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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 20:51
Clovis Trouille : peintre libre

« Chers amis, tournez le dos aux écoles, n’adhérez qu’à vous-même. Chaque artiste a son secret en lui qu’il lui faut découvrir. » CT

Clovis Trouille Acte Sud 2003 par Clovis Prévost  

 


    Non-conformiste, anticlérical, anarchiste, antimilitariste, Clovis Trouille avait tout pour me séduire. Pourtant ses peintures sont peu connues, rejetées jadis par une critique qu’il n’aimait pas lui-même et aussi par la bourgeoisie qui jugeait ses œuvres trop érotiques, trop subversives et trop anti-curés.
« je rejette la morale de la société bourgeoise, l’imposture de sa religion, la morale de ses curés, son patriocularisme, je désire au contraire une société sans frontière. » CT


    Ce fut donc en « solitaire inclassable » que Trouille passa ce siècle (1889-1975). Il ne se dirigea ni vers une étude des « arts primitifs » tel Picasso ou Gauguin, ni vers un classicisme encore à la mode. Il choisit sa propre voie, en soldat anti goupillon et anti sabre et se mit à peindre la libido, les femmes nues, la prostitution et bien sûr la mort. Pour faire un art – pour reprendre ses propres mots de « voyou, voyant et voyeur ».

    Au début tout prédestinait pour que Clovis Trouille soit un peintre reconnu, puis vint le service militaire de 2 ans , puis la guerre de 14-18, il ne sera démobilisé qu’en 1919, il dira lui-même avoir perdu 7 ans de sa vie « nous étions la génération sacrifiée, privé d’amour à cet âge. » Il espérait être un grand peintre avant la guerre et faisait tout pour ; il revint de ces 7 années de solitude, anarchiste et antimilitariste ; il continua de peindre abondamment et de retoucher sans cesse, mais pour lui la peinture était devenue « autre chose » et il ne chercha plus une reconnaissance publique. « L’on peut être certains que je le suis, érotique, et que je l’ai toujours été. Mais il me semble qu’un artiste qui ne sent pas la femme ne peut être un bon artiste. Mon œuvre est un chant d’amour à la femme, qui m’a tant manquée dans ma jeunesse (refoulement). »



Clovis Trouille aimait les nus photographiques des années 1900, ces nus en noir et blanc ; en peinture il chercha à restituer cet érotisme là de même qu’à promouvoir un couleur abandonnée des impressionnistes : le noir (voir le magnifique « mes funérailles » de 1940 où tout est noir et blanc à part la chair rose de 3 jolies créatures.)



    Riche dans son indépendance, Trouille ne suivit pas la sirène surréaliste que pourtant lui proposèrent Dali, Aragon ou Breton. Cependant pour certains, ses toiles sont bien plus « surréalistes » que beaucoup d’artistes reconnus de cette époque. Trouille n’aimait pas les idéologies. Il disait de son art qu’il était plutôt « super-réaliste ». L’utilisation de la photographie chez Picabia ou Dali qu’ils essayèrent eux de minimiser, lui Trouille la revendiqua haut et fort et sans difficultés ; en ce sens certains ont dit qu’il était peut être l’un des précurseurs du « Pop art ».

    Clovis trouille aimait donc les photographies et il fut l’un des premiers à utiliser celles-ci comme outils : soir en les décalquant, soit en les découpant, parfois même en les collant sur la toile et en repeignant dessus. Si Trouille abandonne suite à ses collages des notions de perspective, son grande originalité est l’utilisation de couleurs vives abondantes et qui pour certains pourrait paraitre presque « vulgaire ». Il n’en est rien, Trouille est un coloriste de génie. Comme le disait Cézanne : c’est la couleur qui commande. (« Quand la couleur est à sa richesse, le dessin est à sa plénitude »)

    Il vendra très peu de toiles de son vivant et ce volontairement ; il eut un métier : maquilleur retoucheur de mannequins à Paris (Maison Imans)  et dessinateur publicitaire avant la guerre ; l’art et le commerce ne vont pas ensemble disait-il.
    Trouille n’aurait peint que 120 toiles environ, mais perfectionniste, il les retouchait sans cesse ; il en donnait régulièrement à ses amis, et tous les 2-3 ans il les récupérait pour les « retoucher », souvent c’était infime, par exemple un grain de beauté sur la cuisse d’une nonne.

        Les lettres inaugurant le livre sont très intéressantes, Trouille y explique sa vie et sa peinture, son refus du monde bourgeois. Et le livre est tout entier magnifique : grand format, belles reproductions, les textes juste ce qu’il faut ; un très beau livre bien fait ; bravo à ACTE SUD et Clovis Prévost, le metteur en scène de ce très beau livre.  Acte Sud 2003.

« D’autre part, je tiens à ce côté subversif de mes œuvres, qui à mon avis fait que les peintures de cette sorte vieillissent bien. Car vous savez que le temps, la patine du temps n’adoucissent que trop la peinture.
On reste stupéfait devant l’Olympia de Manet, de penser que l’on a dû faire protéger ce tableau par la police, les visiteurs voulant le lacérer. Ce tableau, avait donc, alors, une puissance mystérieuse de « jamais vu », qui déchainait la colère. Je m’habitue à mes tableaux en les voyant vieillir et il me semble que c’est le piquant du subversif qui les sauvera de la patine du temps et de la banalité coutumière. » (1959) CT

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André Breton aussi disait de lui qu’il était « le grand maitre de cérémonie du tout est permis. »

Le poète Ghérassim Luca : « vous êtes celui qui a réussi à planter entre les cuisses du Douanier Rousseau une paire de couilles géantes. »

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Site officiel des amis de Clovis Trouille
http://www.clovistrouille.net

Article très intéressant sur le peintre par Michel Darras
http://www.numerologue.net/index.php?2007/08/25/22-exposition-de-clovis-trouille-a-amiens

très très intéressant article de Michel Debray : Clovis Trouille, John Ruskin
autour de la cathédrale de Notre-Dame d'Amiens : ici
http://m_debray.club.fr/TROUILLE%20RUSKIN/index.html

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Published by the very famous french peterpan - dans peintures et peintres
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commentaires

pierrot, vagabond des mots et des routes 16/03/2013 21:20


Quelle magnifique oeuvre


que celle de Clovis Trouille:)))


Dans le cadre
de mon vagabondage poétique
et numérique,


permettez-moi de vous faire découvrir
un conteur international du Québec
Simon Gauthier,
fascinant poète-passeur
de la scène


peut-être aurez-vous l’occasion
d’assister à sa prestation


PARIS


SIMON GAUTHIER
CONTEUR INTERNATIONAL DU QUEBEC
SPECTACLE « LE VAGABOND CELESTE »


25 MAI 2013,
21 H À 22H 30
LE PETIT NEY
10 AVENUE PORTE-MONTMARTRE


PARIS


——-


puis-je aussi me permettre de vous partager
son courriel du 1ER MARS 2013


——–


Allo Pierrot, je suis en France.
Je rentre demain au Québec.


Il fait froid et humide partout, même dans les lieux publics. Il fait gris et un brin de soleil redonnerait du tonus à tout le monde!


Je voulais te dire que j’ai raconté (ou plutôt) le vagabond céleste est passé et a été entendu
à Quévin (près de LOrient en Bretagne)
Il a été entendu à la prison de Béthune (Nord de la France) et pas un prisonnier ne s’est levé durant le spectacle (comme il est de coutume) les
gardiens mon dit que c’est la première fois qu’ils voyaient ca!)


et le Vagabond à passé à Lille avec son et éclairage, 3 rappels!
Les gens sont restés longtemps
et plusieurs larmes d’espoir brillaient dans le noir.


Plusieurs messages me sont parvenus pour te dire merci!
Merci!
Merci!
++++


Autrement la tournée me rentre dans le corps. Un bon brin de fatigue et de
grippe à la gorge.
De bonnes tisanes et des amis pour guérir
+


+++
J’espère que tu vas bien et que ton travail de vulgarisateur âme, société,
gens et pays oeuvre d’art
va bien!


On se voit sous-peu
en mars, si la vie le veut!
pour aller plus loin!


Bonne journée
Simon :+)


—–


REPONSE DE PIERROT
A SIMON GAUTHIER
CONTEUR INTERNATIONAL DU QUEBEC


Cher Simon


Je te prédis un succès international
parce que tu es un poète-passeur:)))


Bravo Simon
longue vie à ta vie d’artiste
et de conteur international


——-


Puis-je conclure avec ce poème chanté par Simon Gauthier à la toute fin de son spectacle LE VAGABOND CELESTE,qui sera présenté à Paris le 25 mai 2013.


DANS LA BEAUTE DU MONDE


dans la beauté du monde
dans la beauté du monde
je marcherai


deux âmes sioux m’inondent
deux âmes sioux m’inondent


dans votre beauté du monde
France et Jean-René
je marcherai


suis devenu


un arbre qui marche
parce qu’il relève ses racines


un doux vieillard
qui le soir délasse ses bottines


une belle jeune fille
qui r’trousse sa jupe
parce qu’elle dessine


le bout d’ses doigts
dans la rivière


dejà fini
l’été d’hier


reste le canot de Jean-René
les fruits de France et sa bonté


sur leur galerie
de Notre-Dame de Montaubant


je me prépare pour l’hiver
tel un enfant


car mes deux ames sioux
ont fait de moi
un arbre-fou


comme le canot de Jean-René
sur la rivière Batiscan


comme les fruits de sa belle France
de Notre-Dame de Montauban


je traverserai
l’éternité
en marchant
la neige et le vent


Pierrot
vagabond céleste


—–


http://www.simongauthier.com


sur google,
simon gauthier, conteur du Québec, video vagabond celeste


http://www.enracontantpierrot.blogspot.com
http://www.reveursequitables.com


Longue vie à votre blogue:)))

marco 14/08/2010 20:49



je ne connais pas du tout Nazarin


même le nom


nickel : un film nouveau à découvrir / merci !



Eeguab 14/08/2010 20:09



Luis Bunuel a utilisé une de ses toiles pour ce que je considère comme son meilleur film,Nazarin.Saisissant.



jean-luc saint-marc 18/03/2008 05:07

je veux bien admettre que les meufs dans les toiles y ont été mises pour provoquer et allumer le bien pensant de l'époque, je peux relativiser. Mais s'enfoncer dans cette fange de l'utilisation de la femme comme levier de l'érotisme artistique est navrant, particulièrement quand ces cadres serrés ne sont liés à rien d'apparent . Se parfumer aux sentences et les transformer en leitmotiv tout de suite encadrés par des critères des plus rigides, puis réduire à peau de banane celui qui s'interroge sur l'utilisation des meufs par Trouille est un mauvais chemin que je me dois de rebrousser.« Chers amis, tournez le dos aux écoles, n’adhérez qu’à vous-même. Chaque artiste a son secret en lui qu’il lui faut découvrir. »

Michel DEBRAY 16/03/2008 17:25

C'est assez paradoxal ces gens qui parlent de femelles  à poil et de gonzesse à l'étal, s'agissant de femmes nues.Qui finalement méprise les femmes ? Clovis Trouille qui chante leur beauté érotique ou celui qui emploie à leur sujet des vocables argotiques et dépréciatifs ?

frenchpeterpan 24/11/2007 11:22

:-) ok l'amiquant à moi, si je pouvais pénétrer parmi les fantasmes de ces toiles, cela m'iraitaller palper quelques montres molles de Dali, reconstituer les femmes déstructurées de Picasso ou visiter le monde "bordélique" de l'ami Trouille :)bon week end

jean-luc saint-marc 24/11/2007 05:09

Attention, Marco, je n'ai rien contre ce Trouille que je ne connaissais pas il y a deux jours! Faut laisser le regard s'apprivoiser et puis ce n'est pas facile pour tout le monde, hein ?
 
Tu nous proposes deux trois images où les gonzesses sont à l'étal je ne pose pour autant pas un jugement définitif sur sa-vie-son-oeuvre, on va voir !
La barbouille ? j'aime bien ...

frenchpeterpan 23/11/2007 21:41

Cher amiTu as le droit de ne pas aimer les couleurs de Trouille ou les sujets qui l’obsèdent : la femme, la guerre, le clergé, la mort.Mais va au moins voir ses toiles, tu verras qu’il n’y a pas de rutilantes voitures et de costumards avec chaine en or ; non la peinture de Trouille est bien plus triste.7 ans de soldatesque l’ont détruit + le climat de l’époque (où il était très mal vu d’être un anti-curé et antimilitariste) + la mort d’une de ses petites filles à 13 anssur certaines de ses toiles était indiqué derrière : cette toile n’est pas faite pour être exposée (sic !)à un certain moment (vers les années 50), Trouille n’a pas exposé pour ne pas aller en prison !si tu es un peu curieux, et surtout bien sûr si tu aimes la peinture, tu ne pourras être qu’étonné par cette peinture, de la couleur, de la jouissance, une véritable peinture à contretemps et à contre-courant des modes du moment, une sorte de Douanier Rousseau libertaire et bcp plus contestataire. Moi j’aime cette contestation et cette dissidence. Et puis il y a eu du plaisir à regarder les objets de ses toiles, les mélanges de vie (corps de femme) et ceux de mort (armée, clergé, enterrements). Et puis un érotisme flamboyant celui de ces années là, bien sage en fait et bien réprimé. Trouille était passionné par Lautréamont et Sade, comme tous les surréalistes de l’époque…« la grande force est le désir » disait Apollinaire ; lui aussi un grand maltraité de la guerre, l’aliéné de 14-18. Apollinaire et Trouille sont très proches, ont vécu le même enfer ; les derniers vers d’ »Alcools » le disent : « Cette femme était si belleQu’elle me faisait peur »Et Apollinaire lui aussi partit dans des délires érotiques en écriture, il est comme Trouille : c’est la peur et le mystère du corps féminin. Pourquoi accepterions nous les poèmes « érotiques » d’Apollinaire et refuserions nous Trouille ? Parce qu’il y  a mis de la couleur ?? Comme l’écrivait je ne sais plus quel écrivain du siècle des lumières : « l’ennui naquit un jour de l’uniformité. », alors s’il y a bien une peinture unique et non uniforme, c’est bien celle de Trouille et elle me réjouit !Et puis le plaisir, le plaisir ! des yeux, des sens, le son, les yeux, le toucher…les plaisirs de la vie. Bon ceci dit, tu peux ne pas aimer ce style de peinture ;-)vilain garnementEn tout cas merci de ton intervention, j’ai un peu marre parfois de ce consensus « mou » qui semble trop investir nos blogs

jean-luc saint-marc 23/11/2007 19:49

Moué ...
j'ai du mal avec cette image de la meuf-objet et le mec en super costard et bagouses en or qui conduit la belle bagnole et fait le guitare-héros ou le rappeur de Neuilly ... Erotisme d'accord, mais partagé . Sinon, ça fait un peu grotte de Lourdes et Fatima réunis.
bonne fin de semaine

cocole 23/11/2007 13:26

bonjour marc, merci pour cette découverte!!!je ne connaissais pas ce peintre et j'aime la générosité de ses toiles!!

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