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"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

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"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

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Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
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"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 08:44

(Texte lu dans l'émission de Sophie Nauleau "ça rime à quoi" sur France Culture en mai 2010)    

 

    J’avais ébauché le geste, puis m’étais résigné. Ses fins cheveux châtains flottaient dans le vent dans les calanques bleues clair. J’étais comme un peintre, peiné de ne pas réussir son portrait. Je ne voyais que sa nuque, mon regard y errait à la recherche d’un nouveau détail dont je me souviendrais plus tard. Un nouveau cratère de lune à explorer.
    La nuit tombait, je lui dis : il faut rentrer ; nous nous mîmes en marche. Les pierres glissantes et la lumière faiblissant rendaient la démarche malaisée et nous nous accrochions l’un l’autre comme deux marins éméchés rentrant au port. Nous nous tenions pour ne pas tomber, maladroitement, comme souvent un homme, une femme. J’étais nanti, je le savais. J’avais ma nacre à mes côtés, mon aimée dix fois ; le jour finissait dans des paysages stupéfiants.   
    Difficile de dire, ensuite. Prendre sa main, ou non ? Elle repartait vers son autre ami. Elle ne m’appartenait pas, n’est-ce pas ? Les ombres des grands pins noircissaient le chemin. Les racines à fleur de terre nous faisaient trébucher. Arrivés au parking, elle partit sans trop me parler, à la fois très rapidement, et pourtant je la sentais aussi au ralenti. Elle hésitait aussi sur ses amours ou sur sa manière de vivre. Elle ne pouvait plus, m’écrivit-elle plus tard.
    J’allais au petit bar, commandais un pastis dans un grand verre. La mer pleurait en rythme avec moi très régulièrement. Je pouvais me saouler comme le font les poètes célèbres. Je restais sobre. Le soleil se couchait derrière la montagne, je vis cependant les couleurs de la mer changer. J’essayais d’en capter beaucoup d’énergie, de connivence. Afin de n’être plus seul, comme un autre couple. Je marchais enfin sur la petite plage de galets, je m’assis à nouveau et je contemplais.
   
    Je partis ensuite, silencieusement, sans musique dans ma voiture, sans radio, comme seul encore dans ma sotte enveloppe humaine. Je maudissais le monde des couples, sachant pourtant que parfois et souvent, j’étais comme tous. « Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir » disait Ferré.
    Du coup, je mis Ferré. « Ni dieu, ni maître », un long moment me réchauffa le cœur. « La mémoire et la mer » me conseilla résolument de continuer de vivre. L’automobile accéléra d’elle-même, sentant que cela me ferait plaisir. Je conduisais un peu en automate, découvrant au bout des phares les sinuosités de la route et ainsi ma vie, que je dévoilais virage après virage, comme un étudiant maladroit. J’étais « en vie », je me devais de vivre.


D'ocre et de bleu 30x30 cm (Plage d'Argent, Porquerolles)

(D'ocre et de bleu) (30x30) Peinture de Lionel Borla, peintre marseillais.

En cliquant sur sa toile : son site. 

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commentaires

frenchy 24/09/2014 16:28


joliment dit, camarade cao !!

cão 23/09/2014 15:03


La mémoire et l'amer


comme la mer


s'accomodent

frenchpeterpan 22/09/2010 09:19



c'est amusant que vous aimiez ce texte particulièrement


c'est celui qu'a gardé sophie Nauleau lors de mon passage à France Culture en mai dernier


merci 



Christophe 21/09/2010 22:05



touché à n'en savoir plus quoi écrire ! merci pour le partage.



marc 28/03/2008 09:34

merci à toutes et tous (1) d'aimer mes mots courtsparfoic c'est un peu court quand même;-) 

martine, la pèlerine 26/03/2008 09:12

le bel amour, c'est l'amour malheureux, l'inaccessible... un peu comme ces personnes qui meurent jeunes... et le resteront éternellement. L'amour qui aboutit et dure... un peu, devient le quotidien... et sa première victime.Ce que j'aime dans ton texte c'est ce qui n'est pas dit, mais à peine suggéré, des soupirs...

le bateleur 25/03/2008 21:49

Cette histoire va comme un gant à cette allusion illusion que tu fais aux mots de Ferrélui aussi un survivant.

Valentine :0056: 25/03/2008 19:18

C'est vrai, là est la vérité ; comme le dit "Papillon", à la fin du film : " J'suis encore vivant !!!"

if6 25/03/2008 13:40

j'aime beaucoup aussi, ton écriture ta façon très fine de dire les choses en ne disant pas tout.

cocole 25/03/2008 11:51

j'aime beaucoup ce texte!!! merci

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