Mardi 27 novembre 2007
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Ça y est Richard, j'ai maintenant l'âge où toi tu te décidas,
On ne retrouva ton corps qu'au bout de quelques jours dans ton ranch où tu t'étais terré tout l'été, et puis ce mauvais mois d'octobre, et le revolver près de ton corps.
Tes amis mirent du temps à comprendre que tu t'étais suicidé.
Les journaux tout de suite débitèrent beaucoup de conneries à ton sujet, en insistant bien sur ton côté hippie, tes instabilités, le monde beatnik...
Pourtant tu n'avais pour voisins que des amis : Peter Fonda, Jim Harrison, Thomas Mac Guane. Tu avais cotoyé Ginsberg et tant d'autres ; célèbre tu le fus dès la parution de tes premiers romans, sans doute même que cette brutale notoriété ne te fut pas bonne, tu t'y étais habitué et tu aimais être adulé, tu compris moins bien ensuite tes relatifs insuccès.
Tu te mis à vieillir mal, maniaque, dépressif, tu t'isolas, tu étais ivre très souvent, morose et paranoïaque, tu fus attiré par les armes à feu ; ainsi te décrit un vieil ami Keith Abott auteur d'une belle biographie de toi.
Tout le monde imaginait te voir finir alcoolique ou disparaître de mort violente, personne n'imagina un suicide.
Tu écrivis jusqu'à la fin, de tout petits poèmes, courts et brutaux, comme celui-ci :
« Agrandissement de la mort :
Au-dessus de l'obscurité il y avait une autre obscurité,
Et seule grandissait la mort s'agrandissant.
Elle s'agrandissait comme l'obscurité au-dessus de l'obscurité grandissante. »
Alors, voilà, l'autre fois me baladant dans les falaises ocracées de Rustrel, j'ai pensé à toi maintenant que nous avons le même âge et je t'ai écrit un court poème. Amitiés ... et sait-on jamais toi qui croyais en la réincarnation...
il y a la MORT
et derrière ce peintre, encore la mort
le désespoir des choses passées
silence radio
dans une brume incolore
la fuite du temps ou c'est l'inutile
c'est silice entre les doigts, on ne peut rien retenir
ni les amis qui fuient, ni la jeunesse si riche en vie, ni les jolies filles habillées de fleurs et l'innocence jeunesse
et toujours la mort
en visage de craie, masque,
certaine un jour d'aimer gagner
pour toi, mon ami
le sexe des filles
est une étoile ovale
qui clignote
un bourgeon étoilé
un ove quasi parfait
un bourgeon aimé
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Quelle légèreté dans tes phrases,quelle fluidité et surtout quel plaisir de te lire jusqu'au bout...Merci.
Je te mets dans mes liens,c'est impératif!Continue à nous faire rêver
Par contre si il a été le voisin de peter Fonda digne du Easy rider. Je lui presente mes amitiés et mon respect pour son dernier acte.
J'aime bien notamment le court poème que tu as devoilé de lui, c'est le style d'écriture que j'affectionne, une scandation de mots répétés.
Merci pour ce moment de culture peterpan! ;)
si tu ne connais pas richard brautigan / lis ses romans
ça te plaira truffé d'humour et d'inventions verbales
je vais essayer de trouver les romans
il est bien le poème que tu as écrit à cette occasion,
on doit avoir à peu près le même age ts les 2 et c'est vrai qu'il y a des caps des seuils difficiles à passer où tt semble s'écrouler,
le bel édifice construit , nous sommes si plein de toutes les exigences de l'époque
se reconcentrer sur ce qui paraît essentiel c'est bien non?
bonne journée à toi
tes notes sont une bouffée d'oxygène dans la blog-sphère , dans ce trop plein qui déborde de tous côtés.
c'est bourré d'humour, écrit très poétiquement, riche, intelligent
ces poèmes sont le plus souvent très corrects
seul bouquin à éviter : le dernier paru bien > sa mort où c'est vraiment des fonds de tiroir
John Fante, Richard Brautigan et Raymond Carver sont mon triptyque made in USA
Carver est "hors jeu" car lui c'est carrément "miraculeux"
merci if6 pour tes gentillesses
car très souvent j'imagine arrêter ce blog
préviens si tu arrêtes
moi aussi j'ai envie d'arreter
mais bon, i don't know
why
j'aime beaucoup Carver et Fante , la découverte il y a longtemps
de la litterature américaine, leurs façons d'écrire et surtout la forme brève de la nouvelle me plaisent beaucoup ,
connais-tu:
-J.Safran Foer?
-Victoria lancelotta "en ce bas monde" c'est pas mal du tt /ed. Phebus (nouvelles)
je voulais te parler d'un autre écrivain que j'aime bien mais j'ai pas trop le temps là,
je reviendrai
bonne journée à toi.
marco quel magnifique hommage, me donne envie d'y retourner, il y a si longtemps, époque prolifique et diverse
à quand l'hommage à Watts ou Burrough ?
comme un vaccin, merci de ces rappels nourriciers
-Victoria lancelotta "en ce bas monde" c'est pas mal du tt /ed. Phebus (nouvelles) = NON :-(
à quand l'hommage à Watts = connais pas :-(
ou Burrough ? = ça ça pourrait venir
Buckowski quand même avant :-)