Vendredi 21 août 2009
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10:57
Participer à ta vie cellulaire intérieure, tes mitochondries, tel est mon souhait
Puis se taire et se faire cajoler
Toucher autrui : n’est-ce pas là un acte simple, mais sans doute bien plus : une finalité ? la finalité essentielle, vitale ?
Le but de ce monde : communiquer
Avec tout l’alcool ingurgité hier, j’ai cru voir le nocher de la mort, je me sentais partir doucement et involontairement, tendre mes bras vers un oxygène limoneux, des eaux croupies, des flaches
ténébreuses
Puis j’ai sombré dans les hésitations de vivre incroyables, petits succubes me piquant l’épiderme en rythme avec l’alcool, puis la gadoue, je devais vivre
Je deviens moi-même outre, tonneau, je m’encuve ; mon cœur trop plein d’encre est parti inviter le silence ; j’observe mon nombril : il me dit de continuer, bougre d’idiot rajoute-t-il !
Rythme de be-bop dans mes veines, mon cœur vilain qui bêche ;
J’essaye de rentrer chez moi dans ces ruelles du vieux Tours, les noms et les destinées inquiétantes des rues, ici un cul de sac, là une boucherie, des animaux morts dont le sang brun suinte des
cous me scrutent à travers les vitres rendues rouges par le soleil
Leurs prunelles sont sans appel : je suis condamné
Je traîne comme une méduse en longeant les voitures garées, somnambule d’un mauvais film ; puis je tombe et mon genou saigne, les vieilles maisons tentent de me cerner, m’emprisonner, des pavés
sortent de terre pour m’encercler, j’étouffe, je remarche ou cours, puis je vois mes mains se détacher de mon corps et je cours moignons lançant des jets de sang artériel sur les murs de tuffeau
blanc, le ciel est pourtant très bleu et malaisé ; encore une histoire d’existence que je fuis, même la Loire ne m’apparaît plus, face contre l’herbe tendre, je m’écroule comme un drogué, le long
du fleuve ; les fils bleus de la Loire m’apaisent cependant, mon inquiétude se dissout, enfin je ressens le textile doux du fleuve, les fibres unitives cardiaques se redéploient intelligemment, je
peux commencer à revivre
Et dans ce grand trou noir et puant que formait le fleuve vient tranquillement l’eau remplir et les bras et les îles et les berges dont je vois éclore en accéléré les petites fleurs des prés.
Le sable de mes souvenirs poudroyait à ton passage, au calme succédait le désordre ; j’avais potassé ton corps en élève sérieux, mais le chemin des écoliers n’est pas chose tranquille et me voilà
seul sur ce talus, à attendre, le cœur et les yeux fermés. Là, au sol, je végète, mon ossature s’affaiblit, quelques racines se mettent à croître entre les doigts de pied, je n’ai même plus des
yeux d’animal et mon sang se charge et se décharge de cette sève de jeunesse ; mon visage ne s’épanouit pas , faute de couleurs et de regards. Et toujours ces couleurs (ou douleurs ?) lancinantes
qui blessent mon cœur malsain. Je rêve à revers, faute de lumières qui guideraient mes pas incertains, je rêve à revers…
dans mon cerveau encombré, s’ajoute cette houle de noir que je rejette en souffrant.
Chez moi, je me vautre dans un fauteuil et attend la mort, elle entrera par ce vasistas doucement, qu’y a t il ? Est-ce vous Madame ?
Puis enfin cet après-midi, je me suis relevé et puis c’est ce soleil splendide qui m’a gobé, ôtant tout ce qu’il y avait d’homme en moi, c’est ce soleil splendide qui a brûlé mes yeux et mes
poumons en m’aspergeant de son eau jaune. C’est ce soleil splendide qui m’a remis sur les rails naturels, m’a réduit en homme de nouveau, m'a verticalisé et puis m’a fait penser à elle, à elle…
J’avais fini une de mes premières décantations de jeune homme.
Par frenchpeterpan
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Publié dans : Textes de jeunesse
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