Mercredi 25 février 2009
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« Glisser dans la baignoire en changeant le rideau de la douche, faire croire à un accident, confier le petit à une famille normale…Pour se délester
de la pesanteur de la vie, elle s’amuse à imaginer le suicide parfait. Mais le jour où le voisin entre dans sa vie, son regard sur le monde change. » (Extrait de la 4ième de couverture.)
J’avais déjà beaucoup aimé « mal de pierres » de la Sarde Milena Agus, découvert en France en
2007. Succès français considérable, puis dans son pays, puis dans une vingtaine d’autres maintenant où ce livre est traduit. Je n’ai pas encore lu « Battement d’ailes », paru l’année dernière. Je
croule sous les livres et j’ai plein de retard.
J’aime les livres courts (*) et c’est donc tout normalement que j’ai attrapé comme par réflexe le tout petit dernier livre de Milena Agus « Mon voisin », dans l’excellente
collection Liana Levi piccolo (www.lianalevi.fr).
Encore une fois quel délice de lecture ! L’histoire est d’une grande simplicité et sobriété, un peu d’humour, des phrases qui font mouche à chaque fois, une écriture sensible,
poétique et juste et une chute merveilleuse dont je ne vous parlerai pas ici.
Bref un très grand plaisir de lecture quoique presque trop bref pour 3 €, que demander de mieux ?
(*)(il y a pléthore de gros livres en ce moment, en particulier dans un domaine que je lisais beaucoup jadis : la SF et la Fantasy, il y a tant à élaguer dans ces livres maintenant - même
s’ils sont bons - que je m’en suis éloigné bien nettement ; un ami libraire spécialiste de ce style de littérature m’explique que ce sont des livres pour public « restreint » et qui pour être «
rentables » doivent faire au moins « tant » de pages…mouais…)
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En cliquant sur "comme une funambule", vous pourrez télécharger un petit texte de l'écrivaine, où elle parle
d'elle même, de son travail, de son pays, de la littérature...
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Une interwiev aussi sur Evène
là aussi cliquez sur le logo...
bonne lecture !!!
Par frenchpeterpan
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Publié dans : notes rapides de lecture
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Jeudi 19 février 2009
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« A l’époque, j’étais un type poursuivi par la nostalgie. Je l’avais été depuis toujours et je ne savais pas comment me débarrasser de mes
souvenirs pour vivre enfin tranquillement.
Je n’ai pas encore appris. Et je doute que j’apprenne un jour. Mais j’ai compris au moins une chose : on ne peut pas se débarrasser de la nostalgie, parce ce qu’on ne peut pas se débarrasser de la
mémoire. On ne peut pas tirer un trait sur ce que l’on a aimé, c’est impossible. Ca vous reste à jamais ; vous désirez sans cesse revivre les bons moments, tout comme oublier et détruite le
souvenir des mauvais. Effacer les saletés que vous avez commises, abolir la mémoire des personnes qui vous ont fait du mal, rejeter les chagrins et les périodes de tristesse.
La nostalgie fait donc totalement partie de la condition humaine et la seule solution est d’apprendre à vivre avec. Et peut-être, par chance, cessera-t-elle d’être quelque
chose de triste et de déprimant pour devenir une petite étincelle qui nous fait redémarrer, nous pousse à nous consacrer à un nouvel amour, à une nouvelle ville, à une nouvelle époque. Meilleurs ou
pires, on n’en sait rien et peu importe. Différents, c’est sûr. Et c’est ça que nous cherchons tous, jour après jour : ne pas gaspiller notre vie dans la solitude, rencontrer quelqu’un, nous
engager un peu, fuir la routine, goûter notre petite part de fête. »
Pedro Juan Gutiérrez
(in la trilogie sale de La Havane)
Par frenchpeterpan
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Publié dans : à propos de certains écrivains
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Dimanche 15 février 2009
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Georges Courteline ( C'est en 1881 que Georges Moinaux décide de prendre
un pseudonyme. Son choix se porte sur 'Courteline', nom du moineau dans 'Le roman de Renard') est
tourangeau, comme moi (bref : un bon gars, :-)). Personnage très en avance sur son temps : fainéant et moitié anarchiste, son père peinait pour lui trouver une place dont il n’était pas renvoyé
rapidement.
Il l’obligea alors à « en prendre pour 5 ans », c’est-à-dire à s’engager dans l’armée. Il lui faudra 14 mois à jouer les fous pour être enfin réformé ! (une sacrée réussite à
l’époque !). Son père le fit alors entrer au ministère des Cultes, il trouva le stratagème de payer un collègue à lui pour faire son travail et ce durant 14 ans !
Un jour, par hasard, on lui demande de boucher un petit trou dans un journal, il ressort une petite saynète qu’il avait rédigée à l’armée : son succès est fait ! Devant tant
d’humour et d’invention, tout le monde en redemande ! Bon vivant, grand farceur, il se moquait fort bien du monde petit-bourgeois auquel il n’a jamais voulu appartenir. Quand il eut des petits
enfants, il était interdit de dire « Grand-père », mais « Tonton, mon vieux ! ».
Courteline devient célèbre et les journalistes ne cessent de chercher à l’interviewer, ce qui l’ennuie prodigieusement. Il fait alors rédiger cet avis
:
CABINET DE GEORGES COURTELINE
CENTRALISATION DES INTERVIEWS
Monsieur et cher Confrère,
En réponse à votre lettre du… par laquelle vous voulez bien me demander mon avis à propos
de…
J’ai l’honneur de vous informer que je m’en
fous complètement.
Dans l’espoir que la présente
vous trouvera de même, je vous prie d’agréer, Monsieur et cher Confrère, l’assurance de mes sentiments les plus dévoués.
Pour M. Georges Courteline
Le centralisateur général
Un extrait de ses pensées et maximes :
- S’il fallait tolérer aux autres tout ce qu’on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable !
- L’alcool tue lentement. Nous, on s’en fout, on n’est pas pressés !
- Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet.
- Il y a deux sortes de mariage, le mariage blanc et le mariage multicolore. Ce dernier est ainsi appelé parce que chacun des deux conjoints en voit de toutes les couleurs.
- Les femmes sont tellement menteuses qu’on ne peut même pas croire le contraire de ce qu’elles disent.
- Il ne faut jamais gifler un sourd. Il perd la moitié du plaisir. Il sent la gifle mais il ne l'entend pas.
Mieux vaut boire trop de bon vin qu'un petit peu de mauvais.
Par frenchpeterpan
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Publié dans : à propos de certains écrivains
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Samedi 14 février 2009
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"Il n'est rien de si beau et de si légitime que de bien Faire l'homme et dûment".
Michel de Montaigne
Par frenchpeterpan
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Publié dans : citations
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Vendredi 13 février 2009
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Le 25 ième disque de Bertin est là.
Enregistrement public, Jacques et sa guitare, l'ami de toujours Laurent Desmurs et son piano.
Quelques nouvelles chansons dont la magnifique "Que faire ?". C'est toujours un miracle que t'entendre cette voix, ces textes, ces mélodies.
Jacques Bertin a sous titré son disque : 40 ans de chanson . Et oui 40 ans !
40 ans que sa poésie me nourrit intensément, profondément, à grands coups de cuillères délicieuses. Et
essentielles. Brel, Brassens, Ferré, morts ; selon moi, il ne reste que lui. Cette chanson-là que je ne veux pas voir disparaitre !
Ce que je retiens encore de ce tout dernier opus, c'est la perfection du chant et de la voix. Oui, la perfection.
QUE FAIRE ?
Fonder quelque chose
Demeurer vivant
Brûler à tes causes
Courir en avant
Fonder l’amour même
Et l’homme nouveau
Nier le problème
Lancer des bateaux
Ouvrir une route
Cueillir le grand vent
Défier le doute
Brûler le gréement
Atteindre la rive
Débloquer le port
Débarquer les vivres
Débusquer la mort
Tricher sur les dates
Sauver la maison
Avancer sans carte
Plaider la passion
Inventer de l’âme
Gonfler les enjeux
Tutoyer le drame
Rallumer le feu
Renverser la table
Nier le destin
Croire dans ses fables
Retoucher la fin
Rallumer de l’homme
Se laisser hanté
Ramener de l’homme
Tout réinventer
Ramener de l’homme
Cueillir en hiver
Réhabiter l’homme
Planter dans la mer
Parler à mon frère
Te prendre la main
Quelques pas sur terre
Enfant du chagrin
Défier les astres
Marcher au canon
Violer le cadastre
Rétablir les ponts
Croire dans des choses
L ‘homme est dans nos mains
Boire dans des causes
Aimer à sa faim
Boire dans des causes
Aimer à sa faim
Ramener de l’homme
Cueillir en hiver
Réhabiter l’homme
Planter dans la mer
Parler à mon frère
Te prendre la main
Quelques pas sur terre
Enfant du chagrin
Défier les astres
Marcher au canon
Violer le cadastre
Rétablir les ponts
Croire dans des choses
L’homme dans nos mains
Boire dans des causes
Aimer à sa faim
Boire dans des causes
Aimer à sa faim
Boire dans des causes
Aimer à sa faim !

Laurent Desmurs, piano et claviers
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : chanson poétique
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Vendredi 6 février 2009
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18:27
Sur le site internet
de l'association des auteurs du Languedoc-Roussillon
dont la rédactrice est
l'excellente écrivaine Françoise Renaud,
dont j'ai déjà parlé ici,
vous trouverez dans la rubrique magazine
et dans le N° de novembre 2008 de courts textes dont le point commun serait l'érotisme
J'ouvre le bal comme on dit
avec une version un peu raccourcie de "premiers nylons"
c'est là
http://www.autour-des-auteurs.net/magazine/magazine_n11.html
bonne lecture ...
l'ensemble du site
d'excellente qualité
cliquez sur l'image
Par frenchpeterpan
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Publié dans : messages d'amis
0
Mercredi 4 février 2009
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21:20
A l’aide d’un lasso de salsepareille, j’arrivais à capturer la lune, je l’approchais de mes mains,
elle était fine et sa surface craquelée comme une crêpe.
Je tenais enfin la lune entre mes mains.
Bon dieu ! Que cet astre contenait comme poèmes et messages en son creux ; si j’avais eu quelque talent de copiste ou si ma mémoire ne me faisait pas si souvent défaut, j’avais
là tous les maux des hommes à engranger pour écrire, raconter, que d’histoires, que de rêves doux ou cauchemardesques.
La lune me dit-elle souhaitait repartir
L’attraction terrestre lui donnait des nausées, en outre elle était en pleine menstruation et souhaitait du calme.
Elle me dit aussi « qu’elle en avait assez vu »
J’attendis cependant le matin, l’aube ;
L’astre mat du coup devenait de plus en plus difficile à maintenir
Lorsque ma voisine se fit les cils, nue en chantonnant
Je lâchais l’ensemble, la petite lune se remit d’elle-même pile poil au bon endroit
Perdant un peu de son éclat rougeâtre
Ma voisine était encore plus belle, avec mes jumelles toujours à portée de mains, j’observais son corps satiné, elle prenait son temps afin de bien tout montrer à travers la fenêtre sans
rideau.
L’aube encore se dessinait et le gros astre sortit vraiment de ses couvertures,
il lançait chaud ses rayons pour nous nourrir tous, nous 3vitaminerD tous.
La voisine sortit alors de notre immeuble avec sa jupette tremblante, plissée, écossaise bref prodigieuse.
Et prit son solex, elle partait à la « faculté » des hommes
Ses jambes blanches qu’elle possédait en double cachaient à leur union un sexe féminin dont je me réjouissais d’en inventer la couleur, l’odeur, la forme et la texture.
Je fermais les yeux pour bien ressentir ce qui gagnait mon bas-ventre.
Puis :
Moi, 13 ans ( ?) je me souvins subitement qu’il restait du clafoutis dans le réfrigérateur et j’allais de ce pas m’en engloutir de fortes portions pour un petit déjeuner qui s’annonçait
dithyrambique et salvateur.
Je voyais la vie commencer comme un chemin / plaisir des sens / dont a priori j’aimerais les courbes et les déliés pour peu que mon extraversion s’affirme et/ou s’affole.
Je fis ce matin-là de mon petit-déjeuner un théâtre invitant à ma table beaucoup d’invités invisibles.
Je décidais d’appeler ma future compagne « Sonia ». J’affirmais aussi que toutes celles qui suivrait (je les imaginais innombrables et différentes) se prénommeraient ainsi.
C’est ce que je réussis à faire scrupuleusement depuis un certain temps déjà.
Par frenchpeterpan
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Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Vendredi 30 janvier 2009
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13:59
Tess Gallagher fut la dernière compagne de Raymond Carver, elle lui permit sans doute, de récupérer des conditions "correctes" d'écriture, d'arrêter la
boisson et de trouver le temps et la volonté d'écrire... C'est sans doute grâce à elle qu'on peut lire ses poèmes et ses nouvelles idéalement rédigées. Elle est aussi une poète américaine
reconnue et sa poésie est typiquement reconnaissable : beaucoup est autobiographique et tout est prétexte à poétiser. Voici un poème écrit après la mort de son compagnon Raymond Carver.
« Proche, comme tout ce qui est perdu
Ne jouez pas comme ça comme s’il s’agissait de l’amour. C’est un souvenir de l’amour. »
Francis Travis (chef d’orchestre)
- proche, comme tout ce qui est perdu -
Que sommes nous maintenant, nous qui étions deux paupières élevant en alternance
Le monde diurne puis nocturne par-delà ses fantasmes de vie éternelle ? Un œil observait l’autre dans sa quête infinie d’un chemin qui ramenât à un langage similaire au lavage des rêves de notre
passé, ce gage sans plus aucun lien que toute mort réclame à tort.
Je ne pouvais me résoudre à ce que l’étoile diurne succède à l’étoile nocturne avant qu’une autre vie ne jaillisse par-dessus les décombres magnifiques des souvenirs ensevelis au fond de moi.
à présent l’amour est mon orbite meurtrie par la joie, telle un archet que la courbe d’un poignet fait aller le long de deux cordes sur un violoncelle tandis que,
plus haut, la main attentive soumet l’une des notes comme la douleur-en-transit soumet le langage à des fins incompréhensibles.
C’est alors seulement qu’elle peut dissimuler sa vibration
dans l’expérience d’un nouvel amour qui engloutit l’ombre.
Une telle union nous subjugue, non par son harmonie, mais à travers une prolongation du souvenir telle que nous sommes incapables d’exprimer les sensations qu’elle procure, mais devons les
extérioriser comme des corps, comme si l’aspiration de l’âme à ressentir pénétrait en nous, comme elle pénètre, oui, comme elle pénètre.
Et voici que l’ombre fait un pas à notre place.
Et je parle à l’intérieur de l’ombre en l’appelant
par son nom dans l’amour, par son corps le plus tendre : Morenito, Morenito (*).
Et elle marche à notre place, s’allonge à notre place,
et fait briller notre corps un et lumineux, celui qui glisse
sur la terre comme un disque noir portant le monde sur ses épaules,
et dont les pieds épousent l’empreinte des nôtres.
(*) : Morenito : petit noiraud
Tess Gallagher, in « Moon crossing bridge », 1994, Ed. L’Incertain
Par frenchpeterpan
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Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mardi 27 janvier 2009
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" Ce n'est pas amusant d'être libre tout seul. "
Alfred Jarry
Par frenchpeterpan
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Publié dans : citations
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Vendredi 23 janvier 2009
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Ce qui fit le dégel le déluge c’est mon sang s’abattant abrupt pour une cascade soudaine lorsque j’appris ta mort ;
ce fut comme si on me coupait les bras ; comme si on m’asphyxiait un sac en plastique enfoncé profondément ; je ressentis à plein corps une chute, ravin ou précipice inconnu ; c’est ton visage qui
vint d’un coup, où perlaient au milieu deux yeux coquins, puis ton sourire, tes lèvres bleues, tes lèvres peintes.
Et donc ta voix et ton timbre de rossignol, dans cet univers grisâtre tu bleuissais comme une étoile vive, ton visage unique était mon meilleur amer à moi…
Je me réveillais ce matin gris, mauvais rêve. J’appris que tu n’étais pas morte puisque personne ne vint me l’annoncer. Du coup je me risquais à aller chez toi. Une bonne heure à pied, mais mes
godillots sont solides. En ce mois de Janvier, le romarin et les genêts étaient déjà en fleurs. J’arrivais, ton chien m’entendit, mais n’aboya pas, je me cachais derrière cette belle haie d’un vert
d’hiver taché cependant de quelques baies rouges. Je fis ma respiration plus lente. Tu sortis, tu montas sur une chaise pour distribuer dans les mangeoires des graines aux oiseaux, tu étiras ainsi
ton corps, fusiforme soudainement et bien féminin. La neige devait tomber le lendemain, tu étais prévoyante. Je me fis voyeur de ce tout petit instant de nos toutes petites vies de rien du tout.
Mais j’étais là à te regarder et tu l’ignorais, je marquais un point. Puis tu rentras et la cheminée se mit à cracher une fumée qui sentait bon les résineux non assez secs. Je refis le chemin
inverse sachant que je devais aller te voir tout à l’heure. Les mauvais rêves sont étranges et on les dit parfois prémonitoires, mais tout en toi respirait la vie, la vie même que j’ai si souvent
écarté, refusé, éloigné de moi comme s’il s’agissait d’une tare. Une tare ancienne. Mais tu le savais, cette histoire, c’était une histoire d’enfance, encore une. De ces histoires d’enfance qu’on
traîne toute sa vie et dont on veut parfois en faire un roman. De ces histoires qu’on avait bien oubliées et qui brusquement, on ne sait pourquoi, ressurgissent à la cinquantaine. Avec des pics,
des griffes, des clous encore parce que faire mal c’est l’idée de ces histoires d’enfance.
Peu importe, je suis une grande personne maintenant. N’est ce pas ?
Au retour, je fis ce détour pour voir la grande ville là en bas, on entendait quelque bruit. Puis je rentrais. J’essayais de me faire beau pour tout à l’heure, je rentrais mon ventre, lissais mes
joues, coupais mes cils qui partent dans tous les sens, puis me parfumais. Je mis même ma vieille chemise de grand père. Là encore un souvenir de notre adolescence. Puis je me dis que la vie était
sereine ainsi, que ton corps était rouge de désirs, que ton chien était fidèle. Il pouvait neiger je m’en foutais.
Je me souvenais de notre dernière soirée ensemble, nous étions allés écouter chanter l’ami Jacques. La petite salle était remplie d’une petite centaine de personnes. Un comédien connu, François M.,
était là tout près de toi, j’appris peu après que lui aussi écrivait des petites chansons. Quand Jacques chante, il se fait un silence unique, chacun retient sa toux avec force pour que les mots du
poète ne soient pas amputés. De sa masse assise sur la chaise se dégage une force incroyable, incalculable, presque impensable. Il chante ma mémoire, ma vie près de la Loire, mes amours disparus.
Il chante tout à fait mon monde « à moi ». C’est ainsi, mais il ne le sait pas, qu’il est devenu mon frère.
Effectivement, il neige déjà.
Je bois mon café doucement, tout à l’heure j’irai voir ton nombril rigolo briller sous mes doigts.
Il neige beaucoup, le bruit que fait mon pas dans la neige est un bruit de ravissement. Et ton corps à venir une extase.
Par frenchpeterpan
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Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Jeudi 22 janvier 2009
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/2009
13:50
" Je viole l'univers par les mots
je viole la langue-mère
la grammaire et la conjugaison, les verbes et les noms
j'envahis la virginité des choses
et je modèle une autre langue
qui recèle le secret de l'eau et le secret du feu "
Nizar Kabbani
Par frenchpeterpan
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Publié dans : citations
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Mardi 20 janvier 2009
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15:14
à Rimbaud
Je dirai le désert
Et les fleurs qu’il a sous ses semelles semées
Il reste l’homme aux yeux charbon et les mauvaises photographies
où il pose tordu, bancal, sans sourire
Il semble fixer et juger le photographe
Et pourtant ces nouvelles sciences le passionnèrent
Il a le corps maigre de ceux qui vivent trop ou trop vite
Epuisant leur horloge ou malnutri
Fatigué, il poursuit son père dans les déserts arabes (**)
Traversant toujours de ses longues marches
« les membres brisés par mes longues errances »
( = écrit à 14 ans, impressionnant quand on connait la suite)(*)
Abandonnant soudainement tout ce en quoi il excellât
Cherchant son altérité de poète « ailleurs », silencieux dans ses pas
Silencieux dans son humanité, cassant sa poésie pour descendre au Sud
Et fuir ce redoutable hiver européen de 1879-1880 dont il parle sans cesse
mais :
Le soleil - Shams (féminin en arabe) – est aussi dur que l’hiver
pourtant :
Segalen dira de lui qu’il est un « prototype de résistance à la chaleur »(*)
Aden est là.
Plus tard, déçu, insatisfait et malade, son or à la taille, il sera accompagné par seize robustes noirs vers son destin européen, sa fin à Marseille, une jambe en moins à payer
Il mourra seul, sa mère et sa sœur, uniques et derniers compagnons
aucun ami ni africain ni européen
juste son seul silence de voyant
(*) : (cité par Alain Borer)
(**) : (son père fut longtemps capitaine du bureau arabe de Sebdou, en Algérie)
« D’Europe en Arabie ou en Afrique, Rimbaud passe du « même désert, à la même nuit. » Alain Borer : Rimbaud en Abyssinie, Seuil, 1984
« Ma journée est faite. Je quitte l’Europe. » Rimbaud
« Tout cela est très bien et l’homme a tenu parole. » Verlaine
Par frenchpeterpan
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Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mardi 6 janvier 2009
2
06
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/2009
21:40
Si l’histoire tombe rosée
en perles rose au matin
et le givre qui fait l’affaire
Les pas crissent glaces écrasées
le froid vif fait vivre et réveille
Mes oiseaux mangent beaucoup,
ils ne sont pas économes et jettent par grandes becquées les graines secondaires,
ma chienne « truffe » se prend pour volatile et grignote au sol
les refusées tombées
Finalement les tourterelles viendront finir
En mars avril mai, il y a au pied de ce faux acacia une pléthore d’herbes différentes qui pousse dru,
la tondeuse n’y passe pas, à la serpette, au ciseau, je coupe ce que les oiseaux fainéants ont fait germer
et m’ampoule les doigts
voilà une des graves misères de ma pauvre vie
jusqu'où ces misérables volatiles iront-ils
1- me ruiner
2- m'ampouler les mains
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : mes animaux poétiques préférés
10
Dimanche 4 janvier 2009
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16:20
" La poésie est sans réponse -
océan sans fin
elle se noie
dans un coquillage. "
Anise Koltz
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : citations
0
Jeudi 1 janvier 2009
4
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/2009
12:33
! Bananiers et Pommes sautées !
à tous et toutes
que l'année soit douce
riches en belles phrases, en beaux paragraphes
voire - allez soyons fous ! - en beaux livres !
mais les livres ne sont pas tout
que vous soyez heureux simplement
peu importe le moyen d'y arriver
et vive 2 0 0 9
(je suis à droite)
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : actualités diverses
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