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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 11:31

chiens-féraux

 

  Quatrième de couverture : 
1980, Nord du Chili, sous la dictature de Pinochet. Les terres arides du désert d'Atacama ne sont ensemencées que par les fosses communes du régime. Rocio, ancienne étudiante en médecine, a suivi son mari, Carlos, lieutenant de police, affecté à la réserve de Huara où il n'y a rien à faire et trop à méditer. Carlos consigne son ennui, ses doutes et ses inquiétudes concernant l'état psychologique de sa femme. Car Rocio, elle, n'est pas seule. A la différence des autres "Blancs", elle voit les villageois andins qui fuient leur présence comme une malédiction ; elle voit les chiens retournés à l'état sauvage rôder, craintifs et affamés, autour de la déliquescence morale des oppresseurs ; et surtout elle entend ces voix d'enfants qui l'habitent, comme le remords de son ventre infécond, comme le cri vengeur d'un peuple et d'un lieu martyrisés.


"Chiens féraux", le premier roman de Felipe Becerra Calderon, a reçu au Chili le prestigieux prix Roberto Bolano en 2006. 


 Dans ce roman surréaliste et polyphonique, Calderon explore les effets de la folie et de la solitude sur deux êtres ordinaires qui ont la particularité d'appartenir au camp des bourreaux. Il nous offre un texte dense, où la langue se fait schizophrène pour chanter la contagion du mal.

 

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«On ne peut pas continuer comme ça, maman, on ne peut pas. Il fait si froid, ici, dans l'ombre, dans ce tourbillon noir. Et ce sifflement persistant, comme une douleur, maman chérie. Laisse-nous leur raconter ton histoire, laisse-nous nous délivrer de tout ce fardeau, s'il te plaît, on ne fera de mal à personne. On ne peut pas continuer comme ça. Les amis veulent connaître ton histoire. Leur confier ce qui t'est arrivé ne te fera aucun tort. Et nous, on sera soulagés. Tu vas voir, maman chérie, on ne pleurera plus, on ne va plus te griffer, la nuit, on ne cognera plus sur ta tête pour que tu t'ouvres de part en part. Tu vas voir, on sera bien sages. Allez. Laisse-nous leur raconter ta vie,… »

 

C'est ainsi que commence ce chef d'oeuvre, écrit par un jeune homme de 19-20 ans...

ou comment les chiens féraux (c'est à dire les bourreaux chiliens, ces hommes civilisés redevenus sauvages ; mais pourquoi pas non plus les victimes, elles aussi rendues au rang animal...) arrivent à perturber deux "honnêtes" personnes "civilisées" (mais qui sont du côté "paisible" du mal : une femme intelligente Rocio, traumatisée jadis par une histoire de têtes coupées à l'Université de médecine où elle était étudiante, et qui entend des voix d’enfants ; remords de tous ces silences face aux monstruosités de la junte militaire et son mari Carlos qui seul dans son désert chilien attend lui aussi le boomerang de ces propres cauchemars :

de la magie des indiens indigènes qui ne connaissent pas même le drapeau du Chili et ne participent pas à la fête nationale qu'organise Carlos pour se "réconcilier", aux techniques d'hypnose utilisées pour la torture, aux enfants que cette femme stérile (elle tombera enceinte à le fin du livre mais cela est présenté plus comme une mort que comme une naissance) n'aura jamais et qui viennent l'inquiéter par leurs babillages incessants , aux peurs de l'officier de police qui ne comprend plus rien à ce nuage noir qui se déforme et vient vers lui – en qui à la fin il reconnaîtra un enfant tenant un chien menaçant en laisse / un très sombre roman hypnotique, schizophrène, écrit avec une ardeur et une violence rares / on passe du court au début au long des derniers chapitres : il faut se laisser porter par les derniers paragraphes totalement surréalistes lorsque tous les morts momifiés, enterrés vivants et les chiens féraux et les cristaux des rêves et les étoiles et les remords forment un mélange poétique où le lecteur avide de sensations fortes aimera à se perdre...

frenchpeterpan

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Féral, ce mot quelque peu inusité,  signifie revenu à l’état sauvage pour un animal domestique. Chiens féraux, Bagual en sa traduction hispanique, est le premier roman du chilien Felippe Becerra Calderon. Des chiens qui peuplent un horizon désertique du Chili dans lequel  Carlos et sa femme Rocio vivent. Mais sont ils vraiment  aussi réels que l’ombre de la culpabilité?

Rocio est intelligente, ancienne étudiante en médecine traumatisée, Rocio est en couple avec Carlos, policier envoyé dans cette province désertique du Chili, un village où tout n’est que poussière.  Rocio et Carlos tourbillonnent dans leur histoire, celle de leur pays, sans que rien ne se passe pour les entrainer d’un bord ou de l’autre. Vont-ils ensemble sombrer dans la folie que leurs hallucinations respectives sous-entendent ? C’est la voix d’abord de leurs enfants à venir qui va nous conter cette descente dans l’indicible.  C’est la voix de ce futur qui sera débarrassé de la dictature de Pinochet mais qui a cette sensation de vivre dans l’ombre du secret, dans les pas de l’horreur, dans ses racines que l’on ne peut raconter. C’est la voix de l’enfance de ceux qui sont nés du côté des bourreaux.

Ce roman qui fut prix Bolano  n’est pas une narration simple. Les voix s’entrechoquent : d’abord celle des enfants futurs, puis celle de Carlos qui écrit l’ennui, l’apathie sur son carnet, puis toutes celles qui existent dans la tête des protagonistes. Il n’y a pas vraiment de péripéties, juste la suggestion des actes, ceux qui ont entrainé dans le silence les charniers de Pinochet. C’est donc un roman politique sur la barbarie, la folie.  Un roman qui entre réalisme fantasque et folie permet à Calderon d’imposer un style digne de ses grands anciens ( Bolano, Arias … ). Un roman en forme d’interrogation : peut on s’isoler au point de ne pas voir les dangers de la meute ? doit on s y inclure pour survivre ? doit on devenir un chien féral pour être épargné ou est on un chien féral pour être un bourreau ? Dans une construction de voix aussi labyrinthiques que fantastiques, Calderon crée un rythme hypnotique qui nous emmène jusqu’aux confins de l’esprit avec cette volonté de «  laver les corps », ce désir de rédemption chevillé à la mémoire.

Chronique rédigée par Abeline 

texte volé ICI

 

Coup de coeur de la FNAC :
Merveilleux... Une révélation littéraire et une écriture au dela de la modernité... Un huis clos intense dans un Chili de sable.Solitude, hallucinations, voix intimes... Un livre qui brasse les univers profonds de la fragilité de l'esprit."

Magazine ARTPRESS n° septembre 2011 (Olivier Renault)
"L'ensemble est d'un baroque onirique, mâtiné de science-fiction, mêlant les registres d'écriture. Un roman sonore : tout bruisse, tinte, chuchote, chante, crie. L'ouïe est la clé. "Car ma génération n'a pas vécu la dictature, elle l'a seulement entendue. (...) Nous sommes entrés par ouï-dire dans cette histoire", précise l'auteur dans sa préface. Troublant écho sonore de l'horreur. On en sort en méditant."

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commentaires

jean-luc saint-marc 16/04/2012 17:14


perso, je me souviens de ces chiens féraux, au Portugal


et leur côté fiérot qui ne peut cacher leur profonde déprime


 


 

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