ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

Syndication

  • Flux RSS des articles

B o n j o u r !

je vous souhaite un bon passage


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."

Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux



écrivez moi si vous le souhaitez :      

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)
______________________________________________

 

Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /2010 22:20

« en réalité, il existe deux sortes de vie, selon la formule de Viri : celle que les gens croient que vous menez, et l’autre ».


   Attention, « Light years » paru en 1975 et traduit en français par « Un bonheur parfait » est un livre atypique dans son écriture et sa linéarité parlant d’un sujet pourtant bateau : le couple marié, comment accepter ou refuser sa (ses) liberté (s), le temps qui passe, les amis, les amours aussi ; ce livre est un régal.

 

un bonheur parfait


   « Un bonheur parfait » est D'ABORD incroyablement bien écrit, J. Salter est un adepte des phrases courtes, des descriptions d'une efficacité invraisemblable ; à petites touches pointillistes, il nous montre la très lente déchéance d'un couple qui a tout pour réussir : une belle situation, de l'intelligence, de la sensibilité, de la culture, de la beauté, des amis, de la jeunesse et deux petites filles charmantes. Oui, mais voilà le temps passe, l'un veut réussir dans son métier et tombe amoureux comme seuls les hommes savent le faire c'est à dire avec immaturité, fierté et jalousie ; elle, cherche quelque part sa liberté, liberté totale, sexuelle elle aussi, mais aussi vivre "sa" vie propre ; plus tard il s'éloigneront alors qu'ils s'entendent parfaitement (aucune scène de brouille), finalement juste insatisfaits de ce monde familial, de cette vie qui bien sûr avec le temps passant devient une vie « comme tout le monde », un peu monotone, pleine de frustrations, loin des idéaux de la jeunesse.

   Viri est architecte, brillant et beau ; Nedra est belle et intelligente, inaccessible aux autres hommes semble-t-il, mère comblée. Couple parfait des années 70. Ils vivent près de New York, reçoivent beaucoup, cherchent une vie sociale ou sociétale idéales. Deux petites filles « parfaites », un chien présent. C'est un roman terrible dont on ne sort pas indemne. Jeunes amoureux, jeunes mariés, fuyez ce livre magistral !
   La dégradation des relations est subtile, par petits à-coups légers, elle n’en est pas moins profonde, même si entre Viri et Nedra se sont installées une confiance et une amitié à toute épreuve. Je n’en dis pas plus pour ne pas gêner le bonheur de votre lecture…L’équilibre fragile maintenu depuis longtemps va se rompre mais en douceur. C’est l’apprentissage des renoncements. C’est aussi, l’âge aidant, la vie qui devient une attente, une attente de quoi, personne ne sait réellement, oh ! la mort bien sûr, mais aussi autre chose, l’attente de celui ou celle qui n’attend plus rien. Faut-il se satisfaire de ce que l’on possède, alors que l’on sait tous qu’il y a toujours mieux ; ou doit-on se « résigner » et accepter juste ces petits bonheurs sans chercher de passions plus fortes ; les enfants comptent cependant et il y a de très belles pages d’amour filial dans ce livre étonnant. Mais le mariage ? Le mariage est une prison dit Nedra. Que devient la place de l’individu dans le couple ? Fusion ? Destruction ?


   Vous serez cependant surpris par deux choses : le style parfait de cet écrivain, c’est tellement bien écrit et descriptif que les premières pages peuvent sembler difficiles (apparemment cela gêne certains lecteurs) (cela me rappelle Pasternak) ; d’autre part on passe de personnages en personnages sans réelle cassure, sans passage de paragraphes et comme H. Murakami dans l’extraordinaire « Chroniques de l’oiseau à ressort », on s’attache à plein de personnages secondaires lesquels finalement disparaîtront du schéma narratif « comme dans la vraie vie ».

J.Salter
James Salter définitivement l'un des plus grands et ce livre atypique et étonnant est un vrai chef d'oeuvre !! C’est un écrivain qui publie peu, et comme P. Auster ce sont les Européens qui l’ont fait réellement connaître. Depuis chacun s’accorde pour dire qu’il est un écrivain majeur. Il est passé il y a peu à « La grande librairie » sur France 5. Il décida un jour d’écrire «pour lutter contre la vie qui s'en va petit à petit».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits du livre :


"Leur vie est mystérieuse. Pareille à une forêt. De loin, elle semble posséder une unité, on peut l’embrasser du regard, la décrire, mais, de près, elle commence à se diviser en fragments d’ombre et de lumière, sa densité vous aveugle. A l’intérieur, il n’y a pas de forme, juste une prodigieuse quantité de détails disséminés : sons exotiques, flaques de soleil, feuillage, arbres tombés, petits animaux qui s’enfuient au craquement d’un rameau, insectes, silence, fleurs. Et toute cette texture solidaire, entremêlée, est une illusion. En réalité, il existe deux sortes de vies, selon la formule de Viri : celle que les gens croient que vous menez, et l’autre. Et c’est l’autre qui pose des problèmes, et que nous désirons ardemment voir".

.../...


"Il n’existe pas de vie complète, seulement des fragments. Nous sommes nés pour ne rien avoir, pour que tout file entre nos doigts. Pourtant, cette fuite, ce flux de rencontres, ces luttes, ces rêves ... il faut être une créature non pensante, comme la tortue. Etre résolu, aveugle. Car, tout ce que nous entreprenons, et même ce que nous ne faisons pas, nous empêche d’agir à l’opposé. Les actes détruisent leurs alternatives, c’est cela, le paradoxe. De sorte que la vie est une question de choix – chacun est définitif et sans grandes conséquences, comme le geste de jeter des galets dans la mer. Nous avons eu des enfants, pensa-t-il ; nous ne pourrons jamais être un couple sans enfants. Nous avons été modérés, nous ne saurons jamais ce que c’est que de brûler la chandelle par les deux bouts".

.../...


« La liberté dont elle parlait, c’était la conquête de soi. Ce n’était pas un état naturel. Ne la connaissent que ceux qui voulaient tout risquer pour y parvenir, et se rendaient compte que sans elle, la vie n’est qu’une succession d’appétits, jusqu’au jour où les dents vous manquent. »

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Partager    
Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /2010 10:38

bertin-comme un pays 2

 

le nouveau disque de l'ami Jacques vient donc de paraître

comme d'habitude, le coeur s'en ressent


il faut comme d'habitude laisser les mots vous pénétrer avec lenteur, pareil pour la musique et les mélodies si typiques de Bertin

et comme d'habitude il y a la voix, la voix prononçant - elle - chaque syllabe comme unique,

une diction, un chant parfaits


beaucoup de nostalgie dans ce disque :

- un beau poème sur son amie de toujours : la Loire

- la recherche de sa maison comme toujours

- l'amitié estudiantine (où je me reconnais)

- des chansons d'amour ou de souffrance

- les amies féminines indispensables

- le temps qui passe

- les livres

- le beau pays

- le passé



"Le passé", "La Loire", "Ah, vieil ami..." sont perceptibles immédiatement, d'autres chants mettront plus de temps pour vous envahir


Que peut-on dire encore de cette chanson-là qui fait ricaner tant de crétins crétinisants ?


C'est une autre chanson, c'est un autre chant, c'est de l'humanité "tout simplement", la ferveur donc, c'est différent, et bien sûr pour ce qui me concerne "bien mieux"...


à l'intérieur du disque, il y a encore à regarder : les rayonnages (une des bibliothèques de Bertin ?) : on y voit l'étiquette du Politico, acheté quand j'étais étudiant à Toulouse, moi le grand amateur de jeux ; on y voit aussi la photo de "la jeune fille blonde" - une de mes chansons préférées : c'est celle que j'ai demandée d'ailleurs à Sophie Nauleau qui devrait clore ma petite intervention sur "ça rime à quoi", un livre de poème de Pierre Emmanuel, "rien que l'amour" de Lucien Becker, l'aventure culturelle de la CGT, la fin des militants ?, le complexe du loup garou denis Duclos, pierre mauroy : Léo Lagrange, citations du président Mao, Charles de Gaulle, Jules Roy : les années déchirement etc...


...finalement peu de livres de poésies, mais beaucoup sur la culture, la politique, la dernière guerre, les luttes militantes...beaucoup de photographies de femmes...

 

bertin-comme un pays

Par frenchpeterpan - Publié dans : chanson poétique
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /2010 06:00
écrire par « flashs » et suggérer plutôt qu’informer
ne pas faire trop de descriptif (peu importe qu’elle ait une jupe jaune ou rouge)
S’expliquer, choisir le « on »
Arrêter de parler des femmes ou du moins d’une manière moins descriptive, plus elliptique, faussement réaliste
Introduire le « je », le « il » ensuite
(le « il » neutre aussi)
choisir des mots simples
et l’amitié ?
d’ailleurs on ne peut raconter que des souvenirs
écrivain réveille toi !

dire : « et ce sera comme… »
voir les autres
être attentif, bien observer, même si on manque d’envie : s’intéresser aux autres.
étonner
Ou par les mots mais étonner

Etre éveillé pour percevoir
les poèmes cachés alentour
les lignes le long de nos allées et venues
Ne pas craindre l’impossible
Posséder des mots « solides »
Employer le ce, cet, cette

Faire participer le lecteur, lui faire croire à ses souvenirs

Oublier parfois le verbe principal


Par the very famous french peterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Partager    
Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 14:48
J'ai peu de choses à dire





J'ai peu de choses à dire au fond je cherche peu de choses
Et tout le reste c'est un habit sur moi à peu près ajusté
Je peux bien partager votre combat vos certitudes : papier-buvard
Le mal au fond le mien c'est ailleurs un fanal resté allumé
J'écris, ma femme dort, je rassemble un maigre bagage
Un maigre bien des idées vagues, des tentatives de notions
Tout ce à quoi je souscris et qu'en bon entendement il faut admettre
Des restes de vos garde-robes, des idées de révolution

Qu'est-ce que j'ai à moi ? Ma mère le lundi qui lave
Quand elle pleure, c'est qu'elle a les yeux pleins de savon
Le linge sèche, la cuisine est humide, la radio couvre le cri des gosses
Je n'ai rien qu'une enfance banale comme un cartable en carton

O les appartements tièdes, les belles dames
Messieurs qui parlez fort bien et lisez des journaux avancés
Comme si le monde vous appartenait ô fils de familles
Vous êtes les meilleurs jusque dans la révolte ô impeccables révoltés

Qu'est-ce que c'est mon bien ? Qu'est-ce que je peux mettre dans la balance
Je suis ce bateau à l'écart des routes échoué
Dans une nuit où flottent des mots insaisissables
Parfois ils frôlent les toits comme le bas des robes brodées

Mère de mon ami madame des romans et des jardins à la française
Cheveux tirés qui régnez sur vos bibelots et vos rendez-vous
Que faites-vous ici ce soir, pourquoi vous déshabillez-vous
Ici, chez ce jeune homme qui est un enfant et qui vous prend les genoux

Parlez très vite et que s'effondre l'édifice
Je pénètre dans le parc interdit, je brise tout
Quand vous serez vaincue, votre monde souillé avec vous
Je suis encore l'enfant qui s'excuse pour le désordre et pour tout

Qu'est-ce que c'est mon bien ? le silence des enfants des pauvres
Et deux ou trois détails à dire aux copains les jours d'abandon
Un dimanche matin d'hiver, un jour, quand j'étais gosse
Il fait chaud, dehors, j'entends passer les dynamos
Qu'est-ce que j'ai à moi ? Qu'est-ce que je peux dire pour ma défense
Un souvenir sans intérêt, une nuit de vendredi saint
Nous allions boire un café à 25 francs sur une table de campagne
En ville, des messieurs-dames parlent des poètes avec du maintien

Qu'est-ce j'ai à dire On ne m'a pas donné la parole
J'ai le manteau troué au vent des étoiles de la révolution
Je suis sur mon vélo, je rentre à la maison par la croix-blanche
O mon père et ma mère laissez le garage allumé, je rentre à la maison

 
 
----------------------------------

 
  

 

Jacques Bertin © in « Impossible parler » Ed. St Germain des Prés 1975
Et sur le cinquième disque de Bertin enregistré à Chalonnes en Septembre 1975 avec Didier Levallet, Siegfried Kessler, Michel Roques ( !!!)
 
-----------------------------

    Une photo du disque montre tout ce joli monde à table, une photo qui respire l'amitié de la jeunesse et le désir de bien faire ce à quoi on croit. L'idéal pour moi est là à cette table : l'amitié (des choses inertes ;-) ), la ferveur, la foi, les idéaux réconciliés, la jeunesse impétueuse...
    Didier Levallet a eu ensuite la carrière que l'on connaît dans le milieu du jazz, il fut même directeur de l'orchestre national de jazz pendant deux années je crois ; Siegfried Kessler était sans nul un des plus grands pianistes de jazz, il est mort, il y a peu, noyé, en début d'année, loupant l'entrée de son voilier un soir sans nul doute de large griserie ?

    Cette "gauche-là" a bel et bien disparue, on ne la revoit pas, on ne la reverra sans doute jamais et c'est bien dommage. Peut-être est-ce aussi une histoire d'âge ? De cette jeunesse-là, forcément de gauche et contre toutes les injustices et les inégalités.
Merci encore mon ami Jacques.

Voilà ma diction à moi, bien pauvre par rapport à la tienne, mais je fais de mon mieux.
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Partager    
Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /2010 21:40
Ce
matin
j'ai reçu un télégramme
de ton c o r p s

rédigé dans une langue
inconnue de moi
je n'ai pas compris
son s e n s

Par frenchpeterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /2010 13:40

"La seule excuse qu'un homme ait d'écrire, c'est de s'écrire lui-même, de dévoiler aux autres la sorte de monde qui se mire en son miroir individuel."

Rémy de Gourmont

Gourmont

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /2010 22:36
enfin je polissais ton Acajou
et toi, tu aimais mon métier d' ébéniste
longeant seul tes chemins inouïs
je me perdais parmi enfants joncs et manilles
j'avais la pépie de tes corps en artifice
et de tes pênes et de tes gâches
de tes pelvis en puissant lamento
je jargonnais tes jambes-jarretelles
où ton corps en jachère prenait son printemps
en accalmie je m'affamais moi-même
de tes ornières humides et crapaudières
je me raidissais robuste et en lumière
je tressais tes oseraies de lavandine
et j'aimais de tes gras et beurres oindre
tes replis et dorures, plissements et feintes
j'ornais tes chapiteaux de magnifiques acanthes
tes portunes et étrilles fatiguaient mes jambes
je croquais un à un tous tes pépins amers
acclamés ainsi nous saluions les foules
peut-être écrivions-nous  alors ainsi
enfin et pour longtemps ce que tu voulais :
un grand roman-fleuve qui lentement nous tissait

apparition du visage d'Aphrodite
S. Dali

Par the very famous french peterpan - Publié dans : féminins "poèmes"
Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires - Partager    
Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /2010 14:32

« Il y a des moments dans la vie où la question de savoir, si on peut penser autrement qu’on ne pense et percevoir autrement qu’on ne voit, est indispensable pour continuer à regarder et à réfléchir » 

Michel FOUCAULT

foucault

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /2010 21:46

à quoi bon s’ouvrir ainsi
à vrai dire ?  n’est ce pas ?
Pour partager ?
Partager quoi ?
Nos mélanges  d’humanité
nos dégouts des politiques
nos peurs pour demain ?

ou des lambeaux de rimes humaines ?
  "on se croit un peu poète"


quand le silence est roi des réponses
ou la nonchalance de l’ennui
le je m’enfoutisme d’autrui
grande base des fondations humaines

l’autre qu’on dit aimer
c’est autrui et on le laissera crever s’il le faut sur le bas-côté
à condition bien sûr de ne pas être « inquiété »

on dira qu’on a fait « ce qu’on a pu »
et devant les juges, on sera certain d’avoir raison
alors que chacun sait que l’on aura eu tort

------------
 


bon pour mieux terminer : ci dessous photo non trafiquée de la rosée sur la vitre de ma serre, derrière pots de fleurs et géraniums envoient leur couleur ...


NB : la photo "en vrai" est encore mieux ; mais "over-blog" écrase un max, c'est un peu dommage ...
Par the very famous french peterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires - Partager    
Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /2010 01:42


    Ma jeune amie Clara se réveille

L’œil fixe, absent, l’anesthésie aidant
Elle aimerait sans doute me dire :
Je veux partir, retrouver les joies des arbres, des nids dans les branches, de la vie en bande, des fruits sauvages et des hautes herbes riches en sucres, surveiller mes enfants :
vivre en communauté. Me retrouver chimpanzé.
    Je veux quitter cette prison avec tous ces barreaux de fer, ne plus manger ces croquettes amères et ces mauvais fruits qui n’ont pas de goût.
Pourquoi un jour, petite, m’a-t-on attrapée ? Le plus souvent en tuant ma mère ?
Pourquoi me chasse-t-on ? Pourquoi mon espèce disparaît ?
Pourquoi les hommes encore aujourd’hui tuent tant d’animaux ?

    Tu sais Clara : j’ai vu en Afrique des blancs faire des cendriers avec des mains de gorille ou des pieds d’éléphants, offrir encore des objets sculptés en ivoire, chasser de petites antilopes protégées, et rire avec obscénité et racisme. Je me suis éloigné de ces gens-là ; et même parfois des gens tout court ; on me dit misanthrope maintenant, je confirme, je le suis. Et j’aimerais te libérer. Mais je suis lâche comme beaucoup, je suis parti, j’ai quitté cette grande Afrique, ce continent tant aimé, ma maison est décorée d’objets africains, masques, statues, totem, marionnettes, reliquaires et objets magiques…mais l’Afrique n’est pas là. Et il y a ta photo encore là au-dessus du bureau et tes yeux malins ; je me rappelle bien comment tu me curais les ongles, comment tu aimais me montrer comment tu fumais, ton contentement à mon arrivée. Je pense à toi, tu n’es peut-être pas morte à l’heure qu’il est. Tu auras vécu une drôle de vie même si tes conditions de détention auraient pu être pires ; tu es à 97-99% comme moi, et des deux primates qui se regardaient, j’étais sans doute le plus étonné. Ton génome l’année dernière a été complètement séquencé. Tu es encore plus proche de l’humain qu’imaginé. 46 chromosomes contre 48, c’est peut-être tout.

    Je n’aime pas mon espèce. Mais je suis ainsi né. Je pense à toi dans cette vie aseptisée, et je pense aussi à l’Afrique qu’on a tous abandonnée.
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes photographies
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Partager    
Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /2010 19:12

hotel-univers.

 

photographie issue d'un paquet acheté par deux libraires malins / l'ensemble portait le nom "Hotel Univers" / or c'est le nom de l'hôtel à Aden où Rimbaud descendait. Les photos sont datées entre 1880 et 1890.

 

L'ensemble des photos est acheté : une sort du lot, le deuxième personnage à droite pourrait être Rimbaud ; vérification faite par des spécialistes (tel Jean Jacques Lefrère), il s'agit quasi à coup sûr du poète !

Si on avait été le premier Avril, j'aurais cru à un canular, oui mais voilà aujourd'hui dans le Figaro Littéraire et dans l'Express, les libraires Alban Caussé et Jacques Desse racontent leur intuition de génie... Les photographies auraient appartenu à Jules Suel, négociant à Aden qui finança les ventes d'armes de Rimbaud.


On connait maintenant 5 photographies du poète ; sur cette dernière le visage est moins hâve que les autres, les cheveux moins gris, nul doute qu'elle est sans doute plus ancienne que les autres... Rimbaud ne semble pas malade ou amaigri.


Rimbaud fixe le photographe avec un regard à la fois intéressé et plein d'ennui ; le visage se voit bien ; quelle belle trouvaille ! Bravo aux chercheurs curieux et gloire à eux ! (le dernier cliché du poète vendu en 2007 s'était adjugé 75.000 €)

 

Rimbaud-photo

Par frenchpeterpan - Publié dans : à propos d' Arthur Rimbaud
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /2010 09:38

apnées-Choplin

 

 

 

  Hydrante, piorne, suivez-moi-jeune-homme, quimboiseur, mastroquet, goberger, gaupe, quinaud, girie, bachique, fidéisme, ponceau, morganatique,friselis, cimaise, cipres, myrmidon, nicodème, accordailles, piaculaire, pateline, bornoyer, verbigération, spicilège, acrotère, nixe, joran, rebuse, cramine, portefaix, flamberge, prosode, alacrité, écoumène, mafflu …..

  Voici quelques mots rares ou peu inconnus que vous lirez et découvrirez dans l’excellent « Apnées » d’Antoine Choplin.
Les petits livres de cet excellent auteur sont toujours très agréables à lire, en outre il a l’élégance d’écrire de tout petits livres, et j’aime particulièrement ces livres qui ne se moquent pas de leur lecteur ; je méprise en effet tous ces mauvais écrivains qui écrivent des livres de 400-500 pages pour faire du fric et justifier les royalties démesurés que certaines maisons d’édition pensent leurs devoir.

Mais « Apnées » sort du lot et dans la forme et dans le fond.
Pour la forme c’est merveilleusement écrit, avec beaucoup d’humour, d’inventions, c’est délicieux, une quasi perfection . Choplin atteint là le sommet de son art dans la concision et dans le choix à chaque fois, du mot juste.
Pour le fond, l’histoire est adorable : un lexicographe zélé et apnéiste (passionné de dictionnaires) tombe en panne de voiture tout près d’un petit village : Plan-Les-Ouates. Ayant l'après-midi à perdre avant la réparation de sa voiture, le héros décide de suivre quelqu’un afin de découvrir ce pittoresque village suisse. Finalement il suivra une jeune femme portant un appareil photo.
La suite est un délice.

 

--------------

 

Félicitations à « La fosse aux ours » petit éditeur lyonnais qui publie de bien beaux auteurs. (je viens de lire « Sébastien » de Jean-Pierre Spilmont, très agréable aussi.)

 

--------------- 


"Alors qu'il se rend au bord d'un lac pour une séance d'apnée (discipline âpre, exigeante et de faible profit), un homme est victime d'une panne de voiture et échoue à Plan-les-Ouates, bourgade qu'il ne connaît pas.
Ainsi, dans l'attente d'une réparation, s'ouvrent à lui quelques heures d'une vacuité parfaite dans un espace vierge de tout repère. Embarrassé par cette liberté inopinée - que faire de ce temps ? Pourquoi se diriger ici plutôt que là -, il décide de confier son itinéraire à celui d'une femme dont il entreprend la filature. Le récit de cet homme, avec son appétit des mots, est singulier et témoigne d'un lien ambigu à la complexité du monde qui l'entoure : sa passion ludique pour la lexicographie serait une manière de tenter de l'embrasser ; son besoin d'apnée, le signe d'une incapacité à le faire."                                            4ième de couverture

 

le début :

"Les jours précédents, le joran avait soufflé fort, flanquant au pays un bon coup de rebuse.
De cet hiver mollasse, ce fut l'ultime ruade.
Et aujourd'hui, ce que l'on flairait à l'avant des brumes encore voyageuses, c'était surtout cet air neuf et pépiant avec une verve retrouvée, dissipant toute menace d'un retour de cramine.
Bref, le printemps commençait à pousser ses pions.
J'étais de sortie.
Enfin, de sortie.
 
Dans l'habitacle, une odeur de chaud.
J'ouvris la vitre, mis le coude à la portière, un peu le nez aussi. A l'extérieur, c'était pire encore. Les pots d'échappement rendaient de petits cumulus noirâtres et les avertisseurs, une polyphonie énergique et plutôt atonale.
 
En vérité, j'étais salement englué dans un embouteillage.
J'avais hésité avant de renoncer au contournement autoroutier de Genève. Finalement, j'avais cédé à l'appel d'une trajectoire aux apparences optimales, joliment tangentielle à la pointe sud du lac.
Je bisquai à l'endroit d'Euclide et des postulats de sa géométrie.
Tentai de me rassurer en convoquant la mécanique des fluides et ses dénouements, fréquemment heureux.
Je remontai la vitre."

 

Choplin Antoine

 

Cliquez sur le visage d'Antoine Choplin pour atterrir sur une interview à propos de ce livre

(matricule des anges / oct 2009)

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /2010 10:07

Oh ! Il y a :
sans doute peu comme écart :
Là : juste tendre la main
entre le monde des vivants et celui des morts
entre cette rose fraîche et son contraire desséchée, racornie, rabougrie, noircie
déshydratée

Du temps du temps disais-tu, simplement du temps
Le temps, le temps encore et encore
Le temps qui passe, le temps perdu
Le temps que l’on croit perdre ou celui que l’on souhaite regagner
Mais le temps passe et il est bel et bien perdu

C’est pire l’envers à revers que l’on ne peut pas refaire, revivre
en arrière
c’est pourquoi
c’est ainsi qu’il faut chaque jour
préféré l’instant présent à celui d’hier ou celui de demain

quand la personne est morte, c’était donc hier qu’il fallait lui parler

elle est partie aussi, la voix, la voix qui disait les choses certaines
et le regard clair des grandes amitiés de certitudes
la vie n’était que cela, une suite de rimes
chaque fois proches, mais qui diffèrent cependant
oh ! détails insignifiants, mais qui font les aspérités des parois à escalader
ou les ombres des amitiés à consolider

je t’aime donc , passage nécessaire pour te connaître,
infini et irréel
et pourtant bien réel quand ton bras est raide et froid
et ta peau froide ; oh ! mon père, mon ami

 

 

 

papa

mon père, ici à l'année de ma naissance

est décédé le mois de ma naissance

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /2010 09:57

Il y a dans le temps

J’avance
Mes pas imprimés
Un ralenti
Du temps qui passe
Presque le souffle d’arrêt comme un tapis roulant

où je serais immobile
Puis les mondes minéral végétal  animal devant moi défilent

Je regarde le monde normal transmettre devant moi

en grande quiétude
Parce que c’est ainsi que
C’est ainsi qu’en moi-même
J’avancerai  moi aussi

 

vraisemblablement

Par frenchpeterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /2010 14:58

" On cherche toujours à être différent des autres ; c'est de soi qu'il faut être différent. "

François Bon

FrancoisBon

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    

Calendrier

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>

Recherche

Derniers Commentaires

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés