa belle-soeur, Lee, dans ce chef d'oeuvre qu'est "Hannah et ses soeurs" (1986) de Woody Allen. C'est ainsi que j'ai découvert Cummings et ce célèbre poème. (Il lui offre les oeuvres de Cummings et récite ce poème, ou une partie  - je ne sais plus)

 

    En regardant plusieurs "critiques" de ce poème sur internet j'ai vu qu'il y a ceux qui pensent que c'est le meilleur poème d'amour de Cummings et d'autres qui trouvent que c'est un poème défectueux ("flawed poem ").

 

    Une amie américaine et son fils, tous deux bilingues, ont essayé de traduire ce poème difficile ; voici la traduction que je leur avais demandé.

 


 

somewhere i have never travelled, gladly beyond
any experience, your eyes have their silence :
in your most frail gesture are things which enclose me,
or which i cannot touch because they are too near

your slightest look easily will unclose me
though i have closed myself as fingers,
you open always petal by petal myself as Spring opens
(touching skilfully, mysteriously) her first rose

or if your wish be to close me, i and
my life will shut very beautifully, suddenly,
as when the heart of this flower imagines
the snow carefully everywhere descending ;

nothing which we are to perceive in this world equals
the power of your intense fragility : whose texture
compels me with the color of its countries,
rendering death and forever with each breathing

(i do not know what it is about you that closes
and opens ; only something in me understands
the voice of your eyes is deeper than all roses)
nobody, not even the rain, has such small hands

 

 


 

quelque part où je n’ai jamais voyagé, avec plaisir
au delà de toute expérience, tes yeux gardent leur silence :
dans ton geste le plus frêle se trouvent des choses qui m’enferment,
ou que je ne peux pas toucher parce qu’elles sont trop proches

le moindre de tes regards m’ouvrira facilement
bien que je me sois fermé tels des doigts,
tu m’ouvres toujours pétale par pétale comme le Printemps ouvre
( touchant habilement, mystérieusement) sa première rose

ou si tu souhaites m’enfermer,moi et
ma vie se fermeront avec beauté, soudainement,
tel le moment où le cœur de cette fleur imagine
la neige tomber soigneusement partout ;

rien que nous sommes censés percevoir dans ce monde ne saurait égaler
la puissance de ta fragilité intense : dont la texture
me captive avec la couleur de ses pays,
et exprime la mort et l’éternité avec chaque respiration

( je ne sais pas ce qu’il y a en toi qui ferme
et ouvre ; seulement quelque chose en moi comprend que
la voix de tes yeux est plus profonde que toutes les roses )
personne, même pas la pluie, n’a de si petites mains
---------------------------------------------------------------------------------

ou légères variations entre la mère et son fils

seconde version :

 


dans un lieu où je n’ai jamais voyagé, avec plaisir
au delà de toute expérience, tes yeux possèdent leur silence :
dans ton geste le plus frêle se trouvent des choses qui me piègent,
ou que je ne peux pas toucher parce qu’elles sont trop proches

le moindre de tes regards m’ouvrira facilement
bien que je me sois serré tels des doigts,
tu m’ouvres toujours pétale par pétale comme le printemps ouvre
( touchant habilement, mystérieusement) sa première rose

ou si tu souhaites me refermer, ma vie et
moi-même nous fermerons avec beauté, soudainement,
tel le moment où le cœur de cette fleur imagine
la neige tomber doucement partout ;

rien que nous sommes censés percevoir dans ce monde ne saurait égaler
la puissance de ta fragilité intense : dont la texture
me captive par la couleur de ses pays,
et décrit la mort et l’éternité avec chaque respiration

( je ne sais pas ce qu’il y a en toi qui ferme
et ouvre ; seul quelque chose en moi comprend que
la voix de tes yeux est plus profonde que toutes les roses )
personne, même pas la pluie, n’a de si petites mains

Cummings

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 18:23

" Le sel de l'existence est essentiellement dans le poivre qu'on y met."

 

Alphonse Allais

 

AlphonseAllais

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 16:07

en imitant les photographies "de familles" de Julos Beaucarne, je commence moi aussi à vous présenter mes "familles"

la quatrième : famille romaine de lingots de cuivre :

 

cuivre-romain

 

(musée d'Arles)

Par frenchpeterpan - Publié dans : Familles
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 11:11

 


clown.mp3

 

 

 

CLOWN

 

 


Un jour,
Un jour, bientôt peut-être,
Un jour j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers

Avec la sorte de courage qu'il faut pour être rien et rien que rien.
Je lâcherai ce qui paraissait m'être indissolublement proche.

Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.
D'un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînements "de fil en aiguille"
Vidé de l'abcès d'être quelqu'un, je boirai à nouveau l'espace nourricier.

A coups de ridicule, de déchéances (qu'est-ce que la déchéance?), par éclatement.
Par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j'expulserai de moi la forme qu'on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage
Et à mes semblables, si dignes, si dignes mes semblables.

Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une immense trouille.
Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m'avait fait déserter.
Anéanti quant à la hauteur, quant à l'estime.
Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.

CLOWN, abattant dans la risée, dans l'esclaffement, dans le grotesque, le sens que toute lumière je m'étais fait de mon importance.
Je plongerai.
Sans bourse dans l'infini-esprit sous-jacent ouvert à tous, ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée.

A force d'être nul
Et ras
Et risible...

 

Henri-Michaux


Par frenchpeterpan - Publié dans : dictions de Michaux et d'autres...
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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 14:48
J'ai peu de choses à dire





J'ai peu de choses à dire au fond je cherche peu de choses
Et tout le reste c'est un habit sur moi à peu près ajusté
Je peux bien partager votre combat vos certitudes : papier-buvard
Le mal au fond le mien c'est ailleurs un fanal resté allumé
J'écris, ma femme dort, je rassemble un maigre bagage
Un maigre bien des idées vagues, des tentatives de notions
Tout ce à quoi je souscris et qu'en bon entendement il faut admettre
Des restes de vos garde-robes, des idées de révolution

Qu'est-ce que j'ai à moi ? Ma mère le lundi qui lave
Quand elle pleure, c'est qu'elle a les yeux pleins de savon
Le linge sèche, la cuisine est humide, la radio couvre le cri des gosses
Je n'ai rien qu'une enfance banale comme un cartable en carton

O les appartements tièdes, les belles dames
Messieurs qui parlez fort bien et lisez des journaux avancés
Comme si le monde vous appartenait ô fils de familles
Vous êtes les meilleurs jusque dans la révolte ô impeccables révoltés

Qu'est-ce que c'est mon bien ? Qu'est-ce que je peux mettre dans la balance
Je suis ce bateau à l'écart des routes échoué
Dans une nuit où flottent des mots insaisissables
Parfois ils frôlent les toits comme le bas des robes brodées

Mère de mon ami madame des romans et des jardins à la française
Cheveux tirés qui régnez sur vos bibelots et vos rendez-vous
Que faites-vous ici ce soir, pourquoi vous déshabillez-vous
Ici, chez ce jeune homme qui est un enfant et qui vous prend les genoux

Parlez très vite et que s'effondre l'édifice
Je pénètre dans le parc interdit, je brise tout
Quand vous serez vaincue, votre monde souillé avec vous
Je suis encore l'enfant qui s'excuse pour le désordre et pour tout

Qu'est-ce que c'est mon bien ? le silence des enfants des pauvres
Et deux ou trois détails à dire aux copains les jours d'abandon
Un dimanche matin d'hiver, un jour, quand j'étais gosse
Il fait chaud, dehors, j'entends passer les dynamos
Qu'est-ce que j'ai à moi ? Qu'est-ce que je peux dire pour ma défense
Un souvenir sans intérêt, une nuit de vendredi saint
Nous allions boire un café à 25 francs sur une table de campagne
En ville, des messieurs-dames parlent des poètes avec du maintien

Qu'est-ce j'ai à dire On ne m'a pas donné la parole
J'ai le manteau troué au vent des étoiles de la révolution
Je suis sur mon vélo, je rentre à la maison par la croix-blanche
O mon père et ma mère laissez le garage allumé, je rentre à la maison

 
 
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  ma diction à moi de ce très beau texte :


j.bertin-peua-dire.mp3

 

 
  

 

Jacques Bertin © in « Impossible parler » Ed. St Germain des Prés 1975
Et sur le cinquième disque de Bertin enregistré à Chalonnes en Septembre 1975 avec Didier Levallet, Siegfried Kessler, Michel Roques ( !!!)
 
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    Une photo du disque montre tout ce joli monde à table, une photo qui respire l'amitié de la jeunesse et le désir de bien faire ce à quoi on croit. L'idéal pour moi est là à cette table : l'amitié (des choses inertes ;-) ), la ferveur, la foi, les idéaux réconciliés, la jeunesse impétueuse...
    Didier Levallet a eu ensuite la carrière que l'on connaît dans le milieu du jazz, il fut même directeur de l'orchestre national de jazz pendant deux années je crois ; Siegfried Kessler était sans nul un des plus grands pianistes de jazz, il est mort, il y a peu, noyé, en début d'année, loupant l'entrée de son voilier un soir sans nul doute de large griserie ?

    Cette "gauche-là" a bel et bien disparue, on ne la revoit pas, on ne la reverra sans doute jamais et c'est bien dommage. Peut-être est-ce aussi une histoire d'âge ? De cette jeunesse-là, forcément de gauche et contre toutes les injustices et les inégalités.
Merci encore mon ami Jacques.

Voilà ma diction à moi, bien pauvre par rapport à la tienne, mais je fais de mon mieux.
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 18:27

Coande-Nicolae

 

il n'a jamais publié en français ;

il m'envoie quelques poèmes traduits en français par Linda Maria Baros (prix Apollinaire) ;

je lui ai demandé en roumain aussi car il est important de les avoir dans leur véritable langue...


 

longue vie poétique à lui ! un mini "cv" pour mieux le connaitre...

suivent trois poèmes, j'en mettrai d'autres plus tard...

leur légèreté et leur construction me plaisent...

 



 

Nicolae Coande
 
Né le 23 septembre 1962, à Osica de Sus (Olt), en Roumanie, il a étudié l’histoire, la philosophie, la géographie et la sociologie à l’Université de Craiova. Pendant cinq ans, il a été publiciste-commentateur au quotidien „Cuvântul Libertatii” (le Mot de la Liberté) du Craiova, où il avait surtout en charge la page culturelle LAMA (Litterature, Art, Mentalités, Atitudes), en parallèle avec l’activité à la revue “Kalende”. Depuis 1996, il est membre de l’Union des Écrivains de Roumanie, la succursale de Craiova. Présentement, il travaille au Théâtre National “Marin Sorescu” de Craiova, comme chargé de littérature.


Bibliographie :
 
Livres:

Poésie:

“În margine”, Éd. „Ramuri, 1995
“Fincler”, Éd. „Ramuri, 1997
“Fund_tura Homer”, Éd. „Dacia”, 2002
“Folfa”, Éd. „Vinea”, 2003
“Vînt, tutun _i alcool”, Éd. Brumar, 2008
“Femeia despre care scriu”, Éd M_iastra, 2010

Il est présent avec sa poésie dans l’antologie „Gefährliche Serpentinen – Rumänische Lyrik der Gegenwart”, Druckhaus Verlag, Berlin 1998, coordonnée par Dieter Schlesak.
 
Journal de voyage:

“Fereastra din acoperi_”, Éd „Funda_ia Scrisul Românesc”, 2005;

 Interviews:

“Cel_lalt cap_t” , Éd. Curtea Veche, 2006.
 

Bourses:
Boursier de la Fondation „Heinrich Böll” (Köln), novembre 2003 - mars 2004;
Schöppingen, Münsterland, 2008
 
Prix littéraires
- Le prix pour poésie de la revue “Ramuri” (1988)
- Prix de début de l’Union des Écrivains (1995) pour le volume „În margine” (À la frontière), Éd. Ramuri, Craiova
- Le prix de l’Association des Écrivains Craiova (1997) pour le volume „Fincler”, Éd. Ramuri, Craiova
- Le prix de l’ l’Union des Ecrivains de Roumanie (2002) pour le volume „Fund_tura Homer” (Homer, le cul-de-sac), Éd. Dacia
- Le prix „Petre Pandrea” (2004) de la revue „Mozaicul” (Craiova) Octobre 2006

 


 

À la lisière
 
Son absence a de belles jambes. Ces mains mêmes –
qui la décrivent – n’existent pas.
Je me souviens d’elle comme d’un vieux métier : serait-ce
le sou que j’ai donné
au passeur morose ?
Un esprit erre à travers mes pensées, obscur – talita cumi.
Mais je ne peux pas – je ne suis pas Moi.

La frontier_ (I)
Absen_a ei cu picioare frumoase. Chiar aceste mîini
care o descriu – nu exist_.
Îmi amintesc de ea ca de o veche meserie: s_ fie
b_nu_ul pe care l-am dat
vîsla_ului ursuz?   
Obscur un duh îmi umbl_ prin minte – Talita cumi.
Dar nu pot – eu nu sunt Eu.

 

 


 

 

Ma prétention discrète


 
Je vis pour rien je n’aime rien –
un jour je mourrai la cervelle desséchée
dans le silence qui descend sur les choses simples ma voix éteinte
(ma prétention discrète d’être aimé)
sera le cri de la bête blessée
le parfum désuet du thé dans lequel flottent les planètes amères
la dernière illusion d’un style séduisant
ce que j’ai aimé comme un aveugle avec les doigts
quelque chose que Dieu ne voulait pas que je voie
dans un recoin de mon cerveau là où la volonté et le délire
décident malheureusement du sort des autres
j’ai eu le courage de rire jusqu’au bout
j’ai aimé bu écris (pas de pitié pour ceux qui écrivent).
Tu ne peux jamais savoir où se trouve en fait ta vie.


 

Preten ia mea discret



N-am nici un scop în via nu mai iubesc nimic
cîndva voi muri cu creierul sec_tuit
în t_cerea care se las_ peste lucrurile simple vocea mea stins
(preten_ia mea discret_ de a fi iubit)
va fi urletul fiarei r_nite
parfumul desuet al ceaiului în care plutesc planetele amare
o ultim_ iluzie a stilului seduc_tor
ceea ce am iubit ca orbul cu degetele
ceva ce Dumnezeu nu a dorit ca eu s_ v_d
într-o camer_ a min_ii unde voin_a _i delirul
fac din nefericire soarta _i voca_ia celorlal_i
eu am avut curajul s_ rîd pîn_ la cap_t
am iubit am b_ut am scris (nici o mil_ pentru cei care scriu).
Nu po_i s_ _tii niciodat_ unde este cu adev_rat via_a ta.

 

 


 

 

À ce moment précis de ma vie


 
J’ai failli pleurer ma jeunesse passée et les autres dons de la vie
si je ne l’ai pas fait
c’est parce que j’ai regardé attentivement la manière dont les autres vieillissaient
les larmes ont failli inonder mes yeux
à ce moment précis de ma vie – mais en fait le démon du rire
m’a donné un coup de coude
mais en fait l’insouciance la vieille indifférence
ont posé ma main sur mes lèvres
ceux qui m’auraient vu et je suis sûr qu’il y en a eu quelques-uns
m’auraient tiré du drame de cette vie
et le voilà mon drame : j’ai ri amèrement parmi les modernes et après eux
et ce rire – vous ne pouvez pas le savoir – me tient en vie
parmi les vivants.
Si maintenant j’écris toutes ces choses pour ceux qui sont déjà morts, je le fais
avec la même main détachée de mes lèvres.


 
Într un moment al vie ii mele



Cît pe ce s_ plîng dup_ tinere_ea dus_ _i celelalte daruri
dac_ n-am f_cut-o
e pentru c_ am fost atent la felul în care îmb_trînesc
ceilal_i
cît pe ce s_-mi scalde lacrimile ochii
într-un moment al vie_ii mele – cînd colo demonul rîsului
îmi d_du coate
cînd colo nep_sarea vechea indiferen__
îmi duser_ mîna la gur_
cine m-ar fi v_zut _i e sigur c_ m-au v_zut cî_iva
m-ar fi scos din drama _stei vie_i
_i asta era drama mea: am râs amar printre moderni _i dup_
_i rîsul _sta – nu pute_i s_ _ti_i – m_ _ine-n via__
printre vii.
Dac_ acum scriu toate astea pentru mor_i le scriu
cu-aceea_i mîn_ dus_ de la gur_.

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 09:43

dans la célèbre série "mes animaux poétiques préférés"
VOICI le sac tatou ( à 9 bandes), comme quoi même chez les maroquiniers on respecte

les faits zoologiques :-)

 

sac-tatou

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes animaux poétiques préférés
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