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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 14:47
    C’est parti.
L’aliscafe fonce, écumant.
Milazzo, derrière, disparaît, Sicile bruyante. Les îles éoliennes sont là, à venir.
Et me voilà, encore, revenu en arrière, seul cette fois ci. Dans ce passé. Passé à qui, souvent, j’ai dû la survie. Mes souvenirs me nourrissent et m’abreuvent. Tristes ou gais, ils sont vivants éternellement. Des moteurs.
    Ca secoue sec, j’aurais dû prendre le ferry plus lent, mon romantisme inné en serait resté intact.
La mer Méditerranée est plate, bleue.




    Voilà bientôt le volcan jaune dessiné nettement et quelques fumerolles, le ciel est sans nuage. J’avais toujours dit que je reviendrais et m’y voilà. Certes pas dans les conditions espérées jadis.

    On laisse Vulcano, Lipari est déjà là. Son petit port de rêve, tout ce monde à la Pagnol. Son château fortifié qui domine.
    Je reconnais la placette et les deux églises et cette allure perpétuelle, typique de petit village italien. Son animation. Je me souviens bien d’un petit café – le premier – où nous nous étions assis, fatigués, émerveillés d’être aux iles éoliennes. Le petit garage où nous avions loué une Vespa était tout près. L’hôtel avec le toit terrasse où le soir nous déambulions, dominant la ville en dessous. La petite ville semble n’avoir guère changé. Davantage de voitures peut-être. Du bruit toujours. Encore plus de modernité.
    Aujourd’hui je choisirai la marche. La marche est mieux pour se souvenir.

    Les carrières de pierre ponce et la plage à Canneto. Son sable noir, bizarre et tes rires en te baignant. A ce moment notre couple ne tenait que par ce jeune fœtus que tu portais en ton ventre. Tu étais heureuse, tu n’avais pas la suffisance des femmes engrossées. Tu vivais ça comme une nouvelle aventure. Ta joie me nourrissait, m’abreuvait. Nous avions ri aussi dans les bains laiteux de boue, hésitant à jouer aux touristes, et puis finalement nous nous étions délectés de cette chaleur du sol et de la mer.

    Volontiers je regrimperai le Vulcano ; je me souviens de ces cristaux de soufre à fleur de terre. En paillettes. Et là-haut les fumerolles, odeur d’œuf pourri, la chaleur que le sol dégageait. Je courrais entre ces failles où le soufre se cristallisait.

    Dans la montée, une mamma t’avait alpaguée et houspillée. Comment ! une jeune touriste française enceinte qui grimpe ce volcan, ce volcan du diable. Tu t’étais arrêtée. Tu n’étais jamais montée tout en haut. Elle t’avait fait peur. Je me demande encore aujourd’hui comment elle avait vu si vite que tu étais enceinte, c’était si récent. Je t’avais attendue, puis fais le tour, prenant ma respiration de temps en temps pour traverser les fumées nauséabondes. L’impression là-haut était irréelle, ce jaune minéral, fabriqué par le feu, entre les roches. Et la ville si proche.


    Je me souviens très bien de ce vin du diable, la Malvoisie, Maupassant en était amoureux. On le buvait à Salina sous le regard amusé des Liparotes. Salina, l’ile mystérieusement belle. Tes robes d’été, en tissu léger donnaient à ces moments-là des airs de perfection. Le soleil sur ta peau sombre, tes jambes hâlées. Et puis les lauriers roses, les cyprès hauts, grands géraniums et câpriers et tous ces oliviers verts et gris. Les routes en lacets et les maisons blanches. Ces rimes féminines. J’étais bègue devant ton corps, devant cette nature irréelle, je rêvais de l’enfant à naitre. Et ton bas-ventre comblait toutes mes espérances.

    Le marin me fit signe. Il fallait que je descende.
J’ai pris mon sac à dos et je me suis dirigé vers la sortie de l’hydroglisseur. Et puis non, les larmes aux yeux, je me suis assis. J’ai pleuré d’un coup brutalement sans me retenir. Le marin s’est approché, m’a dit quelques mots en italien. Je me suis excusé. Puis j’ai dit que je ne pourrais pas descendre, que je repartais pour la Sicile, que c’était trop dur. Il n’a pas répondu.
Je suis resté dans le bateau à attendre le retour.

    Je savais que la Méditerranée était ma mer. J’avais les mêmes sensations à Marseille, en Corse, Minorque, Ceylan ou Malte ou ici dans ces pays italiens inouïs. Cette somme bleue était mienne,  molécules en moi.
J’étais sûr qu’un jour, elle referait le même parcours, je la reconnaitrais de dos, elle aussi regarderait la mer, elle aussi serait en attente.

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commentaires

frenchpeterpan 04/07/2006 22:06

merci à toutes les deux

Viviane 04/07/2006 19:13

Il me fait mal ce texte;je vais te faire un compliment c'est celui que je préfère de tous ceux que tu as écrit , il parle avec puissance, avec ... Je n'ai pas de mots mais il m'atteint de plein fouet.

nat 03/07/2006 14:23

Ce texte m'émeut ,car je ne suis jamais allée en Sicile,terre de mes aïeux.
J'espère un jour taquiner mon vieux rêve...bises.

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