ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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B o n j o u r !

je vous souhaite un bon passage


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."

Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure



écrivez moi si vous le souhaitez :      

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)
______________________________________________

 

Mardi 23 mai 2006 2 23 /05 /2006 22:38
"Admettre que la vie de l'humanité puisse être dirigée par la raison [seule], c'est nier toute possibilité de vie."
Léon Tolstoï
Par the very famous french peterpan - Publié dans : citations
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Mardi 23 mai 2006 2 23 /05 /2006 21:57
Aleksandra Miarczynski m'a envoyé ce petit poème comme contribution à mon site, c'est très heureux que je vous le livre, merci à elle
allez voir ses peintures et dessins (son site : Aleksandra)



Elles sont si fragiles ces petites fleurs blanches

Petites narcisses du printemps qui se fanent dans le vase,
Elles que j'ai sauvées de justesse
Les mettant dans l'eau dont elles avaient besoin,
Assoiffées mourantes d'anorexie
Elles se meurent maintenant en me regardant de leurs yeux d'or,
Petites fleurs, je vous aime
Je vous donne l'amour dont vous avez besoin
Avant de mourir complètement
Je sais que vous m'entendez
Je verse des larmes d'amour et de pitié sur votre mort si injuste,
J'aimerais vous donner une vie éternelle,
Mais peut-être votre petite âme plasmique
Survit à la mort de la matière d'atomes agglomérés
Que nous sommes dans cette vie terrestre,
Vous avez été coupées pour abreuver de votre beauté mon regard

j'en pleure de vous avoir privé de votre mort naturelle
Mais je sais que vous ressentez mon regard d'amour,
Car même dans votre mort vous étiez si belles et si touchantes
Que mon coeur en frémit de vous regarder,
Vos pétales charnus deviennent transparents
Comme le visage d'une belle femme,
Ils se plissent gracieusement pour mieux ressortir votre beauté,
Chaque pétale se tord dans un geste si intime
Exprime ainsi votre  souffrance dans la mort,
Ces pétales si fragiles en tremblent imperceptiblement,
Devenant d'une minute à l'autre plus transparents,
Comme s?ils se dissolvaient  dans la mort,
Elles sont si  touchantes que j'en soupire,
Des sentiments que j'éprouve pour votre fragile beauté,
Il n'y a plus que votre oeil d'or entouré d'une collerette orange
Qui me regarde intensément.  

La mort d'une Fleur
                                                                               Aleksandra Miarczynski

Par the very famous french peterpan - Publié dans : messages d'amis
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Samedi 20 mai 2006 6 20 /05 /2006 17:04

fleurs natives en roses boutons

sont-ce quelques seins naissants

dont je goûte en pure perte l'avoine

tendre

Par the very famous french peterpan - Publié dans : petits "poèmes"
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Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /2006 22:03
Triste anniversaire aujourd’hui
On nous présentait jadis Mao Tse-toung comme un poète (N° 215 de l’excellente collection « poètes d’aujourd’hui » de Seghers)
Et c’est vrai que le bougre pouvait écrire très correctement.

Mais sa révolution culturelle ne fut ni culturelle ni révolution
Elle fut meurtre de milliers de pauvres intellectuels, et de petites gens de la petite bourgeoisie
Pas un mot encore ce jour dans les médias chinois
Bien que le pouvoir chinois reconnaisse maintenant sans faille mais à demi-mot qu’il y avait là une catastrophe sans précédent !
Un grand silence sur ce grand timonier de malheurs

On a parlé à propos de lui de « romantisme révolutionnaire »
Ah ah ah je rirais bien s’il n’y avait tous ces cadavres
Mao était un guerrier et sa prose est militaire et guerrière, sans pitié.
Mao était très fier d’avoir « vendu » (rires) plus d’exemplaires de ses poèmes que tous les autres poètes de l’histoire.

Mao tsé-toug fut un des pires tyrans de l’humanité, ne l'oubliez pas
CQFD : méfiez-vous des poètes !
Par the very famous french peterpan - Publié dans : actualités diverses
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Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /2006 14:59

mots qui se soulèvent

                  à travers gorge

crachent poésie, beauté

bloquent retraite

arme difficile

sont mots difficiles

pollen d'amour

                   dans coeur arrêté

freine sang de joie

dans veine de fête

arme terrible

sont mots difficiles

chants soulevés

                    aux poumons stoppés

toux de circonstance

aux hommes de souffrance

arme difficile

sont mots difficiles

Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Lundi 15 mai 2006 1 15 /05 /2006 21:21
"La prise de conscience de l'impossibilité d'écrire est le seuil à franchir comme un rite de passage et l'épreuve liminaire qui débusque et fait surgir l'écrivain."
Jacques Dupin
Par the very famous french peterpan - Publié dans : citations
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Samedi 13 mai 2006 6 13 /05 /2006 11:59
"Dans certaines tribus du Sud-Est asiatiques, pour nommer le passé, contrairement à nous, on utilise l’expression « Ce qui est devant moi. ». Et pour nommer l’avenir « ce qui est derrière moi ». Le passé est connu il est devant nous, nous le voyons. Il n’est plus objet de craintes. L’avenir demeure inconnu : il est derrière nous, dans notre dos, et fait peur comme une bête invisible, tapie dans la jungle. Si pendant sa vie l’on a osé prendre des risques et si l’on a tenté de dominer sa peur, peut-être devient-on capable de faire passer – un peu – ce qui est derrière, devant ; de regarder la mort en face."  
Jean François Deniau
Par the very famous french peterpan - Publié dans : citations
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Vendredi 12 mai 2006 5 12 /05 /2006 21:57

             Et alors j’aurais marché jusqu’à perdre haleine, jusqu’à plus soif
Odeur de thym / romarin aux baskets trempées
L’air qui fouette
L’eau qui prend
Etre rapide, marcher vite, fouler au sol
Ne penser à rien surtout pas à elles et leur somme d’insatisfactions
Donc progresser
Il y aurait peut-être une idée qui se dessinerait dans la fouaille de l’air
Un air de romantisme, comme dirait l’autre une histoire d’amour ( ?)
Mais aussi simplement
Une idée de l’autre, ou un air de branchage, un coup de vent dans les voiles
Larguez les amarres, larguez tout l’inutile, on ne se gardera que soi
L’ancre n’existe plus
Le fond est trop profond
L’attache est rompue
Peut-on ainsi passer si facilement de l’une à l’autre
Ou changer de vie, changer de vie ?
Je n’ai qu’une vie, un cœur rouge, un muscle qui se contracte, je n’ai prise, ou fermant les yeux le faire ralentir, écouter le pouls lisse , le pouls il file ;
Ainsi se baladant le temps s’effiloche, quelque part mine de rien : ça passe, et secondes puis minutes ;
On me dirait : à quoi penses-tu ? Mais si je pense, c’est en désordre, c’est inorganisé c’est l’anarchie des paroles et des idées ; des mots qui s’entrechoquent, des cuisses et des sexes différents qui s’ouvrent, pruneaux mûrs très goûteux, juteux, acidité femelle. Idées de littérature, de romanciers, de poètes, de finitude.
Ou ?
Ou se reposer là sous ce chêne, y chercher le feu, la main sur l’écorce ressentir la vie, se ressourcer ? et puis non, marcher, marcher c’est encore mieux, chaque pas fait oublier le reste, les yeux scrutent le sol, l’esprit fait marcher. Les pas succèdent aux pas.
Donc définir sa vie, il y a ceux qui voyagent, ceux qui bricolent leur maison, et pour les autres ? ceux qui cherchent dans l’ovale de deux lèvres tout l’or du monde, ceux qui s’en éloignent. Ceux qui dans les livres cherchent des réponses et ceux qui n’y trouvent que questions ?
Mal à la tête, ce vin était trop fort, Gigondas et ses cailloux chauffés comme silex et ses vignes brunes rousses, le pampre lui-même roux.
Donc marcher, je vais faire ce grand tour, ceindre mon univers, rechercher la faille, les lézardes puissantes, le temps a creusé.
Donc elle me dit : alors ?
Oui alors, c’est une bonne question, mais à dire vrai je ne donne pas de réponse, je suis déjà trop épuisé par trop de nourriture et trop d’attentisme ; ou trop de fébrilité, l’inorganisation de mon monde et de ses annexes. Parfois je m’imagine soldat, un gros trou dans le front et bien sûr : je dors. Le refuge dans le sommeil, quelle bonne idée, et puis les endorphines marchent mieux, les synapses lancent désespérées leurs petits bras salvateurs, très souvent le vide cérébral est là rageant, brûlant, avec une impression de rien du tout.
Il y a un effet mécanique dans la marche, presque robotique qui doit plaire aux vrais marcheurs, utiliser le corps mais pas le cerveau. Il doit y avoir un effet mécanique dans la baise : utiliser le corps, mais pas le cerveau, tout juste l’utilisation raisonnée de quelques muscles, savoir les maîtriser essentiellement. Enfin le cerveau reprendrait le dessus peut-être au moment ultime, lèvres de feux, sperme bouillant. Encore une histoire d’endorphines ? mensonge suprême !

Les nuages, oui regarder les nuages, les beaux nuages, là aussi retourner en enfance, dans les champs enfantins où les nuages étaient amis ; maintenant ils ont pris des noms latins pour nous satisfaire, car l’homme adulte a la brutale obligation de la classification ; moi-même, bien piètre coléoptériste et naturaliste, j’avais commencé à classifier, à parler latin, cherchais-je déjà à me rassurer ? maintenant je n’apprends plus les noms, même ceux des gens je les oublie, j’essaye plutôt la mémoire des traits, du regard ou du grain de la peau. Je me suis fait des amis ainsi, j’en ai perdu d’autres ; certains sourient, d’autres sont perdus. De toute façon je ne suis plus un jeune adulte, je suis un adulte déjà vieillissant. Et j’aime l’enveloppe des arbres, le grain de ce chêne par exemple, surpris de découvrir des glands géants sur ce minuscule arbre ratatiné en pleine garrigue.
Bon à vrai dire, il faut donc décider ce que sera sa vie, voilà une tâche bien ardue et peu commode, donnant beaucoup à regretter, la maladie du remords, le vieillissement prématuré, les artères qui s’encrassent.
Je me rappelle donc de ma jeunesse, mon adolescence, le bon cul de S., mon premier dans la chambre du bas très claire, avec la lumière qu’il fallait, en biais. Son sourire était fameux ; elle est maintenant mariée à G. un ami lycéen de jadis, le monde est petit ; les gens ont tant de mal à se rencontrer. Le monde m’a toujours semblé n’être qu’un astre de solitude désespérée, une boule noire, les communications coupées. Heureux qu’il y ait eu le sexe pour se rapprocher, s’emboîter, s’approcher, devenir timide.
Les études, un métier qui s’impose et puis voilà : ma vie résumée en quelques phrases maladroites ; maintenant je cherche cette insuffisance centrale de l’âme dont tout le monde parle. Je ne me reposerais qu’après l’avoir pressentie.
Ca y est encore : le vide revient ; j’hésite sur la direction à prendre, après tout je suis censé vous narrer une histoire, un roman, un récit, juste des phrases, un baptême de l’écriture.
Ou écrire ou reprendre la marche, pourquoi suis-je si seul sur ce chemin, cette garrigue remplie d’exhalaisons ; bon, de toute façon ne pas rester là contre ce chêne, je ne suis pas un druide gaulois cherchant le feu, mais bien un papillon perdu tournoyant en vain, refusant sa bien trop courte vie. Donc je repars, la pluie est fine, aiguail clair, le soleil est là, j’aime ces mélanges de lumière et d’eau : un photographe ou un peintre auraient su quoi en faire, moi simplement je les traverse dans ma marche, démarche ébrieuse. J’essaye de me redresser, épaules en arrière, nuque relevée, mais la vie moderne m’a tellement plié en deux que j’ai beaucoup de mal à me remettre droit, c’est pourtant la meilleure façon de voir loin. Etrange sentiment là, sous cette lumière mordorée, au pied de la Sainte Victoire, garrigue enchantée, pieds enfoncés, cheveux trempés j’ai eu presque le sentiment d’exister. Mais par rapport à quoi ? à qui ? ce n’est pas la nausée que je ressens, mais une impression d’irréalité, comme si j’étais l’acteur d’un film, jeune homme prometteur ; or je sais qu’il n’en est rien, ce n'est pas moi qui toucherais aux starlettes dévêtues et rieuses, insouciantes. Je sais déjà que je tourne en rond, fais du surplace même si on me voit m'agiter beaucoup. Agitation des condamnés, des solitaires, des dépressifs. Revient sur mes pas, vers mon passé.
Ou, le silence et l'immobilisme ; il fait si bon ce silence, rester sans trembler là dans la lumière et ne chercher rien, rien du tout ; simplement prendre conscience des secondes qui s'égrainent. La dérision pourrait être mon arme ultime ; c'est une arme qui déplait aux autres ; mais moi je suis démuni, simple nabab orgueilleux d'amitié et en recherche de désespoir ; mystique sans mysticisme, amoureux seulement de la pluie tombante car chaque gouttelette éjacule en moi sa force terrestre, bouillonnante ; sa gravité seulement et moi ma morosité taciturne.
Se taire donc et avancer, oh! Belle montagne! Belle couleur! Zoom arrière et l'immensité apparaît. Juste, manque la mer.
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /2006 21:22
Makoto Ôoka avait 14 ans lors de la capitulation du Japon ; ce fut pour lui (c’est lui qui le dit) une chance car il rêvait de découvrir les mondes occidentaux et craignait de devenir soldat. Il s’éveilla alors à la poésie. Très vite il voulut s’éloigner du tanka (ou poème court) et de l’haïku (ou verset léger) pourtant formes poétiques traditionnelles et essentielles pour la plupart de ses compatriotes. Il écrivit de la poésie « libre » (« jiyû-shi), appelée aussi « poésie contemporaine » (« gendai-shi »). Il n’y a là aucune forme fixe, aucune métrique. Pour Ôoka, le principal intérêt de cette poésie-là est déjà la durée, la longueur ; il fut très inspiré par les surréalistes, Paul Eluard notamment.

« Dans cette époque qui est la nôtre, les poètes sont toujours aussi nombreux. En effet composer  des poèmes, c’est témoigner qu’on est pleinement vivant. Tel est avant tout le message que la poésie, en ces temps troublés, lance à l’intention du lecteur inconnu. » Tôkyô, mai 2001.

Gens de Tôkyô

« La ville de Tôkyô
Est pleine de gens qui ont figure humaine
Oreilles en pétales de fleurs
Et mentons d’écorce on en voit de temps en temps
Des gens avec un griffonnage de rides profondes au coin des yeux
Et d’autres aux sourcils tracés comme des portées de musique
Marchent aussi parfois dans la foule
En tout cas la ville de Tôkyô
Regorge de gens qui ont figure humaine
Une ville en somme
Ce n’est pas autre chose
Et c’est bien comme ça
Pourtant avoir tout le temps figure humaine à la longue
Ça devient lassant
Et avoir tout le temps sous les yeux d’autres figures humaines
C’est tout aussi lassant
Alors je me prends à rêver en cachette
De quelqu’un avec une tête de ciel étoilé
De quelqu’un avec des yeux d’océan
Même s’il n’y en avait qu’un seul dans le métro bondé. »

----------------------------------

l'adolescent

dans les plis ténus de l'air
où elles sont lovées
une fille-flamme et une femme-vague
ne font que batifoler

entre les pins là-bas
un adolescent qui joue les sauvages
s'acharne à brider
la mer tapageuse
d'un seul de ses regards

"dans ce calme alambic qu'est le monde
supporteras-tu d'être distillé ?"

toi l'adolescent qui joue les sauvages
lys à la gorge fièrement bombée
toi, odeur de copeaux d'un chêne à peine scié
beaux yeux de gazelle
o toi, cher vagabond
dont le coeur des cinq continents a épuisé déjà toutes les errances

avec toi seul je voudrais
me griser de l'air brutal de l'aube
quittons la ville enclose de rosée
et vers les demeures de la lumière, des pierres, des poissons
partons à l'aventure

© citadelle de lumière ÔOKA Makoto, Ed P. Picquier , Ed Unesco, 2002
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /2006 18:18
J’étais l’étrave ou le javelot, jeune
Ce monde s'éclairait nourri de joies, jeune
Fendant l’air et l’innocence en tout, jeune
Nouveau lauréat j’aurais avancé droit, jeune
Dans tes arrière-cours j’imaginais, jeune
Des alvéoles et des miellats de muscat, jeune
Des jambes fines de grande reine, jeune
J’étais jockey du monde vivant, jeune
A mon passage les ronces s’écartaient, jeune

Déclic déclin déchu, à genoux
En acousmie et à genoux
Et mes hantises d’alors
Lapsus et ton corps latéral : tu te mis à fuire

Je suis
Maintenant
Maintenant
Maintenant
définitivement à côté, à côté, à côté

Autoportrait de l'auteur alors qu'il était jeune et romantique  ;-)
(je portais déjà des vêtements troués alors que ce n'était pas du tout la mode, j'étais déjà "fashion" sans le savoir ! quelle maitrise ! 8-D )
Par the very famous french peterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /2006 11:55
Bon l'exposition "sexe et stress" de mon ami Yvon Saillard à Toulouse est terminée, mais je vous invite à regarder la vidéo très intéressante sur cet artiste peintre.
Et oui l'ami ! Il est dur parfois de vivre et je suis comme toi : étonné qu'on n'accepte pas mieux, pas plus le monde tel qu'il est - toute la philosophie de Sénèque est pourtant là - ; et c'est vrai que parfois c'est la galère d'être être.  :-)







Deux mots pour définir le siècle : "Stress et sexe", titre de la nouvelle exposition de dessins et de peintures qui s'ouvre, ce vendredi, à la galerie Exprmntl. Moralisme sexuel et mysticisme religieux ont donné à l'oeil ce qu'ils ont retiré à la dent. Et l'artiste Yvon Saillard pose un regard distant mais touchant, au sens propre, nos sociétés dévoreuses d'images.(24/02/2006)


Basé sur une iconographie relevant tout autant des réflexions artistiques les plus contemporaines que d'Ed Templeton et de la scène skate graphisme, le ton est lancé. C'est un regard sur nos sociétés où, "de l'absence et de l'abstinence subie, seules les images nourrissent les esprits dans lesquels se logent les pulsions refoulées et l'insatisfaction provoquée par la surconsommation". Certains n'y verront que jet pornographique alimentant leurs propres fantasmes, d'autres y liront les expressions blasées et patientes.

A étudier, entre autres : cette scène dans un métro de capitale, où les visages fermés dévorent les publicités aguichantes, en espérant rentrer vite pour surfer sur meetic, et où, dans leur concentration, les personnes absorbées bousculent les plus faibles sans même un mot d'excuse.

Quand les images et les virtualités remplacent les mots et l'humanité, il reste alors le vide et des fragments patchworks d'une toile d'Yvon Saillard. Des poses, des poseurs, des baisers et des feutres, des huiles et des acryliques, ainsi que quelques paillettes Renaissance pour repenser l'érotisme de notre siècle prépubère avant qu'il ne se gangrène. L.M.

Pour voir la vidéo
cliquez sur le bandeau
Par the very famous french peterpan - Publié dans : peintures et peintres
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Dimanche 7 mai 2006 7 07 /05 /2006 17:39
Je me souviens je me rappelle
de ces éclats de tes grands yeux
Le soir couleur de caramel
tachait déjà tes seins neigeux

Je suis allé dans l’hiver en gelée
Bien loin parfumé déjà et racines gelées
Me perdre dans des hivers écartelés
et cassants / des brindilles givrées

Je me souviens je me rappelle
de ces éclats de tes grands yeux
Le ciel couleur de caramel
Neigeaient fort tes seins joyeux

Perdu dans des chemins très étoilés
Aux étoiles glacées perlent à nos pieds
Gouttes d’hiver miniaturisé
Je me suis étendu pour toutes les compter

Je me souviens je me rappelle
de ces éclats de tes grands yeux
L’aube couleur de mirabelle
teintait déjà tes seins soyeux

Par the very famous french peterpan - Publié dans : féminins "poèmes"
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Dimanche 7 mai 2006 7 07 /05 /2006 09:37
"How does it feel
to be on your own
with no direction home
a complete unknown
like a rolling stone"
bob Dylan
Par the very famous french peterpan - Publié dans : citations
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Jeudi 4 mai 2006 4 04 /05 /2006 22:29
"Gloire à qui n'ayant pas d'idéal sacro-saint
Se borne à ne pas trop emmerder ses voisins "
Georges Brassens


Par the very famous french peterpan - Publié dans : citations
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Mercredi 3 mai 2006 3 03 /05 /2006 19:47
TEXTE DE MON PERE QUI N'AIME PAS LES TRAINS /

"Vendredi 28"

Qui rit le Vendredi pleure le Samedi Mais qui pleure le Vendredi rit il le Samedi, le Dimanche et les autres jours du train train 0ù les wagons quotidiens déchargent ici et là des fleurs en bouquets, des soleils de sourires, des scories encore fumantes, des flaques de grimaces, des gerbes colorées, des platitudes en conserves, des bouffées d'oxygène, des relents de cavernes et des images, des images, des images .......... Celles d'un train. D'un train qui arrive. D'un train qui stoppe. D'un train qui s'ouvre de ses portes coulissantes prête à avaler. Et qui avale. Tout ce petit monde qui attend sur un quai surchargé. Un train qui engrange et referme ses lourdes portes de fer. Pour s'élancer vers un destin qui échappe à ces quelques silhouettes restées sur le quai. Le train des séparations n'est pas le train du plaisir. Si l'arrivée est un bonheur, ce bonheur est bien chèrement payé par le départ . L'aiguillage de la vie a sans doute aux commandes un grand Aiguilleur qui manie ses instruments. Mais comment ? En consultant la carte des destins ? En appelant à la rescousse la roue du zodiaque ? En lançant une roulette dont la bille, à l'arrêt, designe une case ? Sans doute est ce la chanson de tous les jours. Mais pourquoi ce Vendredi 28 le refrain n'a-t-il pas fait un couac ? Pourquoi cette porte verrouillée nous a t elle rendus muets de part et d'autre ? Pourquoi ce train est il vraiment parti comme le prédisait l'annuaire ? Pourquoi n'avons nous pas eu une journée, une heure, quelques minutes de sursis ? Pourquoi cette séparation prévue est arrivée sans le moindre imprévu ? Pourquoi malgré notre connaissance du lieu, du moment, de l'événement sommes nous restés si interloqués ? La réponse tient dans quelques mots simples qui disent tout.
Par the very famous french peterpan - Publié dans : messages d'amis
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