Samedi 18 juillet 2009
6
18
/07
/Juil
/2009
09:36
Dans ce très émouvant et très réussi film de Jean Becker "Le temps qui reste" avec un formidable Albert Dupontel, il y a cette chanson qui rappelle l'osmose parfaite qui existait entre l'ami Serge
Reggiani, Jean-Lou Dabadie et Alain Goraguer, un bel auteur de textes, un grand compositeur et un fantastique interprète ; on a l'impression que c'est simple et facile une belle chanson, mais non
il y a derrière toute cette simplicité, un grand travail en profondeur...
très belle chanson
très bel interprète
et très beau film (et poignant) de Jean Becker
Cliquez sur l'ami Serge pour l'entendre chanter cette bien belle chanson
Serge Reggiani
LE TEMPS QUI RESTE
Paroles: Jean-Loup Dabadie, musique: Alain Goraguer, 2002
Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures combien?
Quand j'y pense mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps...
Combien
Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, parler, pleurer,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste
Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait:
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes en pour demain...
J'ai encore du pain,
J'ai encore du temps, mais combien?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...
Combien de temps...
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons, ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...
Combien de temps...
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord?
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : chanson poétique
4
Samedi 11 juillet 2009
6
11
/07
/Juil
/2009
15:11
Blowin' in the wind (B. Bylan).
How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
Yes, 'n' how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, 'n' how many times must the cannon balls fly
Before they're forever banned?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.
Combien de routes un homme doit-il parcourir
Avant que vous ne l'appeliez un homme?
Oui, et combien de mers la blanche colombe doit-elle traverser
Avant de s'endormir sur le sable?
Oui, et combien de fois doivent tonner les canons
Avant d'être interdits pour toujours?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.
How many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, 'n' how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, 'n' how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.
Combien de fois un homme doit-il regarder en l'air
Avant de voir le ciel?
Oui, et combien d'oreilles doit avoir un seul homme
Avant de pouvoir entendre pleurer les gens?
Oui, et combien faut-il de morts pour qu'il comprenne
Que beaucoup trop de gens sont morts?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.
How many years can a mountain exist
Before it's washed to the sea?
Yes, 'n' how many years can some people exist
Before they're allowed to be free?
Yes, 'n' how many times can a man turn his head,
Pretending he just doesn't see?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.
Combien d'années une montagne peut-elle exister
Avant d'être engloutie par la mer?
Oui, et combien d'années doivent exister certains peuples
Avant qu'il leur soit permis d'être libres?
Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête
En prétendant qu'il ne voit rien?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : chanson poétique
1
Vendredi 12 juin 2009
5
12
/06
/Juin
/2009
01:19
à nouveau disponible
le disque hommage de Jacques Bertin
"Chez Bertin"
Changement de propriétaire
1982
12 chansons d'exception, bien sûr...
chez Velen, Nantes
Commande : ICI
1 Maintenant que la jeunesse (Aragon / Leonardi)
2 Le temps de vivre (Gougaud / Bertola)
3 La chanson de Tessa (Giraudoux / Jaubert)
4 L'aube sur le Jardin des Plantes (Brua)
5 Noël (Bérimont / Ferré)
6 Amis soyez toujours (Vasca)
7 Syracuse (Dimey/ Salvador)
8 Stanislas (Ricet-Barrier / Lelou)
9 Les voiles du bateau (Dimey / Salvador)
10 Gennevilliers au bout du monde (Sommer)
11 A Paris dans chaque faubourg (Clair / Jaubert)
12 Les chants des hommes (Hikmet / Grassi)
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : chanson poétique
1
Mardi 12 mai 2009
2
12
/05
/Mai
/2009
09:22
une chanson inédite du grand slameur
" Education nationale "
un clip sympa
cliquez sur les images
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : chanson poétique
2
Dimanche 15 mars 2009
7
15
/03
/Mars
/2009
11:39
L’ami Alain est donc parti
Faire la cour à des murènes
Il est parti « faire le mort »
On sait que cela ne durera pas
Celui qui avait réussi à rejoindre
Le grand Gainsbourg dans le maniement des mots
Les mélodies riches et des interprétations sans faille
Et même dans la dégaine
Fatigué, nous sentions tous que le bout du chemin était proche
Transfusé, pour pouvoir venir recevoir ses prix – comme un enfant –
Qu’il fut toujours
Il avait quand même gardé son regard chaleureux et sa voix puissante
C’est fini, donc, ces mots que lui seul possédait
Ces jeux de mots et de maux rien qu’à lui
Ses hésitations, ses peurs, ses amantes
La mort est venue nous rafler tout cela d’un coup en prévenant cependant
« Bleu pétrole » fut donc le dernier champ dans son expérimentation
il est ainsi parti voyager « en solitaire »
et ma main est tendue pour lui
et j’ai mal comme pour Ferré et Nougaro
ces chants qui seront maintenant du « passé »
ce climax à la fois apogée et orgasme
qu’il désirait et recherchait en tout
va mon ami va visiter tes sirènes et sauter à l’élastique
« à l’envers » dans les nuages
tu remonteras ainsi vers le soleil,
ton frère,
ton ami
tu as besoin de chaud
bien à toi / Marc /
La nuit je mens
On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques
J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née
A la station balnéaire
Tu t’es pas fait prier
J’étais gant de crin, geyser
Pour un peu je trempais
Histoire d’eau
La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains
J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
J’ai fait la saison
Dans cette boite crânienne
Tes pensées je les faisais miennes
T’accaparer seulement t’accaparer
D’estrade en estrade
J’ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque
Un autre à chercher à te plaire
Dresseur de toutous
Dynamiteurs d’aqueducs
La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Effrontément
J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques
J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née
La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains
J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
La nuit je mens…
Texte Alain Bashung/Jean Fauque 1998
Vidéo en
public de "la nuit je mens" / cliquez sur l'image
" Ce qui me stimule, c'est de ne pas trop savoir où je vais..."
Alain Bashung 2005
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : chanson poétique
3
Vendredi 13 février 2009
5
13
/02
/Fév
/2009
02:24
Le 25 ième disque de Bertin est là.
Enregistrement public, Jacques et sa guitare, l'ami de toujours Laurent Desmurs et son piano.
Quelques nouvelles chansons dont la magnifique "Que faire ?". C'est toujours un miracle que t'entendre cette voix, ces textes, ces mélodies.
Jacques Bertin a sous titré son disque : 40 ans de chanson . Et oui 40 ans !
40 ans que sa poésie me nourrit intensément, profondément, à grands coups de cuillères délicieuses. Et
essentielles. Brel, Brassens, Ferré, morts ; selon moi, il ne reste que lui. Cette chanson-là que je ne veux pas voir disparaitre !
Ce que je retiens encore de ce tout dernier opus, c'est la perfection du chant et de la voix. Oui, la perfection.
QUE FAIRE ?
Fonder quelque chose
Demeurer vivant
Brûler à tes causes
Courir en avant
Fonder l’amour même
Et l’homme nouveau
Nier le problème
Lancer des bateaux
Ouvrir une route
Cueillir le grand vent
Défier le doute
Brûler le gréement
Atteindre la rive
Débloquer le port
Débarquer les vivres
Débusquer la mort
Tricher sur les dates
Sauver la maison
Avancer sans carte
Plaider la passion
Inventer de l’âme
Gonfler les enjeux
Tutoyer le drame
Rallumer le feu
Renverser la table
Nier le destin
Croire dans ses fables
Retoucher la fin
Rallumer de l’homme
Se laisser hanté
Ramener de l’homme
Tout réinventer
Ramener de l’homme
Cueillir en hiver
Réhabiter l’homme
Planter dans la mer
Parler à mon frère
Te prendre la main
Quelques pas sur terre
Enfant du chagrin
Défier les astres
Marcher au canon
Violer le cadastre
Rétablir les ponts
Croire dans des choses
L ‘homme est dans nos mains
Boire dans des causes
Aimer à sa faim
Boire dans des causes
Aimer à sa faim
Ramener de l’homme
Cueillir en hiver
Réhabiter l’homme
Planter dans la mer
Parler à mon frère
Te prendre la main
Quelques pas sur terre
Enfant du chagrin
Défier les astres
Marcher au canon
Violer le cadastre
Rétablir les ponts
Croire dans des choses
L’homme dans nos mains
Boire dans des causes
Aimer à sa faim
Boire dans des causes
Aimer à sa faim
Boire dans des causes
Aimer à sa faim !

Laurent Desmurs, piano et claviers
Par the very famous french peterpan
-
Publié dans : chanson poétique
6
Dimanche 17 août 2008
7
17
/08
/Août
/2008
10:42
Ah ! l’ami Ferré, on y reviendra ! Ne serait-ce que pour parler de quelques chansons uniques, comme « la vie d’artiste » ou « ni dieu, ni maître »
et puis tant d’autres …Personne ne pourra remplacer cet artiste exceptionnel, écrivain et poète de talent, musicien génial, interprète d’exception !
On commencera par « la mémoire et la mer » - d’ailleurs repris par son fils Mathieu comme titre de ses éditions - , quoi dire sur
ce chef d’œuvre de la chanson française ? Que c’est la plus belle « chanson » poétique jamais écrite et interprétée, qu’écoutée 1000 fois, on garde encore la chair de poule, on écoute encore comme
si du neuf allait surgir ! Il y a tout dans cette chanson, la mélancolie, l’énigmatique, l’inspiration rare d’un moment rare, le transcendantal, la verve, le lyrisme. Les interprétations de
Lavilliers ou de Léotard sont plutôt réussies – et ce n’est pas simple de chanter Ferré, mais je préfère encore l’original…
« Un jour je te dirai pourquoi j’écris. La poésie s’arrange toujours ; il suffit d’être là, truelle en main et sueur suintant
au soir, devant la soupe, comme un maçon… » Léo Ferré (préface du testament phonographe, 1980.)
La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j'en laisse
Je suis le fantôme Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre
Rappelle-toi le chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude
Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus
Et toi fille verte, mon spleen
Les coquillages figurants
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieu des granits ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles
Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du flafla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue aux musiques mortes
C'est fini la mer c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle
Léo Ferré, La mémoire et la mer.©
Par the very famous french peterpan
-
Publié dans : chanson poétique
8
Dimanche 8 juin 2008
7
08
/06
/Juin
/2008
10:07
Pierre Barouh, né à Paris en 1934, sait tout faire. Ancien
journaliste sportif et grand sportif lui-même, il découvre la musique brésilienne et sympathise avec Baden Powell. Puis il est assistant réalisateur, acteur, auteur de chansons. En 1966 il devient
célèbre en tant qu’acteur et auteur de la bande originale d’ « un homme et une femme » de Claude Lelouch. Il profite de se succès pour créer son propre label Saravah et édite certains auteurs compositeurs interprètes peu connus à l’époque : Jacques Higelin, Areski,
Brigitte Fontaine, Pierre Akendengué, David Mac Neil et certains autres… Un groupe d’amis est né. Et Saravah, une sacrée marque de qualité. Il s’occupe de théâtre aussi et crée l’opéra
« le Kabaret de la chance ». Il vit maintenant entre le Japon et la France.
Un petit mot ici sur le Barouh auteur et interprète de chansons. Son premier disque date de 1966 et son dernier de 2007. Il
compose régulièrement à l’abri des modes et des télévisions. Je possède beaucoup de ses disques et les aime ; c’est une chanson de qualité, agréable à écouter, sans histoire, j’écoute
régulièrement « le Kabaret de la dernière chance » quand j’ai le moral dans les baskets et ça fonctionne très bien.
Mais je voudrais signaler un disque que j’aime particulièrement, il s’agit de « ça va ça vient », il date de 1971 et
c’est avec ce disque que j’ai découvert le Barouh « chanteur ». Une idée des musiciens d’abord : Jacques Higelin au piano, accordéon,
banjo ; Areski aux percussions ; et plein d’autres ; les photos du disque sont de David Mac Neil ; cet album est magique, hors temps.
Les compositeurs : Jérôme Savary, Pierre Barouh, Francis Lai, David Mac Neil,…
Une chanson a ma grande préférence, d’abord pour le texte, mais aussi pour l’interprétation quasi nonchalante de Barouh, l’accordéon lancinant d’Higelin au fond et la grande
tristesse de tout l’ensemble ; la chanson s’appelle : « le courage d’aimer », musique de Francis Lai.
La réédition en CD nous offre deux chansons supplémentaires.
Non, je n'ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l'écho de mon « je t'aime »
Non, je n'ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J'ai trop mimé ces gestes qu'il faut sublimer
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer
Toi qui m'offres aujourd'hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude dans mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l'aime bien l'amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J'ai peur qu'il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer
Pourtant si tu voulais, si tu prenais patience
Avec toi je pourrais retrouver l'insouciance
Cette manie que j'ai de conjuguer l'amour
Se tournant à nouveau au futur de mes jours
Alors me reviendraient du fond de mon enfance
Les élans, les frissons des amours sans défense
Sans lesquels il m'est impossible d'espérer
Retrouver à jamais le courage d'aimer.
Dans le film de Lelouch, la chanson a été retravaillée , la voici : (je préfère l'original, bien sûr)
La fleur d’amour est bien fanée
Mon cœur va-t-il me pardonner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Non, je n’ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l’écho de mon je t’aime
Non, je n’ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J’ai trop mimé ces gestes qu’il faut sublimer
je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Toi qui m’offres aujourd’hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude en mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l’aime bien l’amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J’ai peur qu’il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
À tout ce que tu es, je demande indulgence
Avec toi j’avais cru retrouver l’insouciance
Il est un rêve en moi que je dois condamner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : chanson poétique
4
Samedi 17 mai 2008
6
17
/05
/Mai
/2008
11:56
Gianmaria Testa nous a habitué depuis quelque temps à de beaux albums, toujours réussis, toujours hors des modes,hors show-biz,
toujours honnêtes.
La valse d’un jour (il valzer di un giorno – Harmonia Mundi 2001)
est un pur
poème du début jusqu’à la fin. La quintessence de la force de cet artiste piémontais né en 1958 atteint là peut-être son apogée. Les textes sont courts et percutants, toujours précieux et oniriques
; le livret accompagnant le disque est déjà lui-même un régal, photos noir et blanc et traductions de toutes les chansons et de tous les poèmes ; seules deux guitares se répondent, celles de
Gianmaria Testa et Pier Mario Giovannone, elles sont toutes deux d’une sobriété exemplaire et la voix de l’artiste nous donne à rêver, un rêve mystérieux et inestimable. Il y a bien un air de
miraculeux dans ces morceaux. On pense à Paolo Conte du début bien sûr, mais aussi Léonard Cohen, de ces artistes trop rares aujourd’hui.
Le disque se termine par une lente diction pleine de talent et de retenue d’un petit poème de Jean
Claude Izzo écrit très peu de temps avant sa mort « la plage du prophète ».
Gianmaria Testa est sans nul doute une erreur dans ce monde actuel de la chanson – une erreur pour les textes, une erreur pour la musique -, une
bien belle erreur.
Les femmes dans les gares
Des jupes comme des cerfs-volants dans les
orages
Sombres
élégances de cormorans
Ombres de rouge dans les cheveux et sur les mains
Les femmes dans les gares
Toujours quelqu’un les
attend
Elles
s’en vont
Et ne
se retournent pas.
GM Testa
Je me sens seul
Seul
Comme ces balcons
Aux persiennes fermées
Abandonnés
Où tombe la
pluie
Le sable
se pose
Se pose
la poussière
S’ils avaient une voix
Tu les
entendrais
Invoquer les oiseaux
S’ils avaient des mains tu les verrais
Dessiner géraniums et azalées
J’attends comme eux
Quelqu’un qui
m’ouvre
Plancher à fouler
Véhicule de lumière
Autre chose
Je ne sais
imaginer PM Giovannone
Par the very famous french peterpan
-
Publié dans : chanson poétique
4
Mercredi 26 mars 2008
3
26
/03
/Mars
/2008
05:50
En ce moment : Gros coup de
pour le premier album de Berry : "Mademoiselle"
rien de révolutionnaire et cependant :
- une voix fraiche, débordante de sensualité et de féminité
- des textes simples "de chanson", mais très bien écrits, souvent justes
- une musique et une orchestration remarquables de Manou, où rêgne la guitare sèche. C'est truffé d'inventions sonores, et de justesse.
- 2 petits poèmes de Verlaine en fin de disque astucieusement mis en musique et chantés
Toutes les chansons s'écoutent avec un très grand plaisir, les deux premières bien sûr qui sont devenues depuis fin février déjà des quasi tubes : "Mademoiselle" et "le bonheur" ; mais aussi les
autres, en particulier la très très belle chanson de rupture "plus loin", véritable petit chef d'oeuvre de sensibilité et de retenue.
Voici "le bonheur" :
(mais sans musique et sans chant) malheureusement
Le bonheur
N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas / Ni ici ni ailleurs…
Nous allons mourir demain / Ne dites plus rien / Le bonheur conjugal / Restera de l’artisanat local
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer
Le trésor n’est pas caché / Il est juste là / A nos pieds dévoilé / Il nous ferait presque tomber
C’est dommageable qu’on ne vive / Qu’une seule fois / C’est le temps d’une joie / Qui s’offre comme vous à moi
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer
Un peu de sel dans la mer / Ne changera rien / On s’adore on s’enterre
On trouve une main et on serre
N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer
Photographies de Ramon Palacios-pelletier
Le site de BERRY : cliquez sur la photo
Voir les très sympathiques vidéos = c'est là.
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : chanson poétique
5
Mercredi 19 mars 2008
3
19
/03
/Mars
/2008
02:00
Voici une des plus belles chansons de Jean Vasca et une des plus belles chansons sur l'amitié
Cette chanson fut chantée par son auteur, par Jacques Bertin, par Marc Ogeret.
à chaque fois, un délice...
Amis soyez toujours
Amis soyez toujours ces veilleuses qui tremblent
Cette fièvre dans l’air comme une onde passant
Laissez fumer longtemps la cendre des paroles
Ne verrouillez jamais la vie à double tour
Je suis là cœur battant dans certains soirs d’été
A vous imaginer à vous réinventer
Amis soyez toujours ces voix sur l’autre rive
Qui prolongent dans moi la fête et la ferveur
Des fois vous le savez il fait encore si froid
Le voyage est si long jusqu’aux terres promises
Je suis là cœur battant dans tous les trains de nuit
Traversant comme vous tant de gares désertes
Amis soyez toujours l’ombre d’un bateau ivre
Ce vieux rêve têtu qui nous tenait debout
Peut-être vivrons-nous des lambeaux d’avenir
Et puis nous vieillirons comme le veut l’usage
Je suis là cœur battant à tous les carrefours
A vous tendre les mains dans l’axe du soleil
Peut on rêver de plus belles chansons sur l’amitié ?
Jean Vasca aura 68 ans cette année ! Diantre ! Le temps passe…
Plus de 20 albums, des prix dans tous les sens, 7 ou 8 recueils de poésie… Et oui, encore un oublié des temps modernes, un grand désabusé lui aussi mais qui tient la barre encore
et toujours, et le gouvernail nous emmène vers de beaux chemins ...
Le seul avec Jacques Bertin a être paru de son vivant dans la prestigieuse collection « Poètes et Chansons » chez EPM.
Sur le net, on trouve des vidéos de cette chanson, les puristes cherchent à savoir qui la chante le mieux de Bertin ou de Vasca ... J'aime les deux interprétations, Vasca est
lyrique, Bertin plus en lui même ; les deux sont puissantes et me font frémir ! Bravo à eux ! Bravo pour ce splendide texte !
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : chanson poétique
8
Jeudi 13 mars 2008
4
13
/03
/Mars
/2008
20:41
A 74 ans, Leonard Cohen va normalement reprendre une tournée mondiale. (dernière tournée en 1993 (!!!) )
(en France le 9 juillet à Lyon, le 22 Juillet à Nice)
On lui souhaite de la réussir, mieux en tout cas que son tout dernier disque qui m’avait fort déçu (Dear heather, 2004) (et ce fut quasi le seul)...
Il a quitté le monde du recueillement – son monastère boudhiste de Los Angeles – où il a quand même passé 5 ans de sa vie.
Amoureux des chœurs (et des choristes), l’ami Leonard en met un peu partout ses derniers temps, mais parfois comme dans « secret life
», cela sonne plutôt juste.
Grand mystique, faiseur d’histoires, Cohen fait partie des très grands ; il a d’ailleurs été honoré il y a une semaine à New York. «Rock'n'roll Hall of Fame» («temple de la renommée» et musée du
rock).
Je viens d'acheter aussi le "Book of longing", Penguin Books, 2006 ; les poèmes sont courts et assez faciles à lire même
en étant moyen en anglais, c'est agréable aussi d'y voir les dessins et "décorations" du maitre lui même quasi à chaque page, Cohen aime dessiner. Ce livre a été "mis en musique" par
l'excellent Philip Glass.
Avec sa belle voix de baryton, et de basse dans les derniers albums, Cohen s'est créé un monde unique ,le sien, son "langage intérieur", quelque chose de solide ou d'éternel.Textes,
interprétation, chants, musique, dessins, romans, concepteur de ses propres clips, moine boudhiste dont le nom veut dire "le silencieux", Cohen est un être complexe.
Voici ici "Secret Life" de son avant dernier album.
Longue vie à lui !
In my Secret Life
I saw you this morning / You were moving so fast / Can’t seem to loosen my grip / On the past.
And I miss you so much / There’s no one in sight / And we’re still making love / In my Secret Life.
I smile when I’m angry . I cheat and I lie / I do what I have to do / To get by / But I know what is wrong / And I know what is right / And I’d die for the truth / In my Secret Life.
Hold on, hold on my brother / My sister, hold on tight / I finally got my orders / I’ll be marching through the morning / Marching through the night / Moving cross the borders / Of my Secret
Life.
Looked through the paper / Makes you want to cry / Nobody cares if the people / Live or die / And the dealer wants you thinking / That it’s either black or white / Thank G-d it’s not that simple /
In my Secret Life.
I bite my lip / I buy what I’m told : / From the latest hit, / To the wisdom of old / But I’m always alone / And my heart is like ice / And it’s crowded and cold / In my Secret Life.
Leonard Cohen 2001, album 10 new songs
Dans ma vie secrete
Je t’ai vue ce matin / Tu bougeais si vite / J’ai du mal à lâcher prise / Sur le passé.
Et tu me manques tellement / Il n’y a personne en vue / Et nous continuons à faire l’amour / Dans ma vie secrète.
Je souris quand je suis en colère / Je triche et je mens / Je fais ce que je dois faire / Pour faire aller / Mais je sais ce qui est mal / Et je sais ce qui est bien / Et je donnerais ma vie pour
la vérité / Dans ma vie secrète.
Tiens bon, tiens bon, mon frère / Tiens bon, ma sœur / J’ai finalement reçu mes instructions / Marchant au pas je traverserai le matin, / Je traverserai la nuit, / Passant les frontières / De ma
vie secrète.
J’ai parcouru le journal / Ca vous donne envie de pleurer / Tout le monde s’en fout si les gens / Vivent ou meurent / Et le dealer veut que tu penses / Que c’est soit noir soit blanc / Dieu merci,
ce n’est pas si simple / Dans ma vie secrète.
Je mords ma lèvre / J’achète ce qu’on me dit : / Du dernier tube / A la sagesse du temps jadis / Mais je suis toujours seul / Et mon cœur est comme la glace / Et il y a foule et il fait froid /
Dans ma vie secrète.
Traduction française : Graeme Allwright
Son site internet =
LEONARD COHEN .
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : chanson poétique
5
Dimanche 3 février 2008
7
03
/02
/Fév
/2008
13:42
François Dreno, à l’aube de ses 50 ans, vient de faire paraitre son troisième album « Héliotropes ».
Vous pourrez l’entendre sur son site :http://www.fdreno.com
Et le commander chez son distributeur :http://www.distrinum.com/catalog/dreno
Son "myspace" : http://www.myspace.com/drenotrefiddle
et : http://www.myspace.com/fdreno
Dreno interprète, chante, joue de la guitare et du violon (entre autres). Nourri de musique (violon en particulier) depuis l’âge de 8 ans. Il a fait partie de l’équipe de Jerôme Savary pendant 7-8 ans.
Les textes ont été écrits par un grand amoureux de Serge Gainsbourg : Paul Adam.
Les textes sont simples, surtout les deux premières chansons, on y ressent cependant (ou justement) la forte présence et influence du grand Serge qui était passé maître dans l’art de faire « simple et efficace » (ex : « je suis venu te dire que je m’en vais »…).
Dans l’interprétation de Dreno aussi… Il a des intonations de Gainsbourg, de Bashung et aussi de Caillat ou Lavilliers dans ses tout premiers disques. La voix est grave et belle, et articule bien, ce que j’aime particulièrement.
C'est essentiel quand on cherche à dire un bon texte !
On a l'impression parfois d'écouter une suite à Melody Nelson ou à l'homme à tête de chou, ce qui n’est pas un mince compliment. Beaucoup de clins d'oeil d'ailleurs à ce chanteur là ! Intrusion du monde moderne dans la poésie : André chausseur, Nokia, Buffalo ...
On y parle beaucoup de la femme (elle n'est plus shampouineuse ;-) ) : qu’elle soit chausseuse chez André, serveuse à Buffalo, photographe chez Marcel ou terroriste ; c’est toujours la même quête difficile. Une quête perdue semble t il, délicate en tout cas.
Les 5 chansons finales donnent encore plus de profondeur au disque : d’abord une reprise du délicieux texte (50 ans déjà !) un tantinet misogyne de Serge Barthélémy mis en musique et chanté par Gainsbourg : "Ronsard 58". Ici parfaitement interprété : on semble presque y reconnaître la voix de Serge Gainsbourg.
"Latex" est délicieusement érotique. (c’est « inspire » ou « aspire », au bout d’un moment, on hésite). "Chez Marcel" aussi, la notion de zoom prend un visage différent. ;-)
Puis mes deux préférées viennent là car très poétiques et remarquablement dites :
Un texte simple « Nouveau monde » sur la tragédie du 11 septembre, sur un thème de Dvorak, le texte est beau, la mélodie superbe et l’interprétation majestueuse. Très beau moment de chanson. C’est plus parlé que chanté, et c’est très bien.
La suivante est du même genre « Jardin », avec un texte un peu énigmatique qui parle lui aussi de terrorisme, on s’imagine à Bali ou ailleurs, avec jungle et explosion.
Le dernier est un poème de Rimbaud : « Oraison du soir ». Ce texte, écrit à 16 ans, est parfait pour représenter le Rimbaud « voyou ». Celui qui dès l’âge légal ira s’installer dans les débits de boisson et en fera un « chez lui ». Il boira enfin ses bocks et pissera contre les murs des églises, en fumant de mauvaises pipes, des « Gambier ». Là il prend un grand plaisir à arroser le long des murs des grands héliotropes. Faut dire qu’après 30 ou 40 chopes : le besoin (« l’âcre besoin ») est bien naturel ! A 21 ans il arrêtera d’écrire, mais là c’est autre chose…
Il y a dans Rimbaud, mais aussi chez Dreno / Adam, le même refus du monde tel qu’il est, un grand désir de fuir et d’être libre ; et ce n’est sans doute pas pour rien que ce disque se termine par ce poème, par cette « prière du soir ».
-------------------------
Je vis assis, tel qu'un ange aux mains d'un barbier,
Empoignant une chope à fortes cannelures,
L'hypogastre et le col cambrés, une Gambier
Aux dents, sous l'air gonflé d'impalpables voilures.
Tels que les excréments chauds d'un vieux colombier,
Mille Rêves en moi font de douces brûlures :
Puis par instants mon coeur triste est comme un aubier
Qu'ensanglante l'or jeune et sombre des coulures.
Puis, quand j'ai ravalé mes rêves avec soin,
Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes,
Et me recueille, pour lâcher l'âcre besoin :
Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes,
Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très loin,
Avec l'assentiment des grands héliotropes
Arthur Rimbaud
-------------------------
Bref, un album très réussi, assez atypique,
très bien interprété
très agréable à écouter
d'un grand artiste
bravo à lui !

Photographie Danielle Cenki
DRENO en concert le 26 février prochain au "Sentier des Halles" à Paris
Par the very famous french peterpan
-
Publié dans : chanson poétique
2
Dimanche 28 octobre 2007
7
28
/10
/Oct
/2007
11:14
Déjà 30 ans !...
Jacques Brel surprenait tout le monde avec ce disque. Il avait jadis annoncé ses désirs d'arrêter les chansons.
A l'écoute de ce dernier opus, on est stupéfait.
et ce encore en 2007 !
Il y a tout l'univers de Brel dans ce disque : sa peur des femmes (sa misogynie diront d'autres), l'amitié, la mort, ses révoltes contre l'injustice ou la bêtise humaine...
Il décèdera en octobre 1978, un an après la sortie de sa dernière oeuvre elle fut l'un des plus grands succès de l'industrie française du disque.
Cet album est parfait et sans doute le plus abouti de l'ami Jacques.
les mélodies et orchestrations sont magnifiques.
le chant et la voix sont à leur sommet malgré l'opération de son cancer des poumons 2-3 ans auparavant.
les textes sont tous irréprochables, accomplis parfaitement
et il y a encore de l'humour, beaucoup d'humour bien que la mort s'approchait à grands pas
et cette voix, cette voix !!
jadis amputée de 5 chansons que Jacques Brel voulait finalement ne jamais dévoiler, la nouvelle version de 2003 les a replacées ; "Mai 40" et "La cathédrale" par exemple ne dénotent certainement pas !
Par the very famous french peterpan
-
Publié dans : chanson poétique
5
Samedi 14 juillet 2007
6
14
/07
/Juil
/2007
06:12
"à mon enterrement"
A mon enterrement j'aurai des cheveux blancs
Des dingues et des Pop aux sabots de guitare
Des cheveux pleins de fleurs des champs dedans leurs yeux
Hennissant des chansons de nuit quand y'en a marre
J'aurai des mômes de passe, ceux que j'ai pas finis
Des filles de douze ans qui gonflent sous l'outrage
Des Chinoises des Russes des Nordiques remplies
Des rues décapitées par des girls de passage
A mon enterrement
Et je ferai l'amour avec le croque-mort
Avec sa tête d'ange et ses dix-huit automnes
Douze pour la vertu et six mourant au port
Quand son navire mouillera comme une aumône
A mon enterrement j'aurai un coeur de fer
Et me suivrai tout seul sur le dernier bitume
Lâchant mon ombre enfin pour me mettre en enfer
Dans le dernier taxi tapinant dans la brume
A mon enterrement
Comme un pendu tout sec perforé de corbeaux
A mon enterrement je gueulerai quand même
J'aurai l'ordinateur facile avec les mots
Des cartes perforées me perforant le thème
Je mettrai en chanson la tristesse du vent
Quand il vient s'affaler sur la gueule des pierres
La nausée de la mer quand revient le jusant
Et qu'il faut de nouveau descendre et puis se taire
A mon enterrement
A mon enterrement je ne veux que des morts
Des rossignols sans voix des chagrins littéraires
Des peintres sans couleurs des acteurs sans décor
Des silences sans bruits des soleils sans lumière
Je veux du noir partout à me crever les yeux
Et n'avoir jamais plus qu'une idée de voyance
Sous l'oeil indifférent du regard le plus creux
Dans la dernière métaphore de l'offense
A mon enterrement
Dessin d'E. Munch
Par the very famous french peterpan
-
Publié dans : chanson poétique
4
Derniers Commentaires