ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard
______________________________________________

 

Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 11:41

déjà en fleurs depuis un moment, nos amis pollinisateurs sont déjà au travail...

 

 

 

chevrefeuille

 

bourdon+chevrefeuille

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes photographies
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Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 09:14

Un de mes poèmes préférés d'un de mes poètes préférés,

merveille d'harmonie...

 

 


 

 


 


cequeditElsa.mp3

 

 

 

 

 

Ce que dit Elsa


Tu me dis que ces vers sont obscurs et peut-être
Qu'ils le sont moins pourtant que je ne l'ai voulu
Sur le bonheur volé fermons notre fenêtre
De peur que le jour n'y pénètre
Et ne voile à jamais la photo qui t'a plu

Tu me dis Notre amour s'il inaugure un monde
C'est un monde où l'on aime à parler simplement
Laisse là Lancelot laisse la Table Ronde
Yseut Viviane Esclarmonde
Qui pour miroir avaient un glaive déformant

Lis l'amour dans mes yeux et non pas dans les nombres
Ne grise pas ton cœur de leurs philtres anciens
Les ruines à midi ne sont que des décombres
C'est l'heure où nous avons deux ombres
Pour mieux embarrasser l'art des sciomanciens

La nuit plus que le jour aurait-elle des charmes
Honte à ceux qu'un ciel pur ne fait pas soupirer
Honte à ceux qu'un enfant tout à coup ne désarme
Honte à ceux qui n'ont pas de larmes
Pour un chant dans la rue une fleur dans les prés

Tu me dis laisse un peu l'orchestre des tonnerres
Car par le temps qu'il est il est de pauvres gens
Qui ne pouvant chercher dans les dictionnaires
Aimeraient des mots ordinaires
Qu'ils se puissent tout bas répéter en songeant

Si tu veux que je t'aime apporte-moi l'eau pure
A laquelle s'en vont leurs désirs s'étancher
Que ton poème soit le sang de ta coupure
Comme un couvreur sur la toiture
Chante pour les oiseaux qui n'ont où se nicher

Que ton poème soit l'espoir qui dit A suivre
Au bas du feuilleton sinistre de nos pas
Que triomphe la voix humaine sur les cuivres
Et donne une raison de vivre
A ceux que tout semblait inviter au trépas

Que ton poème soit dans les lieux sans amour
Où l'on trime où l'on saigne où l'on crève de froid
Comme un air murmuré qui rend les pieds moins lourds
Un café noir au point du jour
Un ami rencontré sur le chemin de croix

Pour qui chanter vraiment en vaudrait-il la peine
Si ce n'est pas pour ceux dont tu rêves souvent
Et dont le souvenir est comme un bruit de chaînes
La nuit s'éveillant dans tes veines
Et qui parle à ton cœur comme au voilier le vent

Tu me dis Si tu veux que je t'aime et je t'aime
Il faut que ce portrait que de moi tu peindras
Ait comme un ver vivant au fond du chrysanthème
Un thème caché dans son thème
Et marie à l'amour le soleil qui viendra

 

elsa-louis

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 15:15

Les larmes du Nero d'Avola perlent sur mon verre au format adéquat (INAO)... comme un vin en sueur,


nero d'avola


mais je n'ai rien écrit en cinq jours

un silence littéraire en parallèle au silence intérieur

je suis comme le personnage de Joris Karl Huysmans Mr Folantin :

"il faut se laisser aller à vau-l'eau."

Et Mr Folantin précise : comme le dit Schopenhauer : "la vie de l'homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui."

Par frenchpeterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 10:39

Adolphe-Constant

 

« Adolphe » de Benjamin Constant, quel plaisir de lecture !



  Je ne vais pas ici vous faire une explication de texte, il y en a plein sur le net ou dans les livres, de ce seul roman publié par B.Constant. 10 ans pour peaufiner ce tout petit texte : 1806-1816 ; 1816, date de parution, B. Constant a alors 49 ans. Il sera ensuite député.
  Juste donc le plaisir devant cette écriture exceptionnelle : poétique, d’un niveau remarquable ; c’est un grand charme à la lecture. Une découverte jouissive de la grande écriture de cette charnière 18e et 19e siècle.


  L’histoire est cependant banale : une histoire d’amour qui finira mal ; le personnage, jeune homme timide et solitaire, fuyant la compagnie des hommes. Il est taciturne mais ne dédaigne pas hommes et femmes cependant. « Je veux être aimé... » est le sempiternel sentiment bien masculin décrit dans ce livre. Il y a une grande part d’autobiographie dans ce court texte, aussi bien pour ce qui concerne les affaires de cœur car B. Constant a eu maintes relations (dont une avec Mme de Staël) que pour les relations conflictuelles avec le père. Enervé aussi par les dogmes officiels.
  Ces relations avec le père sont même assez fondamentales pour la compréhension de ce récit (le père de Constant est sans doute le père d’Adolphe). De même les critiques sociétales.

  Adolphe fait son introspection et son autocritique, il est à la fois le narrateur (je) et le personnage, c’est une double position, comme un peu un journal intime. En ce sens, « Adolphe » est bien plus un roman psychologique ou d’analyse, qu’un roman romantique alors qu’on est en plein dans les mots (et maux) du romantisme. Le dessein de plaire à une femme : ni tout-à-fait sincère, ni tout-à-fait de mauvaise foi. Adolphe est tour à tour égoïste et sensible. Tout l'art masculin.
L’histoire est simple : Adolphe plait, il cherche à séduire, il tombe amoureux d’Ellénore, femme de 10 ans son ainée. Elle est dans une situation « de sécurité », compagne d’un comte.
  Elle hésite longtemps, repousse le jeune homme, mais la possibilité d’une dernière passion prend le dessus et elle abandonnera tout pour suivre Adolphe et passer un an avec lui. Sitôt, l’affaire conclue, Adolphe sent qu’il est moins amoureux, il s’ennuie, devient triste et maussade. Ellénore le sent et cela la rend malade ; comprenant par une lettre qu’Adolphe va la quitter, elle tombe malade et mourra de douleur amoureuse. Adolphe se sent alors coupable et réfléchit à son égoïsme, à son impossibilité d’aimer, à son indifférence au monde qui l’entoure, à la jouissance de son amour-propre. Adolphe n' a pas le courage d'assumer la rupture. A la « perfidie » féminine répond le détachement masculin.
  A la mort de sa compagne, Adolphe écrit : « J’étais libre, en effet, je n’étais plus aimé : j’étais étranger pour tout le monde. » Responsabilité en matière amoureuse, culpabilité ?
La liberté et l’amour sont-ils définitivement incompatibles ?

« Malheur à l’homme qui, dans les premiers moments d’une liaison d’amour, ne croit pas que cette liaison doit être éternelle. » (chap. III)
« Il y a des choses qu’on est longtemps sans se dire, mais quand une fois elles sont dites, on ne cesse jamais de les répéter. » (chap. IV)
« Nous parlions d’amour de peur de nous parler d’autre chose. » (chap. V)
« C’est un affreux malheur de n’être pas aimé quand on aime ; mais c’en est un bien plus grand d’être aimé avec passion quand on n'aime plus. » (chap. V)

 


A propos du père :

"Ma contrainte avec lui [mon père] eut une grande influence sur mon caractère. Aussi timide que lui, mais plus agité, parce que j’étais plus jeune, je m’accoutumai à renfermer en moi-même tout ce que j’éprouvais, à ne former que des plans solitaires, à ne compter que sur moi pour leur exécution, à considérer les avis, l’intérêt, l’assistance et jusqu’à la seule présence des autres comme une gêne et comme un obstacle. Je contractai l’habitude de ne jamais parler de ce qui m’occupait, de ne me soumettre à la conversation que comme à une nécessité importune et de l’animer alors par une plaisanterie perpétuelle qui me la rendait moins fatigante, et qui m’aidait à cacher mes véritables pensées. De là une certaine absence d’abandon qu’aujourd’hui encore mes amis me reprochent, et une difficulté de causer sérieusement que j’ai toujours peine à surmonter. Il en résulta en même temps un désir ardent d’indépendance, une grande impatience des liens dont j’étais environné, une terreur invincible d’en former de nouveaux.
Je ne me trouvais à mon aise que tout seul, et tel est même à présent l’effet de cette disposition d’âme que, dans les circonstances les moins importantes, quand je dois choisir entre deux partis, la figure humaine me trouble, et mon mouvement naturel est de la fuir pour délibérer en paix. Je n’avais point cependant la profondeur d’égoïsme qu’un tel caractère paraît annoncer : tout en ne m’intéressant qu’à moi, je m’intéressais faiblement à moi-même. Je portais au fond de mon cœur un besoin de sensibilité dont je ne m’apercevais pas, mais qui, ne trouvant point à se satisfaire, me détachait successivement de tous les objets qui tour à tour attiraient ma curiosité. Cette indifférence sur tout s’était encore fortifiée par l’idée de la mort, idée qui m’avait frappé très jeune, et sur laquelle je n’ai jamais conçu que les hommes s’étourdissent si facilement."

 

"Adolphe" un chef d'oeuvre de la littérature française, j'aime tellement ce livre et je l'ai lu tant de fois, (en plus c'est un bon résumé des relations homme-femme, encore qu'il y aurait beaucoup à dire), que j'ai préféré ne pas voir le film qui en a été tiré, certain d'être déçu, un jour peut-être...

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 20:56

« L’amour est la tentative d’échanger deux solitudes. »
José Ortega y Gasset

 

jose-ortega-y-gasset

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 21:38

 



Si Meyer Levin est très connu comme l’auteur de « Crime » (1956, titre original : compulsion), adapté au cinéma par Orson Wells, il écrivit un petit texte charmant en 1930 « the young lovers » traduit en français sous le nom des deux protagonistes : « Frankie & Johnnie », Frankie étant le diminutif de Frances.

Levin avait 24 ans à la parution de ce petit roman, ce livre devint culte bien plus tard vers les années 50 ; l’histoire est très simple : deux teen-agers se rencontrent et démarrent leur histoire d’amour, lui veut coucher, elle, non. Au bout d’un moment l’éloignement se fera. Il y a deux fins à ce livre, la première de 1930, très sèche et sans doute sans espoir ; la seconde, celle de 1952, pour la réédition en poche, qui est quelque part dramatique, mais qui permettra cependant un rapprochement des corps. L’écriture est assez minimaliste, très en avance sur son temps diront les spécialistes, le Chicago des années 30 à peine ébauché.

Ce livre pourra vous rappeler vos amours de lycée, où le garçon raccompagnait la fille et où juste de tendres baisers étaient possibles, devant le seuil de la maison ou de l’immeuble, avec l’hésitation des mains et des doigts, trop jeunes, trop « petits » pour l’amour ; le puritanisme américain de ces années-là peut être évoqué, mais je crois que le livre est plus brillant, car universel, de ce gamin et de cette gamine qui découvrent le désir en ne sachant pas comment y répondre. Et ces enfants « souffrent que la chair ne suive pas. » La lecture pourra sembler à certains un peu surannée ou dépassée, et pourtant il n'y a aucune mièvrerie, on ressent l'inquiétude et les difficultés des deux enfants, et ce n'est pas une histoire d'époque...

 

« Il se demanda pourquoi les garçons étaient toujours épatés en regardant les filles se mettre du rouge à lèvres.

C’était drôle, cette façon qu’elle avait de remuer la bouche comme un lapin. »

 

 

La fin de 1952 :

 

« Alors, Frankie comprit comment arrivait toute chose en ce monde. Quand on était jeune, comme des petites herbes tendres, tout autour de vous essayait de vous tuer, la ville, les gens, tout, tout ce qui vivait autour de vous essayait de vous tuer et, si on se laissait faire, toutes ces choses de la vie finissaient par vous étouffer jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Mais on n’était pas obligé de se laisser faire. Il était vivant, ses doigts serraient fermement les siens. Peut-être qu’eux aussi étaient devenus grands. Bien sûr qu’ils l’étaient à présent. Peut-être que c’était la fin de leur amour d’enfance, et peut être qu’ils ne trouveraient plus rien à faire ensemble après cela. N’empêche, parfois les gens grandissent, et leur amour d’enfance résiste au temps et grandit avec eux. »

 

Meyer Levin

 

Par frenchpeterpan - Publié dans : notes rapides de lecture
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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 09:38

une de mes chansons préférées de mon auteur compositeur interprète préféré
bien sûr il faut en écouter le chant !

 

 




Or voici que l'âge lance...
Je n'implore pas merci
Mais tandis que l'ombre avance
Il me faut dire merci
Je paye mon dû, sans attendre
Le vent me signe un acquit
Chantez ce chant , ou bien, cendre,
Qu'il soit un trésor enfoui !

Merci pour la joie ancienne
Au vieux pays fatigué
Ses plaies, ses croûtes qui saignent
Au peuple, à la peupleraie
Qui panse son mal, qui chante
Vieux pays, table dressée
Ou lourd fourgon arrêté
Plein de larmes odorantes

Merci, merci pour l'enfance
Notre histoire à pas vingt sous
Et pour la petite France
Pour les mains jointes, si doux
Pays ! La paix, la confiance
Deux mille ans de chemins creux
Les souffrances, leur souffrance
L'espoir et les gens heureux

A la jeune fille blonde
A jamais à moi mêlée
Toutes ses luttes, ses frondes
Et notre jeunesse ailée
La souffrance, la souffrance
Tous ces chagrins enterrés
Puis la sève, et tout commence
Le peuple, la peupleraie

Et la féconde révolte
La belle idée d' harmonie
Belle fille , ma récolte
Ah ! Les beaux enfants pourris
Les beaux blés, les beaux arpèges
La belle rafle de mots
Nos âmes furent de neige
Et ta tête aux chants d' oiseaux

Beau Pays, chansons anciennes
Le peuple, la peupleraie
La joie, la joie plein la plaine
Et la jeune fille en mai !



Par frenchpeterpan - Publié dans : chanson poétique
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Samedi 26 février 2011 6 26 /02 /Fév /2011 20:49

 " N'avez-vous point vu quelquefois l'opéra en Italie ? Dans les changements de scènes il règne sur ces grands théâtres un désordre désagréable et qui dure assez longtemps ; toutes les décorations sont entremêlées : on voit de toutes parts un tiraillement qui fait peine, on croit que tout va renverser : cependant, peu à peu tout s'arrange, rien ne manque, et l'on est tout surpris de voir succéder à ce long tumulte un spectacle ravissant. Cette manœuvre est à peu près celle qui se fait dans mon cerveau quand je veux écrire. Si j'avais su premièrement attendre, et puis rendre dans leur beauté les choses qui s'y sont ainsi peintes, peu d'auteurs m'auraient surpassé.

  De là vient l'extrême difficulté que je trouve à écrire. Mes manuscrits, raturés, barbouillés, mêlés, indéchiffrables, attestent la peine qu'ils m'ont coûtée. Il n'y en a pas un qu'il ne m'ait fallu transcrire quatre ou cinq fois avant de le donner à la presse. Je n'ai jamais pu rien faire la plume à la main vis-à-vis d'une table et de mon papier : c'est à la promenade, au milieu des rochers et des bois, c'est la nuit dans mon lit, et durant mes insomnies, que j'écris dans mon cerveau ; l'on peut juger avec quelle lenteur, surtout pour un homme absolument dépourvu de mémoire verbale, et qui de la vie n'a pu retenir six vers par cœur. Il y a telle de mes périodes que j'ai tournée et retournée cinq ou six nuits dans ma tête avant qu'elle fût en état d'être mise sur le papier. De là vient encore que je réussis mieux aux ouvrages qui demandent du travail qu'à ceux qui veulent être faits avec une certaine légèreté, comme les lettres, genre dont je n'ai jamais pu prendre le ton, et dont l'occupation me met au supplice. Je n'écris point de lettres sur les moindres sujets qui ne me coûtent des heures de fatigue, ou, si je veux écrire de suite ce qui me vient, je ne sais ni commencer ni finir ; ma lettre est un long et confus verbiage ; à peine m'entend-on quand on la lit."


Jean-Jacques Rousseau
Les Confessions
Livre I

rousseau

Par frenchpeterpan - Publié dans : à propos de certains écrivains
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 10:51

Voilà comment se conclut l'excellent livre "Philosophie sentimentale" de Frédéric Schiffter, prix Décembre 2010, Flammarion.

 

philosophie sentimentale

 

 

« …/… Car aimer demeure le plus inquiétant des rapports entre humains. A l’euphorie de la rencontre de deux solitudes qui s’évertuent à coexister, se mêlent bien vite la sensation de la corrosion du temps qui passe, l’angoisse de la séparation, la certitude de la perte. On peut comprendre qu’à la perspective de s’exposer à de telles souffrances, il soit plus simple, plus rassurant, plus petit-bourgeois, de s’adonner à la routine de la débauche ou à la prouesse du conjungo. L’amour est la forme la plus exquise de l’inconfort de vivre. »

  schiffter

Par frenchpeterpan - Publié dans : notes rapides de lecture
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Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 05:45

"...Un poète paysan dont le renom grandira tout d'un coup, un jour quelconque dans l'avenir." Pierre Mac Orlan

 

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Mort à 31 ans, fils de meunier, beauceron, il est l'un de nos plus grands poètes libertaires ; il fut aussi un chansonnier d'exception. Tuberculose, absinthe auront eu raison trop tôt de lui.

 

Gérard Pierron fut l'un des premiers à "réhabiliter" les chansons du poète, beaucoup d'autres suivront ensuite... La truculence de la poésie de G. Couté fait toujours modernité...

 

Amis parisiens, veinards !

4 jours de Gaston Couté pour le centenaire de sa mort !

Celui que l'on a appelé le Père de tous les Brassens !

 

01-visuel

 

couté

 

couté2

 

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Comme Gaston Couté est vraiment le poète à "dire tout haut", voici un texte lu

je n'ai pas le talent exceptionnel des conteurs classiques de Couté : Pierron, Meulien et tant d'autres, excusez-moi...

 


la-paix-Coute.mp3

 

 

La Paix

 

Des gâteux qu'on dit immortels,

Des louftingues en redingote

L'adorent au pied des autels

De leur ligue de patriotes :

Des écrivassiers de mon cul

En touchants mélos d'ambigu

Ou romances pour maisons closes

Nous chantent cette horrible chose :

La Guerre !

 

Refrain

 

Oui mais, si nous avions la guerre,

Devant le feu, qui donc filerait comme un pet ?

Voyons les cabots de la guerre,

Foutez-nous la Paix !

 

Notre faux n'abat plus moisson

Sous nos marteaux plus rien ne vibre

Et nos coeurs gardent la chanson

Que lance au vent tout homme libre

Car nos mains dociles ont pris

Les divers outils de carnage

Pour au même plus bas prix

Même sale et stupide ouvrage

 

Refrain

 

Oui mais, si nous avions la guerre,

Devant le feu, qui donc filerait comme un pet ?

Voyons les cabots de la guerre,

Foutez-nous la Paix !

 

Un sou par jour !

Ohé ! Sur tout le chantier de la guerre

C'est pour un sou que l'on tuerait son frère

Un sou par jour !...

En grève, en grève !...en grève et pour toujours.

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 14:26
à la terrasse du café, tu fis voler soudainement tes robes comme des cerfs-volants,
(tu riais très fort)
chacune donnait dans le soleil des éclats cuivrés ;
puis tes jambes partirent comme des fusées ou des ballons remplis d’air et subitement  lâchés et décrivirent d’agréables courbes et formes de lampions, la soie et l’acrylique et le nylon soyeux des collants ou bas irisaient et restituaient toutes les couleurs de l’alphabet ;
puis ton buste qui se divisa en autant de photographies gélatino-argentiques noir et blanc et en différentes tailles, et mat ou brillant, parfois on avait même l’impression d’un côté « relief », on cherchait à toucher ta poitrine ;
et tes fesses montèrent au ciel comme deux lunes amies et complémentaires, ton sexe enfin partit en rigolant et en râlant tout en même temps, barbotant sur ses deux petites lèvres comme le bec d’un oiseau ;
puis ce fut « toi-même » qui t’élança, petit bout de femme bien vivante, tu courrais sur les toits sensiblement nue et décalée, cherchant tes morceaux épars et sautillant comme une super balle élastique qu’on ne peut contrôler ; tous les spectateurs se tordaient le cou pour suivre tes circonvolutions et clignaient des yeux à cause des violents effets de lumière que tu produisais.

Nous venions donc de terminer nos échanges verbaux, j’étais gêné car tout le monde me regardait, je touillais mon café que je prends sans sucre pourtant, et j’essayais en vain un sourire circonspect et circonstanciel. Puis le monde reprit sa route et tu partis dans la rue balançant tes hanches comme un moteur amical. Les toits reprirent allures humaines sous le soleil rouge.


oeuvre photographique de Pierre Molinier
Par frenchpeterpan - Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 01:47

   

    Le très réputé (un peu abscons et illisible cependant) linguiste autrichien Arthur Keelt n’a écrit qu’un seul roman : « le merle », paru en 1954. Traduit une première fois en 1968, le livre fut vite épuisé et disparut ; il faut féliciter les éditions L’ATALANTE (qui publie en général d’excellents auteurs de SF) pour avoir remis au goût du jour ce très étrange texte, dans une nouvelle traduction parait-il bien meilleure.

    C’est une sorte d’autobiographie, un récit voltairien pour reprendre les mots du nouveau traducteur Jean-Bernard Pouy (notamment le créateur du personnage Gabriel Lecouvreur, dit  "Le Poulpe").On trouvait souvent d'ailleurs dans les ouvrages de JB Pouy des citations d’Arthur Keelt.
    En fait on découvre en cherchant un peu sur le net que ce roman est de JB Pouy et non de cet illustre linguiste autrichien, inventé donc depuis longtemps par l’auteur du poulpe.
Pourquoi a-t-il publié ce livre sous un pseudonyme ? Pur amusement ? Faut-il y voir encore une de ces célèbres  « contraintes » de ce membre de l’Oulipo ?

    En tout cas, le livre est fort réussi.
    « Les nouveaux Maîtres du monde » (c'est à dire, Russes, Américains et Anglais) viennent voir A. Keelt, célèbre linguiste autrichien, donc, qui s’est réfugié en haut d’une colline en Styrie. Il y vit là une vie « bouddhiste », avec pour seuls compagnons, un ami paysan, une amie postière et son vélo avec lequel il fait le tour de sa cabane. Il sera surveillé par un intéressant, surprenant et séduisant militaire. Et lettré par dessus le marché.
Les nouveaux Maîtres du monde viennent de découvrir dans le désert du Mohave, une tablette laissée là par des extraterrestres, on y lit : « Vous êtes décidément trop nuls, néfastes et dangereux. On repart prendre du matériel et on revient vous péter la gueule » ; une cage aussi en métal inconnu et un merle dedans. Le linguiste n’a que quelques jours pour résoudre cette énigme.
    Tout le livre n'est ensuite que prétexte pour une pertinente satire de notre société, des bouffées délirantes et humoristiques et quantité de citations et d'aphorismes dont on ne sait s'il faut y réfléchir ou en rire (ou les deux). Un livre réjouissant, riche, drôle, très très réussi.

    Terminons avec l'une des morales du texte: "En considérant que l'âge du monde mesure une année, l'homme apparaît le 31 décembre à 21 h et le sapiens à 23h46. En même pas un quart d'heure, il a tout foutu en l'air. C'est dire qu'il est décidément nocif. Les plutoniens n'étaient pas plus cons que moi. Ils l'avaient compris tout de suite. "

    Grand romancier de "roman noir" JB Pouy a obtenu en 2008 le Grand Prix de l'humour noir pour l'ensemble de son œuvre. Il a écrit aussi des nouvelles, des essais, des poésies, des pièces de théâtre etc etc... et de la radio sur France Culture. Un grand bonhomme...


Par frenchpeterpan - Publié dans : notes rapides de lecture
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Jeudi 17 février 2011 4 17 /02 /Fév /2011 05:21

septième diction

ce poème est stupéfiant

il est l'oralité même,

et une forme de perfection

sont-ce là les mots et l'agencement "parfaits"

on peut le croire...

 

dans l'excellente biographie de Michaux par Robert Bréchon (Editions aden, 2005) que je suis en train de lire, l'auteur écrit :


-1- emportez-moi

 

Tout commence pour moi à Rouen, à la fin de la guerre, au début de mon âge d'homme. C'est l'un de mes amis, Pierre Heuyer, encore tout émerveillé de sa propre découverte, qui m'a le premier parlé de lui. J'ai acheté "le panorama de la jeune poésie française" de René Bertelé, publié en 1943 à Marseille. De tous les poèmes contenus dans ce livre, dont beaucoup (y compris les huit autres textes de Michaux) sont beaux, il y en avait un qui m'a tout de suite sauté aux yeux et au coeur. Soixante ans après, il me touche toujours autant. Il me semblait que ce poème parlait pour moi - à mon intention et à ma place. Ce poème dit tout mais "sans vendre la mêche", comme le font les aveux ordinaires. Cet éloge de la fuite, c'est à la fois un poème d'amour et un poème mystique, sans qu'on puisse bien savoir si les images de l'amour renvoient à celles de l'extase ou si c'est l'inverse. C'est si l'on veut un poème baudelairien, romantique, symboliste, mais où l'anything out of the world est dans l'espace du dedans, au plus profond de l'être. .../...

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emportez-moi

 


 
Emportez-moi dans une caravelle,
Dans une vieille et douce caravelle,
Dans l’étrave, ou si l’on veut dans l’écume,
Et perdez-moi, au loin, au loin.
 
Dans l’attelage d’un autre âge.
Dans le velours trompeur de la neige.
Dans l’haleine de quelques chiens réunis.
Dans la troupe exténuée de feuilles mortes.
 
Emportez-moi sans me briser, dans les baisers,
Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent,
Sur les tapis des paumes et leur sourire,
Dans les corridors des os longs et des articulations.
 
Emportez-moi, ou plutôt enfouissez-moi.


 
Henri Michaux, (Mes propriétés, 1929)

 

Henri-Michaux

Par frenchpeterpan - Publié dans : dictions de Michaux et d'autres...
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 11:30

jeunesse et liberté : que demander de plus ??

 

prague-mur Lennon

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes photographies
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Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 16:29

Qui a gagné : le chat ? L'oiseau ?

ou le croisement n'a pas été synchrone ?

(photographies prises il y a quelques semaines)

 

chat

 

oiseau

 

chat-oiseau


Par frenchpeterpan - Publié dans : mes photographies
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