ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
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" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard
______________________________________________

 

Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 18:50

En effort du

 monde flou

Pour paraître, je l’ai écrasé dans mon poing

Des larmes et du sang ont taché les sols

Dans les plaies et bosses des âmes désertées

J’ai voulu déconstruire

Je l’ai déjà dit –

Et puis 

L’immense pont ambigu entre elle et lui

Haie vaste d’ennui,  incompréhension où les

oiseaux sont comme des baies remuantes

la nuit s’éveille, ou s’éveillerait

les bruits du noir se taisent, se tairaient

les pierres font la traite des lichens, feraient

l’eau qui sonnait s’immobilise

le gros crapaud – mon frère – sort

de son trou

 on entend la teinte seule de ses sauts

il est là dans ma paume,

étonné de ma grosse tête

je suis comme lui, effondré du monde

nous puisons – peinant – dans l’air

le vieil oxygène

oh ! comme j’ai vieilli dans ce monde ci

 

crapaud-frenchpeterpan

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 18:53

Scintillation

 

   Difficile de dire à la fermeture de « Scintillation » ce que l’on ressent. Enigmatique, sans nul doute.

   Bien sûr, on vient de lire un livre d’exception, écrit dans une langue forte, celle d’un poète qui vers 30 ans décida d’arrêter de se détruire et d’écrire de la poésie ; 10 ans plus tard après une dizaine de recueils, il se tournera vers le roman. « Scintillation » est le 6ième roman du poète John Burnside.

   Dans une presqu’île polluée à outrance par une ancienne usine chimique abandonnée et par une industrialisation forcenée, dans « Intraville », la vie et la mort semblent se ressembler (un monde dévasté aussi qui pourrait ressembler aux images de Stalker de Tarkovski) ; sous le court prétexte de disparitions d’enfants, l’auteur fait une critique très sévère du capitalisme, du profit, de l’apathie du peuple, du laisser-faire, de la misère du monde moderne ; mais d’un point de vue totalement poétique. Ce qui donne un objet inhabituel, un livre carrément à part.

   Plusieurs personnages dérivent dans le livre, on s’intéresse particulièrement à Léonard, jeune adolescent qui aime les livres ; quand on connaît l’enfance extrêmement difficile de John Burnside, on comprend clairement la parenté (encore que le bibliothécaire dont le prénom est John s’amuse de l’enthousiasme de son jeune lecteur) ; d’autant plus qu’enfant l’auteur s’est lui-même réfugié dans les livres afin de ne pas mourir. Les livres, c’était la liberté. La liberté était dehors, à la maison c’était l’enfer.

   Mais ce fut limite (lire les excellents articles dans le matricule des anges), si le père de Burnside était violent et alcoolique, son fils lui aura cherché à décoller d’une Ecosse triste par les drogues et diverses révoltes, en particulier contre les dérèglements environnementaux ;  ce n’est que très tardivement que ce dernier se mettra à écrire des romans et son premier roman « La maison muette » (1997) est déjà très construit et très personnel.

   Ce qui sous-tend les œuvres de cet auteur, c’est son profond désarroi sur la nature humaine et sur les politiciens et la politique, les notions de révolution, l’importance de l’adolescence : là où on peut « changer ». Un pessimisme à toute épreuve.

   Dans la version française, il y a un petit prologue qu’on comprend mieux à la fin du roman ; l’auteur a enlevé ce prologue dans l’édition américaine afin de laisser davantage d’ambiguïté.

   Ce livre demanderait plusieurs lectures, tant le premier goût reste amer en bouche ; on a l’impression d’être passé proche d’un chef d’œuvre, donc vérifions-le. 

--------------------------------------------------------------------------------------------

Lire les excellents articles sur cet écrivain dans le N° d'octobre 2011 du "Matricule des anges". 

Burnside-Matricule des anges

 


Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 10:54

Paul Eluard

Prête aux baisers résurrecteurs


Pauvre je ne peux pas vivre dans l’ignorance
Il me faut voir entendre et abuser
T’entendre nue et te voir nue
Pour abuser de tes caresses

Par bonheur ou par malheur
Je connais ton secret pas coeur
Toutes les portes de ton empire
Celle des yeux celle des mains
Des seins et de ta bouche où chaque langue fond

 
Et la porte du temps ouverte entre tes jambes
La fleur des nuits d’été aux lèvres de la foudre
Au seuil du paysage où la fleur rit et pleure
Tout en gardant cette pâleur de perle morte
Tout en donnant ton coeur tout en ouvrant tes jambes

Tu es comme la mer tu berces les étoiles
Tu es le champ d’amour tu lies et tu sépares
Les amants et les fous
Tu es la faim le pain la soif l’ivresse haute

Et le dernier mariage entre rêve et vertu.

Paul Eluard

(Corps mémorable, 1948)

 

Eluard et Jacqueline

 

Ce n'est pas le meilleur poème d'Eluard, mais j'ai une grande sympathie pour celui-ci qui parle simplement d'amour, de mort et de liberté ; Paul Eluard fut le poète de l'ode féminine par excellence ; adolescent, je connaissais tout de ce poète-là - ce qui par chance me valut une note exceptionnelle (allons disons-le :-) ) au bac français...

Paul Eluard a appris un an auparavant la mort brutale de Nush ; après le ravissement de Gala par Dali, il doit se dire qu'il n'a pas de chance avec ses muses et épouses ; il rencontre Jacqueline Duhême, il a 51 ans et elle 20 ; ils vivront ensemble une petite année ; la légende dit qu'en voulant l'épouser, il se fit sacrément remonter les bretelles par le PCF car c'était "petit bourgeois" d'épouser une fille si jeune... La jeune femme ira aider Matisse par la suite et deviendra une célèbre illustratrice (Prévert notamment) ; quant à lui,le poète rencontrera au Mexique sa dernière femme Dominique Lemor qu'il épousera un an avant sa mort (d'une crise cardiaque en 1952), il aurait eu 57 ans le mois suivant...

En lisant Eluard, on a l'impression qu'il est facile d'écrire de la poésie et facile de l'imiter, j'ai maintes fois tenter sans jamais réussir... 

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 15:21

   Qui je suis ? Pour être si indifférent au monde qui m’encercle, aux personnes qui m’entourent ? Ce n’est pas de l’égoïsme car je me soucie si peu de moi. C’est une espèce de vie « à côté », comme un travail subi en dehors de moi-même. Si je comprends bien l’espace du dedans de Michaux, je dirai de moi que je me sens si souvent dans l’espace du dedans "vide". Non, je ne me désintéresse pas de vous, de vos plaies et bosses ; je ne suis pas « indifférent ». Mais je ressens ma propre existence à peine justifiée comme une aberration, une erreur de saisie ; et pourtant le monde vivant me plait : paysages, flore, faune, minéraux, je m’enorgueillis même de bien connaître toute la classification de ces choses-là. J’aime en outre les visages féminins avec une gourmandise extrême et l’amitié masculine compte pour moi. Alors je ne sais plus ce qui fait que je suis si lointain de vous. 

 

top secret

Par frenchpeterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 19:21

Quelle belle idée !

 

lire-plus

Par frenchpeterpan - Publié dans : Coup de gueule !
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 18:09

Insufflée la flûte de la vie

Le bon temps passe en rais, tracé comme des poussières

dans le vent de l’enfance lorsque ma mère secouait les draps

Passe le bon temps des gens dont je serrais les doigts

Les petites mains des enfants, les doigts de l’enfance

Offre, offrir à ceux d’hier l’homme que je suis aujourd’hui

Ou en finir n’est-ce pas ?

Quoi dire

Le bon grain, l’ivraie sont les mêmes

Les mêmes qui s’étouffent mutuellement dans une clarté besogneuse

Oh dis-moi ! le bon temps qui passe

Que ferions-nous demain ?

Comment ne plus vieillir et rapporter de nos mains enfantines des palettes riches

Eclatantes

Alors que leur bitume est gris

Je ne sais plus quoi faire

Dans ces matins assombris où le soleil peine

Où l’ennui domine tout ce monde

(Dont j’ai moi même fermé les volets)

Il y a des yeux d’albâtre, tes pieds petits et beaux

Autrefois tu mettais des jupes d’enfants et tu riais

La vie finit là où je commence à peine à comprendre

Je suis statique et cela aurait pu me convenir

Restent les traces du passé dont tu dis

« détruis les»

si je brûle mon passé, mon amie, je me consumerai moi-même

je préfère mourir « comme je suis »

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 14:18

Fin octobre dans mes tonneaux : encore 3 têtards  de rainette provençale ; les pattes postérieures sont sorties ; il fait si chaud qu'il tête l'oxygène à la surface... Auront-ils le temps d'une complète métamorphose ? Rien n'est moins sûr !

tetard

tetard2

tetard3

tetard4

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes photographies
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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 11:12

moineau   moineau

 

   Je somnolais nonchalamment, de gros livres entrouverts posés près de moi dans cette vaste bibliothèque aux larges baies vitrées. Une climatisation douce ronronnait ; de nombreux étudiants discutaient à voix très basse ou, seuls, travaillaient. Je constatais une fois de plus le grand nombre de jeunes filles ou de jeunes femmes tant les étudiantes avaient pris l’ascendant sur leurs collègues masculins. La médecine se féminisait comme tant d’autres professions.

   J’étudiais ou tentais d’étudier une fois encore la découverte de la sexualité chez l’enfant. Comme disait Rufo, la sexualité est un mystère et doit le rester. Mais devant ses étudiants, il faut bien s’expliquer et faire semblant d’être au courant « de tout », même de théories tordues ou nouvellement « à la mode ». J’étais donc là à rêvasser et à prendre des notes lorsque dehors un moineau ou du moins un oiseau de cette taille vint s’assommer contre la vitre ;  tous les gens proches entendirent nettement un bruit court et violent. Certains comme moi se levèrent . Le petit animal convulsait et reposait sur un étroit parapet. Les courtes pattes se crispaient, le passereau semblait souffrir. Certains, à côté de moi, s’en émurent ;  malheureusement impossible de récupérer le blessé, les vitres ne s’ouvraient pas et nous étions au troisième étage de ce gros bâtiment. Les mouvements se firent moins brusques, mais l’animal tentait toujours de se remettre sur ses pattes, comme un réveil de coma. Peu à peu les gens partirent reprendre  leur travail. Bientôt ne restèrent que moi et une jeune femme dont le visage me disait quelque chose, sans nul doute elle avait dû assister à mes cours. Elle ne disait rien, mais je devinais son émoi, d’autant plus que soudain je vis une larme se détacher et couler sur sa pommette dorée.

   « Il va s’en sortir » me crus-je obligé de dire.

   Elle sourit, calmement répondit : « sans doute. », puis s’éloigna, après avoir fixé une dernière fois l’animal immobile.

   Je restais seul (inutilement seul dit le poète) à regarder l’oiseau. C’était bien un moineau, dire qu’on l’appelle comme cela parce qu’il a la couleur terne d’un moinillon… Cela me fit sourire. Que sont devenus les moinillons maintenant ?

   Brusquement, l’animal se releva, prit position sur ses deux jambes, hésita un moment, puis sauta et prit un envol quasi naturel. Son vol le dirigea vers la cime d’un grand marronnier. Bravo le pierrot ! Je fis demi-tour pour rejoindre ma table et mes documents, j’avais un peu faim comme toujours, mais me résignais en débutant diabétique à attendre calmement le soir, les grignotages, c’était terminé !

   En m’asseyant, je vis l’étudiante les paumes posés contre les joues, elle sanglotait encore ; elle n’était pas loin, j’hésitais à lui parler, à la réconforter – à la comprendre sans doute. Gérer ses émotions dit l’autre ! Peut on enseigner aux gens d’être heureux ? Si le langage est régulateur des émotions, je devrais parler à ma future consoeur ; mais ce sont les femmes qui verbalisent, les hommes, eux, préfèrent l’inaction ou l’action en silence. On dit que les émotions sont de puissants signes sociaux. Je la fixais à nouveau, elle releva la tête à ce moment et nos regards se croisèrent brillants. J’allais vers elle : « Vous avez fini de travailler ? Je vous offre un café pour fêter la résurrection de l’oiseau ! »

   « Non » dit-elle en souriant, « ce n’est pas pour le moineau que je pleure, je finis mon stage en cancérologie des enfants. Hier un petit de onze ans que j’adorais est mort de leucémie. » Et son sourire se termina en pleurs. Je posais la main sur son épaule. Elle dit rapidement : « Allez ! Allons boire ce café ! » Elle essuya d’une main rapide le bord externe de ses paupières.

   Je réfléchissais à ce que j’allais lui dire sur l’empathie, sur le burn out, sur le détachement nécessaire dans ce métier, le travail émotionnel. Le bon Samaritain est dangereux en médecine. « Si vous voulez être heureux, soyez le. » disait Tolstoï ; l’optimisme est l’une des meilleures protections contre le stress. Nous descendîmes rapidement les escaliers pour traverser ensuite la cour, les bars sympathiques gorgés d’étudiants jeunes et heureux étaient nombreux de l’autre côté de la rue. Mon regard fut attiré par une petite tache grise au pied d’un arbre, je marchais sur le gazon ; c’était notre petit oiseau, mort, semble-t-il. Je le pris dans ma paume.

« Vous voyez » dit-elle... Je ne comprenais pas ce que j’étais censé voir…

Comme je restais là interdit, c’est elle qui me prit par la manche et m’entraîna vers le café. 

 

moineau2   moineau2

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 09:52

"Ni Dieu, ni Maître !" est une devise qui m'a toujours plu, elle me correspond parfaitement ; j'ai toujours eu une méfiance extraordinaire vis à vis des hommes de pouvoir, et de tous les pouvoirs mis en place fort habilement depuis longtemps : les religieux, les politiques, les militaires, les policiers...

Je n'oublie pas que faire de la propagande anarchiste était passible de prison jusqu'en 1992 ! C'est que les pouvoirs en place ont toujours la trouille qu'on leurs dise de partir, ah ! abandonner ses privilèges, comme c'est délicat pour l'être humain...

Un jour un ami anarchiste me montra une tombe dans un cimetière à Lignières sur Cher je crois, sur la tombe de l'individu était inscrit "Ni Dieu, ni Maître", j'avais 16-17 ans à l'époque et ceci me bouleversa : savoir qu'on avait autorisé ce type d'épitaphe ; une mairie communiste sans doute :-)...

jean Yanne alors je suis comme Jean Yanne et je vous souhaite : "Ni Dieu, ni Maître (même nageur)" comme il l'avait dit fort justement un jour... J'ai aussi de l'amitié pour le titre de cette BD des frères Larcenet (de sacrés gaillards), d'un humour dévastateur, même si depuis Manu Larcenet à montré dans des BD récentes une dimension poétique et politique de son oeuvre qui n'est pas pour me déplaire / le combat ordinaire est par exemple un petit bijou de... maturité.  ni dieu ni maitre

Léo nous a laissé une chanson extraordinaire, un texte ciselé, une mélodie parfaite et un chant de révolte !

 

Allez : je vous souhaite : Ni dieu, ni maître (même nageur) et ni croquettes !

que votre vie soit douce !

Par frenchpeterpan - Publié dans : Coup de gueule !
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 09:28

si possible

si paisible

 

mon éternelle fiancée

ma mort glacée

agaçant cassant le givre

de l'heure où survivre

ô vieillesse qui gèle

que sombre écartèle 

 

tes doigts m'ont donné les bagues

de ces fièvres rares

si possible

si paisible

 

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 11:00

  Je quittais la gare, mon lourd sac sur le dos, ce n'était plus de mon âge de porter des sacs-à-dos pareils ; les teintes très automnales – de suite, dès la sortie – brillaient dans un vaste camaïeu majestueux ; sur ces grandes avenues jonchées de feuilles de platane mortes. Des couleurs de chrysanthème cuivre étincellaient, de même le soleil couchant pleurait très orange dans ces heures finissantes de Novembre. Les arbres du boulevard semblaient se refermer sur moi et j’ai eu soudainement l’impression de marcher dans un tunnel végétal ; je le ressentais à la fois comme une sorte de renaissance, dans cette ville de ma naissance, mais aussi comme une fin, une terminaison de quelque chose, un unique tunnel de la mort, par exemple, une borne neuronale aussi.
Le long de l'avenue, quelques publicités féminines affichées dans les abribus : redécouvrez vos jambes


ou
Leçon 92 : le mettre à genoux


pouvaient donner l’impression, l’illusion qu’une vie érotique attendait quelque part des complices ou des convives, et dans ma joyeuse marche, peut-être en ferai-je partie ? Ces fameuses jambes-compas ou ces poitrines moelleuses ou ces fesses admirablement exposées donnaient au moment présent des tons irréels, des pulsions déplacées, des envies d'êtres humains. Voire même des idées d'éternité ! Encore, certes, le corps de la femme proposé comme une marchandise à consommer. Mais moi, adolescent vieillard, je crus, un moment, qu’il y avait encore un autre monde à découvrir. Une jeunesse dorée et corporelle, un défi de blancheur, un monde de grande féminité, une ardeur éternelle, des corps parfaits, des situations exemplaires.

Je continuais mon chemin en songeant effectivement qu'Eros et Thanatos étaient définitivement bien mêlés dans ces jeux et ces drames des sexes. La lumière baissait encore, je marchais dans une apesanteur tiède, cherchant dans mes mémoires les êtres aimés, ceux que j'avais perdu et qui cependant faisaient profondément partie de moi. A ce moment précis, j'aurais aimé qu'ils partagent ce tunnel de blondeur avec moi ; j'aurais aimé aussi retrouver la cadence de mes enfances, dans ces rêveries de femmes splendides. 

Puis le soleil tomba définitivement, mon sac était fort lourd, encombré de livres et de souvenirs pesants. J'arrivais enfin là où j'avais prévu d'être.

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 15:47

la recette de mon ami catalan Oriol

 

- 2/3 bon vin rouge

- 1/3 Cava (= "champagne" catalan)

- sucre

- fruits hachés

- un peu de cointreau

 

servir bien frais

 

sangria

Par frenchpeterpan - Publié dans : messages d'amis
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 13:41

" Il faut entendre dès maintenant que toute poésie a sa racine dans l'acte immédiat de la négation. Le poète prend consscience de soi-même en faisant apparaître les formes qu'il renie et qui deviennent par la même les symboles, les aspects sensibles de son ascèse : il s'exprime parce qu'il rejette et projette de soi, et si l'on dit admirables les images qu'il nous propose, c'est toujours au " NON " caché derrière elles que va notre admiration. "

René Daumal

rené-Daumal

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 14:59

les iles-Grenier

 

"Les grandes révélations qu'un homme reçoit dans sa vie sont rares, une ou deux le plus souvent. Mais elles transfigurent, comme la chance. A l'être passionné de vivre et de connaître, ce livre offre, je le sais, au tournant de ses pages, une révélation semblable. Il est temps que de nouveaux lecteurs viennent à lui. Je voudrais être encore parmi eux, je voudrais revenir à ce soir où, après avoir ouvert ce petit volume dans la rue, je le refermerai aux premières lignes que j'en lus, le serrai contre moi, et courus jusqu'à ma chambre pour le dévorer enfin sans témoins. Et j'envie, sans amertume, j'envie, si j'ose dire, avec chaleur, le jeune homme inconnu qui, aujourd'hui, aborde ces îles pour la première fois..."          Albert Camus

 

---------------------------------------

 

   Jean Grenier fut le professeur de philosophie à Alger de Camus et celui-ci avait alors 20 ans lorsqu'il lut ce livre qui le troubla profondément.


   Jean Grenier, ici, nous propose, par la voie métaphoriques des îles une recherche méditative de l'absolu, voire du divin, lui qui fut classé parmi les chrétiens "quiétistes" et qui fut aussi un sceptique bien célèbre.

Dans son livre intitulé Iles, Grenier écrit : « On peut donc voyager non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver et se reconnaître. Quand on fait cette reconnaissance, ajoute-t-il, le voyage est achevé. » L'un des chapitres de Iles s'intitule Les îles Kerguelen, et ce qui est passionnant dans cette histoire, c'est qu'à aucun moment Grenier ne parle des Kerguelen. Mais alors, pourquoi avoir choisi ce titre ? Mystère. En tout cas il s'est reconnu dans ce nom. Et cette « fausse reconnaissance » est la plus vraie de toutes. Il s'est reconnu dans cet archipel parce qu'il pressentait une vérité cachée faite d'isolement, de solitude et de méditation, que seule l'île peut résumer.

 

Jean Paul Kauffmann « Les Kerguelen, nouvelle " utopie " », in Louis Brigand (dir.), D'île en île, l'archipel du conservatoire, Paris: Conservatoire du littoral, 1995 (p. 66)

 

   Un de ces livres rares (aujourd’hui on dirait “cultes”) dont la splendeur nue ouvre une porte au clair-obscur de l’esprit, une porte étroite qui mène à une sagesse de l’incertitude que Camus sut faire sienne. ( cf excellent article du site internet le lorgnon mélancolique)

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 17:02

" L'amitié est une âme unique qui habite deux corps. "

Aristote

 

Aristote

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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