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"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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Samedi 1 août 2009 6 01 /08 /Août /2009 10:56
    Je serai incapable de préciser l’heure et le jour où la vraie vie a disparu ; certainement à l’enfance mais à quel instant précis ?

    Le moment où les grands dragons aux flammes d’or disparurent ne laissant que leur squelette aux os d’acier, inerte et vieilli ; où les coureurs cyclistes en plastique et fer débattaient dans des pistes sableuses une grosse bille de terre au pied de leur vélo ; où cow-boys et indiens se faisaient une guerre sans merci et pourtant sans aucune réelle perte humaine malgré les flèches et les balles en plein cœur ;
    Alors ?
    Les premiers émois ? mais lesquels ?
    Les premières érections ? les premières éjaculations ? les premiers rêves érotiques que l’on ne comprend pas, ces images brutales et ces sensations frustes, ces portes entrebâillées sur des miroirs sensuels, ceux d’un autre monde, à venir indubitablement mais vers quel moment ? Cessera t on de jouer pour dresser le cou pour entrapercevoir cet autre monde ?

    Et ces premiers poèmes écrits dans l’urgence d’une main saisie dans un vieux lycée de province, ces vieilles salles aux vieux bois patinés.
Les premiers regards autres que ceux de sa mère qui vous fixent posant des questions alors inconnues, et les sourires qui conviennent.
Enfin ce fameux « autre corps », celui de l’autre, comme un désastre à venir ou la fête rêvée ou l’instant J du moment t.

    Où la vraie vie cessât ? Lorsque ma mère grandît ? Ou c’est moi qui cessai de jouer ? Et l’imaginaire, cet imaginaire là justement ? Celui où je mourrai tué méchamment par les balles d’un visage pâle, moi, œil-de-lynx tombant mon arc à la main dans les hautes herbes des bisons, où est-il passé ?  Puis autre chose me fit aimer, peindre, dessiner, écrire, rédiger, de quelques traits, de quelques mots pour voir ou revoir…
Et puis découvrir les « grands poètes », « la chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres, fuir, là-bas fuir… »

    Ensuite il a fallu élaguer, élaguer sans cesse pour que cet arbre qui n’espérait qu’à l’étalement, qu’à devenir un bon arbre d’ombrage, ne soit plus qu’un tronc droit officiel et/ou réglementaire ; il fait donc si peu d’ombre aux oiseaux et autres petites bêtes de la vie, que le sol du bas est terne, à ses pieds, à ses racines qui sortent de terre parfois bizarrement afin de chercher quelques bouffées d’oxygène.



Par frenchpeterpan - Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
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