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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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spleen "poèmes"

Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /2006 21:37
Sombres
Plaies
En mots urgence
urgence urgence

Sombre la vie
déshonnête d’un monde faux
s’imagine disparaître ; perspective en fuite
mes rêves décousus

Et ce sera une valve percée
déchirures des vents
silence, repos ; coeur malade, hypnose

Tout dépasse la vie
avalanche toute blanche
flocons maladifs enserrés compactés
méchants grains amenés par la mort

Ma marche est sans importance
le sang ne programme pas de cadence
pas de femmes aux allures de hanches

Cachée,
tu enroberais des soleils oubliés
des poissons argentés
glissant ; frétillant

Oh ! passent pensées de retard
tout dépasse cette courte vie
tout retombe tout se tait
un autre silence il se fait


"Hypnos" de Pat Andréa

Par the very famous french peterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Mardi 25 juillet 2006 2 25 /07 /2006 11:41
J'arrête je t'arrête
l'air en dessous rêve de nous surprendre, le frais
paumes ouvertes à l'été
il rêve des mots à l'emporte-pièce
très simples
dans des draps de nuages aux plis déjà parfaits
il me rêve ton nom en peau d'homme
avec ce grain singulier albâtre
on fera et oui et demain
et par dessus tout ton âme en chemin
on prendra en retour
quelques fleurs séchées
quelques couleurs de craie
des pétales en soin
et ta jeune poitrine à distribuer
toi alcool d'été
tes gestes attentifs et ta bouche versée
des lendemains sans suite sur mes ulcères rêvés
et des jambes ennuyeuses un collant mal venu
un chant inconnu un air de nulle part
mais ici là et nullement ailleurs
ce qui fait toi et puis rien
on s'enferme s'enferme et délire

il est beau ce geste du semeur
dans l'étreinte gauchement oubliée
il semble parfaire nous donner
et puis le fond en toi qui nous impose
ce cul chantant où tu t'assieds
parfaitement bien de ta pose
j'irai dormir l'été éclairé
sous les fenêtres de nos amis
on jurera leurs fenêtres fermées
alors qu'elles brillent jusqu'en été

oublier nos chants sombres
et fuir vers ce qu'on croit
prendre les restes ce qui reste
ramper proches des pourritures vitales
mourir au fin fond désemparés
c'est ainsi que tous ont fait
si vivre ainsi tout se défait
pourquoi nous avoir donné tant et tout
pourquoi ? c'est vraiment nous, vos avenirs ?
ces éclairages étranges balbutient
encore des bulles d'invraisemblance ?
je ne garde que cela : ton très jeune corps
en surbrillance en clair-obscur en infinie détachement
en vallées verdoyantes, éclairs solaires, gypse blanc
matins calmes
ruisseaux zigzaguants
grande fraicheur de ta nuque étirée


Photographie de Stéphane alias Barfly

allez voir les photos belles et étranges de Barfly
Par the very famous french peterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 24 juillet 2006 1 24 /07 /2006 12:14
je ne suis pas disponible aux mondes des autres

chaque autre en soi qui s'affirme

je ne veux plus être disponible ni à toi ni aux autres

je me veux silence

j'en montre mon individualité

mon ego non égal aux autres

je n'ai rien à dire

ni les rires ni les pleurs ne m'émeuvent

ni tes pleurs ni vos rires

royaume non silencieux on vous y bouffe à grands coups
    d'erreurs de maladresses de certitudes

j'ai peur de vos certitudes comme de vos suffisances et vos ignorances
ne dites pas : c'est ceci, c'est cela ; écoutez les autres danser

vous n'avez rien à gagner de vous-mêmes rien à vouloir prouver
de toute façon je ne vous écoute plus
belle contradiction, n'est-ce pas !

à vrai dire : je n'ai goût à rien

"j'aurais voulu t'écrire une chanson d'amour, mais par les temps qui courrent, ce n'est pas chose commode."
Par the very famous french peterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Mercredi 14 juin 2006 3 14 /06 /2006 20:05
prends garde où te mène la vie
sentiers sans naissance
où tes folies t'amènent
jeune homme peureux du silence
ivre où la pureté du vivre te mène
fuyard perdu à l'aube de tes déchirements
fêtard perdant des illusions de vivre
dangereux vainqueur de tes batailles solitaires
ours qui ferme la porte au monde qui te vide

ferme la mort à ceux que tu veux
pour les cacher dans tes velours
fiançailles inouïes de tes désirs de vivre
rejets commodes du monde à venir

Il est un jour impossible ou perdu où tu t'enfuiras et tu seras fou sans doute de ta fuite, tu fuiras sans aucun demi-tour, et laissant dans le passé tous tes dimanches d'amitié, toutes tes foires du souvenir et tes regrets d'aimer et tes orgueils maladifs et tes mots qui ne sont plus de poèmes ;
tu fuiras l'eau changeante des autres, l'eau grasse des villes enfumées, l'eau noire encrée de cette nature moribonde et là-dedans tu jetteras toutes tes vieilles rimes vêtues de peur, feuilles encombrantes, moisissures, métrique et fiasco
romans non écrits sans titre ni chapitres
femmes à moitié nues encore en dormance

et qui pourra dire que ce jour sera béni ?

Par the very famous french peterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Mercredi 31 mai 2006 3 31 /05 /2006 12:19
comme feuilles mortes au fleuve
il dure lentement le temps où

nous avançons en perpétuel leurre
lièvres enivrés de vents matinaux

en cohortes légères et la rosée
qui doucement au creux perlait

et nos flancs s'agitaient
et battaient comme coeurs s'affolant

même le vent criait déjà nos noms
en plaintes de feuillages en cris

les hautes herbes faisaient pièges
et nos ombres écrans sur les pierres

nous finissions totalement de vivre
en ombres plates en longue glissade

"pourquoi ne pas vivre puisque tu vis"

Par the very famous french peterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /2006 18:18
J’étais l’étrave ou le javelot, jeune
Ce monde s'éclairait nourri de joies, jeune
Fendant l’air et l’innocence en tout, jeune
Nouveau lauréat j’aurais avancé droit, jeune
Dans tes arrière-cours j’imaginais, jeune
Des alvéoles et des miellats de muscat, jeune
Des jambes fines de grande reine, jeune
J’étais jockey du monde vivant, jeune
A mon passage les ronces s’écartaient, jeune

Déclic déclin déchu, à genoux
En acousmie et à genoux
Et mes hantises d’alors
Lapsus et ton corps latéral : tu te mis à fuire

Je suis
Maintenant
Maintenant
Maintenant
définitivement à côté, à côté, à côté

Autoportrait de l'auteur alors qu'il était jeune et romantique  ;-)
(je portais déjà des vêtements troués alors que ce n'était pas du tout la mode, j'étais déjà "fashion" sans le savoir ! quelle maitrise ! 8-D )
Par the very famous french peterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 1 mai 2006 1 01 /05 /2006 09:45
Au crépuscule : visage perdu

dans des tiers d'amour aux petites couleurs de blanc-cass
au cafés d'hier enfermés dans des odeurs de passe
"Dame nue" passait et flottait en un ballet nostalgique
elle fumait ses jambes en un long roucoulement
qu'elle avait ma foi fort belles et sentait bon
elle s'éteignait elle-même  tout près de nos âmes
dans de longues touffes verticales où mes allumettes erraient
le plus doucement possible lisière d'horizons indiscrets
nous jeunes hommes encore éperdus de tant de grâce
nous aimions ces moments érotiques où "Dame nue" décidait
de se fumer toute entière et où dans le noir silence du café belge
peu après 2 heures du matin
une terrible odeur âcre et puissante de femme
enfumait notre oxygène et où surtout fantastique ballet
de plaisir dans le silence noir de ce petit café
au beau milieu des clients hébétés dans une pénombre irréelle
une bouche très cerise deux grosses lèvres et fermes
semblaient nous lancer immobiles un cri d'orgasme terrible et vainqueur

mais ce n'était que l'illusion du plaisir
dans nos tempes de gamins fous




Par the very famous french peterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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