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"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 14:26
à la terrasse du café, tu fis voler soudainement tes robes comme des cerfs-volants,
(tu riais très fort)
chacune donnait dans le soleil des éclats cuivrés ;
puis tes jambes partirent comme des fusées ou des ballons remplis d’air et subitement  lâchés et décrivirent d’agréables courbes et formes de lampions, la soie et l’acrylique et le nylon soyeux des collants ou bas irisaient et restituaient toutes les couleurs de l’alphabet ;
puis ton buste qui se divisa en autant de photographies gélatino-argentiques noir et blanc et en différentes tailles, et mat ou brillant, parfois on avait même l’impression d’un côté « relief », on cherchait à toucher ta poitrine ;
et tes fesses montèrent au ciel comme deux lunes amies et complémentaires, ton sexe enfin partit en rigolant et en râlant tout en même temps, barbotant sur ses deux petites lèvres comme le bec d’un oiseau ;
puis ce fut « toi-même » qui t’élança, petit bout de femme bien vivante, tu courrais sur les toits sensiblement nue et décalée, cherchant tes morceaux épars et sautillant comme une super balle élastique qu’on ne peut contrôler ; tous les spectateurs se tordaient le cou pour suivre tes circonvolutions et clignaient des yeux à cause des violents effets de lumière que tu produisais.

Nous venions donc de terminer nos échanges verbaux, j’étais gêné car tout le monde me regardait, je touillais mon café que je prends sans sucre pourtant, et j’essayais en vain un sourire circonspect et circonstanciel. Puis le monde reprit sa route et tu partis dans la rue balançant tes hanches comme un moteur amical. Les toits reprirent allures humaines sous le soleil rouge.


oeuvre photographique de Pierre Molinier
Par frenchpeterpan - Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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Commentaires

Il s'en passe des choses fabuleuses sous le Soleil Rouge :)

 amicalement

M.

Commentaire n°1 posté par if6 le 22/02/2011 à 16h12

oui à Aix les toits sont rouges très chauds

:-)

amitiés itou

Commentaire n°2 posté par frenchpeterpan le 22/02/2011 à 19h40

Pas très raisonnable tout ça... Des fesses, de la poitrine, c'est leste !

Toute la difficulté d'un poème réside dans sa justesse; c'est si dur , si dur d'être juste, il n'est rien de plus dur.

Pour ma part  j'essaie de m'inscrire dans la pratique taoiste du non agir : le poeme non fruit d'une intention, d'un programme, mais d'un élan soudain qui nous dicte (ça nous dit d'écrire)  et dont nous arrangeons ensuite la forme parce que "ça" n'est presque jamais infaillible.

il faut que le poème puisse avoir sa vie autonome, qu'il paraisse évident, comme si on l'avait déterré et qu'il avait toujours existé;

 citation cruelle mais juste :

"ce qui est gratuit pue le gratuit" (Céline)

"sans rien en lui qui pèse et qui pose" "qu'il soit la chose envolée" (Verlaine)

"du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas"

 

Commentaire n°3 posté par GU BYUNG PIL le 25/02/2011 à 15h35

cher ami, 

1- ce texte n'est pas un poème, ou du moins je ne l'ai pas écrit dans ce sens

2- je ne sais toujours pas ce qu'est un poème malgré mon âge avancé et les quelques centaines de livres de poésie possédées

3- je ne me considère pas comme un poète, mais comme quelqu'un qui aime écrire, c'est pourquoi ce qui est appelé "poèmes" est mis entre guillemets

4- j'ai bien conscience de mes lacunes, ce n'est pas la peine de me mettre du Céline ou du Verlaine pour me le dire / lol /

5- je n'ai fait aucune étude littéraire, mais scientifique, ce qui peut expliquer certaines choses

6- et merci de ton passage car je manque cruellement de commentaires

7- enfin beaucoup d'écrits de Céline puent sacrément bien, peut être lui aussi aurait il dû se relire lui aussi... mais ça c'est un autre débat...

8- sur ce je pars 5 jours à Rome, car veinard, je suis... :-)

Commentaire n°4 posté par frenchpeterpan le 26/02/2011 à 10h54

1) Je n'ai pas rédigé ce commentaire dans un but agressif, soyez en assuré, eheh Nous sommes sur le chemin, pas évident, n'est ce pas. Je pense que chaque homme est potentiellement capable d'écrire un bon poème. Peut être pas 10, pas 100, mais 1 c'est possible.

2) je ne dis pas que ce texte est médiocre, il est intéressant au contraire, quelques correspondances sont bien trouvées (voir ce que dit Reverdy dans un court essai publié chez Poésie gallimard, dont j'ai oublié le nom, où il expose sa fameuse théorie du rapprochement des réalités éloignées, et son constructivisme poétique)

3) Céline a le droit d'avoir laissé échapper de son stylo des choses de peu d'intérêt, puisqu'il a écrit le voyage, mort à crédit et nord qui sont des chefs d'oeuvre absolus ;)

4) J'adore votre site, pour moi c'est un site frère, même si nos goûts peuvent diverger. Je vous remercie vraiment de vous être lancé là dedans (et je vous dois la découverte de sabine sicaud !) et je vous encourage à poursuivre l'aventure !

5) Excellent voyage à Rome !

Commentaire n°5 posté par GU BYUNG PIL le 26/02/2011 à 12h01

no problemo

camarade

oui moi aussi je suis attiré par le tao et le zazen

mais dans ce monde actuel, c'est difficile

aux multiples lectures de Céline, je suis mi figue mi raisin, un très grand certes, parfois le lire m'ennuie : trop haché, trop heurté, trop moderne (?), je préfère Camus de très loin pour donner un exemple (en général ceux qui aiment Céline haïssent Camus et lycée de Versailles, car ils sont aux antipodes)

je n'ai pas lu Nord encore

bien à toi / marco

oui nous sommes frères de blog, pas de soucis

Commentaire n°6 posté par frenchpeterpan le 26/02/2011 à 14h46

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