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"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

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Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
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"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 02:50

la petite fille / émile Munier, 1879




Je me retire
Je m’étire
Je me réveille dans mon enfance tourangelle. Ou je m’éveille. Je ne sais, je suis perdu dans tous ces onirismes. En toutes hallucinations. Anxiété et coups sourds dans les oreilles.

    La pluie à l’extérieur rend la vieille ville lasse et grasse, un gris acier comme une chape de misère. Houille fatiguée. Escarres en longues écailles pestilentielles.
Les cathédrales n’illuminent plus. Elles sont à quai. Les marins tournent en rond, ivres de trop d’histoires racontées. Les petits enfants longent les murs craignant les loups. Les prostituées sont absentes rendant la ville trop silencieuse, manquant d’humanité, une ville ayant perdu son sexe.
L’eau sale coule et tourbillonne autour des piliers, bois morts et sacs plastifiés se noient puis ressortent. Même les ponts ont l’air malheureux. Tout est silence dans le gris et la pluie de l’orage n’apparaît pas. Le fouillis des toits donne un peu d’opalescence dans cette atmosphère terne, proche du noir. Les ardoises opalines donnent cependant à espérer. Tout apparaît dans une teinte monochrome impossible à définir. Une jonchée de couleurs identiques.

La petite fille en jupette blanche tout à l’heure est passée, récitant sa fable d’écolière zélée. Plus tard femme elle sera. Comment lui dire ? Elle marchait sur ce trottoir sautant un pavé sur deux. Sans gêne, ses jambes hâlées, son souffle d’été. D’autres ont dit qu’ils l’avaient entendu chantonner ; un jour le sang rouge en couleur coulera des cuisses. Sur cette peau blanche, l’ocre dira un ovale de plaisir. Ah ce passage-là. Prendre sa main, je suis moi aussi cet écolier. Je la dépasse là, pourquoi ne pas lui parler ? Un feu nous oblige à l’arrêt. Ses cheveux bruns, mouillés, trempés, tu as arrêté de chantonner, de sautiller. Mes premières amours, ma première amie, Sonia je l’avais ainsi baptisée, d’un coup dans cet orage te voilà femme avec poitrine et regard dur. Une sauvagerie d’un autre monde, le pouvoir des femmes. Séduction. Femme, soudainement. Et moi aussi adulte, grandi d’un coup. A ce feu rouge, me voilà moi aussi grande silhouette et ombre agrandie. Et un regard d’homme abruti.
Et puis la petite fille est repartie sous la fine pluie calmée, on l’entendait encore chantonner.
Sa démarche sautillante évoquait une fée.
Les rayons du soleil apparaissaient comme des doigts hypnotiques, ophiures ensorcelées. La ville redevenait normale, le fantastique s’échappant dans les égouts en lanières arc-en-ciel.

Je ne savais plus l’âge que j’avais, j’errais dans ce rêve, doux cauchemar, et le souvenir triste de ne pas lui avoir parlé. Ah ! Si. Je sus mon âge lorsque j’achetais un sandwich au fromage au lieu d’un pain au chocolat.


la puberté / Edward Munch, 1903, eau-forte

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Published by the very famous french peterpan - dans mes courtes nouvelles et textes
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commentaires

marc 11/09/2009 15:36

merci if

if6 10/09/2009 09:42

c'est beau Marcoce que tu écris là

frenchpeterpan 13/09/2006 09:08

oui puisée de très loin
je devais être en 5ième ou 4ième :-)
et je me rappelle incroyablement bien du visage de cette petite fille
(et même la rue avec le feu)
pourtant dans d'autres cas ma mémoire est très insuffisante
bien sûr ensuite il y a les mots adultes qui ne sont jamais justes

merbel 13/09/2006 00:36

Il y a des innocences assassines, de celles qui engendrent des regrets, inspirent des regrets, tordent le coup aux rêves... Il reste la peinture, l'écriture pour atténuer une certaine perte de soi.
Texte qui chante les couleurs du noir... Une émotion profonde, puisée de si loin!

le bateleur 11/09/2006 10:20

Un texte qui m'émeut vraiment.
Merci

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