ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard
______________________________________________

 

Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 09:58

La résignation ? Est-elle un échec ? 

Par frenchpeterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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Dimanche 14 août 2011 7 14 /08 /Août /2011 09:28

Juste là le bruit des pas résonne

Je n’ai pas entendu

C’était mon âme disait-tu qui gémissait

Comme l’or des mots des feuilles dehors dans l’arbre d’automne

Le désespoir m’enivrant étonne

Pour rien dans toi je ne voulais mourir

Moi, - au début – je souhaitais vivre

Si la mort nous défie au creux de ses mains

Là où la fillette boit ce philtre

Lenteur de ses doigts à ses lèvres la coupe

Arrondi l’arbre écoute mes plaintes et sonne ou tonne

Dans ses branches qui pleurent d’autres enfants se dissimulent en attente

 

Quand, quand, dis-je quand

Nos corps d’enfants insouciants ont laissé la place à ses corps en souffrance

Ses corps sexués qui tremblent mal-aimés

tous nos ports se sont vidés si vite

Il n’y a plus d’enfance au creux de ses reins

Une nappe d’eau fraîche si immobile tu es une eau de source glacée

Un sourire de fillette de ces sourires innocents

Il reste ma blessure cette agrafe en moi qui ne cesse de s’ouvrir, de saigner

Je voulais, oh ! je voulais juste voir un peu, et puis non

On m’a dit que mon enfance était terminée

 

- ces grands champs qui ondulent dans le vent (Lubéron, juin 2001, vidéo frenchpeterpan), je ne sais pourquoi, évoquent l'émerveillement de mes enfances oubliées -

Par frenchpeterpan - Publié dans : Enfances
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Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 06:35

"Tu as raison, me dit-elle, l'ombre ici présente est sortie tantôt à cheval. Les guides étaient faites de mots d'amour, je crois, mais puisque les naseaux du brouillard et les sachets d'azur t'ont conduit à cette porte éternellement battante, entre et caresse-moi tout le long de ces marches semées de pensées."

André Breton (in "Poisson soluble")

 

Andre Breton1

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Jeudi 11 août 2011 4 11 /08 /Août /2011 12:09

le-poids-du-papillon

 

    En littérature, j'ai toujours aimé les stylistes, ceux qui rédigent avec un don d'écriture, pas seulement ceux qui savent raconter une histoire, mais ceux qui la narrent bien avec leur propre écriture lorsque celle-ci est magique ; c'est pour cela que j'aime Raymond Carver et son style intimiste et minimaliste, James Salter pour sa flamboyance, Haruki Murakami pour son habile nonchalance, Richard Brautigan pour son humour mélancolique, Pierre Dumayet pour son surréalisme magnifique, Christian Gailly pour ses syncopes formidables, Albert Camus pour sa philosophie du soleil et de l'homme, sa recherche du mot "juste",etc etc...

 

    Que dire alors d'Erri de Luca ? Chacun de ses livres est une merveille d'écriture poétique, de phrases incroyables ; dans ce très court texte, l'histoire est banale, deux êtres en fin de vie : un chasseur et le "roi" des chamois... c'est tout. Mais c'est 58 pages de pur bonheur de lecteur, chaque phrase, chaque paragraphe est une épure, chaque mot est à sa place, pas de fioritures ; et l'écriture est magique ! D'une poésie exemplaire. Qui pourrait raconter mieux que cet écrivain cette histoire-là ? Un bijou à lire absolument.

 

---------------------------------------

 

"Les sabots des chamois sont les quatre doigts d'un violoniste. Ils vont à l'aveuglette sans se tromper d'un millimètre. Ils giclent sur des à-pics, jongleurs en montée, acrobates en descente, ce sont des artistes de cirque pour le public des montagnes. Les sabots des chamois s'agrippent à l'air. Le cal en forme de coussinet sert de silencieux quand il veut, sinon l'ongle divisé en deux est une castagnette de flamenco. Les sabots des chamois sont quatre as dans la poche d'un tricheur. Avec eux, la pesanteur est une variante du thème, pas une loi." 

E. De Luca.

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 20:28

   Je vous ai déjà parlé de ma rainette méridionale, elle vit dans un buisson de laurier-rose, le long de la maison, plein sud ; elle est comme sa copine la rainette verte, arboricole, c'est très difficile de la surprendre. J'y suis déjà arrivé car voici une photographie d'elle prise dans son buisson à 1m 50 du sol.

rainette

Le chant nuptial qu'elle pousse nous enchante souvent, parfois lors de grandes fatigues nous donne envie de déménager d'autant plus qu'elle est vraiment sous la fenêtre ; c'est une des rares espèces d'amphibiens potentiellement urbaines, puisqu'on les trouve même dans la maison (cf un de mes petits textes là dessus). Copulant la nuit, elle vient pondre dans mes deux tonneaux, plein de têtards particulièrement cette année, on pouvait suivre l'évolution des dizaines de ces petites bêtes. Mais c'est la première fois que j'ai autant de petites rainettes, j'en ai compté au moins une douzaine, elles sont en train de quitter les tonneaux... C'est une espèce protégée en France. 

Voici quelques photographies :

bebe-rainette3

bebe-rainette

bebe-rainette2

bebe-rainette4

Les immatures ont cette ligne noire continue, comme leurs parentes vertes, mais adultes, cette ligne s'arrêtera derrière l'oeil.


Par frenchpeterpan - Publié dans : mes photographies
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Jeudi 4 août 2011 4 04 /08 /Août /2011 08:33

à l'attention de l'ami Pierre
un texte à lire en inspirant et expirant avec régularité

Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes dessins
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Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 14:26

superherosBon on rigole bien en lisant le livre d'Andrew Kaufman : Tous les amis de Tom sont des super héros... Il y a Super-Influenceuse, Super ma moto fait du super du bruit, Super mon ombre m'a quitté etc...

 

" Personne, pas un animal, rien n'avait traversé cette étendue, à part le vent. Tom ouvrit la portière de Super-Perfectionniste. Debout, ensemble, ils avaient regardé le champ de neige.

"Est-ce que vous pouvez mettre de l'ordre dans ces flocons-là ? lui demanda-t-il.

- Ils sont déjà rangés à la perfection", répondit-elle.

Et c'est à ce moment précis que Tom était tombé amoureux."

 

Bon ce n'est pas de la "grande" littérature, mais c'est très amusant à lire, plein de drôlerie et d'élégance. Et bien sûr cela parle encore des affres de l'amour... Andrew Kaufman est auteur, réalisateur de courts métrages et producteur de radio.

 

Tom a un super problème : Super-Perfectionniste ne le voit pas (tout cela à cause de Super-Hypno, le jaloux) ; une pirouette finale remettra de l'ordre dans cette situation chaotique...

 

Le problème des super héros c'est qu'ils sont aussi des être humains pathétiques, faibles, amoureux : des êtres humains plus-que-normaux...

Par frenchpeterpan - Publié dans : notes rapides de lecture
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Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 22:59

syrphe

 

la syrphe, une de mes amies, a plein d'avantages : ne pique pas, forte pollinisatrice , les larves sont comme les coccinelles, aphidiphages; vive les syrphes ! Leur large présence est souvent signe de bonne santé de l'environnement...

(photographie frenchpeterpan)

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes photographies
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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 12:53

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Lorsque l'enfant était enfant, il marchait les bras ballants...
Il voulait que le ruisseau soit une rivière un fleuve et
que cette flaque d'eau soit la mer...
Lorsque l'enfant était enfant, il ne savait pas qu'il était enfant.
Pour lui tout avait une âme,
Et toutes les âmes n'en faisaient qu'une.
Lorsque l'enfant était enfant, il n'avait d'opinion sur rien, il n'avait pas d'habitudes...
Souvent il s'asseyait en tailleur, partait en courant...
Il avait une mèche  rebelle
Et ne faisait pas de mines quand on le photographiait...
Lorsque l'enfant était enfant
Vint le temps des questions comme  celle ci :
Pourquoi est-ce que je suis moi?
Et pourquoi est-ce que je ne suis pas toi?
Pourquoi est-ce que je suis ici?
Et pourquoi est-ce que je ne suis pas ailleurs?
Quand a commencé le temps?
Et où finit l'espace?
La vie sur le soleil n'est-elle rien d'autre qu'un rêve?
Ce que je vois, ce que j'entends
Ce que je sens
N'est-ce pas simplement l'apparence d'un monde devant le monde?
Est-ce que le mal existe véritablement?
Est-ce qu'il y a des gens qui sont vraiment mauvais?
Comment se fait-il que moi qui suis-moi,
Avant que je devienne, je n'étais pas
Et qu'un jour moi qui suis moi
Je ne serais plus ce moi que je suis...



Peter Handke

Les ailes du désir

 

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Cliquez sur l'image de Berlin vu par les anges de Wim Wenders pour écouter la vidéo de ce splendide texte, un des plus beaux sur l'enfance, le plus beau peut-être, même... en tout cas un texte qui a une résonance très particulière pour moi...


les ailes du désir

 

texte en entier à la demande de Valentine :

 

« Lorsque l’enfant était enfant,
Il marchait les bras ballants,
Il voulait que le ruisseau soit rivière
Et la rivière, fleuve,
Que cette flaque soit la mer.

Lorsque l’enfant était enfant,
Il ne savait pas qu’il était enfant,
Tout pour lui avait une âme
Et toutes les âmes étaient une.

Lorsque l’enfant était enfant,
Il n’avait d’opinion sur rien,
Il n’avait pas d’habitude
Il s’asseyait souvent en tailleur,
Démarrait en courant,
Avait une mèche rebelle,
Et ne faisait pas de mimes quand on le photographiait.

Lorsque l’enfant était enfant, ce fut le temps des questions suivantes :
Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ?
Pourquoi suis-je ici et pourquoi … pas là ?
Quand commence le temps et où finit l’espace ?
La vie sous le soleil n’est pas qu’un rêve ?
Ce que je vois, entend et sens, n’est-ce pas…simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?
Le mal existe t-il vraiment avec des gens qui sont vraiment les mauvais ?
Comment se fait-il que moi qui suis moi, avant de le devenir je ne l’étais pas, et qu’un jour moi… qui suis moi, je ne serais plus ce moi que je suis ?

Lorsque l’enfant était enfant,
Les pommes et le pain suffisaient à le nourrir,
Et il en est toujours ainsi.
Lorsque l’enfant était enfant,
Les baies tombaient dans sa main comme seule tombent des baies,
Les noix fraîches lui irritaient la langue,
Et c’est toujours ainsi.

Sur chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
Et dans chaque ville, le désir d’une ville plus grande encore,
Et il en est toujours ainsi.
Dans l’arbre, il tendait les bras vers les cerises , exalté
Comme aujourd’hui encore,
Etait intimidé par les inconnus et il l’est toujours,
Il attendait la première neige et il l’attend toujours.

Lorsque l’enfant était enfant il a lancé un bâton contre un arbre, comme une lance,
Et elle y vibre toujours."

 

Peter Handke

 

Par frenchpeterpan - Publié dans : Enfances
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 13:00

Sur tes sueurs en corps, j’aurais moi aussi tempêté et rêvé si fort

tes suints ou tes ors
aux collines aimées que tu prêtais aux hommes aimables aux paysages encombrés
Ces frissons de doigts, j’aurais rêvé là où tes bas blancs à ton sexe parlaient
Sous chaque toit, les mains d’hommes perlaient, se défaisant, te diamantant

Tes jambes furent alors mes Loire à moi à boire
Tes fumées Tes innocences Tes moires

Tes bas clairs faisaient comme feuilles au vol
Un mot d’ombrage dans les fragments d’ombres
Les soirs à l’heure des repos
On souhaitait épousseter ces taches scintillantes sur tes jambes à clé
Les ombres les ombres que lançaient tes sexes désirés, moi je voyais des clairs-obscurs
un cinéma noir et blanc, des traces de main, mais là tes bas blancs
et humant ton sexe blanc comme une grande marguerite

je bus donc au creux de ces deux bas blancs, un lait blanc comme une aube claire, dans une forêt sombre où l’eau coule dans ma bouche
grand plaisir sage des assoiffés

Tu lançais tes jambes comme des tiges électriques
Comme deux sexes supplémentaires sous tes jupes claires
Les hommes rêvaient  de te posséder, mains posées aux élastiques
Cela ferait rivière sous ta robe calmement claire
Rouge ce jour comme un feu et ambre
Attirail sexué comme tu tournes et danses

Quand tu tournes et danses
Au creux de ces chemins-là
C’étaient des promesses de l’enfance
Les jambes de ma mère
dont je rêvais enfant
Des traverses embaumées par les lilas
Des sourires aux mains tendues intenses

Et puis comme l’or fane
Un soir, la musique manque
Et les courts silences pavanent
Quand de toi tout manque

J’ai dans mes souvenances
Tes deux jambes blanches
A leur jonction la stance
Que scandaient tes hanches

 

Valadon La femme aux bas blancs femme-aux-bas-blancs-Courbet

"la femme aux bas blancs"

Valadon 1924 et Courbet 1861

Par frenchpeterpan - Publié dans : féminins "poèmes"
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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 13:44

boite-a-lettres

Dans ta boîte aux lettres, je me suis lové comme un petit lérot ; enceint de tes rêves, j’ai grandi en épousant la forme du récipient ; je suis devenu parallélépipédique, du coup, je ne pouvais plus en sortir, j’ai fini desséché, brûlé par les rayons du soleil ; le facteur, lui, posait ton courrier ailleurs, sinon je déchirais tout ; j’ai compris alors que tout était vain.

Gentiment, tu démontas plus tard ta boîte à lettres, puis, tel un livre, tu me rangeas dans ta bibliothèque, j’y suis toujours, une odeur de moisi parfois émane de moi-même. Mais je te vois chaque jour, j'imagine tes couleurs ainsi au gré des journées...

Par frenchpeterpan - Publié dans : préambules
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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 05:07
intestin du monde
dans son décours estival
ces eaux de glaciers
en perte

de grandes raies par moments
obscurcissent surfaces ou nuages

les ragondins mineurs des berges
en plein raffut
râles et poules d'eau marigots

tout en serpentine
en bord de Loire, roi, prince
les blancs peupliers peuples de peupleraies
plumes en hiver phanères dégelés

en larges épurements
épris, avide,
fleuve éploré
biologie des eaux impavides
îlots en amers ensablés

en decubitus latéral
il monte vertical
tout en extatique
mimétisme minéral
le fleuve respire sapide

il monte vertical
minijupe minière
réseau urbain uni
il fuit là à l'horizon
pile poil
il monte vertical

il finit là à l'horizon
pile poil
il monte vertical

Photo © Yann Zickler
Par the very famous french peterpan - Publié dans : Loires
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 08:05

                 Ma fêlure à moi, c’est mon opulence

Mon pessaire à toi :

Mes doigts en cupule, caressant

La pervenche avait fleuri blanche

Et si c’est d’un pétrel

Il ouvre alors grand les ailes

Il est un radar plein de pureté :

Si mon sexe pygmée devient pylône

C’est pour mieux d’empylorer ma chérie

Vers ce môle essentiel ce puy cette geôle

Toi quartz améthyste

Si je fais razzia

C’est pour me ravir

Ma tourmaline c’est toi

Tu me vaccines

Si je vacille

Ma scille c’est toi

Toi qui vigie vigile qui ris qui ris

On y ouvre grand ma ville

On y enfourne les pains de l’aube

On y chante les sittelles

On y fait la pipée

T’y accours fraîche parfumée

On y tire tu tombes

Et l’air embaume tes fessées

Si c’est une onde

C’est une ondée moulée

Bien moulée ton âme

Immaculée monogame

Ainsi j’encabanais en rang

Tes alexandrins très savants

 

Momie : tu fais de la musique

Tu disais : cette grisaille : je l’enlèverais

Je ferais tienne ma joie d’aimer de vivre

Malgré mon cœur grisonne

Ma rate en pleine rade

Le grisou qui pète

La gnôle qui déglotte

Mes yeux glauques-amande

Ont viré au gris-perroquet

Où dans les forêts fluides

flirtaient ces volatiles

ta poitrine : c’est un éventail

un évier géant où pleurer

une culbute cuistre

un jeu de cuisses cuirassé

j’avais de la cornaline plein l’âme

on l’a donné à manger aux oiseaux

moi cob épais et court

toi Jane fine et longue

 

Tous asexués dans cet asile

On s’aspergise de bonne grâce

D’artiste on devient article

D’anguilles anchois

Moi je m’intéresse à ton alvin

A ton alysse à ton alizé

Affalé affamé

Le sexe affermi

J’affectionne

L’air con de ta cuti

Ma cupule cyanosée de

Mon vit assassiné crie

Avec son groin qui grommelle

Groom invité à ta cour

Je te détaxe de quelques petits déjeuners

Et j’ai transformé tes reins

En longue piste cyclable

Dans le coït sombre je me suis invaginé

Dans ton sexe aux " cieux ultramarins "

Et c’est invétéré dans mon mal inverti

Que je t’ai créé : cœur involuté

Jadis jardin de libellules

Aux plumes bien loties

Marina démasquée

Sans navires aux oreilles

On était aux miradors des âmes

A se non-aligner aux coutumes locales

Pompier de ton cul

Je me défile maintenant

J’ai trop pris de coups en tout

Dans des lieux pas assez doux

Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" érotiques
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 11:11



j'en /

globais ta superficie totale avec mon grand diamètre

j'é /
tais l'orfèvre en tes yeux diamantés

en assuétude, en fondrière, en distance focale / foetale
nûment

je cher /
chais tes nylons, résines, polyamides / en incarnat
les pourtours de tes nombreux corps

ton sexe torii brillait
torréfaction de ta toison pubienne
smillage de tes mamelons en pulpe de doigts

ma main hési /
tait
je cherchais tes jupons artificiels
ton sexe diffusément difforme en distors à ma main carnivore
ma manne mon frêne

 

mon amie

Par the very famous french peterpan - Publié dans : féminins "poèmes"
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 09:38

apnées-Choplin

 

 

 

  Hydrante, piorne, suivez-moi-jeune-homme, quimboiseur, mastroquet, goberger, gaupe, quinaud, girie, bachique, fidéisme, ponceau, morganatique,friselis, cimaise, cipres, myrmidon, nicodème, accordailles, piaculaire, pateline, bornoyer, verbigération, spicilège, acrotère, nixe, joran, rebuse, cramine, portefaix, flamberge, prosode, alacrité, écoumène, mafflu …..

  Voici quelques mots rares ou peu inconnus que vous lirez et découvrirez dans l’excellent « Apnées » d’Antoine Choplin.
Les petits livres de cet excellent auteur sont toujours très agréables à lire, en outre il a l’élégance d’écrire de tout petits livres, et j’aime particulièrement ces livres qui ne se moquent pas de leur lecteur ; je méprise en effet tous ces mauvais écrivains qui écrivent des livres de 400-500 pages pour faire du fric et justifier les royalties démesurés que certaines maisons d’édition pensent leurs devoir.

Mais « Apnées » sort du lot et dans la forme et dans le fond.
Pour la forme c’est merveilleusement écrit, avec beaucoup d’humour, d’inventions, c’est délicieux, une quasi perfection . Choplin atteint là le sommet de son art dans la concision et dans le choix à chaque fois, du mot juste.
Pour le fond, l’histoire est adorable : un lexicographe zélé et apnéiste (passionné de dictionnaires) tombe en panne de voiture tout près d’un petit village : Plan-Les-Ouates. Ayant l'après-midi à perdre avant la réparation de sa voiture, le héros décide de suivre quelqu’un afin de découvrir ce pittoresque village suisse. Finalement il suivra une jeune femme portant un appareil photo.
La suite est un délice.

 

--------------

 

Félicitations à « La fosse aux ours » petit éditeur lyonnais qui publie de bien beaux auteurs. (je viens de lire « Sébastien » de Jean-Pierre Spilmont, très agréable aussi.)

 

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"Alors qu'il se rend au bord d'un lac pour une séance d'apnée (discipline âpre, exigeante et de faible profit), un homme est victime d'une panne de voiture et échoue à Plan-les-Ouates, bourgade qu'il ne connaît pas.
Ainsi, dans l'attente d'une réparation, s'ouvrent à lui quelques heures d'une vacuité parfaite dans un espace vierge de tout repère. Embarrassé par cette liberté inopinée - que faire de ce temps ? Pourquoi se diriger ici plutôt que là -, il décide de confier son itinéraire à celui d'une femme dont il entreprend la filature. Le récit de cet homme, avec son appétit des mots, est singulier et témoigne d'un lien ambigu à la complexité du monde qui l'entoure : sa passion ludique pour la lexicographie serait une manière de tenter de l'embrasser ; son besoin d'apnée, le signe d'une incapacité à le faire."                                            4ième de couverture

 

le début :

"Les jours précédents, le joran avait soufflé fort, flanquant au pays un bon coup de rebuse.
De cet hiver mollasse, ce fut l'ultime ruade.
Et aujourd'hui, ce que l'on flairait à l'avant des brumes encore voyageuses, c'était surtout cet air neuf et pépiant avec une verve retrouvée, dissipant toute menace d'un retour de cramine.
Bref, le printemps commençait à pousser ses pions.
J'étais de sortie.
Enfin, de sortie.
 
Dans l'habitacle, une odeur de chaud.
J'ouvris la vitre, mis le coude à la portière, un peu le nez aussi. A l'extérieur, c'était pire encore. Les pots d'échappement rendaient de petits cumulus noirâtres et les avertisseurs, une polyphonie énergique et plutôt atonale.
 
En vérité, j'étais salement englué dans un embouteillage.
J'avais hésité avant de renoncer au contournement autoroutier de Genève. Finalement, j'avais cédé à l'appel d'une trajectoire aux apparences optimales, joliment tangentielle à la pointe sud du lac.
Je bisquai à l'endroit d'Euclide et des postulats de sa géométrie.
Tentai de me rassurer en convoquant la mécanique des fluides et ses dénouements, fréquemment heureux.
Je remontai la vitre."

 

Choplin Antoine

 

Cliquez sur le visage d'Antoine Choplin pour atterrir sur une interview à propos de ce livre

(matricule des anges / oct 2009)

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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