Dimanche 9 mars 2008
7
09
/03
/2008
02:53
Jacques Bertin est un Ovni dans le monde de la
chanson, celui que Claude Fleouter présentait dans le journal "le Monde" jadis comme le "successeur" de léo Ferré et Jacques Brel est toujours là avec sa rigueur du coeur et ses convictions de
chanteur, même si malgré ses prix et ses récompenses, le petit monde du show-biz l'a bel et bien oublié. Jacques Bertin est bien sûr un compositeur hors-pair, tout en douceur, il est un interprète
d'exception, très comparable aux deux cités ci-dessus. Il est enfin l'un de nos plus grands poètes actuels. Il ne fait aucune concession et continue "son petit bonhomme de chemin" à la Brassens, un
homme de gauche enfin qui ne comprit jamais qu'en 1981, la gauche laissa tomber tous ces chanteurs devenus brutalement sous l'ère du "langisme" des poids morts, pire des hommes
ringardisés.
Jacques Bertin est un homme exceptionnel qui ne mérite pas les silences glacés du monde parisien, les silences imbéciles du monde télévisé, les démissions de Politis pour
"censure". Bref un homme intègre. Aujourd'hui c'est devenu trop rare.
son site : Jacques Bertin
bien sûr vous n'avez là que le texte - désolé.
il vous restera à acheter, car Bertin vit assez mal, pour entendre les chants, la voix, musiques et lyrismes enchantés.
-----------------------------------------------------------
Le bonheur
La priorité des priorités avec
Ses prétentions absolument extravagantes
Le coup de rouge à lèvre en travers de mon livre blanc
Le drame forcément
Qui éclate toujours dans les lacets de la descente
L’amour qui se déglingue dans la pente
La maestria qu’il faut pour être heureux
Les embuscades quand on roule en plaine
Les jours de gloire qui vont qui viennent
Les lendemains qui chantent qui n’osent pas
Le bonheur qu’il faut désensabler chaque fois
Les mots cloués au sol par la bourrasque des yeux
La liqueur perdue dans l’herbe bleue
L’amour qui s’est jeté dans le vide et dit « rattrapez-moi ! »
Le petit animal têtu posé
Sur le pas de la porte les soirs de gel
Toute la vérité sur l’affaire du temps qui passe
Le sel de la terre dispersé dans l’été
Le temps qu’on n’a pas le temps de prendre
Les jours qui passent – à propos, où sont-ils passés ?
La cohorte des yeux perdus
Qui monte du fin fond des mémoires
Le cheval qui pleure sous l’averse
Avec son idéal à l’essieu brisé
Le volet qui bat sur le mot « éternité »
Les valises balancées du radeau pour l’alléger
Le bonheur qui fait des figures sur l’étang gelé
Dans l’envers du décor ceux qui cherchent un passage
Le troupeau des évidences qui broutent sans voir
La translation des révoltes dans l’obscurité
Les plafonds bas, les conformismes verrouillés
Sous l’échangeur, l’arbre sans bras du mal d’aimer
Le bonheur
Avec son petit cerceau dans l’allée
Le bonheur
Qui danse dans les ruines comme si rien n’était
Le baiser final détruit à jamais
La pellicule et les amants qui crament
Le bonheur
Qui crie « faites quelque chose ! » pour l’éternité
in "Plain-chant, pleine page", arléa-velen Ed. 1992
"Même lorsqu'elle broie du noir, la poésie de Jacques Bertin en extrait des couleurs. Elle échappe au désespoir par une adhésion sans relâche à la vie, ainsi la vie seule
est-elle son "oeuvre complète".
La poésie de Jacques Bertin nous fait le coeur vaste et le sang vermeil parce que nous la sentons réveiller en nous la vieille vertu
dont on voudrait nous détourner : la ferveur, mon ami, la ferveur." Pierre Veilletet.
Par the very famous french peterpan
-
Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
7
-
Partager
Derniers Commentaires