Dimanche 17 août 2008
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Ah ! l’ami Ferré, on y reviendra ! Ne serait-ce que pour parler de quelques chansons uniques, comme « la vie d’artiste » ou « ni dieu, ni maître »
et puis tant d’autres …Personne ne pourra remplacer cet artiste exceptionnel, écrivain et poète de talent, musicien génial, interprète d’exception !
On commencera par « la mémoire et la mer » - d’ailleurs repris par son fils Mathieu comme titre de ses éditions - , quoi dire sur
ce chef d’œuvre de la chanson française ? Que c’est la plus belle « chanson » poétique jamais écrite et interprétée, qu’écoutée 1000 fois, on garde encore la chair de poule, on écoute encore comme
si du neuf allait surgir ! Il y a tout dans cette chanson, la mélancolie, l’énigmatique, l’inspiration rare d’un moment rare, le transcendantal, la verve, le lyrisme. Les interprétations de
Lavilliers ou de Léotard sont plutôt réussies – et ce n’est pas simple de chanter Ferré, mais je préfère encore l’original…
« Un jour je te dirai pourquoi j’écris. La poésie s’arrange toujours ; il suffit d’être là, truelle en main et sueur suintant
au soir, devant la soupe, comme un maçon… » Léo Ferré (préface du testament phonographe, 1980.)
La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j'en laisse
Je suis le fantôme Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre
Rappelle-toi le chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude
Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus
Et toi fille verte, mon spleen
Les coquillages figurants
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieu des granits ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles
Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du flafla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue aux musiques mortes
C'est fini la mer c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle
Léo Ferré, La mémoire et la mer.©
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : chanson poétique
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en tombant sur un de vos commentaires au bas d'un des articles d'un blog consacré à anne sexton, j'ai cru comprendre que vous aimeriez bien trouver une traduction française de ses poèmes. il n'en existe pas encore d'officielle mais il se trouve qu'étant bilingue, passionée de poésie, et fanatique d'anne sexton, je m'y suis attaquée et aie déjà traduit l'intégralité de son premier recueil et ne compte pas m'arrêter là.
je n'ai que 19 ans donc ne vous attendez pas à quelque chose de transcendant, mais j'imagine que c'est mieux que rien!
je suis donc prête à vous envoyer mon travail par email pour peu que vous me contactiez.
bien à vous.
camille
une mathématique bleue...
bonne journée
j'aime bien ce que dit Camille ...je n'ai que 19 ans donc ne vous attendez pas à quelque chose de transcendant...
hé bien justement à 19 ans on est super , et quand on est bilingue et passionnée de poésie ce ne peut être que bien.
if 6 a raison : 19 ans c'est l'âge idéal :-)
donc j'attends avec impatience tes traductions
je ne rentre chez moi que dans 5-6 jours
pour le moment accès à internet limité
bien à toi / Marco
mon email est sur la boite à lettres en haut
en as tu traduit ?
Mercy street aussi est une belle chanson de peter Gabriel sur cette poétesse
En tout cas Anne Sexton a révolutionné puissamment la poésie "féminine"