Vendredi 5 janvier 2007
5
05
/01
/Jan
/2007
10:27
j'ensemence ton corps de mes mots de bonheur
grainetier enthousiaste en plein amour
j'inonde et j'entoure de mes phrases la courbe de tes fesses, la rondeur de tes seins, l'épure de tes hanches
ceci est un certificat d'amour, qu'on se le dise
je me jette à travers et à toute force dans ce plaisir aux yeux tintinnabulants de couleurs
j'ensemence de mes lèvres de futaie ton corps rond en un galbe de rêve
j'atteindrai le vent de ton sexe clochette
je m'y noierai de toute ma jeunesse ivre déjà
je mébrouerai couvert de tes liquides clairs
en pleine farniente sur ton ventreles moindres replis de ta peau succulenteje me ferai poussière pour mieux envahir ton corps blancpour m'abimer avec tant de vertige dans ton abîme, pour m'engouffrer dans ton gouffre, pour me perdre dans ce ravin de joie :
réellement je ferai le parcours de tes organes, de ceux qui gonflent, de ceux qui battent, de ceux où s'entasse ton sangje me ferai taupe pour bien creuser ton corps de ciel, tes yeux glauquessaoul de tes liqueurs, je tituberai et reverrai comme ces rêves d'enfance ces terribles animaux roses à points blancs
jouer du saxophone en dansant en boxe swinguée
je me glisserai dans le zeste de ta peau, je sentirai ton sexe d'aube, bien blanc, lisse comme la meilleure écorcesur tes tempeset l'ouragan de tes cheveux lourds et odorantsje teinte de ma bouche ta peau déjà coloréeje te bronze comme l'encre d'une seicheet je me fixe à toi comme l'oyat fixe le sablema salive - venin pacifique - mouille ton nombril rigoloj'y laisse l'empreinte de mes dents comme le sceau de mes désirs, j'y laisse l'ombre de mon front multicoloreje me nourris de ton sang, de ta lymphe, de tes muscles, de tes muesje mange le nougat de tes yeux, le chocolat de tes sourcils, la pâte de fruits de tes lèvreset le noroît de ton vagin qui courbe mon sexe et le modèle à ta façon, à tes besoinsje monopolise ton corps, ne laisse aucune miette, je me nourris de tout, tout me convientj'en gobe la perfectionje ferai de ta peau une infusion terribleet mes yeux privilégiés auront prise sur le soleil de dehors et sur celui de tes âmesje casserai mes lunettes rondes - inutile instrument - et je boirai ton sexeje m'asseois sur le site de tes collinesj'admire l'horizon de ta peauje renverse les sombres nostalgies et n'imagine que des printemps riches des hivers enneigésje ferai du ski sur tes fessesde la luge sur ta poitrineje serai une roussette rousse ondulant dans ton vaginme nourrissant de tes algues, buvant tes paroles fluidesje serai un homard tendre pinçant délicatement le rose aréolé de tes seinsje serai ibis pour te séduireiris pour me faire beauje me ferai de fer et d'argile
fer et nickel comme le noyau du monde
un tonnerre et une brise
la thèse l'antithèse
je me ferai coccinelle pour me perdre dans ton coeur ouvertceci était un certificat d'amour, tout le monde avait deviné, mercije me ferai moi, tout simplement, et m'endormirai, tout simplement, très en douceur le long de ton ombreEn foi de quoi le présent certificat pour servir et valoir ce que de droit.
"femme endormie" Matisse
Par the very famous french peterpan
-
Publié dans : mes courtes nouvelles et textes
3
Derniers Commentaires