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"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
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 Guillaume Apollinaire

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"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

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"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


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Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

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(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 02:07
    Las !
    Je choisis ce soir : je reprendrais ton lettrage, j’améliorerais ton alphabet ; comme un étrange roman, un ensemble de mots et de phrases, je te reconstruirais donc comme une dispersion de tes écrits...


    J’attendis ton profond sommeil
Et hop ! je ramassai toutes tes lettres et les dispersai avec des grands coups de bras et des gestes théâtraux, puis je les réunis dans un tas grouillant et gémissant,
en les ébouriffant, elles étaient tombées en vrac dans une espèce de grand bourbier riche en couleurs et en vie,
Je n’avais plus qu’à les réordonner à mes souhaits
Eh eh eh : qu’allais-je faire ?

Sitôt repu de ce carnage, je cherchai des balises

Des points d’ancrage
En « homme de lettres », je choisis donc de te recréer
« en toutes lettres ».


    Dès le commencement, certaines lettres jouèrent à la pimbêche, cherchant à s’extirper et partir en voyage
D’autres en chœur se lamentaient
D’autres tout en sinuosités et ondulations, replis et pliures, flexures profondes, s’imaginaient recréer quelques mots, quelques ombres : là une pointe de sein, ici un cheveu, là encore un lieu caché ou secret

Je rénovai tes lettres

Certaines minuscules devenaient majuscules et vice-versa, je variai les capitales et bas de casse
Je rajoutai là des pincées d’accents, j’écrivis en lié ou non
J’essayai des pilotis pour les lettres à jambe, je te voulais plus grande
J’aimais les lettrines, grandes et mirifiques, j’en confectionnai quelques-unes
Lettre montante, lettre ornée
D’autres s’italianisaient : de romaine en italique
D’autres faisaient du chiqué et tiraient la langue,
Certaines ivres avaient perdu leur point sur les i, ou leur tréma et leur circonflexe ou même leur allure générale, elles s’arabisaient, se chinoisaient, bref prenaient la poudre d’escampette
Enfin certaines devenaient lettres mortes silencieuses
Je décidai de tout reprendre
Je cherchai des polices de « caractère »
Je cherchai à bien me situer au pied de la lettre
Je cherchai même d’authentiques lettres d’amour
Lettres grises, lettres blanches, lettres à queue ou tranchées

    Je lavai la totalité des lettres, je gardai juste la lavure que je décidai de boire

En moi je sentis comme un décours, une énergie de scribouillard
    Mais il y avait toujours ce désordre abstrus, je regrettai presque déjà mes choix, je n’étais sans doute pas aussi lettré que je l’avais imaginé ;
Je récupérai les vingt-six lettres, toutes : les sifflantes, les nasales, les gutturales, les labiales, quelques initiales
Je vis même quelques lettres d’or et lettres de feu qui scintillaient immobiles
Je refusai définitivement les lettres de sang
Je conservai les lettres doubles et les redoublées, même les rares numérales et suscrites
Je favorisai les « belles » lettres dans leur éloquence
Je brassai le tout, inquiet du résultat
Je laissai filer et mijoter le tout, je mis l'ensemble sous les rayons de lune, les chiens se mirent à jouer avec, puis enfin je laissais faire


    Très doucement
    Il y avait déjà des peaux opales en coulée de lave qui bleuissaient
Des formes qui s’arrondissaient, tu reprenais forme lettrée, tout se reconstruisait...
Et puis tu apparus dans ton sommeil, on eut dit que rien n’avait changé :

    Tes éclairs de peau, tes reflets en dorage, la forme complexe de ton corps plié comme un enfant endormi, même les exhalaisons douces de tes respirations, et tes senteurs en boutons de printemps, en chênes endurcis

    Bref tu apparus telle que tu étais au début
Je m’endormis épuisé d’avoir tout refait
Et satisfait de découvrir que c’était ainsi que je t’aimais



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;-)
__________________________________________

Mais ne dit-on pas que l'ordre des lettres n'a pas d'importance ;-) ?


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commentaires

marc 25/06/2007 20:40

mon "je" s'égare souvent
c'est un vagabond
un rêveur, un discrêt ...
;-)

Benoite 25/06/2007 00:27

Quel joli manège de mots.Avez-vous trouvé votre Je dans ce jeu ?Il en valait la chandelle néanmoins.

Le bateleur 22/06/2007 09:48

Oui (Merbel)et un homme de l'être

daniel 26/08/2006 10:30

...lettres juste pour définir l'être...

Viviane 25/08/2006 14:49

j'adore ce genre de texte qui gambade et joue...Bises marcomoi non plus je n'ai pas lu Proust... pour les mêmes raisons (sourire)

merbel 11/08/2006 22:57

Un souvenir qui vaudrait bien une note crousitillante, non?
 

frenchpeterpan 11/08/2006 22:53

moi non plus je n'ai pas lu Proust
on le lira sur notre lit de mort
parce que les phrases durent une plombe
notre agonie sera ainsi plus longue
et peut être jusqu'à l'éternité
une madeleine (un pain au chocolat pour moi) en bouche
(attention PAS n'importe quel pain au chocolat ! celui, là, fabriqué à 150 m de la sortie de mon lycée et que je mangeais brûlant) à la récré de 10 h

merbel 11/08/2006 21:37

Même en ordre, j'ai....calé! Riez de mon grand âge, mais de grâce ne vous moquez pas de moi  parce que je n'ai pas LU Proust, comme il se doit... Je suis une ânesse!

frenchpeterpan 11/08/2006 21:07

Vous lisez encore "la Recherche" malgré
votre grand âge ?
;-)
c'est de la perversité ?? "8>)

merbel 11/08/2006 20:53

Quelle rigolade! Excellent ce document! Et au fond si vrai mais combien de temps un lecteur résisterait-il à ce désordre? Vous vous voyez lire toute la Recherche écrite ainsi?

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