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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /Nov /2006 08:54
Voilà, trente ans après je suis là, revenu. A ce lieu mythique, féerique, gorgé de mystère. Un fleuve qui s'unit à un autre. On appelle ça le Bec du Cher, le Cher plonge dans la Loire pour disparaître.
    Je suis de l'autre côté, le long du Cher, face à cette petite plage de sable où j'allais adolescent lors de mes peines de cœur, ma mobylette cachée loin derrière dans les fourrés. Il fallait traverser un pré humide, herbes hautes et ronciers, enfin le fleuve jaillissait et la petite plage formait l'angle des deux fleuves. L'endroit n'a pas changé, un vilain pont ferroviaire casse la magie du lieu ; mais les fleuves sont là toujours aussi impétueux, majestueux, indomptés.
    Voilà, plus de trente après, je suis revenu. Mes yeux font le tour, embrasent le pays, comme une stase initiatique, un rituel de ressourcement. Le gris des eaux bouillonne.
    Ce jour-là, sur ma plage, un couple est assis, serré, l'homme, je crois, enserre la femme. Ils sont loin, mais je les imagine tremblants, attentifs aux parfums du lieu ; il n'y a pas que moi à être attiré par le charme du site. De ce côté, une voie pavée fait illusion, on pourrait se rappeler un passé de marins, de quais, de barques pour traverser, aller boire un coup de l'autre côté, chercher des rimes dans les bras et les îles.
    Le Bec du Cher s'est modernisé : de nombreux sacs plastiques décorent les branches des saules et peupliers. Le monde moderne, tant de salissures transformant mes arbustes aimés en squelettes dégoûtants.


    Finalement je ne sais pas trop ce que je fais là, à la recherche de quoi ? Encore de mon passé. C'est une maladie, un mauvais conformisme, chercher ce recul du temps, se gaver de souvenirs heureux ou malheureux, quêter ainsi des lambeaux d'émotion. À vrai dire, on devrait vivre dans le présent, non ? Et puis la solitude est la plus mauvaise des compagnes, il faut penser aux siens, éloigner doutes et hésitations. Ne plus chercher d'hypothétiques étoiles, ces fameux éclairs, toujours ces mélanges de vie rêvée et de vie vécue. Il faut s'en satisfaire, on a perdu notre divin. Nous ne sommes que fragiles et complexes. Mais nous devons vivre.
    Je scrute, regard errant, à trois cent soixante degrés le paysage autour de moi, en pleine crise de romantisme ; pour un peu je déclamerais des vers ; gueulant bien fort ; absorbant l'énergie du moment. Finalement, je suis déçu, qu'imaginais-je ? l'homme aime trop les simplifications.
    Non, je suis seul, les eaux bouillonnent ; l'endroit est gris et vert ; un banc de sable affleure, un oiseau s'y pose ; le temps s'effiloche ; j'ai donc vieilli, mes joues et mon cou empâtés. Mais le retour à l'enfance a toujours du bon : les pieds au sol, je suis bien là, vivant ; le sable est froid, le printemps se montre et je suis là sans bourgeons en moi. Je me rends compte que je n'ai pas de bourgeons en moi, là où les eaux de mon enfance se mêlent.








SOS Loire Vivante
Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Commentaires

ça m'a l'air d'etre un endroit magnifique pour s'y perdre, et laisser aller les pensées profondes. Quand on est gosse on a chacun nos recoins pour les moments de solitude.
Et j'espere que ta quete de souvenirs d'enfance te fera le plus grand bien.
Commentaire n°1 posté par Boddah le 01/04/2006 à 12h28
C'est bon de revenir chez soi longtemps après.Ne serais-ce que pour les odeurs.Grâce à Ogawa(pièce hexagonale)l'autre fois ,j'ai retrouvé une odeur que j'avais mis de côté depuis ma plus tendre enfance. Incroyable!
En tout les cas,je te souhaite une bonne rétrospection.Nat.
Commentaire n°2 posté par cal le 01/04/2006 à 17h17
merci les 2 amis
ne vous inquietez pas, je ne suis pas si morose qu'il en a l'air / bises . Marco
oui Ogawa c'est superbe. Quelle odeur t'es revenue ?
Commentaire n°3 posté par frenchpeterpan le 01/04/2006 à 17h20
Merci de ta visite sur mon blog.
J'ai déjà écrit de la prose poétique, mais très peu, j'en mettrai sur le blog.
Amitiés. Ghis

PS : Ton blog est exvellent, varié, je reviendrai sûr.
Commentaire n°4 posté par Ghislain Hammer le 01/04/2006 à 21h27
Tu ferais mieux de retourner au stade avec un ballon de rugby, ce serait plus tonique. Comment ça, t'as plus le ballon ? Et ta mobylette, je parie que tu l'as perdue, elle aussi ! Ah non, je te prêterai pas mon Solex. T'as qu'à y aller à vélo.
Commentaire n°5 posté par Frifri Bicotin le 02/04/2006 à 14h26
ah ah ! ce solex immonde marronasse que tu avais au lycée ; je me demande comment encore après tant d'années : les années de psychanalyse que ce solex a dû te coûter , mon pôvre ami ! Je compatis encore today :-)
toutes les filles que je t'ai piqué grâce à mon 102 (104?)peugeot bleu ;-) / ah là là ce solex ... Donc tu t'es remis au rugby ?
Commentaire n°6 posté par frenchpeterpan le 02/04/2006 à 18h58
Je sais que tu as toujours été jaloux de mon Solex, un magnifique engin puissant et sauvage, un mustang comparé à ton cheval de trait de 102 (104?) ! Cela dit, je n'ai rien contre les chevaux de trait, bien au contraire. Il en faut aussi. Je n'ai jamais vraiment arrêté le rugby. D'ailleurs, ton ballon est là, quelque part dans le jardin. Si toutefois mon chien ne l'a pas dévoré (il est très friand de TOUT).
Commentaire n°7 posté par Frifri Bicotin le 02/04/2006 à 21h58
il y a dans ce texte le romantisme et la nostalgie, la notion de fleuve est fascinante, écoulement perpétuel si loin de nos éphémères existences comme le sang de la terre...
Commentaire n°8 posté par daniel le 22/11/2006 à 10h30

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