Samedi 13 mars 2010
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02:20
" Dans l'ennui comme dans la tristesse, je me subis comme je subis le monde sans me confondre sans doute avec
lui, mais aussi sans m'opposer à lui comme dans l'acte de pensée.
.../...
Mais en règle générale, nos sentiments enveloppent
une référence à quelque chose qui est hors de nous et une référence à notre moi. Etre triste, c'est voir le monde sous des couleurs sombres et en même temps tendre à s'en évader. Ma tristesse est
à la fois objective et subjective. Je m'y apparais avec une situation dans le monde, en rapport avec d'autres êtres que moi. "
Albert Burloud in Psychologie de la sensibilité, 1954

dessin de d. Goossens
Par the very famous french peterpan
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Lundi 23 novembre 2009
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Paul-Louis Landsberg, juif allemand, fut professeur de
philosophie dès 25 ans ; il quitta l’Allemagne en 1933, 4 jours exactement avant l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Arrêté par la Gestapo en mars 1943 à Pau, il meurt d’épuisement en mars 1944 au camp
d’Oranienburg, près de Berlin.
« L’espèce
humaine est la seule qui sache qu’elle doit mourir, et elle ne le sait que par l’expérience. » Voltaire
« Je possède non seulement l’évidence qu’il faut mourir une fois, c’est-à-dire une fois atteint ce point limite de la mort naturelle, mais aussi l’évidence que je suis
immédiatement devant la possibilité réelle de la mort, à chaque instant de ma vie, aujourd’hui et toujours. La mort est proche de moi. L’incertitude humaine en face de la mort ne
correspond pas seulement à une lacune de la science biologique, mais à l’ignorance de ma destinée et cette « ignorance » même est un acte dans lequel se constitue une présence comme une
absence de la mort : « Mors certa, hora incerta. » - La mort a sa dialectique intime. Elle est la présence absente. Le problème de l’expérience humaine de la nécessité de
la mort dépasse donc la biologie comme il dépasse les données du sentiment du vieillir. »
Paul-Louis Landsberg
"arbre des existentialismes" d'après Emmanuel Mounier
Par frenchpeterpan
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Jeudi 19 novembre 2009
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"J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et
sans doute pour en finir avec une vie qui n’était pas la mienne. Les événements que j’évoquerai jusqu’à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence - ce procédé qui consiste à faire
défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio. Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d’autres ont ressentie avant moi : tout
défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie."
un pedigree Patrick Modiano 2005
Excellent livre sur l'enfance difficile de P. Modiano, relations délicates (euphémisme) entre son père et lui, et sa mère et lui.
Livre encore fois remarquable chez cet écrivain d'exception.
Livre aussi admirablement bien lu par JL Trintignant (Collection : écouter, Lire de chez Gallimard)
Par frenchpeterpan
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Samedi 15 août 2009
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(la tempête / Giorgione, vers 1507)
Dans le très bon « Presqu’elles » (Gallimard 2009) du poète et écrivain Guy Goffette, l’auteur raconte les émois alors jeune enfant que lui procuraient les reproductions de
minuscules tableaux dans les livres lus et en particulier « La tempête » de Giorgione ; aujourd’hui qui se pâmerait devant ce tableau d’une femme bien en chair allaitant un enfant, mais
l’imaginaire enfantin à cet âge est sans limite, jusqu’à voir même des bas résille dans le buisson devant les jambes de la dame ; je me rappelle moi aussi vers ces âges-là des recherches sur
l’anatomie féminine et mes fantasmes sur les bas et collants, je ne connaissais pas ce tableau à l’époque ; m’aurait-il donné les mêmes émois que le jeune Goffette au même âge ?
Probablement.
« Il est des femmes comme des îles : on ne les aborde jamais aussi facilement qu’en rêve.
A marée haute, protégées par les embruns, elles se rient de nos tentatives, jouent les dévotes ou les catins dans les salons, les cuisines ou les trains de nuit.
A marée basse, elles vous détournent comme rien un écrivain de sa phrase, un voyeur de sa fenêtre, un collégien de ses devoirs.
Insaisissables, on ne les touche qu’en fermant les yeux. Elles sont toujours l’ombre qui fait trébucher nos pas, la lumière qui confond nos routes. »
Guy Goffette / 4ième de couverture.
Par frenchpeterpan
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Jeudi 16 juillet 2009
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09:04
« Je lisais beaucoup de poésie à cette époque. J’avais remarqué qu’un jeune homme installé à une terrasse, absorbé dans ce genre de lecture, obtenait un certain succès
auprès des femmes. Par exemple, lire du Walt Whitman en anglais rendait les choses presque trop faciles. Et les sonnets de Shakespeare, quand j’y pense !...Mais il n’y avait pas que les
femmes ; il y avait le côté pratique. En général, la poésie se prêtait à la vie citadine, s’accommodait de petits moments creux, de quelques stations de métro, d’une file d’attente devant un
cinéma ou d’une giboulée. Tout ce qu’un roman ne voulait pas subir.
Déjà avant de lire Cendrars, j’avais décidé que la poésie était une saine nourriture. Un poème que je lisais le matin pouvait m’accompagner le reste de la journée et décider de
mon humeur. Quelquefois, s’il n’était pas trop long, je l’apprenais par cœur. J’avais une bonne mémoire pour la poésie. Les mots y avaient une consistance particulière, ils étaient agréables à la
bouche. Les phrases avaient un rythme. Elles étaient douées d’une énergie inhabituelle. Elles n’étaient pas simplement empilées et entassées sur des kilomètres, frappées d’une pâleur exsangue, mais
vives et luisantes comme des serpents.
La poésie est la meilleure école. Si l’on veut savoir à quoi l’on joue, il n’y en a pas d’autre. Si l’on veut comprendre quelque chose à la magie, si l‘on veut apprendre le
respect et l’amour de l’écriture, la poésie est le passage obligé. Et à défaut de la pratiquer, la consommer au maximum. Il n’y a qu’avec la poésie que l’on peut apprécier les différentes qualités
d’un mot, ses différentes propriétés et ses relations avec les autres. De même que la totalité d’une phrase, les éléments de sa circulation interne, l’intérêt de ses articulations, la nature de son
rythme.
Il suffit de lire quelques lignes pour savoir s’il on a affaire à un bon écrivain. Le courant doit passer d’une phrase à l’autre et la respiration ne doit pas s’interrompre. On
doit sentir la solidarité de la matière. Un livre doit être comme une armée en marche, se mouvoir comme un seul homme. Dans la plupart des cas, il y a une perte d’énergie alors qu’il devrait y
avoir une production d’énergie. De la source vers l’embouchure.
Même les mauvais poètes en sont conscients. Ils savent qu’ils doivent trouver la bonne foulée, le bon souffle, et garder des forces pour accélérer. Préparer la montée en
puissance. Le retour à la ligne considéré comme une profession de foi. »
Philippe Djian (in "Ardoises", Julliard, 2002)
Par frenchpeterpan
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Mercredi 3 juin 2009
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11:11
« Dans les veines ce fleuve d’argent » (« Nelle vene quell’acqua d’argento ») est le premier roman écrit par
Dario Franceschini. Né à Ferrare en 1958, cet homme qui s’occupe de politique (parti démocrate italien) est rentré tardivement en littérature, mais
belle entrée ! Ce livre a reçu le prix Bacchelli, prix du premier roman.
Primo Bottardi éprouve subitement dans la quiétude de sa vie familiale, le brutal désir de répondre à une question posée par un ancien camarade de classe et ce 42 ans plus tard.
Et à laquelle il n’avait à ce moment pas répondu ; voici le point de départ de cet étrange roman.
« Je dois le retrouver. Un matin à l’école, avant de partir, il m’a posé une question à laquelle je n’ai jamais répondu. » Cet homme vieillissant va
remonter le cours du grand fleuve, le Pô. C’est un roman sur ce fleuve et les gens et les animaux qui y vivent.
Le Pô devient un cordon ombilical pour tous.
J’aime les livres ou les poèmes qui parlent des fleuves, mon enfance fut à jamais marquée par ce grand
fleuve près duquel je naquis : la Loire. Etudiant à Toulouse, la Garonne fut souvent un repère pour mon regard fatigué. Habitant la Provence maintenant, souvent me manquent le bruit et les images
de ces eaux impétueuses, dans ces climats trop secs et cette humidité toujours manquante, même si le Rhône ou la Durance ont une certaine majesté.
En remontant le Pô, le héros va faire la rencontre de quantité de gens et d’animaux qui vivent près du fleuve (succession de petites saynètes, comme dans « Nocturne indien » de
Tabucchi). Et c’est le prétexte à autant de minuscules digressions (apparentes ! seulement) sur la vie de ces gens, sur les souvenirs, sur la difficulté de vivre en de tels lieux, mais aussi leur
beauté, Primo remonte le cours de sa vie et cherchera en se rapprochant de la source du Pô à mieux comprendre ce qui est vie et ce qui est mort. Le Pô reste le personnage principal de ce roman, et
une étrange créature le seconde : l’esturgeon « capoccia ». Ce dernier jouera d’ailleurs un rôle central à la fin du roman. Les chevaux aussi sont fatigués et souhaiteraient eux aussi terminer dans
l’eau.
C’est un conte ou une allégorie sur la vie ou le sens de notre existence, les souvenirs et l’enfance y jouent aussi un rôle central.
C’est écrit remarquablement bien dans un style simple, épuré, poétique, très efficace. Les dernières pages, poignantes, renforcent l’impression d’avoir lu un grand livre.
Dario vient de publier un second roman non traduit encore : "La follia improvvisa di Ignazio Rando".
Par frenchpeterpan
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Mercredi 25 février 2009
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20:31
« Glisser dans la baignoire en changeant le rideau de la douche, faire croire à un accident, confier le petit à une famille normale…Pour se délester
de la pesanteur de la vie, elle s’amuse à imaginer le suicide parfait. Mais le jour où le voisin entre dans sa vie, son regard sur le monde change. » (Extrait de la 4ième de couverture.)
J’avais déjà beaucoup aimé « mal de pierres » de la Sarde Milena Agus, découvert en France en
2007. Succès français considérable, puis dans son pays, puis dans une vingtaine d’autres maintenant où ce livre est traduit. Je n’ai pas encore lu « Battement d’ailes », paru l’année dernière. Je
croule sous les livres et j’ai plein de retard.
J’aime les livres courts (*) et c’est donc tout normalement que j’ai attrapé comme par réflexe le tout petit dernier livre de Milena Agus « Mon voisin », dans l’excellente
collection Liana Levi piccolo (www.lianalevi.fr).
Encore une fois quel délice de lecture ! L’histoire est d’une grande simplicité et sobriété, un peu d’humour, des phrases qui font mouche à chaque fois, une écriture sensible,
poétique et juste et une chute merveilleuse dont je ne vous parlerai pas ici.
Bref un très grand plaisir de lecture quoique presque trop bref pour 3 €, que demander de mieux ?
(*)(il y a pléthore de gros livres en ce moment, en particulier dans un domaine que je lisais beaucoup jadis : la SF et la Fantasy, il y a tant à élaguer dans ces livres maintenant - même
s’ils sont bons - que je m’en suis éloigné bien nettement ; un ami libraire spécialiste de ce style de littérature m’explique que ce sont des livres pour public « restreint » et qui pour être «
rentables » doivent faire au moins « tant » de pages…mouais…)
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En cliquant sur "comme une funambule", vous pourrez télécharger un petit texte de l'écrivaine, où elle parle
d'elle même, de son travail, de son pays, de la littérature...
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Une interwiev aussi sur Evène
là aussi cliquez sur le logo...
bonne lecture !!!
Par frenchpeterpan
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Vendredi 26 décembre 2008
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/2008
10:30
" Que peut-on constater, en conclusion, s’il est besoin de dresser un bilan ? Rimbaud n’a pas épousé la belle Abyssine noire qui vécut quelques mois avec lui à Aden Camp. Il n’a pas eu le
fils qu’il rêvait d’éduquer : « un ingénieur grand par la science ». Mais il ne fut pas, comme à Londres, un pauvre hère : sa fortune, huit kilos d’or, l’équivalent d’un million de nos francs, il
la trimballait dans sa ceinture, banque quasiment « incorporée » qui lui donnait la dysenterie et non le « repos » tant espéré.
Rimbaud n’a connu de gloire que posthume, ni Académie, ni lauriers littéraires (le nomade avait ça en horreur !). Même ses articles d’observateur, suppose-t-on ont été mis au
panier du Figaro et du Temps. A-t-on le droit d’en déduire que, velléitaires ou non, tous ses actes furent manqués ? Que – volontaires ou non – il n’a connu que
des échecs ? Certes pas ! La brèche qu’il a ouverte dans la poésie, regardez-là : elle est toujours béante ! Et Rimbaud a triomphé en cela même qu’il augura : il a été et il reste pour nous
absolument moderne.
Charles Bobzynski.
In Rimborama, Revue Europe n° 746-747, juin-juillet
1991.
(dernier paragraphe d'un très intéressant article)
Par frenchpeterpan
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3
Mardi 11 novembre 2008
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/2008
14:04
Passantes d’aujourd’hui
« Tu as vu cette arrogance ! regarde comment elles marchent, ces jeunes femmes, sans se soucier des autres, branchées sur leur téléphone portable. Tout à l’heure, une toute jeune
fille m’a heurté. Crois-tu qu’elle m’aurait dit : « Pardon, monsieur. » Bernique, comme si je n’existais pas ! Et celle-là, regarde-la au volant de sa Mini. A peine le feu est-il passé au vert,
elle démarre, elle aurait pu renverser le vieil homme en train de traverser le boulevard. Cadet de ses soucis. Je te le dis : une arrogance, une incroyable, une insupportable arrogance. Pour qui se
prennent-elles ? Je te le demande. »
L’homme est très âgé. Son interlocuteur un peu moins. J e suis assis à côté d’eux, à la terrasse d’un café. Je ne perds pas un mot de leur conversation. C’est une journée
ensoleillée du Printemps. Les femmes, les jeunes filles ont revêtu leurs robes légères, parfois transparentes, après, dirait-on, un long temps d’hibernation. Où se cachaient-elles donc ? Je les
regarde passer, je me dis que j’ai passé, moi, l’âge de les séduire. Dommage. En voici une qui me sourit, je suis aux anges.
Mon voisin de table, le plus vieux des deux, poursuit ses récriminations : « Quand je pense aux jeunes filles que j’ai connues autrefois ! Elles étaient réservées, timides,
certaines farouches comme des biches. Il en fallait du doigté, de la patience pour les approcher, les conquérir. Maintenant ce sont elles qui jettent leur dévolu sur un homme ou le rejettent avec
mépris. C’est le monde à l’envers. »
L’autre homme intervient : « Je te trouve bien amer. Je sais ce dont tu rêves, c’est qu’avec son portable, ce soit toi qu’une de ces arrogantes appelle. Que veux-tu ? Notre temps
est passé. »
Le vieil homme reste silencieux un moment. « Tu as raison. Ce qu’il y a de plus horrible dans la vieillesse, c’est que les femmes ne s’intéressent plus à vous alors qu’elles vous
intéressent encore. »
Puis il regarde les jeunes femmes qui passent devant la terrasse du café, il regarde ces passantes aux robes légères. Il les trouve charmantes.
Je vis les deux amis traverser le boulevard. Ils entrèrent dans une librairie. Qu’allaient-ils donc chercher dans les livres ? Un lot de consolation, j’imagine.
Jean Bertrand Pontalis in « Elles », Gallimard 2007
Photo Olivier Roller
Par frenchpeterpan
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5
Jeudi 6 novembre 2008
4
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/2008
21:02
«L’idée d’un au-delà ne m’intéresse guère. Elle s’apparente un peu à mes yeux à «
l’opium du peuple », on l’exploite comme le charbon ou le pétrole. Dès l’instant où elle surgit je suis sur mes gardes, elle n’apporte que des fausses réalités et des réponses faciles, mieux vaut
s’en méfier. Tout ce qui est grand dans le christianisme qui est l’un des éléments constitutifs de notre civilisation, se retrouve dans les autres religions. Toujours et partout on a tué Dieu
pour s’en « nourrir ». Ni les Actes des Apôtres, ni l’Apocalypse, ni l’église n’ont réussi à briser les chaînes de l’esclavage, le nouveau testament n’a pas soufflé mot de la désolation qui se
lit dans le regard des animaux. Dix-neuf siècles après les Béatitudes, les Hommes continuent à se moquer des bossus, des anormaux, des estropiés, des impuissants, des maris trompés, des vieilles
filles. Le christianisme tout en libérant l’Homme spirituellement n’a pas réussi à le libérer socialement. Seule la Démocratie moderne, en adoptant une loi valable par tous et en supprimant
l’esclavage a fait perdre aux hommes l’habitude de se targuer de leurs richesses et de mépriser la pauvreté.»
Nina Berberova in « C’est moi qui souligne ».
Par frenchpeterpan
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2
Samedi 9 août 2008
6
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/2008
12:25
"Il faut de l'amour pour obtenir et accroître l'amour."
G. Arpino
J'ai lu avec plaisir "Parfum de femme" réédité récemment par 10/18. Beau livre de Giovanni Arpino. Le titre original est "Il buio e il miele", qu'on pourrait traduire par :
"L'obscurité et le miel" ; titre bien plus percutant à mon humble avis.
Giovanni Arpino est un bel écrivain, né en 1927, et qui a écrit dans tous les domaines :
jeunesse, théâtre, poésies etc ...Il était journaliste. Il a reçu de nombreux prix et est mort à 60 ans à Turin.
Bien sûr
en lisant "Parfum de femme", on ne peut pas oublier le visage à la fois grandiose et détestable de Vittorio Gassman, dans le film de Dino Risi en 1974 (prix d'interprétation pour V. Gassman). Ce
qui gêne parfois la lecture. :-)
Ce petit roman se lit avec plaisir, très bien écrit, de nombreuses phrases poétiques, et plein d'énigmes qui restent
à la fin sur ce que pourrait être la vie, ou l'amour, ou le suicide, ou l'intérêt de vivre, la mort...Un classique, dit-on, de l'autodérision.
dernière phrase du livre :
" Et l'espace blanc qui suit n'est pas encore la mort."
Par the very famous french peterpan
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1
Vendredi 21 septembre 2007
5
21
/09
/Sep
/2007
20:14
Je vous recommande chaudement l'achat
(suivi de lecture) des petits livres d'Alain Créhange (à un prix d'ailleurs quasi ridicule : 2,5 €) : le pornithorynque est un salopare, suivi de
l'anarchiviste et le biblioteckel ; Alain Créhange est le continuateur des "mots-valises" (depuis la nuit des temps, des auteurs ont utilisé ce
procédé.
La définition en a été donnée, a posteriori, par Lewis Carroll (portmanteau words), puis le terme a été francisé par Gaston Ferdière dans les années 50.
Et il y a eu d’autres recueils de mots-valises avant les siens, en particulier le « Petit Fictionnaire illustré » d’Alain Finkielkraut).
Il explique d'ailleurs de manière très satisfaisante comment est apparu l'anarchiviste dans son laboratoire... La recette pour les autres mots-valises est très simple (voire
simplette) : prenez un mot, coupez lui la queue ; prenez un autre mot, coupez lui la tête ; rassemblez ce qui reste et ... lisez les livres d'Alain Créhange.
quelques mots-valises pour vous donner l'eau à la bouche :
- ZERONIMO / chef indien qui ne valait pas mieux que deux tu l'auras.
- WATERPOLLO / jeu de ballon où les anglais finissent toujours par battre les français
- GENDARMESSON / type d'académilicien(*) aux manières particulièrement policées
- CHARTERE / vaisseau permettant au sang de circuler à un tarif très avantageux
- AIEULI / plat traditionnel de Provence, dans lequel on a remplacé la morue par de la vieille.
etc etc , je vous laisse découvrir tous les charmants autres mots-valises...
l'auteur possède un site internet fort sympathique (Alain Créhange) où on peut découvrir sa collection d'objets africains et des belles photographies d'un splendide voyage aux îles
Lofoten...
(*) voir définition de ce mot
ATTENTION mail reçu ce jour même =
Chers amis du pornithorynque et de l'anarchiviste,
Décidément, plus le temps passe, plus cette malle-poste prend l'habitude de
musarder. Il faut dire qu'entre mes activités professionnelles, d'autres
projets d'écriture et d'autres projets tout court, je consacre aux
mots-valises moins de temps aujourd'hui que naguère...
Depuis la dernière malle-poste de juillet, j'ai tout de même trouvé le temps
de concocter une quarantaine de nouvelles définitions. Je vous laisse les
découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous.
Bonne lecture !
Amicalement,
Alain Créhange
Tous les détails dans le "Petit journal du pornithorynque" :
http://perso.wanadoo.fr/alain.crehange/frmotval_journal.htm
------------------------------------------------
Au sommaire du Petit journal du pornithorynque
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- Mise à jour du 6/11/2006 :
Des choses et d'autres... et mes nouvelles définitions :
ACCORDÉONTOLOGIE - ALPAGANISME - ARBORECTUM - BABARIOLER - BERMUDATION -
BLOGORRHÉE - BRIBAMBELLE - CALYPSON - CÉLIBATRACIEN - CENTIMELLE -
CLANDESTINATION - COLHYBRIDE - COMPARABOLE - CONDOMÉANCES - CRÊPARITÉ -
DÉBARRABASSER - ESCALPADE - ESPILON - IBÈRETÉ - INSURGELÉ - INTOXYDABLE -
JAUNIRIQUE - MAGNIFISC - MALADICTION - MARTIRISATION - MÉCONNUMENT -
MÉTÉOFRITE - MILOXÉRA - MINUISTÈRE - MIODLER - MONARCHIVES - ORIFICIONADO -
PERMAFROSDITE - PHILAMPOTERIE - POLYGAMELLE - PYTHIEVIERS - SALAMALEXANDRIN
- SATELLITÉRATEUR - SUSPECTORAUX - TÊTARADE - VIATICAN
------------------------------------------------
Le pornithorynque est un salopare :
http://perso.wanadoo.fr/alain.crehange/frmotsval.html
Le petit journal du pornithorynque :
http://perso.wanadoo.fr/alain.crehange/frmotval_journal.htm
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Par the very famous french peterpan
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Lundi 21 mai 2007
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21
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/Mai
/2007
12:15
En lisant – encore – Haruki Murakami (« Kafka sur le rivage », 2006)
:
…le jeune homme laissa son esprit errer parmi ses souvenirs d’enfance. Il se
rappela l’époque où il allait tous les jours à la rivière, près de chez lui, pêcher des loches. « c’était une époque sans soucis. Je prenais chaque jour comme il venait, j’étais quelqu’un. Ca se
faisait tout naturellement. Mais un beau jour tout s’est arrêté. Et la vie m’a réduit à n’être personne. Drôle d’histoire. L’homme naît pour vivre, non ? Pourtant, plus le temps passait,
plus je perdis ce qui constituait mon noyau intérieur, jusqu’à avoir l’impression d’être devenu totalement vide. Et peut-être que désormais, plus je vivrai, plus je deviendrai vide, moins j’aurai
de valeur. Il y a eu une erreur quelque part. Jamais entendu une histoire si bizarre. Est-ce que je peux faire quelque chose pour changer la direction du courant ? »
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Par the very famous french peterpan
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