ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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B o n j o u r !

je vous souhaite un bon passage


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."

Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux



écrivez moi si vous le souhaitez :      

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)
______________________________________________

 

Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /2010 23:00

Sur tes sueurs en corps, j’aurais moi aussi tempêté et rêvé si fort

tes suints ou tes ors
aux collines aimées que tu prêtais aux hommes aimables aux paysages encombrés
Ces frissons de doigts, j’aurais rêvé là où tes bas blancs à ton sexe parlaient
Sous chaque toit, les mains d’hommes perlaient, se défaisant, te diamantant

Tes jambes furent alors mes Loire à moi à boire
Tes fumées Tes innocences Tes moires

Tes bas clairs faisaient comme feuilles au vol
Un mot d’ombrage dans les fragments d’ombres
Les soirs à l’heure des repos
On souhaitait épousseter ces taches scintillantes sur tes jambes à clé
Les ombres les ombres que lançaient tes sexes désirés, moi je voyais des clairs-obscurs
un cinéma noir et blanc, des traces de main, mais là tes bas blancs
et humant ton sexe blanc comme une grande marguerite

je bus donc au creux de ces deux bas blancs, un lait blanc comme une aube claire, dans une forêt sombre où l’eau coule dans ma bouche
grand plaisir sage des assoiffés

Tu lançais tes jambes comme des tiges électriques
Comme deux sexes supplémentaires sous tes jupes claires
Les hommes rêvaient  de te posséder, mains posées aux élastiques
Cela ferait rivière sous ta robe calmement claire
Rouge ce jour comme un feu et ambre
Attirail sexué comme tu tournes et danses

Quand tu tournes et danses
Au creux de ces chemins-là
C’étaient des promesses de l’enfance
Les jambes de ma mère
dont je rêvais enfant
Des traverses embaumées par les lilas
Des sourires aux mains tendues intenses

Et puis comme l’or fane
Un soir, la musique manque
Et les courts silences pavanent
Quand de toi tout manque

J’ai dans mes souvenances
Tes deux jambes blanches
A leur jonction la stance
Que scandaient tes hanches

 

Valadon La femme aux bas blancs femme-aux-bas-blancs-Courbet

"la femme aux bas blancs"

Valadon 1924 et Courbet 1861

Par frenchpeterpan - Publié dans : féminins "poèmes"
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /2010 02:30
"Je suis un grand gaspilleur de temps parce que j'en ai fini avec la peur de le perdre et l'angoisse de ce qu'on appelle le temps perdu... Je suis disposé à gâcher beaucoup de temps, sans cette libre disposition, il n'y a aucune chance de trouver le plus petit indice de direction."
          Kenneth White

Par the very famous french peterpan - Publié dans : citations
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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /2010 20:23

Le Tribunal,


Attendu que l'erreur du poëte, dans le but qu'il voulait atteindre et dans la route qu'il a suivie, quelque effort de style qu'il ait pu faire, quel que soit le blâme qui précède ou qui suit ses peintures, ne saurait détruire l'effet funeste des tableaux qu'il présente au lecteur, et qui, dans les pièces incriminées, conduisent nécessairement à l'excitation des sens par un réalisme grossier et offensant pour la pudeur...


Condamne Baudelaire à 300 francs d'amende...


Ordonne la suppression des pièces portant les numéros 20, 30, 39, 80, 81 et 87 du recueil ;


Condamne Baudelaire, Poulet-Malassis et de Boise solidairement aux frais liquidés à dix-sept francs, 35 centimes, plus 3 francs pour droit de poste. Et non compris les frais de signification du présent jugement à Poulet-Malassis, ni les frais de capture s'il y a lieu ;


Fixe à une année la durée de contrainte par corps qui pourra être exercée contre Baudelaire.

 

Au Palais de Justice, le jeudi vingt août 1857.

 

baudelaire nadar Ah ! Nadar ! Sacré photographe ! mais le modèle aide, n'est-ce pas ?

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /2010 04:55
Je suis pâturé d’un horizon d’humides dents


Un effort gonflé d’eau vogue de gorge en gorge ;
En roulement des flots, le même que des yeux
En battement des eaux, le même que des cœurs,
Passe, à jamais fragile, le grand songe,
Du plus humble, du plus dédaigné des travailleurs ;
Et le hasard humain vacille de rive en rive.

Rien n’aura fait de bruit, la force aura passé,
Apre et douce, arrachant aux rives leurs caresses.
Alentour, le pays stagnait, dru de midi,
Ignorant que sa force et sa beauté voguaient.

J’ai fini, je descends la terre lentement,
Je m’enfleuve de vase au-delà de la haine,
Dans la lointaine vase se trainent mes derniers bras
Et mon regard roulant, onde morte, recrée
Un grand pays muet, sur son eau refermé.

C’est fini, je descends dans la mort sans un cri,
Couché dans le sommeil des grandes choses vraies.
Tout autour les buissons, les roseaux chanteront
Et la lune, comme un grand cheval dans l’ombre rousse,
Courbe l’automne rouillé des fougères.

Alors déferlera, comme le vent dans les buissons,
De toutes les landes le peuple immense
Et plus rien ne sera que lui.

Sourd au coup de tocsin mortuaire je tomberai.

Il ne me reste plus qu’à crouler
Et dormir front contre terre muettement,
Avec sur moi poussant pendant des milliers d’ans
Ce qui fut mon élan, mon besoin de plant grimpant.

J’aurai pour ma mort de prolétariens étés,
Dans la sueur, dans la balle d’avoine,
Sous les poutres des grandes granges je m’étendrai,
Tenant dans mes mains mon grand travail épuré.


Armand Robin

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Samedi 15 mai 2010 6 15 /05 /2010 13:04

france-culture


normalement

vous pourrez entendre la belle voix de frenchpeterpan ce soir

entre 19 h et 19 h 30


dans l'excellente émission de Sophie Nauleau

" ça rime à quoi ? "

 

ca rime a quoi

 

l'invité principal est le grand poète marocain

Abdellatif Laâbi

prix Goncourt poésie 2009


si j'ai bien compris

(parce que j'ai disparu des tablettes de

France Culture, suite à la refonte de leur site)

je devrais passer quelques minutes


en Février j'avais été enregistrer

mal à l'aise, mes réparties n'avaient pas été brillantes

mais peu importe

c'était un plaisir de visiter cette prestigieuse maison

et mon père, mort au mois d'Octobre, et qui ne jurait que

par France Culture, aurait été bien fier


je dis deux de mes textes en prose

une poésie "fétiche" d'Henri Michaux

et théoriquement

cela devait se terminer par

"la jeune fille blonde" de Jacques Bertin

chanson définitivement splendide


j'y parle avec difficultés de mon blog, de ma passion pour Peter Pan, et de ma passion

pour le lyrisme en poésie que celui-ci soit chanté ou déclamé ou dit

l'oralité en poésie c'est ce qui m'a fait aimer la poésie

Michel Bouquet, Alain Cuny, Jean-Louis Barrault

Laurent Terzieff ...

mais aussi : Léo Ferré, Hélène Martin, Jacques Bertin...

car les élites universitaires oublient volontiers

cette poésie-là, ce lyrisme-là

or il m'a troublé de la même manière


j'ai pris le même plaisir à écouter Michel Bouquet dire du Michaux

qu'à découvrir "Amour et Anarchie" et le chant lyrique de Léo Ferré

tout cela vers 13-15 ans


bonne écoute j'espère

Par frenchpeterpan - Publié dans : actualités diverses
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /2010 19:15

Livres de poésie + livres de théâtre =


..../.....


0,27 % du chiffre d'affaires des libraires

ou

0,38 % de la vente totale de livres


(chiffres trouvés dans le n° de mars 2004 du Matricule des anges)

Par frenchpeterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /2010 19:10

" Ecrire, c'est peut-être parler à cette chose obscure, en nous, qui ne répond jamais, ou bien dont la réponse ne passe jamais nos lèvres. "

Bernard Noël

 

(photographie de Steve Seiler)

Bernard-Noel

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /2010 13:05

Armand Robin, le grand oublié, parle dans son premier recueil

"des étonnements du traducteur"

lui l'immense polyglotte qui traduisait "trop bien" (dixit Elsa Triolet) armandrobin


moi qui lis et écris

j'aurais 1000 fois aimé traduire

quand je dis "traduire" c'est bien sûr traduire sans dictionnaire et sans contre-sens et lire sans heurter les mots et les phrases


qu'il doit être bon de lire de la poésie dans la langue de son auteur

Par frenchpeterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /2010 06:14

   En relisant cet excellent livre qu'est "Marelles sur un parvis" de Gabriel Bounoure, le seul livre publié de son vivant, je ne peux m'empêcher - avant de vous parler du livre lui-même - d'évoquer l'excellente préface de Gérard Macé.

 

« La poésie, c’est-à-dire le mystère qui se lit aussi bien sur un visage humain qu’entre les lignes d’un poème. »  Gérard Macé ( in la préface de « Marelles sur le parvis »)

 

g-Macé

 

   Cette préface est d'une grande lucidité - à mon sens - sur la position de la poésie aujourd'hui, G. Macé n'est pas tendre avec les apprentis-poètes parmi lesquels je me classe ; écrire de la poésie est donc à la fois aisé et impossible.

  G. Macé dit aussi (ailleurs que dans cette préface) maintenant que si c'était "à refaire", il aurait fait sans doute autre chose qu'écrire de la poésie. Voyager davantage par exemple, photographier (c'est un excellent photographe) encore plus...

   Il a publié récemment aux éditions Gallimard "Promesse, tour et prestige", son dernier recueil dont il parle dans une émission récente de "ça rime à quoi" de Sophie Nauleau sur France Culture.

 

voici son constat d'échec dans cette préface :

 


   « Quarante ans après, on se dit que l’enthousiasme est bien retombé ; que la poésie contemporaine, par rapport au tableau qu’en faisait Gabriel Bounoure est devenu un paysage désolé, au-dessus duquel flotte, comme un nuage qui ne veut pas crever, l’affreux supplément d’âme. .../... A l’arbitraire et la joliesse de l’image cultivée pour elle-même, à la logorrhée d’inspiration surréaliste se sont ajoutés des mystères faciles et des fureurs fabriquées, des prétentions philosophiques, l’éloge du silence et la glossolalie, l’artifice de mise en pages qui servent souvent de cache-misère, une découpe syntaxique tenant lieu de prosodie, la disparition du chant qui fait de tant de poèmes un dialecte torturé, traduit par des sourds ; sans parler de l’élégie frileuse et du vers libre qui ronronne, nouvelle académie qui rappelle les jeux floraux d’autrefois ou les clubs de haï-ku dans le Japon d’aujourd’hui. Sous respiration artificielle, la poésie est devenue un refuge et un passe-temps, qui vit de subventions, de colloques et d’hommages réciproques, de lectures publiques dans lesquelles Leopardi, des siècles après Martial, voyait « un tourment supplémentaire infligé à l’humanité »... Bref, la poésie est une infante défunte, autour de laquelle on se pavane en attendant sa résurrection.  » Gérard Macé

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /2010 09:16
Résumé : C'est une vallée perdue dans les montagnes du Montana. Quelques habitants y vivent en paix à l'écart du monde, jusqu'au jour où un prêcheur s'y installe avec son épouse esquimau. Plus loin, un colosse remonte à la nage une rivière bouillonnante en tirant derrière lui un canoë chargé de statues de fonte. Le lecteur de ces trois longues nouvelles découvrira aussi une forme délicate gelée au fond de la rivière, deux frères lanceurs de disque, un ancien joueur de football faisant le difficile apprentissage de la solitude autant d'images proches du fantastique, par lesquelles Rick Bass crée une très séduisante mythologie personnelle.
A propos de l'auteur : Né en 1958, Rick Bass a grandi à Houston, Texas, avant de faire des études de biologie et de géologie à l'université de l'Utah. Il a travaillé pendant plusieurs années dans le Mississippi comme géologue spécialisé dans les gisements de pétrole et de gaz, ce dont témoigne son livre Oil Notes. Rick Bass dit avoir appris à écrire en lisant les romans de Jim Harrison, Eudora Welty et Thomas McGuane. Il est l'auteur d'une douzaine de livres de fiction, dont les recueils de nouvelles intitulés Le Guet et Dans les monts loyauté. Le Sud profond et le Montana constituent les décors privilégiés de ses fictions.


    Ce n'est pas la première fois que je lis Rick Bass, ses descriptions fines et sensuelles des paysages américains m'avaient déjà séduit. Et puis on lit tellement qu'on oublie. Un jour je tombe sur un article disant que le meilleur R. Bass était "Platte River". (Il parait d'ailleurs que le nom de "Platte" est d'origine française, un des premiers découvreurs français Étienne de Veniard, sieur de Bourgmont en 1714, parla de  "flat water". Le mot français "platte" resta.) . Cela tombait bien, il venait après 10/18 d'être réédité dans cette nouvelle collection Christian Bourgois éditeur dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle ne se foule pas pour imprimer des couvertures "appétissantes". Bref.

Les 3 nouvelles sont magnifiques.
    La dernière que je préfère "Platte River" a des intonations de Raymond Carver, c'est un petit bijou. Un couple se déchire pour de bon, mais en toute lenteur et amitié. Les scènes de pèche en finale avec un ami suicidaire dans ces beaux paysages sont écrites de manière miraculeuse. La chute d'une infinie tristesse est poignante.
    La nouvelle du milieu "Exploits sportifs" a des airs d'Haruki Murakami avec son côté légèrement fantastique. Un homme très fort A.C. "le gros homme" ne cherche qu'une chose dans la vie : le bonheur dans la communion de sa force naturelle et de la nature. Il le trouvera doublement en rencontrant une famille qui l'adoptera et qui l'aimera. Particulièrement Lorie, la jeune dépressive ; et tout leur amour ne sera que la force naturelle des eaux et des torrents. Juste la joie d'être humain et de vivre dans cet environnement monstrueusement beau.
    La première nouvelle "Mahatma Joe", Leena cherche à s'isoler des hommes, nage nue dans une eau glacée. Le prêtre Mahatma Joe et sa femme esquimau patinent eux sur cette rivière et jette à la volée des graines sur les berges pour créer un potager. Un accident surviendra. Mais la vie continuera.
    C'est écrit simplement mais divinement et si ce recueil parle encore une fois des difficultés des relations humaines et particulièrement des relations homme-femme, la beauté de la nature environnante relativise tout et au contraire donne un espoir invraisemblable pour la nature "humaine". Tout n'est pas perdu tant que nous vivrons dans cette nature-là.

    Les nouvellistes américains sont décidément très efficaces dans leur impressionnisme et leur pointillisme de la nature humaine.

 

Par the very famous french peterpan - Publié dans : notes rapides de lecture
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /2010 22:20

« en réalité, il existe deux sortes de vie, selon la formule de Viri : celle que les gens croient que vous menez, et l’autre ».


   Attention, « Light years » paru en 1975 et traduit en français par « Un bonheur parfait » est un livre atypique dans son écriture et sa linéarité parlant d’un sujet pourtant bateau : le couple marié, comment accepter ou refuser sa (ses) liberté (s), le temps qui passe, les amis, les amours aussi ; ce livre est un régal.

 

un bonheur parfait


   « Un bonheur parfait » est D'ABORD incroyablement bien écrit, J. Salter est un adepte des phrases courtes, des descriptions d'une efficacité invraisemblable ; à petites touches pointillistes, il nous montre la très lente déchéance d'un couple qui a tout pour réussir : une belle situation, de l'intelligence, de la sensibilité, de la culture, de la beauté, des amis, de la jeunesse et deux petites filles charmantes. Oui, mais voilà le temps passe, l'un veut réussir dans son métier et tombe amoureux comme seuls les hommes savent le faire c'est à dire avec immaturité, fierté et jalousie ; elle, cherche quelque part sa liberté, liberté totale, sexuelle elle aussi, mais aussi vivre "sa" vie propre ; plus tard il s'éloigneront alors qu'ils s'entendent parfaitement (aucune scène de brouille), finalement juste insatisfaits de ce monde familial, de cette vie qui bien sûr avec le temps passant devient une vie « comme tout le monde », un peu monotone, pleine de frustrations, loin des idéaux de la jeunesse.

   Viri est architecte, brillant et beau ; Nedra est belle et intelligente, inaccessible aux autres hommes semble-t-il, mère comblée. Couple parfait des années 70. Ils vivent près de New York, reçoivent beaucoup, cherchent une vie sociale ou sociétale idéales. Deux petites filles « parfaites », un chien présent. C'est un roman terrible dont on ne sort pas indemne. Jeunes amoureux, jeunes mariés, fuyez ce livre magistral !
   La dégradation des relations est subtile, par petits à-coups légers, elle n’en est pas moins profonde, même si entre Viri et Nedra se sont installées une confiance et une amitié à toute épreuve. Je n’en dis pas plus pour ne pas gêner le bonheur de votre lecture…L’équilibre fragile maintenu depuis longtemps va se rompre mais en douceur. C’est l’apprentissage des renoncements. C’est aussi, l’âge aidant, la vie qui devient une attente, une attente de quoi, personne ne sait réellement, oh ! la mort bien sûr, mais aussi autre chose, l’attente de celui ou celle qui n’attend plus rien. Faut-il se satisfaire de ce que l’on possède, alors que l’on sait tous qu’il y a toujours mieux ; ou doit-on se « résigner » et accepter juste ces petits bonheurs sans chercher de passions plus fortes ; les enfants comptent cependant et il y a de très belles pages d’amour filial dans ce livre étonnant. Mais le mariage ? Le mariage est une prison dit Nedra. Que devient la place de l’individu dans le couple ? Fusion ? Destruction ?


   Vous serez cependant surpris par deux choses : le style parfait de cet écrivain, c’est tellement bien écrit et descriptif que les premières pages peuvent sembler difficiles (apparemment cela gêne certains lecteurs) (cela me rappelle Pasternak) ; d’autre part on passe de personnages en personnages sans réelle cassure, sans passage de paragraphes et comme H. Murakami dans l’extraordinaire « Chroniques de l’oiseau à ressort », on s’attache à plein de personnages secondaires lesquels finalement disparaîtront du schéma narratif « comme dans la vraie vie ».

J.Salter
James Salter définitivement l'un des plus grands et ce livre atypique et étonnant est un vrai chef d'oeuvre !! C’est un écrivain qui publie peu, et comme P. Auster ce sont les Européens qui l’ont fait réellement connaître. Depuis chacun s’accorde pour dire qu’il est un écrivain majeur. Il est passé il y a peu à « La grande librairie » sur France 5. Il décida un jour d’écrire «pour lutter contre la vie qui s'en va petit à petit».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits du livre :


"Leur vie est mystérieuse. Pareille à une forêt. De loin, elle semble posséder une unité, on peut l’embrasser du regard, la décrire, mais, de près, elle commence à se diviser en fragments d’ombre et de lumière, sa densité vous aveugle. A l’intérieur, il n’y a pas de forme, juste une prodigieuse quantité de détails disséminés : sons exotiques, flaques de soleil, feuillage, arbres tombés, petits animaux qui s’enfuient au craquement d’un rameau, insectes, silence, fleurs. Et toute cette texture solidaire, entremêlée, est une illusion. En réalité, il existe deux sortes de vies, selon la formule de Viri : celle que les gens croient que vous menez, et l’autre. Et c’est l’autre qui pose des problèmes, et que nous désirons ardemment voir".

.../...


"Il n’existe pas de vie complète, seulement des fragments. Nous sommes nés pour ne rien avoir, pour que tout file entre nos doigts. Pourtant, cette fuite, ce flux de rencontres, ces luttes, ces rêves ... il faut être une créature non pensante, comme la tortue. Etre résolu, aveugle. Car, tout ce que nous entreprenons, et même ce que nous ne faisons pas, nous empêche d’agir à l’opposé. Les actes détruisent leurs alternatives, c’est cela, le paradoxe. De sorte que la vie est une question de choix – chacun est définitif et sans grandes conséquences, comme le geste de jeter des galets dans la mer. Nous avons eu des enfants, pensa-t-il ; nous ne pourrons jamais être un couple sans enfants. Nous avons été modérés, nous ne saurons jamais ce que c’est que de brûler la chandelle par les deux bouts".

.../...


« La liberté dont elle parlait, c’était la conquête de soi. Ce n’était pas un état naturel. Ne la connaissent que ceux qui voulaient tout risquer pour y parvenir, et se rendaient compte que sans elle, la vie n’est qu’une succession d’appétits, jusqu’au jour où les dents vous manquent. »

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /2010 10:38

bertin-comme un pays 2

 

le nouveau disque de l'ami Jacques vient donc de paraître

comme d'habitude, le coeur s'en ressent


il faut comme d'habitude laisser les mots vous pénétrer avec lenteur, pareil pour la musique et les mélodies si typiques de Bertin

et comme d'habitude il y a la voix, la voix prononçant - elle - chaque syllabe comme unique,

une diction, un chant parfaits


beaucoup de nostalgie dans ce disque :

- un beau poème sur son amie de toujours : la Loire

- la recherche de sa maison comme toujours

- l'amitié estudiantine (où je me reconnais)

- des chansons d'amour ou de souffrance

- les amies féminines indispensables

- le temps qui passe

- les livres

- le beau pays

- le passé



"Le passé", "La Loire", "Ah, vieil ami..." sont perceptibles immédiatement, d'autres chants mettront plus de temps pour vous envahir


Que peut-on dire encore de cette chanson-là qui fait ricaner tant de crétins crétinisants ?


C'est une autre chanson, c'est un autre chant, c'est de l'humanité "tout simplement", la ferveur donc, c'est différent, et bien sûr pour ce qui me concerne "bien mieux"...


à l'intérieur du disque, il y a encore à regarder : les rayonnages (une des bibliothèques de Bertin ?) : on y voit l'étiquette du Politico, acheté quand j'étais étudiant à Toulouse, moi le grand amateur de jeux ; on y voit aussi la photo de "la jeune fille blonde" - une de mes chansons préférées : c'est celle que j'ai demandée d'ailleurs à Sophie Nauleau qui devrait clore ma petite intervention sur "ça rime à quoi", un livre de poème de Pierre Emmanuel, "rien que l'amour" de Lucien Becker, l'aventure culturelle de la CGT, la fin des militants ?, le complexe du loup garou denis Duclos, pierre mauroy : Léo Lagrange, citations du président Mao, Charles de Gaulle, Jules Roy : les années déchirement etc...


...finalement peu de livres de poésies, mais beaucoup sur la culture, la politique, la dernière guerre, les luttes militantes...beaucoup de photographies de femmes...

 

bertin-comme un pays

Par frenchpeterpan - Publié dans : chanson poétique
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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /2010 06:00
écrire par « flashs » et suggérer plutôt qu’informer
ne pas faire trop de descriptif (peu importe qu’elle ait une jupe jaune ou rouge)
S’expliquer, choisir le « on »
Arrêter de parler des femmes ou du moins d’une manière moins descriptive, plus elliptique, faussement réaliste
Introduire le « je », le « il » ensuite
(le « il » neutre aussi)
choisir des mots simples
et l’amitié ?
d’ailleurs on ne peut raconter que des souvenirs
écrivain réveille toi !

dire : « et ce sera comme… »
voir les autres
être attentif, bien observer, même si on manque d’envie : s’intéresser aux autres.
étonner
Ou par les mots mais étonner

Etre éveillé pour percevoir
les poèmes cachés alentour
les lignes le long de nos allées et venues
Ne pas craindre l’impossible
Posséder des mots « solides »
Employer le ce, cet, cette

Faire participer le lecteur, lui faire croire à ses souvenirs

Oublier parfois le verbe principal


Par the very famous french peterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 14:48
J'ai peu de choses à dire





J'ai peu de choses à dire au fond je cherche peu de choses
Et tout le reste c'est un habit sur moi à peu près ajusté
Je peux bien partager votre combat vos certitudes : papier-buvard
Le mal au fond le mien c'est ailleurs un fanal resté allumé
J'écris, ma femme dort, je rassemble un maigre bagage
Un maigre bien des idées vagues, des tentatives de notions
Tout ce à quoi je souscris et qu'en bon entendement il faut admettre
Des restes de vos garde-robes, des idées de révolution

Qu'est-ce que j'ai à moi ? Ma mère le lundi qui lave
Quand elle pleure, c'est qu'elle a les yeux pleins de savon
Le linge sèche, la cuisine est humide, la radio couvre le cri des gosses
Je n'ai rien qu'une enfance banale comme un cartable en carton

O les appartements tièdes, les belles dames
Messieurs qui parlez fort bien et lisez des journaux avancés
Comme si le monde vous appartenait ô fils de familles
Vous êtes les meilleurs jusque dans la révolte ô impeccables révoltés

Qu'est-ce que c'est mon bien ? Qu'est-ce que je peux mettre dans la balance
Je suis ce bateau à l'écart des routes échoué
Dans une nuit où flottent des mots insaisissables
Parfois ils frôlent les toits comme le bas des robes brodées

Mère de mon ami madame des romans et des jardins à la française
Cheveux tirés qui régnez sur vos bibelots et vos rendez-vous
Que faites-vous ici ce soir, pourquoi vous déshabillez-vous
Ici, chez ce jeune homme qui est un enfant et qui vous prend les genoux

Parlez très vite et que s'effondre l'édifice
Je pénètre dans le parc interdit, je brise tout
Quand vous serez vaincue, votre monde souillé avec vous
Je suis encore l'enfant qui s'excuse pour le désordre et pour tout

Qu'est-ce que c'est mon bien ? le silence des enfants des pauvres
Et deux ou trois détails à dire aux copains les jours d'abandon
Un dimanche matin d'hiver, un jour, quand j'étais gosse
Il fait chaud, dehors, j'entends passer les dynamos
Qu'est-ce que j'ai à moi ? Qu'est-ce que je peux dire pour ma défense
Un souvenir sans intérêt, une nuit de vendredi saint
Nous allions boire un café à 25 francs sur une table de campagne
En ville, des messieurs-dames parlent des poètes avec du maintien

Qu'est-ce j'ai à dire On ne m'a pas donné la parole
J'ai le manteau troué au vent des étoiles de la révolution
Je suis sur mon vélo, je rentre à la maison par la croix-blanche
O mon père et ma mère laissez le garage allumé, je rentre à la maison

 
 
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Jacques Bertin © in « Impossible parler » Ed. St Germain des Prés 1975
Et sur le cinquième disque de Bertin enregistré à Chalonnes en Septembre 1975 avec Didier Levallet, Siegfried Kessler, Michel Roques ( !!!)
 
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    Une photo du disque montre tout ce joli monde à table, une photo qui respire l'amitié de la jeunesse et le désir de bien faire ce à quoi on croit. L'idéal pour moi est là à cette table : l'amitié (des choses inertes ;-) ), la ferveur, la foi, les idéaux réconciliés, la jeunesse impétueuse...
    Didier Levallet a eu ensuite la carrière que l'on connaît dans le milieu du jazz, il fut même directeur de l'orchestre national de jazz pendant deux années je crois ; Siegfried Kessler était sans nul un des plus grands pianistes de jazz, il est mort, il y a peu, noyé, en début d'année, loupant l'entrée de son voilier un soir sans nul doute de large griserie ?

    Cette "gauche-là" a bel et bien disparue, on ne la revoit pas, on ne la reverra sans doute jamais et c'est bien dommage. Peut-être est-ce aussi une histoire d'âge ? De cette jeunesse-là, forcément de gauche et contre toutes les injustices et les inégalités.
Merci encore mon ami Jacques.

Voilà ma diction à moi, bien pauvre par rapport à la tienne, mais je fais de mon mieux.
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /2010 21:40
Ce
matin
j'ai reçu un télégramme
de ton c o r p s

rédigé dans une langue
inconnue de moi
je n'ai pas compris
son s e n s

Par frenchpeterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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