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Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
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"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 01:56
Qui connait Sabine Sicaud ?
cette petite femme de la poésie ? le petit elfe disait-on ...
morte si jeune à 15 ans d'un mal mystérieux généralisé dans des souffrances d'une autre époque ? (1913-1928)



    je viens de lire "Sabine SICAUD / le rêve inachevé" par Odile Ayral-Clause. Les dossiers d'Aquitaine.

    Quel beau livre ! On suit la route avec Sabine, des petits poèmes charmants écrits vers 9-10-11 ans sur la nature environnante, le désir de voyager, de découvrir et puis jusqu'aux derniers poèmes terribles où elle hurle sa douleur, sa révolte...

    Le cas de Sabine est unique, à 11 ans elle gagnait déjà des petits concours de poésie (il faut voir la photographie de 1924 : "le groupe du jasmin d'argent", à Agen : il y a plein de bonhommes très savants et très impressionnants avec leur moustache, de belles femmes aussi avec leur robe longue et une toute petite fille en jupette blanche avec nattes et qui regarde l'objectif avec un sourire étonnant) ; ses petits succès furent tels que certains critiques pensaient que les poèmes étaient du père ou de la mère. Mais Sabine était toujours un enfant avec ce don d'émerveillement si spécifique. Elle habitait dans les bois une belle propriété dont le nom était déjà un tout en soi : "la solitude". (près de Villeneuve / Lot). La découverte du milieu naturel et les jeux avec son frère Claude - brillant lui aussi - formaient un monde propice à l'écriture de charmants petits poèmes sur la fraternisation avec les mondes animal et végétal. Pleins de spontanéité.

Durant l'été 1927, Sabine se plaint, elle s'est blessée au pied en se baignant dans le Lot, une petite blessure semble -t- il ; mais rapidement le mal s'étend, une ostéomyélite vraisemblablement (infection de l'os), la totalité de la jambe est atteinte, puis l'autre jambe, puis une partie du corps. Les médecins très inquiets demandent de rapatrier Sabine à Bordeaux, mais la petite enfant refuse, elle ne veut pas quitter la majestueuse "solitude", tellement c'est son lieu de vie, son "îlot tant aimé". Les parents acceptent. La souffrance est terrible et le mal est monté de partout, Sabine hurle quand on la touche. L'hiver est cauchemardesque. La petite poétesse écrit et nomme sa maladie : "une bête invisible aux minuscules dents". Sabine s'accroche à la vie et lutte terriblement. L'enfant rieuse est devenue grimaçante et souffrance ; elle ne baisse pas les bras comme on peut le lire dans certains de ses derniers poèmes, elle s'invente aussi un ami "Vassili" qui devient le confident de sa douleur, c'est l'adolescence qui pointe le bout de son nez. Elle rêve d'un médecin prodige, d'un dieu bienfaisant, d'un peu de romantisme.

Fièvres et douleurs et divaguations s'enchainent, le 12 juillet 1928 Sabine s'endormira définitivement.

Une rue de Villeneuve sur Lot porte son nom.

Certains de ses poèmes : sabine Sicaud
ou encore : Sabine sicaud

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Vous parler ?

 

Vous parler ? Non. Je ne peux pas.

Je préfère souffrir comme une plante,

Comme l'oiseau qui ne dit rien sur le tilleul.

Ils attendent. C'est bien. Puisqu'ils ne sont pas las

D'attendre, j'attendrai, de cette même attente.


Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul.

Je ne veux pas d'indifférents prêts à sourire

Ni d'amis gémissants. Que nul ne vienne.


La plante ne dit rien. L'oiseau se tait. Que dire ?

Cette douleur est seule au monde, quoi qu'on veuille.

Elle n'est pas celle des autres, c'est la mienne.


Une feuille a son mal qu'ignore l'autre feuille,

Et le mal de l'oiseau, l'autre oiseau n'en sait rien.


On ne sait pas. On ne sait pas. Qui se ressemble ?

Et se ressemblât-on, qu'importe. Il me convient

De n'entrendre ce soir nulle parole vaine.


J'attends, comme le font derrière la fenêtre

le viel arbre sans geste et le pinson muet...

Une goutte d'eau pure, un peu de vent, qui sait ?

Qu'attendent-ils ? Nous l'attendrons ensemble.

Le soleil leur a dit qu'il reviendrait, peut-être...

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"Parce que tu as froid, ce soir, /

Ne nie pas le soleil"    Sabine Sicaud. 1928

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Published by the very famous french peterpan - dans mes poètes et poèmes préférés
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commentaires

Lucien Noullez 07/06/2009 21:56

Merci d'évoquer Sabine Sicaud. Je l'ai souvent évoquée dans des articles ou des conférences. Son oeuvre mériterait largement d'être rééditée. Quelqu'un aurait une idée?

cocole 12/03/2009 19:07

merci pour cette découverte, c'a laisse sans voix

Claude 12/03/2009 08:54

Bonjour Marco,Je ne la connaissais pas du tout, je suis allée lire les sites que tu conseillais (quand même !!), et je trouve cela très intéressant. Je ne crois pas que l'âge soit important quand on sait si bien jouer avec les mots, quand on sait si bien les faire résonner les uns avec les autres. Je ne suis pas très proche de la littérature dite jeunesse (et le mot est faible), mais je crois que dans les poèmes de cette fille il y a de très belles choses même si cela peut sembler enfantin parfois.Walser disait :"La seule Terre sur laquelle le poète peut créer est celle de la liberté". Et je crois que que cette phrase est beaucoup plus significative que l'âge.(après relecture, il semblerait que "je crois" beaucoup ce matin !!).bonne journéeclaude 

marc 10/03/2009 19:04

oui viviane tu as raison , le génie est enfantin !

Viviane 10/03/2009 14:44

C'est merveilleux quand le hasard d'une visite permet de relire un article qui avait laissé longues tracesquel poème et quel destin...Quelle musique dans ces vers enfantins ( ou pas, car le génie est un enfant)

marc 10/03/2009 10:12

merci de votre passage ! je corrige le nom du mal ; je suis un peu du métier, les ostéomyélites "généralisées" sont rares, une infection de l'os reste en général longtemps localisée puis avec une fistulisation typique, là si j'ai bien compris, il y a eu atteinte d'un membre puis de l'autre, puis du bas du corps, suggérant des problèmes de nécrose tissulaire (dont le point de départ peut être d'ailleurs l'infection osseuse)mais peu importe, il est certain que les antibiotiques auraient sauvé Sabine, n'oublions pas qu'au XIX siècle la cause la plus fréquente de mortalité était les bronchopneumonies !! aujourd'hui il en est bien autrement ...merci encore d'être passé sur ce blog / bien à vous / Marc Laumonier 

Odile Ayral-Clause 10/03/2009 05:13

J'aimerais tellement que vous corrigiez une erreur que l'on trouve partout sur internet.  Sabine n'est pas morte d'une gangrène (qui se reconnaît très facilement depuis longtemps).  Elle est morte d'une maladie mystérieuse à l'époque, mais que l'on peut à présent identifier comme étant l'ostéomyélite.  Maladie qui se soigne avec des antibiotiques qui n'existaient malheureusement pas du temps de Sabine.

Le bateleur 23/09/2006 02:27

J'ignorais tout de Sabineje vais aller me coucher avec la souffrance d'une autreau creux des penséesTout plutôt que l'indifférence ...et la perte du don des larme

Caracol 22/09/2006 16:38

Encore une découverte ! Ce Frenchpeterpan a visiblement plein de choses à m'apprendre !
Ah oui, j'adore les mots du moment !

frenchpeterpan 21/09/2006 23:57

chère amie merbel
exprimez vous exprimez vous / no matter
oui bien sûr il faut lire
les premiers poèmes sont très "scolaires" quoique assez étonnnants et bien ciselés
il n'y a bien sûr rien à voir avec l'ami Rimbaud
mais tout le monde n'est pas rimbaud isn't it ?
les poèmes "adolescents" sont bien mieux
et valent "le coup"... et puis tout replacer dans son contexte on est en 1928 / le femmes ont elles le droit d'écrire et de s'exprimer ?
un "ami" (faux ami, finalement) râlait contre moi de lui avoir fait lire "la conjuration des imbéciles" de K. Toole ; il n'aimait pas le livre, il ne comprenait pas que je lui aie recommandé ; il vint même à dire : ah si ce bonhomme ne s'était pas suicidé, son livre n'aurait pas eu ce succès !
inutle de dire que je ne suis pas du tout de son avis !
si S. Sicaud n'était pas morte à 15 ans, elle serait connu assurément aujourd'hui ; même sans réel génie. mais avec le côté tâcheron de certains poètes que je ne déteste pas
de toute façon qu'est l'écriture / si ce n'est cette gangrène de l'impossibilité de pouvoir s'exprimer
et si tout le monde n'est pas Rimbaud, tout le monde n'est pas Prévert, non plus... :-)
bonjour chez vous
(ps : ton colis posté)

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