Lundi 3 novembre 2008
1
03
/11
/Nov
/2008
13:27
La Loire grasse cache ses bancs de sable
ses détroits de vase
elle les déplace la nuit pour piéger les pêcheurs
elle porte ses jarretières hautes
et fines comme des longs troncs peupliers
aubépines dorées en revers
d'une poitrine généreuse
son sexe est sous les ponts
à l'ombre des petits goujons
saignant parfois le temps d'une inondation
savamment
l'eau de Loire a des goûts
de vase ancienne, de lèvres mortes
reste comme le sable froid
tes parois sèches inégales sans heurt
la maladie de la pluie inonde tes rives
tu ris et te moques
tu es plus forte dans ton bassin de grès
l'eau franchit les ponts mélancoliques
des bois flottants tournent
et passent sous les arches
dans un silence assourdissant
L'Homme reste seul, son regard, partout, absent,
à quoi bon - pensait-il - , peut-être,
il attendrait la prochaine marée basse
locataire de sa propre absence au Monde
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : Loires
5
fleuve matriciel
et le regard de l'homme partout, absent.. vraiment touchée par ce
mélange intérieur /extérieur/
on est pas toujours en état d'écrire
pas toujours mais parfois un seul poème suffit à tout dire
de l'essentiel
bisous , bonne journée et tutti quanti.:)
dear if
sur ses rives jamais définies
La Loire paresse, caresse
l'orme lisse, le peuplier noir en liesse
La Loire n'en finit pas
de couler
sa vie
Indolence des lits
Rieuse la mouette
Cendré le héron
Sourient aux caprices
aux passants
Scintillants
merci melle Merbel
de ce délicat poème d'eau...
Je t'avais dit que tes textes puisés dans la Loire étaient parmi mes préférés; et tu nous en proposes un tout chaud.
(La Loire me manque. Ou tout grand fleuve libre. Et ici, en France, c'est elle que j'ai sous la main. Il me tarde... J'espère que ce sera pour bientôt, sans le savoir.)