ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard
______________________________________________

 

Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 13:44

boite-a-lettres

Dans ta boîte aux lettres, je me suis lové comme un petit lérot ; enceint de tes rêves, j’ai grandi en épousant la forme du récipient ; je suis devenu parallélépipédique, du coup, je ne pouvais plus en sortir, j’ai fini desséché, brûlé par les rayons du soleil ; le facteur, lui, posait ton courrier ailleurs, sinon je déchirais tout ; j’ai compris alors que tout était vain.

Gentiment, tu démontas plus tard ta boîte à lettres, puis, tel un livre, tu me rangeas dans ta bibliothèque, j’y suis toujours, une odeur de moisi parfois émane de moi-même. Mais je te vois chaque jour, j'imagine tes couleurs ainsi au gré des journées...

Par frenchpeterpan - Publié dans : préambules
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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 05:07
intestin du monde
dans son décours estival
ces eaux de glaciers
en perte

de grandes raies par moments
obscurcissent surfaces ou nuages

les ragondins mineurs des berges
en plein raffut
râles et poules d'eau marigots

tout en serpentine
en bord de Loire, roi, prince
les blancs peupliers peuples de peupleraies
plumes en hiver phanères dégelés

en larges épurements
épris, avide,
fleuve éploré
biologie des eaux impavides
îlots en amers ensablés

en decubitus latéral
il monte vertical
tout en extatique
mimétisme minéral
le fleuve respire sapide

il monte vertical
minijupe minière
réseau urbain uni
il fuit là à l'horizon
pile poil
il monte vertical

il finit là à l'horizon
pile poil
il monte vertical

Photo © Yann Zickler
Par the very famous french peterpan - Publié dans : Loires
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 08:05

                 Ma fêlure à moi, c’est mon opulence

Mon pessaire à toi :

Mes doigts en cupule, caressant

La pervenche avait fleuri blanche

Et si c’est d’un pétrel

Il ouvre alors grand les ailes

Il est un radar plein de pureté :

Si mon sexe pygmée devient pylône

C’est pour mieux d’empylorer ma chérie

Vers ce môle essentiel ce puy cette geôle

Toi quartz améthyste

Si je fais razzia

C’est pour me ravir

Ma tourmaline c’est toi

Tu me vaccines

Si je vacille

Ma scille c’est toi

Toi qui vigie vigile qui ris qui ris

On y ouvre grand ma ville

On y enfourne les pains de l’aube

On y chante les sittelles

On y fait la pipée

T’y accours fraîche parfumée

On y tire tu tombes

Et l’air embaume tes fessées

Si c’est une onde

C’est une ondée moulée

Bien moulée ton âme

Immaculée monogame

Ainsi j’encabanais en rang

Tes alexandrins très savants

 

Momie : tu fais de la musique

Tu disais : cette grisaille : je l’enlèverais

Je ferais tienne ma joie d’aimer de vivre

Malgré mon cœur grisonne

Ma rate en pleine rade

Le grisou qui pète

La gnôle qui déglotte

Mes yeux glauques-amande

Ont viré au gris-perroquet

Où dans les forêts fluides

flirtaient ces volatiles

ta poitrine : c’est un éventail

un évier géant où pleurer

une culbute cuistre

un jeu de cuisses cuirassé

j’avais de la cornaline plein l’âme

on l’a donné à manger aux oiseaux

moi cob épais et court

toi Jane fine et longue

 

Tous asexués dans cet asile

On s’aspergise de bonne grâce

D’artiste on devient article

D’anguilles anchois

Moi je m’intéresse à ton alvin

A ton alysse à ton alizé

Affalé affamé

Le sexe affermi

J’affectionne

L’air con de ta cuti

Ma cupule cyanosée de

Mon vit assassiné crie

Avec son groin qui grommelle

Groom invité à ta cour

Je te détaxe de quelques petits déjeuners

Et j’ai transformé tes reins

En longue piste cyclable

Dans le coït sombre je me suis invaginé

Dans ton sexe aux " cieux ultramarins "

Et c’est invétéré dans mon mal inverti

Que je t’ai créé : cœur involuté

Jadis jardin de libellules

Aux plumes bien loties

Marina démasquée

Sans navires aux oreilles

On était aux miradors des âmes

A se non-aligner aux coutumes locales

Pompier de ton cul

Je me défile maintenant

J’ai trop pris de coups en tout

Dans des lieux pas assez doux

Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" érotiques
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 11:11



j'en /

globais ta superficie totale avec mon grand diamètre

j'é /
tais l'orfèvre en tes yeux diamantés

en assuétude, en fondrière, en distance focale / foetale
nûment

je cher /
chais tes nylons, résines, polyamides / en incarnat
les pourtours de tes nombreux corps

ton sexe torii brillait
torréfaction de ta toison pubienne
smillage de tes mamelons en pulpe de doigts

ma main hési /
tait
je cherchais tes jupons artificiels
ton sexe diffusément difforme en distors à ma main carnivore
ma manne mon frêne

 

mon amie

Par the very famous french peterpan - Publié dans : féminins "poèmes"
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 09:38

apnées-Choplin

 

 

 

  Hydrante, piorne, suivez-moi-jeune-homme, quimboiseur, mastroquet, goberger, gaupe, quinaud, girie, bachique, fidéisme, ponceau, morganatique,friselis, cimaise, cipres, myrmidon, nicodème, accordailles, piaculaire, pateline, bornoyer, verbigération, spicilège, acrotère, nixe, joran, rebuse, cramine, portefaix, flamberge, prosode, alacrité, écoumène, mafflu …..

  Voici quelques mots rares ou peu inconnus que vous lirez et découvrirez dans l’excellent « Apnées » d’Antoine Choplin.
Les petits livres de cet excellent auteur sont toujours très agréables à lire, en outre il a l’élégance d’écrire de tout petits livres, et j’aime particulièrement ces livres qui ne se moquent pas de leur lecteur ; je méprise en effet tous ces mauvais écrivains qui écrivent des livres de 400-500 pages pour faire du fric et justifier les royalties démesurés que certaines maisons d’édition pensent leurs devoir.

Mais « Apnées » sort du lot et dans la forme et dans le fond.
Pour la forme c’est merveilleusement écrit, avec beaucoup d’humour, d’inventions, c’est délicieux, une quasi perfection . Choplin atteint là le sommet de son art dans la concision et dans le choix à chaque fois, du mot juste.
Pour le fond, l’histoire est adorable : un lexicographe zélé et apnéiste (passionné de dictionnaires) tombe en panne de voiture tout près d’un petit village : Plan-Les-Ouates. Ayant l'après-midi à perdre avant la réparation de sa voiture, le héros décide de suivre quelqu’un afin de découvrir ce pittoresque village suisse. Finalement il suivra une jeune femme portant un appareil photo.
La suite est un délice.

 

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Félicitations à « La fosse aux ours » petit éditeur lyonnais qui publie de bien beaux auteurs. (je viens de lire « Sébastien » de Jean-Pierre Spilmont, très agréable aussi.)

 

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"Alors qu'il se rend au bord d'un lac pour une séance d'apnée (discipline âpre, exigeante et de faible profit), un homme est victime d'une panne de voiture et échoue à Plan-les-Ouates, bourgade qu'il ne connaît pas.
Ainsi, dans l'attente d'une réparation, s'ouvrent à lui quelques heures d'une vacuité parfaite dans un espace vierge de tout repère. Embarrassé par cette liberté inopinée - que faire de ce temps ? Pourquoi se diriger ici plutôt que là -, il décide de confier son itinéraire à celui d'une femme dont il entreprend la filature. Le récit de cet homme, avec son appétit des mots, est singulier et témoigne d'un lien ambigu à la complexité du monde qui l'entoure : sa passion ludique pour la lexicographie serait une manière de tenter de l'embrasser ; son besoin d'apnée, le signe d'une incapacité à le faire."                                            4ième de couverture

 

le début :

"Les jours précédents, le joran avait soufflé fort, flanquant au pays un bon coup de rebuse.
De cet hiver mollasse, ce fut l'ultime ruade.
Et aujourd'hui, ce que l'on flairait à l'avant des brumes encore voyageuses, c'était surtout cet air neuf et pépiant avec une verve retrouvée, dissipant toute menace d'un retour de cramine.
Bref, le printemps commençait à pousser ses pions.
J'étais de sortie.
Enfin, de sortie.
 
Dans l'habitacle, une odeur de chaud.
J'ouvris la vitre, mis le coude à la portière, un peu le nez aussi. A l'extérieur, c'était pire encore. Les pots d'échappement rendaient de petits cumulus noirâtres et les avertisseurs, une polyphonie énergique et plutôt atonale.
 
En vérité, j'étais salement englué dans un embouteillage.
J'avais hésité avant de renoncer au contournement autoroutier de Genève. Finalement, j'avais cédé à l'appel d'une trajectoire aux apparences optimales, joliment tangentielle à la pointe sud du lac.
Je bisquai à l'endroit d'Euclide et des postulats de sa géométrie.
Tentai de me rassurer en convoquant la mécanique des fluides et ses dénouements, fréquemment heureux.
Je remontai la vitre."

 

Choplin Antoine

 

Cliquez sur le visage d'Antoine Choplin pour atterrir sur une interview à propos de ce livre

(matricule des anges / oct 2009)

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 10:50
Quai des Chartrons



On jurera que tes grands yeux parjures craignent quelque chose
Ta pudeur lancera démentis et aveux
J’y croirai comme qui l’enlève croit la rose
D’un vase ou sur ta lèvre un rire et tes cheveux

Une radio enfouie dans le salon immense un jazz morose
Très digne et une fumée de blonde fine y jouera un peu
Comme en sourdine son parfum dans l’odeur du cuir nous compose
Le vain décor que pour le désir on se veut

Bien sûr tu tricheras et plus en t’approchant parmi les palmes
Et sous les pales de l’hélice pulsant l’air tu sentiras
En toi et par tes fluides habits et pâles
Gonfler les cuivres ou fondre bien des soleils calmes

Puis comme les effluves du mal sont des lianes ou des feuilles
Fervente tu t’accroupiras savamment parmi des dentelles
Pour les cueillir mais animal aussi et comme humaine
Et de la lenteur qu’on s’enivre et je te veuille

Nous serons un après-midi d’été doux comme un col de cygne
La pénombre factice avec le store en osier on fera
Propice et ce mot sourire à l’intérieur nous fera
Et nous nous aimerons et changeant comme au bal des cygnes

Tandis qu’ailleurs tout près les gens dans la cohue des villes
Iront chacun pour soi surtout ne sachant pas
Et nous frôlant et cette déraison tranquille
Nous aimerons par jeu nous donner comme deux beaux voleurs







        Une chanson que j'aime particulièrement ...   


    Chanson de ce merveilleux disque de 1984 avec pour une fois beaucoup de musiciens : Didier Levallet, Siegfried Kessler et 9 autres musiciens ! Les années 80 furent aussi un tournant pour la chanson "à texte" :  disparition des vinyles, disparition de 90% des disquaires, les producteurs bouffés par les distributeurs, disparition des "circuits parallèles" "grâce" à un "Langisme" très contre-productif et très "anti-social", cette chanson là allait disparaitre dans les années 90 au profit d'un show-biz très "industrie culturelle". Disparition de ce que Bertin appelait "l'éducation populaire" : MJC et autres ...
    Disparition des rubriques "chansons" dans les journaux, les radios qui oublient la chanson à texte, les lois de l'audimat souveraines, disparition du "Chant du monde"...
    Ce n'est pas de l'amertume, juste de la tristesse ...
Par the very famous french peterpan - Publié dans : chanson poétique
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 22:38

parce qu'ainsi tu poses
ou déposes
c'est ton corps blanc, étalé là

comme une flaque d'huile, de neige

comme du papier sale où je dois
rimer avec mes doigts
rincer le vent
nettoyer le temps

Par frenchpeterpan - Publié dans : féminins "poèmes"
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Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 19:42
(un pas de danse, Gianni Bertini, 2004)



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Un beau pas de danse
elle fit
à l'errance de ses hanches
il fut

et futile moment où
ces fragrances sueurs nuitées
En cadence, mes mains sur ses hanches
On fit un léger pas de danse

tard
A l’aube taciturne
 
grise et jaune
Quand balancent ses hanches
Et son buste penche
Mes mains sur ses hanches
Et ses jambes lancent
son corps que j’enlace
Vers ses hanches blanches
Son corps je délace

puis
Son corps déhanche
Mon sexe tout droit
Vers d’autres toits

Juste une préface
Ou que je rêvasse

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(belles de jour, Gianni Bertini, 1974)
Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" érotiques
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Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 15:12

" Je dors très tard. Je me suicide à 65%. J'ai la vie très bon marché, elle n'est pour moi que 30% de la vie. Ma vie a 30% de la vie. Il y manque des bras, des ficelles et quelques boutons. 5% sont consacrés à un état de stupeur demi-lucide accompagné de crépitements anémiques. Ces 5% s'appellent dada. Donc ma vie est bon marché. La mort est un peu plus chère. Mais la vie est charmante et la mort est aussi charmante."

Tristan Tzara

 

tzara

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 14:18

Le bruit des vagues

reverdy.jpg


    Tous les flots des marines du mur pourraient se déverser dans les assiettes, avec la céruse écumante des vagues. Le fond resterait toujours bleu, derrière le soleil trop éclatant du cadre. Dans la maison, assez calme pour un pareil temps, chacun se retournera pour savoir d’où venait ce bruit, ce mouvement. Car personne n’était dans le secret, que celui dont l’œil inquiet ne quittait plus le carré blanc de la fenêtre, et, dans les rideaux soulevés par sa poitrine émue, celui qui n’était venu là que pour voir et non pas être vu.

 


Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 21:14

socrate

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 18:35

Inconnue du vent en moi, et des espaces entre les lettres, et de mes mots choisis
Tu venais pourtant vers moi
je dis « tu », mais c’était vous peut être, votre nombre exact m’était ignoré

Je vous ai cherchées tant de temps, et je suis éreinté, je vous avais crues « indifférentes », vous n’étiez que voilées, il fallait travailler à votre connaissance, au retrait des tissus

Parfois je le souhaitais, parfois, je vous oubliais

J’ai à cette enfance-là, eu des désirs de vous
puis je vous ai imaginées multiples
et dans votre nudité, et dans vos habits, et vos coiffures aussi différaient, vos postures, vos rires et bien sûr l'immense fascination de vos visages

Je vous ai vues, nues et attachées ou habillées et libres
je vous ai vues sages ou mutines, débraillées ou bourgeoises
aux sourires malicieux, aux sourires sévères
mais je vous ai toujours vues « autres », étrangères, en retrait des mondes connus

Bien plus tard,  ma vie finissant, rien n’a changé
je ne vous connais toujours pas, vous êtes toujours dans votre constitution, voire votre physiologie des êtres à part, que je ne peux percevoir
Reste mon imagination, lors, je vous rêve…

Et me trompe quasi systématiquement, vous êtes donc la grande inconnue du centre de mon monde, vous êtes aussi les soleils éclairant mes coins d’ombre, les différentes parties de ce qui pourrait être mon tout sans doute ;

Je reste l’enfant qui ne voulait pas grandir
celui qui ne souhaitait que jouer à la pluie, au beau temps, aux soldats de plastique, aux billes et aux coureurs cyclistes

Puis un jour, mon ami aux yeux bleus, dessina à la craie des corps de femmes nues sur le rebord de ma fenêtre, les bassins larges, les tailles fines, les seins attirants… Un corps en attente du mien peut-être et si différent ; dès lors un pan s’écroulait, ma trop célèbre nonchalance défaillait ;

Nous nous mîmes tous à grandir
Les souvenirs restent de ces temps-là
Comme des prises dans la falaise de craie
qu’en rêve j’escalade sans cesse

Enfin je résumerais ainsi :

« mais demeure miraculeux l’incroyable fascination de vos visages ».

 

vis-age   vis-age

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 14:42

 L'envie-Olécha

 

        Que dire de « L’envie » de Iouri Olécha, publié en 1927 et que l’on nous présente comme un des chefs d’œuvres de la littérature russe de l’entre deux guerres ? Que sa lecture est réjouissante, étonnante, fascinante, impertinente. C’est écrit avec intelligence, burlesque et fantaisie, et pour un texte de cette période, on est surpris de la vivacité moderne de cette prose. Que serait devenu cet écrivain né en 1899 sans l’arrivée de Staline ? Car dès 1930, 1932, tout se gâte, l’écrivain vedette écrira sous censure en permanence (il fera même une vive autocritique de lui en 1934 au premier Congrès de l'Union des écrivains) et arrêtera la forme romanesque. « L’envie » a pourtant remporté un grand succès à l’époque. Issu d'une famille d'origine polonaise, Olecha passe son enfance à Odessa et gardera toujours un souvenir nostalgique de cette ville et de la « Russie méridionale » (Olécha se sent plus « européen » que russe).  Il publie ses premiers poèmes à l'âge de 17 ans et meurt à Moscou en 1960 dans la pauvreté et la déchéance, quasi clochard.

 


Ensuite Olécha consacrera le reste de son travail d'écrivain à son journal qui paraîtra de façon posthume en 1965 sous le titre « Pas un jour sans une ligne ». Puis paraitra récemment dans sa forme complète sous le titre « Le livre des adieux ». Livre que je vous recommande et qui  parle bien des conditions de vie et de travail d’un artiste soviétique pendant trente ans (des années 30 à la fin des années 50), de la reconstruction impossible. Le créateur sous le totalitarisme, sous la terreur communiste. (très belles pages aussi sur sa sœur morte du typhus « par sa faute », lui, ayant apporté la maladie et ayant survécu.)(1)

 
Il s’agit dans « L’envie » de montrer ni plus ni moins la lutte (en outre fraticide) de l’homme nouveau et de l’homme des temps anciens, la tragédie du modernisme. Un troisième larron sera là, on peut y voir un éventuel portait de l’artiste écrivain, en homme cultivé, mais faible, alcoolique et velléitaire, inapte à cette nouvelle vie proposée. Ce sera lui « l’envieux » et par là même « le perdant », l’impuissant à qui manque le mode d’emploi du métier « vivre ». 
Le style d’Olécha mélange burlesque, sérieux, fantastique et poésie puissante ; ce qui ressort à la lecture c’est surtout l’incroyable originalité du style narratif et de la construction du roman. C’est très moderne. La place de l’individu dans la nouvelle société qui s'édifie. Les « hommes  nouveaux », rejettent les « vieux sentiments » : l'amour, l'orgueil, la peur, l'envie, la haine, la jalousie, le désespoir etc… et ne s’intéressent qu’à la nouvelle société dans laquelle dominera « la machine ». Adieu sentiments humains, adieu individualisme, vive les machines à fabriquer les saucissons, vive la libération grâce au travail… Adieu sentiments poétiques, adieu rêves inutiles et futiles, sans intérêts, vive le matérialisme triomphant, le sport hygiénique et le rendement ! Action dynamique contre art statique. Hommes du progrès contre rêverie, attentisme pessimiste et « romantisme attardé » !
A la fin du livre les deux compères perdus et perdants, vivant chez une veuve Anetchka, boiront un coup à un sentiment devenu important : l’indifférence !

 


- Buvons, Kavalérov… Nous avons beaucoup parlé de sentiments… Mais nous avions oublié le sentiment le plus important… Nous avons oublié l’indifférence… ne trouvez-vous pas ? Sérieusement… Je crois que l’indifférence est l’état le plus agréable de l’homme. Soyons indifférents, Kavalérov ! Regardez ! Nous avons trouvé le repos. Buvez ! A l’indifférence ! Hourra ! A Anetchka ! Aujourd’hui, à propos… Ecoutez bien… Je vais vous annoncer une bonne nouvelle… Aujourd’hui, Kavalérov, c’est votre tour de coucher avec Anetchka. Hourra !

 

"L’Envie", ce livre étrange et fascinant, poètique et pathétique, qui a fait éclater les cadres habituels de la littérature de l’ex-Union soviétique. Un chef-d’oeuvre.”-F. Rude ( La Quinzaine littéraire )
 

 


 (1) Ma sœur était pour moi un être étonnant. Non, à vrai dire, dans ma relation avec ma sœur, il y avait bien des choses qui aujourd’hui m’étonnent : il est absolument évident que je voyais en elle une femme. Je me livrais parfois à des actions qui donnaient à penser que je la voyais précisément ainsi. Ainsi je l’enlaçais, ainsi j’avais envie de l’embrasser dans le cou, d’embrasser ses bras nus lorsque je les voyais. Elle ne s’y opposait pas. Au contraire, cela lui plaisait. Je nous revois assis sur le bord du lit où je m’apprêtais à me coucher –ma chambre était à la croisée des pièces de l’appartement–, il est tard, tout le monde dort, nous ressentons l’état douloureux et doux d’êtres faits pour se donner l’un à l’autre mais qu’arrête la barrière de la honte, de la responsabilité et de la peur. Je la frôle à chaque instant, je frôle ses jambes et ses épaules nues (elle est sur le point de se mettre au lit) et elle dit pour transformer ce qui est en train de se passer en plaisanterie :
-Tu as les oreilles brûlantes.
Il me semble que c’est elle qui m’aurait fait connaître la plus grande volupté que peut procurer la possession d’une femme. Ce que je suis en train d’écrire est-il offensant pour sa mémoire ? Je ne crois pas ! Il me semble qu’une femme ne peut jamais se sentir offensée d’être reconnue comme telle, quand bien même cette reconnaissance serait le fait d’un babouin, pour ne pas parler d’un frère !

 

le livre des adieux- Olécha

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 23:02

« La caractéristique principale de mon âme, c’est l’impatience. Je me rappelle que toute ma vie j’ai souffert d’une préoccupation qui m’a empêché de vivre et cette préoccupation c’était précisément qu’il fallait faire quelque chose et qu’alors je pourrai vivre en paix. Ce souci emprunta plusieurs travestis : parfois je m’imaginais que ce « quelque chose » était un roman à écrire, mais il arrivait aussi que c’était un appartement confortable, ou encore un passeport à obtenir, ou bien me réconcilier avec moi-même – mais en fait ce quelque chose d’important qu’il me fallait surmonter pour pouvoir vivre en paix, c’était la vie elle-même. Ainsi tout peut se résumer à ce paradoxe que le plus difficile dans la vie, c’est la vie elle-même – attendez un peu que je meure et alors vous verrez comment je vivrai. »
Iouri Olécha

 

 

 

 

Il dit : « je voudrais changer », mais lui-même, il connaît son mensonge ; elle, elle est présente, attentive.

Il y a quelques jours, ils avaient marché longuement : une rivière sortie de son cours, des moulins abandonnés, des grosses meules cachées par les hautes herbes et les fleurs du printemps. Des caniveaux et rigoles creusés dans la pierre de Provence dessinaient au sol des tracés labyrinthiques. C’était étrange et plaisant de marcher dans le lit d’une petite rivière disparue ; les plaques calcaires bien lissées et les berges reflétaient puissamment les rayons du soleil, il faisait blanc et chaud, on devait plisser les yeux ou mettre la main comme une visière. Il ne portait jamais de lunettes de soleil, trouvant alors les variations de couleur du monde trop « inadmissibles ».
Tandis qu’il herborisait comme à son habitude, elle, elle jouait avec les chiens ; plus tard le petit de robe noire, abruti par la chaleur refusera de marcher, il faudra le porter jusqu’au lavoir du village plus haut où enfin il retrouvera la joie de piétiner et de se rafraîchir. Les lavoirs provençaux sont enchanteurs et si étranges remplis de cette eau glacée qui semble pourtant manquer partout. La force du soleil d’été et la grande sieste de l’eau fraîche. Deux amis qui s’acoquinent bien.

Plus tard, lui redescendra seul, parmi les arbres secs, dans la grande forêt, en ubac de sa solitude ; à grands pas, à grandes enjambées, il aurait cherché à résumer son monde, sa vie, à deviner quelque barbarie naturelle au détour d’un sentier. Mais l’imprévu n’est pas venu, la descente fut simplement une « descente » naturelle dans des bois « naturels », pas de surnaturel, ni de faunes, ni de fées. Pas de Pan aux sabots caprins qui aurait proposé une pipe de tabac brun.
C’est cela qui le gênait, une lacune, un trou cruel, une partie manquante ; mais jamais et depuis si longtemps, il ne sut, ou il n’imagina ce que tout cela pouvait bien être. Une blessure de son enfance ? Une déficience inhérente à tout être du genre humain ? Un désarroi devant l’avenir ? Une incompréhension plus générale ? Une « insuffisance centrale de l’âme » pour reprendre les mots de Nicolas Bouvier.

C’est cela qui faisait mal si souvent, et pensa-t-il, engendrait tant de suicides ?

Au volant de la voiture, il remonta les quelques kilomètres jusqu’au village. Les chiens aboyèrent et se trémoussèrent, reconnaissant l’automobile. C’était l’été flamboyant dans toute la splendeur du sud ; on but des boissons froides, mangea une glace dans le silence des ocres durs sur une petite terrasse isolée.

Près du parking, les pins crépitaient comme des balles leurs cigales. J’ai toujours aimé les feux d’artifices. Le boucan, parfois, était énorme. L’enfant s’amusait à s’approcher de chaque arbre rapidement, les bruits les uns après les autres cessèrent comme par un charme. Et un stupéfiant silence – grâce à l’enfant – vint. Cette pause reposait.

Puis nous rentrions calmement, l’air était bleu, l’asphalte d’un beau gris, les routes bien dessinées comme un croquis d’enfant, les arbres bien verts et brune la terre. Nous étions un couple normal avec enfant et chiens.

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 18:56

routemadison

 

« En quatre jours, il m’a donné une vie entière, un univers, et a fait un tout des parties de mon être. »

 

« Plus tard, il lui dirait que, de manière indéfinissable, la regarder retirer ses bottes ce jour-là avait été un des moments les plus sensuels de sa vie. Pourquoi ? Cela n’avait pas d’importance. Ce n’était pas comme ça qu’il approchait la vie. « L’analyse détruit l’unité. Certaines choses, les choses magiques, ont besoin d’être vues comme un tout. Si on les fragmente, elles disparaissent. »

 

« Les vieux rêves étaient des bons rêves. Ils ne se sont pas réalisés, mais je suis content de les avoir eus. »

 

« J’ai toujours pensé que la maturité se mesurait à deux facteurs principaux. D’abord la faculté de rire de soi. La plupart des gens parlent d’eux-mêmes et de leur vie avec une gravité excessive. Ils ont du mal à voir qu’au bout du compte tout cela est absurde. »
Francesca lui avait demandé quel était pour lui le deuxième critère de maturité.
« La faculté d’admirer l’œuvre d’autrui, d’en être heureux, au lieu d’en être jaloux … ».

 


 

   Tout le monde connait grâce au film précieux de Clint Eastwood « Sur la route de Madison » cette histoire d’amour, riche d’émotions et que présente faussement son auteur (Robert James Waller) comme  une histoire vraie ; ( d’ailleurs à voir les photographies de l’auteur du roman : cheveux longs, belle gueule, bretelles orange, photographe et musicien, on se dit qu’il aurait pu remplacer lui-même l’ami Eastwood sans grande difficulté (au moins « extérieurement ») et/ou qu’il y a de lui-même dans le personnage de Robert Kincaid. )

 

   Bref très beau film émouvant, admirablement interprété aussi par Meryl Streep, mais aussi bien joli petit roman qui se lit très agréablement et qui donne de temps en temps des chemins de traverse avec la fantaisie  de Robert Kincaid, ses digressions poétiques et ses mots sur le magique. Sur l’appréhension du monde.

Bien sûr : quatre jours d’amour, de découverte, de nouveautés : le bilan ne peut être que positif ; les mauvaises langues comme moi diront : et que sera devenu ce couple au bout de 6 mois, de 6 ans de vie commune ?

   Mais restons optimiste et glorifions la magie de l’amour, une des rares choses qui peut nous permettre de rester debout dit-on et qui donne envie de vivre.


   Ce roman se lit très bien et même en connaissant l’histoire par cœur, on est surpris par la délicatesse des mots, des situations, par la magie de l’ambiance, de la rencontre de ces deux solitudes. On imagine sans mal le monde paysan américain des années 1960 où vit Francesca et l’irruption brutale et extraordinaire du diable ; mais un diable gentil, aimant, prévenant, attentif, attentionné, proche des femmes… Un diable intelligent et sensible…

   Le souhait aussi « à nouveau » de séduire ; la séduction (par seulement sexualisée) est très vraisemblablement quelque chose qui nous guide pendant longtemps, ne pas y voir de vanité là dedans, mais simplement des besoins humains de reconnaissance et d’amour. Egalement d’être fier parfois d’être soi-même…

 

Lisez donc ce bien agréable roman, bien écrit et riche de choses essentielles…

(The Bridges of Madison County) 1992

 

Sur-la-route-de-Madison

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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