ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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mes poètes et poèmes préférés

Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /2007 05:17
je n'avais pas remarqué spécialement ce poème d'Apollinaire, mais un jour, en écoutant Léo Ferré le chanter avec sa force, sa tenue, son phrasé, sa musique de rêve ; l'émotion est alors arrivée brutalement en petites salves chantantes
Apollinaire était un très grand, il est triste qu'il n'ait vécu que 38 années
Ferré était un interprète, un musicien, un être sensible d'exception !



Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un coeur à moi ce coeur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /2007 22:08
Béatrice Douvre,
 
cette jeune "elfe diaphane" dont parle Philippe Jaccottet, est morte elle aussi si jeune à 27 ans d'anorexie et n'aura écrit que peu de temps (1986 -1993) entre ses séjours en hôpitaux psychiatriques et ses travaux universitaires sur Rimbaud et Bonnefoy ; mais chacun de ses poèmes est une épure, un ciselage unique, une recherche de la perfection dans le court, l'agencement des mots, l'émotion poétique, un épanouissement de lutins, une plénitude humaine, une excellence rare ; elle laissera aussi quelques dessins et peintures très réussis, comme ce Baudelaire ou ce double Rimbaud, 2 dessins côte à côte comme des jumeaux, comme cette dualité qui habite souvent chaque voix humaine.

Je t'appellerai d'un langage plus léger
Je te prendrai par la main de personne
Nous aurons la peau lavée, les yeux noyés
Tu cesseras de retenir tes mains contre les grilles
Nous grandirions sans retour

Je toucherai ta peau comme pour revivre
Tremblant du bruit de ton sourire
De ton prénom de neige à la mesure des yeux
De l'âpreté de tes mains

Orée grise d'oiseaux, nous grandirions
Près des fleurs qu'on sèche dans les vases
Près des vitres embaumées de la lumière
Un doigt déchire enfin la vitre

Le jour au nord est mûr
Sans un vent.

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Un mot de Pierre Perrin dans la nouvelle revue française : ICI.
Le matricule des anges : ICI.
Sur Poezibao : ICI.

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« Je meurs d’anges fous et de neiges écarlates. Je quitte la poésie pour un sol absolu. »

Béatrive Douvre, Oeuvre poétique, peintures & dessins, préface de Philippe Jaccottet, VOIX D'ENCRE, ©2000.
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Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /2007 23:17
Civilisation (1928)
Jaime Torres Bodet



Un homme meurt en moi toutes les fois
Qu'un homme meurt quelque part assassiné
Par la peur et la hâte d'autres hommes.
Un homme comme moi : pendant des mois
Caché dans les entrailles d'une mère,
Né comme moi
Entre l' espérance et les larmes
Triste d'avoir joui,
Et fait de sang et de sels et de temps et de rêves.
Un homme qui voulut être plus qu'un homme
Capable de léguer joyeusement ce que nous laissons aux hommes à venir
L'amour, les crépuscules et les femmes
La lune, la mer, le soleil, les semailles,
Des tranches d'ananas glacés
Sur les plateaux de laque de l' automne,
Le pardon dans les yeux,
l'éternité d'un sourire
et  tout ce qui vient et  qui passe
L'angoisse de trouver
Les dimensions d'une complète vérité.

Un homme meurt en moi chaque fois qu'en Asie
ou sur le bord d'un fleuve
d'Afrique ou d'Amérique
ou au jardin d'une ville d'Europe
la balle d'un homme tue un homme

Et sa mort défait
tout ce que je croyais avoir hissé
en moi sur des roches éternelles :
ma foi dans les héros,
ce goût que j'ai, de me taire sous les pins,
et mon simple orgueil d'homme
quand j'entendais mourir Socrate dans Platon
et jusqu'à la saveur de l'eau et jusqu'au clair
délice de  reconnaitre
que deux et deux font quatre,

car de nouveau tout est mis en doute
Tout
de nouveau s'interroge
et pose mille questions sans réponse
A l'homme où l'homme
Pénètre à main armée
Dans la vie sans défense d'autres hommes.

Soudain blessées,
les racines de l'être nous étranglent !
Et plus rien n'est sûr de soi
Ni dans la semence  le germe,
Ni l'aurore pour l'alouette
Ni dans le roc le diamant,
Ni dans les ténèbres l'étoile
Lorsqu'il y a des hommes qui pétrissent le pain de leur victoire
Avec la poussière sanglante
D'autres hommes.

Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /2007 08:33

    …en parcourant l’excellent livre d’Isabelle Alfandary (voix américaines, Belin, 2002) sur E.E. Cummings, ce peintre et poète majeur, si énigmatique, très « difficile d’accès » (- soyons franc -) (Quand un éditeur lui demandera en 1926 de rédiger une introduction censée aider les lecteurs à comprendre les particularités de son style, il intitulera cela « deux et deux font cinq », ce qui n’améliorera pas les choses.)… ;-)

 

« La poésie ne signifie ni n’insignifie rien, elle EST. »


Isabelle Alfandary = « S’il pleut tant dans les poèmes d’E.E. Cummings, c’est que la pluie, dans sa chute imperceptible, figure un contact invisible mais réel. Métonymie du sens du toucher, la pluie est sensation : silencieuse, elle affecte les êtres sur lesquels elle s’abat sans heurt ni violence. La pluie nous touche sans en avoir l’air.

    je comprends en vrille

Ce que toucher

veut dire

(i spirally understand /// What /// touching means.) E.E. Cummings, Complete Poems 1904-1962.

L’expérience de la pluie, redoutée par les hommes, mais non par les enfants, révèle ce que toucher veut dire. Le toucher communique littéralement le sens. Le sens du toucher est porteur d’un sens qui peut à peine se dire, d’un sens proprement obscène, et bouleversant.
La sensation est source de connaissance. Dans le poème, ce n’est pas tant l’intellection de l’exprimé qui ouvre la voie au sens mais bien plutôt la sensibilité à l’imprimé. On ne touche pas plus un poème fait d’encre et de papier, surface plane et sans relief, qu’on ne touche la pluie. La pluie et le poème n’en sont pas moins réels. Ce que l’on ne peut pas toucher du doigt ne nous touche pas moins. »


    Personne, pas même la pluie, n’a de si petites mains (*)

(Nobody, not even the rain, has such small hands) E.E. Cummings, Complete Poems 1904-1962.

(*) : poème lu par l’excellent acteur Michael Caine dans un de mes films préférés de Woody Allen “Hannah et ses soeurs”. (oscar du meilleur scénario original en 1986) Comédie douce amère avec des relents de Bergman et où les rôles féminins sont extraordinaires : Mia Farrow, Barbara Horshey et Dianne Wiest... Michael Caine - en amoureux des poèmes de E.E. Cummings - est adorable. Woody Allen en hypochondriaque puissance 100 est divin. Ce film est un pur bijou et on y récite du E.E. Cummings.


un dernier pour la route :

je veux bien que la vie
ne vaille de mourir, si
(et quand) les roses se plaignent
que leurs beautés sont vaines

mais peut l'espèce humaine
juger toute mauvaise graine
une rose, les roses (j'en suis
sûr) aussitôt sourient

Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /2007 11:37
Wallace Stevens, poète américain,  mort en 1955 écrivait peu, prenait son temps,  et vivait moitié sérieusement (avocat et assurances), moitié poète. Il reçut le prix Pullitzer de poésie pour l'ensemble de son oeuvre l'année de sa mort.
Un de ses aphorismes :
« La poésie est une façon de rendre acceptable l’expérience, presque entièrement inexplicable, que l’on est en train de vivre. ».


Voici un poème que j'aime particulièrement ; il aurait pu être écrit par Nicolas Bouvier, on y retrouve l'élégance et la profondeur. Le titre est ironique "la manière de jouer avec la sagesse de la vie".

Lebensweisheitspielrei

De plus en plus faible, brille le soleil
L'après-midi. Les forts et les fiers
S'en sont allés.

Ceux qui restent sont les inaccomplis,
Les définitivement humains,
Natifs d'une sphère réduite.

Leur indigence est une indigence
Qui est indigence de la lumière,
Une pâleur stellaire suspendue aux fils.

Peu à peu, la pauvreté
De l'espace automnal devient
Un regard, quelques mots prononcés.

Chaque personne nous touche entièrement
Par ce qu'elle est et telle qu'elle est,
Dans la grandeur fade de l'anéantissement.
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Samedi 15 septembre 2007 6 15 /09 /2007 08:50
Poésie et traduction

W.H. Auden est un poète américain d'origine anglaise, il est peu connu en France alors que sa poésie a influençé de nombreux écrivains anglo-saxons. il est aujourd'hui considéré comme un des plus grands poètes de langue anglaise du XXième siècle. Il est mort à Vienne en 1973. Il devint célèbre brutalement chez nous suite au film
"4 mariages et un enterrement" grâce à ce poème lu lors du dit enterrement.


Voici l'original
puis la traduction du livre que je possède © christian Bourgois 1995
enfin une traduction trouvée sur le net et ma foi fort différente
laquelle préférez-vous ?


Funeral blues

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead

Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,

My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;

Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.

Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu’il cesse d’aboyer,
Fais taire les pianos et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.

Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l’agent de la circulation.

C’était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durait pour toujours : j’avais tort.

On ne veut plus d’étoiles désormais ; éteins-les toutes ;
Emballe la lue et démonte le soleil,
Vide l’océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.

Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne.
Faire taire les pianos, et sans roulements de tambours,
Sortir le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors,
Dessinent dans le ciel ces trois mots, Il Est Mort.
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices,
Ganter de noir les mains des agents de police.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait, j'avais tort.

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye,
Démonter la lune et le soleil,
Vider l'océan, arracher la forêt,
Car rien de bon ne peut advenir désormais.

---------

En voici une troisième de l'amie Sabouret (traductrice professionnelle de son état)
merci à elle :-)


Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,

Pourvu qu'il n'aboie point, jetez un os au chien

Etouffez les pianos et qu'un tambour voilé

Au sortir du cercueil, accompagne le deuil.

 

Que les avions décrivent des cercles en gémissant

Et tracent dans le ciel ces trois mots : il est mort

Nouez un crêpe au cou des oiseaux blancs

Ajoutez des gants noirs aux tenues des agents



Cétait mon nord, mon sud, l'orient et l'occident

Mon travail en semaine, mon repos du dimanche

Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant

Je pensais que jamais l'amour ne finirait ; j'avais tort

 

Etoiles, disparaissez, qu'il n'en reste plus une

Démontez le soleil et remballez la lune

Asséchez l'océan, balayez les forêts

Car rien de bon ne peut advenir désormais.


Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Samedi 15 septembre 2007 6 15 /09 /2007 05:18
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    je ne suis pas un fana de la poésie "moderne" ou "contemporaine"

quand elle est déclamée sur scène, elle est plus agréable que lue, néanmoins, cela reste souvent assez froid, sans lyrisme, ennuyeux au bout d'un moment - du moins en ce qui me concerne - ; j'ai bien conscience que des gens comme E.E. Cummings sont essentiels pour cette littérature-là, mais j'ai un peu de mal à my investir...

Quel plaisir donc de découvrir Christophe Lamiot Enos à la lecture de "ALBANY Des pommes et des oranges, Californie, II" paru chez Flammarion. Ses poèmes se lisent avec appétit, avec un grand sens du rythme, des césures "modernes" mais plaisantes, une avancée dans la lecture très étonnante et très contemporaine. Je pense, pour une fois, un vrai poète contemporain à lire et à dire...
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dans la tente-tube

Ton visage dans
la tente-tube a,
clarté revenant,

mes caresses.    La
première nuit sans
jour hors nos yeux, vois

tout au fond, dedans,
cheveux roux, mes bras
pleins d'allégresse.    En

vitesse, dis-moi
qui vient par ce temps
d'été, tout là-bas

du côté des bancs
de l'église, pas
à pas, sang à sang

donner, Patricia -
dis-moi si je mens -
avant nous ses bras

à la liesse, lents
à force du drap
les enveloppant.

    -------------------------------

    Très grande qualité d'écriture dans ce recueil que je vous recommande.

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Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /2007 02:05




    L'ardent Pablo Neruda bien connu pour ses poèmes cherchant à délivrer l'homme opprimé, aliéné, poursuivi, fût aussi un fervent adorateur des femmes et écrivit de bien beaux poèmes sur ce thème.

En voici un bien connu et fort lyrique, mis là aussi pour vous rappeler qu'il fut chanté par l'exceptionnel jean louis Caillat.
(disque ALVARES)







Corps de femme, blanches collines, cuisses blanches,
l'attitude du don te rend pareil au monde.
Mon corps de laboureur sauvage, de son soc
a fait jaillir le fils du profond de la terre.

Je fus comme un tunnel déserté des oiseaux,
la nuit m'envahissait de toute sa puissance.
Pour survivre j'ai dû te forger comme une arme
et tu es la flèche à mon arc, tu es la pierre dans ma fronde.

Mais passe l'heure de la vengeance, et je t'aime.
Corps de peau et de mousse, de lait avide et ferme.
Ah ! Le vase des seins ! Ah ! Les yeux de l'absence !
Ah ! Roses du pubis ! Ah, ta voix lente et triste !

Corps de femme, je persisterai dans ta grâce.
Ô soif, désir illimité, chemin sans but !
Courants obscurs où coule une soif éternelle
et la fatigue y coule, et l'infinie douleur.               

Pablo Neruda 1924

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poème mis en chant, en musique et magnifiquement interprété, chanté par Jean-Louis Caillat, mort lui aussi bien trop jeune. Je vous conseille de vous procurer les oeuvres de cet auteur-compositeur et vous serez surpris de la magnificence du chant offert .

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Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /2007 09:20

«La force de ceux qui aiment apaise même les tourments, la tendresse des femmes recèle tant de puissance.» I. F. Annenski




    Le poète symboliste russe Innokenti Fedorovitch ANNENSKI est mort brutalement d’une crise cardiaque à 54 ans en 1909. Son influence demeure encore en son pays très importante, il n’y fut cependant réellement (re)découvert que dans les années 50-60. On le loua pour sa modernité et son originalité, il est, dit on au premier rang de la poésie moderne russe.  Riche érudit (il connaissait une quinzaine de langues), il enseignait la philologie et les langues classiques. De son vivant, ne parut qu’un seul recueil en 1904 ; ses autres livres eurent peu d’échos (traductions, tragédies, articles, essais…). En 1910 paraît « le coffret de cyprès », puis en 1912 « Poèmes posthumes », ces 3 recueils suffiront pour sa notoriété. Il fut aussi un grand traducteur : Mallarmé, Baudelaire, Euripide…

    Longtemps, cet homme demeura une énigme par sa pudeur, son effacement, sa solitude amère, son isolement et par sa vie semble-il fort trop banale ; c’est seulement bien après sa mort que l’on apprit sa souffrance secrète, il fut très amoureux de la femme de son beau-fils, amour partagé, jamais réalisé, sacrifié. Une seule rencontre aux jardins où ils se prirent les mains seulement, ce jour devint le poème « en Mars », puis plus jamais sa vie n’entra dans ses vers… Force d’âme surprenante, grande honnêteté, drame personnel, solitude en embâcle que ses amis et proches ne comprenaient pas. Il s’éloigna des mouvements littéraires du moment pour rester seul dans ses vers. Sa poésie est cependant complexe, un rare poète russe du subconscient. On le surnomma « le Mallarmé russe ».

« Tel est le grand paradoxe du destin poétique d’Annenski : il fut en même temps précurseur et maître, au sens le plus élevé du mot, de tous les plus grands poètes de ce siècle et cependant on peut dire aussi que personne ne marcha dans ses pas ; il alla si loin que tous les chemins poétiques apparurent parallèles au sien. Mais il était et resta unique. Jusqu’à ce jour, il n’y a personne à qui le comparer. » Natacha Strijevskaïa.

« On peut dire qu’Annenski partit sur la route de Rimbaud plus loin que tous les poètes russes. Ses vers sont le résultat de tourment, de nostalgie de « cette beauté cachée là-bas quelque part », tourment de « l’idéal », dernière et unique chance non pas de l’exprimer mais de tenter de l’atteindre, dernière chance de coïncider avec la vie, insaisissable dans sa réalité ; ce n’est pas l’ennui ou le dégoût de l’existence qui meuvent sa plume, mais une recherche frénétique, comme celle de la pierre philosophale, d’un point d’appui pour l’âme, l’incapacité de se tromper soi-même, ni de se résigner à l’apparence de la vie terrestre. » Natacha Strijevskaïa

Anciennement disponible en France (car épuisé à ce jour) : « Trèfles et autres poèmes » dans l’excellente collection « Orphée » / Editions La Différence. 1993, édition bilingue.

Les « trèfles » sont des sortes de triptyques,  la lecture attentive permet de relier ces 3 folioles entre elles.

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TREFLE DE LA TENTATION

1. PAVOTS   

Radieux, le jour brille… parmi les herbes endormies
Flambent partout taches de pavots – comme une impuissance avide
Comme des lèvres pleines de tentation, de poison,
Comme ailes ouvertes de papillons vermeils.

Radieux, le jour brille…Le jardin reste vide et sourd :
Longtemps qu’il en finit avec festin et tentation –
Secs comme tête de vieilles, les pavots sont
Du haut du ciel, illuminés par l’ostensoir brillant.

2. L’ARCHET ET LES CORDES

Quel sombre et lourd délire !
Hauteurs combien troubles-lunaires !
Toucher la viole des années durant, et
A la lumière, ne pas reconnaitre ses cordes !

Qui a besoin de nous ? Qui illumina
Ces deux faces jaunes ; deux, tristes…
L’archer soudain sentit
Quelqu’un les prendre, les réunir…

« Dans les ténèbres depuis quand !
Dis seulement es-tu la même, même ? »
- Sonnant, la viole le câlinait
Et le caressant, palpitait…

« Nous ne nous quitterons plus jamais
N’est-ce pas ? Dis-moi que c’est fini… »
« Oui » - redisait la viole
Mais elle souffrait en son cœur.

L’archet a tout compris, s’est tu,
Dans la viole, le son vibrait toujours…
Et ce qui leur était supplice
Etait musique pour autrui.

Jusqu’à l’aube nul ne souffla
Les bougies… Chantait la viole…
Seul le matin les a trouvés
Sur le velours noir de leur couche.

3. EN MARS

Oublié ce rossignol dans les branches odorantes
Mais non le matin d’amour !
Ni le sein flambant noir de la terre ressuscitée
Sous les feuilles toujours mortes !

Demi-vêtue des lambeaux de sa chemise de neige
Elle ne connut le désir qu’une fois,
Une fois seulement, plus que de vin encore,
Mars l’enivra !

Une fois seulement nous n’avons su lever
Nos yeux de la terre gonflée… Une fois seulement,
Avons tressé nos mains froides, tremblants, le jardin aussitôt quitté
Cette fois… Cette fois seulement…

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Samedi 11 août 2007 6 11 /08 /2007 17:27
Conversation

(sur le pas de la porte, avec bonhomie)


Comment ça va sur la terre ?
- Ca va ça va, ça va bien.

Et les petits chiens sont prospères ?
- Mon Dieu oui merci bien.

Et les nuages ?
- Ca flotte.

Et les volcans ?
- Ca mijote.

Et les fleuves ?
- Ca s'écoule.

Et le temps ?
- Ca se déroule.

Et votre âme ?
- Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade


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Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /2007 15:55


Une petite compilation de textes et poèmes du nouveau prix Nobel de littérature.

"La guerre" nrf Gallimard, 2003
On y trouve le discours violemment anti-américain et anti-britannique de Turin du 27 novembre 2002, mais aussi de charmants petits poèmes pleins d'espoir tel celui-ci :


Registre des décès

"Où a-t-on trouvé le corps décédé ?
Qui a trouvé le corps décédé ?
Le corps était-il décédé quand on l'a trouvé ?
Comment a-t-on trouvé le corps décédé ?

Qui était le corps décédé ?

Qui était le père ou la fille ou le frère
Ou l'oncle ou la soeur ou la mère ou le fils
Du corps décédé et abandonné ?

Le corps était-il décédé quand on l'a abandonné ?
Le corps était-il abandonné ?
Par qui a-t-il été abandonné ?

Le corps décédé était-il nu ou en costume de voyage ?

Quelle raison aviez-vous de déclarer le décès du corps décédé ?
Avez-vous déclaré le decès du corps décédé ?
Quels étaient vos liens avec le corps décédé ?
Comment avez-vous su le décès du corps décédé ?

Avez-vous lavé le corps décédé
Lui avez-vous fermé les deux yeux
Avez-vous enterré le corps
L'avez-vous laissé abandonné
Avez-vous embrassé le corps décédé"

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Samedi 4 août 2007 6 04 /08 /2007 13:00
un petit poème du surréaliste péruvien César Moro, ami de Breton
qui écrivit presque toute son oeuvre en français

La fenêtre de la méduse


Jambes croisées :
Fougères fermées

Langue déliée :
Horreur du vide

L'hiver ne sait plus de quoi il retourne
Les mains de l'amandier du littoral
Glissent sur les cheveux déchirants
Une fois pour toutes le sommeil s'installe

A peine un cri
Et tout redevient ce grand silence
Cadencé et vorace
Marqué de blessures profondes
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Samedi 28 juillet 2007 6 28 /07 /2007 11:20
Poète américain, historien et  romancier, « le barde chantant », Carl Sandburg est né dans l'Illinois, fils d'immigrants pauvres suédois ; il est mort en 1967.


Dans son travail Sandburg a donné la voix aux gens les moins riches et les moins puissants. Ses expériences ont considérablement influencé son écriture et ses vues politiques. Impressionné par le  contraste important entre riches et pauvres, il se méfiera toujours du capitalisme pur et dur.
Ses orientations « socialistes » lui valurent d’être surveillé étroitement par le F.B.I. Il était une figure centrale de la renaissance de la poésie américaine et a joué un rôle significatif dans le développement dans la poésie qui a eu lieu pendant les deux premières décennies du 20ème siècle. Son ton l'associe avec Hart Crane et Walt Whitman entre autres.


these people of the air,
these children of the wind,
had a sense of where to go and how,
how to go north north-by-west north,
till they came to one wooden pole,
till they were home again.
(from The People, Yes, 1936)

THE PEOPLE, YES (1936) est probablement le livre le plus populaire de Sandburg.
Abraham Lincoln : Les années de guerre a gagné le prix Pulitzer en 1940.
Les poésies complètes de Sandburg : deuxième prix Pulitzer en 1951.

Quelques aphorismes de Carl Sandburg :

La poésie est un noeud coulant autour de la pulsation d’une pensée, d’une deuxième pensée et d’une pensée intermédiaire pour laquelle il n’y a pas encore d’ordre numéral.

La poésie est le journal d’un animal marin qui vit sur terre et qui voudrait voler.

La poésie est le dressage de ce paradoxe : la terre, qui met la vie au berceau, et puis qui la met au tombeau.

La poésie est l’arrangement cinétique de syllabes statiques.

La poésie est l’accomplissement d’une synthèse entre jacinthes et biscuits.

La poésie est une mathématique mystique et voluptueuse du feu, des cheminées, des gaufres, des pâquerettes, des hommes et des couchants pourpres.

La poésie est un jeu de marionnettes, où des occupants de fusées et des plongeurs d’abîmes marins potinent sur le sixième sens et la quatrième dimension.

La poésie est un écho qui demande à une ombre danseuse d’être sa partenaire.
 


Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /2007 16:33


Ceux qui dédaignent les amours

ont tort, ont tort,
Car le soleil brille toujours ;
La mort, la mort,
Vient vite et les sentiers sont courts

Charles Cros
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /2007 09:29
Pour que demeure le secret
Nous tairons jusqu'au silence

Nul oiseau n'est coupable
Du tumulte de nos coeurs

La nuit n'est responsable
De nos jours au fil de mort

Il n'est que grande innocence
Et des colonnes en marche

Mais les plaines soulignent
Notre solitude de leur blé.

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note unique

Le monde est à ses rêves
Au plus serré des doigts
C'est le mur qui sans trêve
L'isole à jamais de toi

Il n'est rien que des songes
Le tien est de croire prendre
Quand tout te fuit par le sien
Quand le tien même te fuit

Les arbres et leurs sèves
Sont à d'autres sources
Plus dure que leur rêve
Il n'est pas d'écorce

Tu les poursuis en vain
Ils poursuivent leur rêve
Tu cours tu n'atteins rien
Tu es le mauvais élève

Passe comme le vent
Passe comme la vie
A peine soulevant
Le poids d'une chenille.
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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