Jeudi 19 février 2009
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« A l’époque, j’étais un type poursuivi par la nostalgie. Je l’avais été depuis toujours et je ne savais pas comment me débarrasser de mes
souvenirs pour vivre enfin tranquillement.
Je n’ai pas encore appris. Et je doute que j’apprenne un jour. Mais j’ai compris au moins une chose : on ne peut pas se débarrasser de la nostalgie, parce ce qu’on ne peut pas se débarrasser de la
mémoire. On ne peut pas tirer un trait sur ce que l’on a aimé, c’est impossible. Ca vous reste à jamais ; vous désirez sans cesse revivre les bons moments, tout comme oublier et détruite le
souvenir des mauvais. Effacer les saletés que vous avez commises, abolir la mémoire des personnes qui vous ont fait du mal, rejeter les chagrins et les périodes de tristesse.
La nostalgie fait donc totalement partie de la condition humaine et la seule solution est d’apprendre à vivre avec. Et peut-être, par chance, cessera-t-elle d’être quelque
chose de triste et de déprimant pour devenir une petite étincelle qui nous fait redémarrer, nous pousse à nous consacrer à un nouvel amour, à une nouvelle ville, à une nouvelle époque. Meilleurs ou
pires, on n’en sait rien et peu importe. Différents, c’est sûr. Et c’est ça que nous cherchons tous, jour après jour : ne pas gaspiller notre vie dans la solitude, rencontrer quelqu’un, nous
engager un peu, fuir la routine, goûter notre petite part de fête. »
Pedro Juan Gutiérrez
(in la trilogie sale de La Havane)
Par frenchpeterpan
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