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"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /2009 11:39

L’ami Alain est donc parti
Faire la cour à des murènes
Il est parti « faire le mort »
On sait que cela ne durera pas

Celui qui avait réussi à rejoindre
Le grand Gainsbourg dans le maniement des mots
Les mélodies riches et des interprétations sans faille
Et même dans la dégaine

Fatigué, nous sentions tous que le bout du chemin était proche
Transfusé, pour pouvoir venir recevoir ses prix – comme un enfant –
Qu’il fut toujours
Il avait quand même gardé son regard chaleureux et sa voix  puissante

C’est fini, donc, ces mots que lui seul possédait
Ces jeux de mots et de maux rien qu’à lui
Ses hésitations, ses peurs, ses amantes
La mort est venue nous rafler tout cela d’un coup en prévenant cependant
« Bleu pétrole » fut donc le dernier champ dans son expérimentation
il est ainsi parti voyager « en solitaire »
et ma main est tendue pour lui
et j’ai mal comme pour Ferré et Nougaro
ces chants qui seront maintenant du « passé »
ce climax à la fois apogée et orgasme
qu’il désirait et recherchait en tout
va mon ami va visiter tes sirènes et sauter à l’élastique
« à l’envers » dans les nuages
tu remonteras ainsi vers le soleil,
ton frère,
ton ami

tu as besoin de chaud


bien à toi / Marc /




La nuit je mens

On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques

J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née

A la station balnéaire
Tu t’es pas fait prier
J’étais gant de crin, geyser
Pour un peu je trempais
Histoire d’eau

La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains

J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho

J’ai fait la saison
Dans cette boite crânienne
Tes pensées je les faisais miennes
T’accaparer seulement t’accaparer

D’estrade en estrade
J’ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose

Un jour au cirque
Un autre à chercher à te plaire
Dresseur de toutous
Dynamiteurs d’aqueducs

La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Effrontément

J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho

On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques

J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née

La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains

J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho

La nuit je mens…


Texte Alain Bashung/Jean Fauque 1998

Vidéo en public de "la nuit je mens" / cliquez sur l'image

" Ce qui me stimule, c'est de ne pas trop savoir où je vais..."
Alain Bashung 2005

Par frenchpeterpan - Publié dans : chanson poétique
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Commentaires

Il est parti...On s'y attendait bien sûr, mais ça secoue quand même, ça fait mal, l'absence soudaine de ce sacré bougre là. Aimer Bashung, ça ne s'explique pas, ça se vit et ça se partage.
Bien à toi dans cette tristesse que chacun vit à sa manière , dans son propre univers,  mais qui quelque part crée un lien, une appartenance commune entre tous ceux qui aujourd'hui se sentent réellemnt désemparés par ce départ là.
Commentaire n°1 posté par tissiane le 15/03/2009 à 19h28
Bonjour Marc, tu lui rends un bel hommage, il va manquer à beaucoup, et surtout je pense à cette génération qui avait 20 ans dans les années 80. Lorsque j'ai appris son décès, j'ai eu le sentiment d'une grande tristesse, n'avons-nous pas grandi avec lui ?! 
 à bientôt,
claude
Commentaire n°2 posté par Claude le 16/03/2009 à 08h09
oui on avait à peine 20 ans quand il a commencé à être connu et on a suivit sa carrière avec interêt avec toujours le souvenir de son OH GABY qui à "bercé" nos année lycée !

l'apothéose pour moi avec bleu pétrole sans oublié celui d'avant aussi qui marquait pour moi un tournant vers l'âge mur.
bel hommage que tu lui rends ici.
Commentaire n°3 posté par cocole le 20/03/2009 à 11h52

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