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"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
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"O mon passé d'enfance,
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« La mort c’est l’infini des plaines
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(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
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Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
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Samedi 15 septembre 2007 6 15 /09 /Sep /2007 08:50
Poésie et traduction

W.H. Auden est un poète américain d'origine anglaise, il est peu connu en France alors que sa poésie a influençé de nombreux écrivains anglo-saxons. il est aujourd'hui considéré comme un des plus grands poètes de langue anglaise du XXième siècle. Il est mort à Vienne en 1973. Il devint célèbre brutalement chez nous suite au film
"4 mariages et un enterrement" grâce à ce poème lu lors du dit enterrement.


Voici l'original
puis la traduction du livre que je possède © christian Bourgois 1995
enfin une traduction trouvée sur le net et ma foi fort différente
laquelle préférez-vous ?

Funeral blues

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead

Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,

My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;

Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.


 

Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu’il cesse d’aboyer,
Fais taire les pianos et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.

Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l’agent de la circulation.

C’était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durait pour toujours : j’avais tort.

On ne veut plus d’étoiles désormais ; éteins-les toutes ;
Emballe la lue et démonte le soleil,
Vide l’océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.
------------

 

Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne.
Faire taire les pianos, et sans roulements de tambours,
Sortir le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors,

Dessinent dans le ciel ces trois mots, Il Est Mort.
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices,
Ganter de noir les mains des agents de police.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,

Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait, j'avais tort.

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye,

Démonter la lune et le soleil,
Vider l'océan, arracher la forêt,
Car rien de bon ne peut advenir désormais.

---------

En voici une troisième de l'amie Sabouret (traductrice professionnelle de son état)
merci à elle :-)


Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,

Pourvu qu'il n'aboie point, jetez un os au chien

Etouffez les pianos et qu'un tambour voilé

Au sortir du cercueil, accompagne le deuil.

 

Que les avions décrivent des cercles en gémissant

Et tracent dans le ciel ces trois mots : il est mort

Nouez un crêpe au cou des oiseaux blancs

Ajoutez des gants noirs aux tenues des agents



Cétait mon nord, mon sud, l'orient et l'occident

Mon travail en semaine, mon repos du dimanche

Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant

Je pensais que jamais l'amour ne finirait ; j'avais tort

 

Etoiles, disparaissez, qu'il n'en reste plus une

Démontez le soleil et remballez la lune

Asséchez l'océan, balayez les forêts

Car rien de bon ne peut advenir désormais.

 

-----------

celle d'Yves Perret :

 

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Faites taire le chien d’un os gras qu’on lui donne,
Silence les pianos ! Sourdine, les tambours
Pour sortir le cercueil entre tout ces cœurs lourds..

Que les aéroplanes voltigeant au dehors
dessinent ces trois mot : Il Est Mort.
Mettez du crêpe noir aux cous blancs des pigeons,
aux mains des policiers des gants noirs en coton.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
ma semaine affairée, mon dimanche de sieste,
mon midi, mon minuit, mes mots et ma chanson.
Je pensais que l'amour ne finirait jamais : eh bien non.

Plus besoin des étoiles et que, tous, ils s’en aillent
envelopper la lune, démonter le soleil
assécher l'océan, arracher les forêts
car ici rien d’heureux n’adviendra plus jamais.


Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Commentaires

bon personne n'a d'idée ?


personne n'aime ce poème ?


tristounet, tout ça ...

Commentaire n°1 posté par frenchpeterpan le 18/05/2006 à 18h50
Je vais te dire ce que j'en pense. Je suis venu plusieurs fois depuis que tu as publié ce poème. Mais tu sais bien que la mort fait peur, enfin en tout cas qu'elle n'a pas bonne presse. Alors chaque fois je me suis dit : "Celui-là, je le lirai la prochaine fois." Et puis ce soir, je l'ai lu.
La seconde traduction est à mon goût sans commune mesure avec la première. La seconde traduction est incomparablement meilleure que la première, même si elle se permet quelques libertés avec le texte original. La première traduction est une traduction technique. La seconde traduction est une traduction poétique.
Commentaire n°2 posté par Frifri Bicotin le 18/05/2006 à 22h07
tu crains la mort, toi ?
Commentaire n°3 posté par frenchpeterpan le 18/05/2006 à 22h14
Bien sûr. Au point que je n'ai lu ce poème que parce-que bzzzAnnickbzzz (bzzz= je brouille pour qu'on ne puisse pas lire son prénom, tu sais comme elle tient à son anonymat) m'a dit : tu ne crois pas que tu devrais lire ce poème ? Enfin, elle a dit quelque chose comme ça. Et bien sûr, là, je n'ai plus pu me défiler, genre '"je le lirai la prochaine fois". Oui, je crains la mort. Je ne suis pas encore philosophe.
Commentaire n°4 posté par Frifri Bicotin le 18/05/2006 à 23h49
tu es bien philosophe, no problemo
mais tu as peur de la mort
quoi de plus naturel
bon je m'en vais 3 jours chez Mickey faire de la dermato
je vais voir si mickey a des verrues
j'en profiterai pour examiner Minnie aussi ;-)
Commentaire n°5 posté par frenchpeterpan le 19/05/2006 à 07h20
trés bel article ...j'ai bcp aimé...
bonne soirée à bientot
Commentaire n°6 posté par linda le 22/05/2006 à 19h16

 


j'ai également découvert l'écrivain récemment, fin juin.


Il m'a accompagné pendant deux semaines en république d'Irlande; quelle bonne compagnie!


Du coup, j'avais déposé ceci, sur une toile :


 


A la mémoire de W.B.Yeats


(mort en janvier 1939)


 


I


 


 


Il disparut au plein coeur de l'hiver:


Les ruisseaux étaient gelés, les aérodromes presque vides


Et la neige défigurait les statues municipales;


Le mercure tomba dans la bouche du jour mourant.


Les instruments dont nous disposons conviennent


Que le jour de sa mort fut un jour sombre et froid .


 


Loin de sa maladie


Les loups couraient toujours au milieu des sapins,


La rivière rustique dédaignait les quais élégants,


Les langues affligées


Cachèrent la mort du poète à ses poèmes.


 


Mais pour lui, ce fut le dernier après-midi où il était lui-même,


Un après-midi d'infirmières et de rumeurs;


Les provinces de son corps se révoltaient,


Les places de son esprit étaient vides,


Le silence envahit les faubourgs,


Le courant de ses sensations fut coupé; il devint ses admirateurs.


 


Le voilà dispersé à travers une centaine de villes


Et livré tout entier à d'insolites affections,


Il lui faut chercher son bonheur dans une autre sorte de bois,


Être puni selon un code de conscience étranger.


Les paroles d'un homme mort


Se modifient dans les entrailles des vivants.


 


Mais dans la prétention et le bruit de demain,


Quand les courtiers hurleront comme des bêtes sur le plancher de la Bourse,


Que les pauvres souffriront comme ils y sont accoutumés,


Et que chacun, dans la cellule de lui-même, sera presque convaincu de sa liberté,


Quelques milliers d'hommes penseront à ce jour-là


Comme à l'un de ces jours, où l'on fit quelque chose d'un peu inhabituel.


Les instruments dont nous disposons conviennent


Que le jour de sa mort fut un jour sombre et froid.


 


 


II


 


Vous étiez absurde comme nous; votre don survécut à tout:


La paroisse des femmes riches, la déchéance physique,


Vous-même. L'Irlande folle en vous blessant vous fit poète.


Aujourd'hui, l'Irlande a toujours sa folie et son climat,


Car la poésie ne fait rien arriver: elle survit


Dans la vallée qu'elle a créée, où les chefs d'entreprise


N'auraient aucune envie de s'ingérer, elle s'écoule vers le sud,


Hors des ranchs de l'isolement et des chagrins actifs,


Villes rudes auxquelles nous croyons, où nous mourons, elle survit


Comme une façon d'exister, comme une bouche.


 


 


III


 


Reçois, Terre, un hôte honoré:


William Yeats va pouvoir dormir.


Que le vase irlandais repose,


Vidé de sa poésie.


 


Dans le cauchemar des ténèbres


Tous les chiens de l'Europe aboient,


Les nations vivantes attendent,


Chacune enfermée dans leur haine;


 


Une disgrâce de l'esprit


Se lit sur chaque face humaine,


Et des océans de pitié


Sont enclos, glacés, dans chaque oeil.


 


Va, poète, descends tout droit


Jusqu'au plus profond de la nuit,


Que ta voix qui nous laisse libres


Nous invite à nous réjouir.


 


Que la culture d'un beau vers


Fasse du juron un vignoble,


Chante les insuccès de l'homme


Dans une extase de détresse.


 


Fais, dans les déserts de son coeur,


Jaillir la source guérisseuse,


Dans la prison de ses journées


Instruis l'homme libre à louer.


 


Wystan Hugh Auden


 


in "Poésies choisies"


traduction de Jean Lambert


 


nrf


ISBN 2-07-031737-4



 



jl

Commentaire n°7 posté par cão le 15/08/2006 à 14h54
parfait effectivement
du coup on a l'impression que funeral blues est une sorte de raccourci ou de résumé ?
merci pour ce texte
Commentaire n°8 posté par frenchpeterpan le 15/08/2006 à 15h17
j'adhère davantage aux sonorités de la troisième version. Les mots sont rythme et force. Un seul bémol, le son du piano : je préférais "faire taire les pianos" de la seconde... un piano étouffé doit trop souffrir.
Commentaire n°9 posté par benoite le 15/09/2007 à 17h52

Du point de vue de la traductrice professionnelle quej e suis, la seconde traduction est de très loin la meilleure. Elle respecte l'esprit du texte et restitue bien sa tension .Pourquoi ne pas tenter une 3ème traduction qui aurait les qualités poétiques de l'une  et la fidélité de l'autre. Ceci dit, en matière de traduction littéraire, connaissez-vous l'adage ?


"Aussi fidèle que possible, aussi libre que nécessaire..."

Commentaire n°10 posté par Sabouret le 13/09/2007 à 19h04
merci clem et sabouret
oui traduire n'est pas aisé
et cette langue anglaise si concise n'arrange rien
:-)
Commentaire n°11 posté par marc le 13/09/2007 à 20h49

voilà très rapidement ce que je propose. Qu'en pensez-vous ?


 


Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,


Pouvu qu'il n'aboie point, jetez un os au chien


Ettouffez les pianos et qu'un tambour voilé


Au sortir du cercueil, accompagne le deuil.


 


Que les avions décrivent des cercles en gémissant


Et tracent dans le ciel ces trois mots : il est mort


Nouez un crêpe au cou des oiseaux blancs


Ajoutez des gants noirs aux tenues des agents


 


Cétait mon nord, mon sud, l'orient et l'occident


Mon travail en semaine, mon repos du dimanche


Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant


Je pensais que jamais l'amour ne finirait ; j'avais tort


 


Etoiles, disparaissez, qu'il n'en reste plus une


Démontez le soleil et remballez la lune


Asséchez l'océan, balayez les forêts


Car rein de bon ne peut advenir désormais.


 


 

Commentaire n°12 posté par sabouret le 13/09/2007 à 20h59
et HOP / Mis en ligne :-)
voilà 3 choix maintenant  :-)
merci à toi
Commentaire n°13 posté par frenchpeterpan le 15/09/2007 à 14h18
La comparaison de ces trois traductions - entre elles, et avec l'original - est passionnante.
J'espère, Marc, que tu renouvèleras l'expérience.
Commentaire n°14 posté par Pierre le 20/09/2007 à 17h16
J'aime beaucoup le poème en version originale, mais niveau traduction je préfère la première. Ok la deuxième est plus poétique mais elle change un peu trop l'idée de départ, et c'est dommage de devoir en arriver là juste pour pouvoir garder les rimes en version française. Donc tant pis pour les belles tournures en rimes, mais je pense que ça doit être possible de faire une traduction poétique sans trop changer le sens.
Commentaire n°15 posté par clem le 14/02/2007 à 22h57
Bonjour,

ma Mère a l'intention de lire la version française (la troisième, sans doute) de ce poème à l'enterrement de mon Père. Mais j'ai découvert (sur Wikipedia) qu'il avait été écrit pour être chanté. Il doit donc exister quelque part une portée. Sauriez-vous où la trouver ?

Merci de votre aide,
Guillaume
Commentaire n°16 posté par Guillaume le 18/02/2008 à 12h53
bonjour ! je rentre tout juste de congés pour découvrir votre mail je ne connais pas la chanson il faudrait je pense chercher avec google et en anglais "portée" se dit "stave" je crois bien à vous et mes condoléances sincères pour votre papa
Commentaire n°17 posté par marc le 24/02/2008 à 12h47
merci pour ce bel effort. je cherchais une belle traduction pour transmettre ce poéme.
et j'apprecie tout particulierement ces comparaisons de traductions, et leurs subtilites
Commentaire n°18 posté par louise le 13/05/2008 à 14h59
Seule la seconde traduction est à la hauteur du texte original. La première semble avoir été faite par un traducteur automatique,et la dernière est acceptable mais bien moins réussie que la seconde
Commentaire n°19 posté par alex le 27/05/2008 à 22h30
non :-)
ce n'est pas un traducteur automatique, mais bien le traducteur des éditions Chritian Bourgeois, qui sont classiquement des éditeurs de qualité :-) 
Commentaire n°20 posté par marc le 28/05/2008 à 13h15
Bonjour, ma traduction préférée est la troisième. Pourquoi, parce que je trouve que les mots sonnent plus juste.
Puis-je mettre votre lien sur mon site pour que les gens puissent voir les trois traductions ?
Bonne journée, claude.

Les chiffres sont difficiles à recopier, je viens de me tromper deux fois, et j'ai une bonne vue ;o), je travaille avec des aveugles et mal voyants, et je me demande comment ils font pour pouvoir laisser des commentaires sur les blogs.
Commentaire n°21 posté par Claude le 04/06/2008 à 08h04
:-)
oui vous pouvez bien sûr :-)
laisser l'adresse de votre site itou
bien cordialement / Merci / Marco 
Commentaire n°22 posté par marc le 04/06/2008 à 08h54
Je vous remercie. mon blog (je débute...) http://jeanlau.canalblog.com
Commentaire n°23 posté par Claude le 12/06/2008 à 13h39
Je suis très surprise de voir que la deuxième traduction soit ainsi plébiscitée ; en ce qui me concerne, la première seule me semble fidèle.
D'abord, l'impératif ("arrête les horloges") me paraît correspondre davantage que l'infinitif à l'esprit du texte ; ensuite, il est évident qu'il s'agit de faire taire le chien en lui jetant un os, et non faire taire le chien qui, par hasard, avait un os qui traînait là ...
Par ailleurs, traduire east et west par orient et occident fait certes plus poétique, mais n'est-ce pas justement les termes est et ouest, qui par la banalité de leur usage, renvoient à la terrible banalité de la mort ? C'est ce que semble penser Auden, en tout cas.
Seule la sécheresse de "Mon travail, mon repos ..." me gêne ; mais la "... sieste du dimanche ..." laisse une impression de légèreté qui n'est pas de mise. Pourquoi pas, tout simplement, "ma semaine de travail, mon repos du dimanche " ?
Commentaire n°24 posté par Patricia le 19/06/2008 à 00h11
bonnes remarques Patricia !
difficile ,n'est-ce pas ces traductions ?  
Commentaire n°25 posté par marc le 19/06/2008 à 13h07
Bonjour ou bonsoir,

Je ne suis pas traducteur mais seulement admirateur de ce texte qui est certainement l'un des plus beaux et des plus tristes qu'il m'ait été donné d'entendre, à ce jour. Je l'ai découvert, comme beaucoup, grâce au film "4 mariages et un enterrement" dans lequel ce texte a réussi à donner une dimension incroyablement dramatique  à la scène de l'enterrement. D'ailleurs, lors de sa projection en salles,  je me souviens que tous les spectateurs, pourtant hilares à l'occasion des scènes précédentes, se sont subitement tus et beaucoup furent bouleversés par cette scène et ce texte qui exprime tellement bien ce que l'on peut ressentir à la mort d'un être cher.

Pour ma part, je préfère la seconde version (celle du film).
Commentaire n°26 posté par Thierry le 17/08/2008 à 23h44
je préfère l'avant-dernière bien que je pense que c'est la deuxième personne du pluriel qui devrait être utilisée et pas l'infinitif.

très beau poème.
Commentaire n°27 posté par judith le 13/09/2008 à 20h55
ce poème est tout simplement stéréotypé, ampoulé, bref : nul!

c'est pas possible, il a dû en faire de mieux????
connu comme il est!!!
Commentaire n°28 posté par gabriel le 10/10/2008 à 23h51
non défintivement!!

son poème dédié à YEATS est tout aussi nul...

...aussi nul que du NERUDA!!

le style en est le même : pas une image, pas une pensée, une boursouflure...
Commentaire n°29 posté par gabriel le 10/10/2008 à 23h57
tu es sévère !!  :-)
quel type de poésie aimes tu ?
marco fan de Neruda et de Auden (entre autres) 
j'aime - en particulier - leur lyrisme 
Commentaire n°30 posté par m a r c le 11/10/2008 à 08h40

j'adore Philippe Jacottet, yves bonnefoy, Salah Stétié (libanais qui écrit en français et ami de bonnefoy), Celan, Supervielle, Ricardo Paseyro (qui a été secrétaire de Neruda et qui l'a descendu en flèches)!!!

question poètes "nobelisés", y en a un que j'adore et qui est selon moi un des meilleurs : Iossip Brodsky qui a été ds un goulag et a fuit le régime Stalinien tant adoré par Neruda et Aragon!!

la poésie est bien sûr une question de sensibilité (c'est une évidence) mais c'est bel et bien une question de travail : chaque mot compte et doit être à-propos!

Commentaire n°31 posté par gabriel le 11/10/2008 à 10h56
j'aime ceux que tu cites, je ne connais pas Stetié ni Paseyro et mal Brodsky
j'ai découvert Vladimir Holan grâce à Nicolas Bouvier c'était un ami de Brodsky

après je ne sais pas ce que veut dire le mot "travail" en poésie, tu as sans doute raison par contre : chaque mot compte, c'est bien pour ça qu'on croule sous la mauvaise poésie (la mienne y comprise) :-)

IL faut aussi remettre dans le contexte historique tous ces écrivains qui aimaient l'URSS ou la Chine de Mao, ils étaient sincères je pense, ou comme la femme de Mitterand qui va serrer la pince à Fidel
ils se trompent mais ils sont sincères

mes poètes préférés sont Michaux,  Aragon, Mallarmé, Eluard, Apollinaire, et beaucoup de dadaistes et de surréalistes (quelle époque ce fut !)

tu me conseilles des titres de Brodsky, Stétié, Paseyro ?

merci pour tes remarques ! 
Commentaire n°32 posté par m a r c le 11/10/2008 à 15h45

je n'ai aucune prétention à m'improviser professeur mais je veux bien partager mon point de vue (sans excitation cette fois-ci, c'est promis) sur un sujet que je considère fondamental - primordial même - et, vu l'évolution du monde, de plus en plus dévoyé!!

mais, concernant la politique, la poésie n'a (selon moi) rien à y faire : la poésie est personnelle ; elle est toute introspective (et c'est pour ça que même si Garcia-Lorca était communiste, le peu que j'en ai lu - 5, 6 poèmes - me plaît beaucoup car il va à fond dans l'imagination - il "creuse le vers" comme a dit en son temps Mallarmé touchant lui-même).

Stétié, que j'ai étudié a dit (oublié où) : "toute poésie est métaphysique"! je crois effectivement cela essentiel.

Je crois que la poésie, comme telle, ne peut pas être idéologique : elle a un fondement sacré (je cite Bonnefoy, "la poésie a à voir avec le sacré...et elle a à s'y opposer - mais la question reste là, en suspens, qui rend le mystère qu'enlèverait toute idéologie prosaïque).
par exemple, Mallarmé (génial) était surnommé "l'anarchiste blanc" non tant qu'il fusse de quelque groupuscule politique mais parce qu'au contraire, il ne voulait rien tant qu'être en paix et étudier (de plus, il avait une villégiature avec d'autres artistes).

tu vois, tu me parles de Holan que je connais pas du tout!
je vais aller voir comme ça!

pour Brodsky, il y a peu de traductions (attention : il y en a de biens et des nulles aussi) : "Vertumne et autres poèmes" (coll. poésie du monde entier chez Gallimard) ou "poèmes, 1961-1987" (même coll.) ou "collines et autres poèmes" (mais rare je pense).

pour Stétié, par exemple, "Fiançailles de la fraîcheur" (Imprimerie Nationale, coll. La Salamandre), "L'Être poupée" (gallimard) etc.

Pour paseyro, pas de titre en tête, mais la revue Nunc (éd. de corlevour) a fait un numéro sur lui dans le numéro dont le titre est "Nunc, revue charnelle 5" (avril 2004).
et sa vision très exigente de la poésie m'a tout de suite séduit (et vu ses poèmes, il peut se permettre son exigence.

allez, stop, j'arrête ma logorrhée sinon c'est un sujet sur lequel je déblatère à n'en plus finir! :-)

Commentaire n°33 posté par gabriel le 11/10/2008 à 18h47
non au contraire, n'arrête pas !
:-)
j'ai si peu de commentaires comme le tien que parfois je me demande à quoi ça sert de faire un blog où je parle de mes poètes préférés

que penses tu d'ailleurs de ma section "poèmes et poètes préférés" ?

merci pour les références je vais commander cela chez ma libraire préférée 

bien sûr que la poésie est métaphysique
elle est faite aussi (à mon sens) pour être lue à haute voix
et elle me nourrit depuis tant d'années, je pourrai me passer de romans, pas de poésies...

Mallarmé c'est beau, mais diablement difficile si tu le lis en toi, si tu le lis à haute voix, ça semble différent, ça te pénètre mieux :-)

que penses tu aussi de la poésie de jacques Bertin ?
ce contemporain chanteur compositeur interprète, que penses tu de cette poésie-là? 
bien à toi
marco

ps : tu as mon adresse mail sur la boite à lettres en page d'accueil
 
Commentaire n°34 posté par m a r c le 11/10/2008 à 19h28
pour Michaux, nul travail en poésie :-)

Je ne sais pas faire des poèmes, ne me considère pas comme un poète, ne trouve pas particulièrement de la poésie dans les poèmes et ne suis pas le premier à le dire. La poésie qu'elle soit transport, invention ou musique est toujours un impondérable qui peut se trouver dans n'importe quel genre, soudain élargissement du monde. Sa densité peut être bien plus forte dans un tableau, une photographie, une cabane. Ce qui irrite et gêne dans les poèmes, c'est le narcissisme, le quiétisme (deux culs de sac) et l'attendrissement assomant sur ses propres sentiments. Je finis par le pire : le côté délibéré. Or, la poésie est un cadeau de la nature, une grâce, pas un travail. La seule ambition de faire un poème suffit à le tuer. "

Henri Michaux 
Commentaire n°35 posté par m a r c le 12/10/2008 à 11h31
J'avais découvert ce poème dans sa version originale en lisant une nouvelle qu'une amie d'angleterre avait écrit sur le sujet du deuil. Elle n'était pas dénuée de talent, et avait très bien placé ce poème qui formait une sorte d'appogée dans l'histoire. J'en ai pleuré.
Depuis, j'ai cherché à la traduire, sans arriver à rien. Des trois choix, je ne choisi aucun. Les premier et le troisième sont très fidèles, et pas mauvaise du tout, mais il aurait fallu les superposer. Il ya de très bon éléments dans ces deux options. Le pluriel dans la troisième -les première et quatrième strophe sont excellentes. Dans la prmière version, les deux strophes du milieu sont bonnes, mais c'est trop traduit mots à mots, ce qui tue un peu le rythme. La deuxième version est tout simplement trop 'conventionnelle'; Auden étant un poête très moderne.On y a trop recherché la rime et la syntaxe est presque celle d'un poème de l'époque romantique.
Cependant, je dois avouer que depuis quelques mois, je me demande si traduire de la poésie a vraiment un sens. Je veux dire, l'un d'entre vous a-t-il déjà lu ce que l'anglais a fait de Verlaine, Rimbaud, Apollinaire, Aragon, Ronsard ou plus classiquement, Victor Hugo? Je ne dis pas cela par mépris, mais par pure sensibilité de quelqu'un qui aime bien lire mais n'y connait rien. D'accord la poésie est une affaire de mots, de rythme et de littérature, mais elle est surtout, comme le dit Gabriel dans la message du 11/10/08, très personnelle, presque privée. En cela, on peut comprendre que la langue maternelle et de l'écrivain et du lecteur est primordiale. L'attachement que nous avons à notre langue, la connaissance intime que nous en avons (que nous soyons un grand expert en lettre ou non) nous amène à percevoir un texte différemment pour chacun. Même la meilleure traduction du monde de ce poême n'arriverait sans doute pas à la cheville de l'original, tout simplement parce qu'il n'a pas été écrit pour être en français. (ou en n'importe quelle autre langue). Il a été écrit en anglais. Pour ma part, je lis l'anglais aussi bien que le français, et suis mal à l'aise que ce soit face à une traduction de poèmes de l'anglais au français ou du français à l'anglais. Et je suis sûre que c'est la même chose pour toute les poésies du monde, ce qui me motive beaucoup pour apprendre l'allemand.

Merci de l'avoir mit en ligne en tout cas
Tozi
Commentaire n°36 posté par Tozi le 03/05/2009 à 17h32
oui bien sûr chacun sait que vous avez raison
mais il faut bien lire les poèmes de Pessoa, Goethe, Brodsky, Pasternak, Pavese, Lorca ou Pinter
et donc les traduire
on ne va pas réserver la lecture aux rares privilégiés qui ont la chance ou le talent de pouvoir lire en VO 
je pense qu'il existe des traducteurs de talent qui sauront restituer la beauté du texte original
Armand Robin qui maitrisait une 30 de langues était de ceux là, il traduisait tellement bien qu'elsa Triolet le lui reprochât ! estimant même que les poèmes de Maiäkovski étaient mieux en français qu'en russe (!!!)  :-)
merci de votre passage 
Commentaire n°37 posté par marc le 09/05/2009 à 18h16
Je dirais l'orthographe d'une médiocrité plus que pitoyable.
Enfin bref, ce poème est tout simplement MAGNIFIQUE.
Au revoir,
Commentaire n°38 posté par Sacha le 28/10/2009 à 00h26
le coeur se remplit de peine à partir d'arrêter les horloges, coupe le téléphone, plus d'étoile, emballe la lune, démonte le soleil, vide l'océan et ba;laie le bois, pur moi c'est la fin, le néant, le chagrin, le monde n'existe plus quand tu perds la personne que tu aimes le plus au monde; même de nos jours ça peut arriver et pourtant la société a bien changé, voilà c'est ma façon de comprendre ce magnifique texte
Commentaire n°39 posté par lulu le 23/12/2009 à 01h44
J'ai aussi découvert ce poème dans 4 mariages 1 enterrement, et, chaque fois, il me fait pleurer.

Ma version préférée est évidemment la deuxième car c'est celle du film, donc celle qui porte le plus d'émotion pour moi, vu que je le lis en entendant la voix du personnage.
Cependant je l'avais entendue avec un impératif à la deuxieme personne du pluriel " Arrétez les pendules" comme dans la troisième version.
Cette dernière me dérange pour le "orient" et "occident".
Pour l'os du chien, je suis plutot d'accord avec le fait qu'on lui jette un os POUR LE FAIRE TAIRE.
Ensuite, une chose me gène dans TOUTES les versions : De ce que j'en sais, "dove" veux dire "tourterelle"  et les traductions le change en "pigeon" ( beaucoup moins poétique ), "oiseau" ( là aussi ça pert son sens) ou "monument ( ???). En bref, les tourterelles ont toute une signification d'amour que l'on ne trouve pas là !

En conclusion je pense que c'est à chacun de se faire sa propre traduction à partir des trois... Et de s'arranger pour essayer de garder des rimes, c'est quand même plus beau...
Commentaire n°40 posté par Annette le 24/12/2009 à 13h28
Merci pour FUNERAL BLUES.
Votre site est super.

Commentaire n°41 posté par José le 15/01/2010 à 15h49
m e r c i
Commentaire n°42 posté par marc le 15/01/2010 à 21h59
Je préfère celle-ci trouvée sur le net à la deuxième. Elle est beaucoup plus forte parce que les verbes y sont conjugués à l'impératif.

Voici le site en V.O. où ce poème est récité :

http://www.youtube.com/watch?v=b_a-eXIoyYA


Merci et félicitations.

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone
Empêchez le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne
Faites taire les pianos et sans roulements de tambour
Sortez le cercueil avant la fin du jour

Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent dans le ciel ces trois mots : il est mort
Nouez des voiles noirs aux colonnes des édifices
Gantez de noir les mains des agents de police

Il était mon nord, mon sud, mon est, mon ouest
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson
Je croyais que l'amour jamais ne finirait : j'avais tort

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Démontez la lune et le soleil
Videz l'océan, arrachez les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais
Commentaire n°43 posté par Delière Alain le 25/02/2010 à 07h50

Plus je lis ce poème et plus je le trouve d'une beauté rare et d'une simplicité sans nom. Il me donnera sans doute pour toujours les frissons et me prendra toujours aux tripes. Déclamé dans four weddings and one funeral, l'on ne peut s'empêcher d'avoir les larmes aux yeux.

Merci de m'avoir fait redécouvrir ce poème.

Commentaire n°44 posté par Cécile le 23/04/2010 à 20h00

J'aime aussi beaucoup ce poème et son interprétation dans le film... (j'aime beaucoup le film de toutes façons)

J'ai tenté une traduction mixte, et plus proche de mes goûts, et plus proche du texte original aussi.

Bref, c'est à voir ici : http://divertimento.blogspot.com/2010/05/funeral-blues.html

Commentaire n°45 posté par pom le 08/05/2010 à 15h29

J'en ai une autre version, si ça t'intéresse, je l'ai eu dans "Boomerang" de Tatiana de Rosnay:

 

"Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,

Empêchez le chien d'aboyer pour l'os que je lui donnes,

Faites taire les pianos et sans roulement de tambour,

Sortez le cercueil avant la fin du jour.



Elle était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,

Ma semaine de travil, mon dimanche de siest,

Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson,

Je croyais que l'amitié jamais ne finirait, j'avais tort.



Que les étoiles se retirent, qu'on les balayent;

Démontez la lune, et le soleil;

Videz l'océan,, arrachez la forêt;

Car rien de bon ne peut advenir désormais."

 

Commentaire n°46 posté par *** le 09/08/2010 à 16h11

Je crois me souvenir que la bande sonore en français du film donne une traduction plus habile et mieux rythmée.

Commentaire n°47 posté par Jeff le 12/11/2010 à 23h57

Cet article me met devant une belle expérience de la traduction (4versions).Elles sont toutes plutot fidèles mais certaines l'emportent par le souci de garder la poéticité du texte original.

 Comme je pratique la traduction de l'arabe au français ,souvent je m'applique à e^tre fidèle au maximum. Le maximum, c'est la phase ultime qui doit se soucier de l'esthétique poétique. C'est ce qui fait de la traduction de la poésie une tâche délicate.

 

Commentaire n°48 posté par Samia Lamine le 20/12/2010 à 20h02

J'ai essayé une mouture à ma façon...

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone, 
Faites taire le chien d’un os gras qu’on lui donne, 
Silence les pianos ! Sourdine, les tambours 
Pour sortir le cercueil entre tout ces cœurs lourds..

Que les aéroplanes voltigeant au dehors 
dessinent ces trois mot : Il Est Mort. 
Mettez du crêpe noir aux cous blancs des pigeons, 
aux mains des policiers des gants noirs en coton.


Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest, 
ma semaine affairée, mon dimanche de sieste, 
mon midi, mon minuit, mes mots et ma chanson. 
Je pensais que l'amour ne finirait jamais : eh bien non. 

Plus besoin des étoiles et que, tous, ils s’en aillent 
envelopper la lune, démonter le soleil 
assécher l'océan, arracher les forêts 
car ici rien d’heureux n’adviendra plus jamais.

Commentaire n°49 posté par Perret Yves le 30/01/2011 à 20h36

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