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"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
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 Guillaume Apollinaire

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"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

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Jacques Bertin

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Fernando Pessoa


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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 13:42

 L'envie-Olécha

 

        Que dire de « L’envie » de Iouri Olécha, publié en 1927 et que l’on nous présente comme un des chefs d’œuvres de la littérature russe de l’entre deux guerres ? Que sa lecture est réjouissante, étonnante, fascinante, impertinente. C’est écrit avec intelligence, burlesque et fantaisie, et pour un texte de cette période, on est surpris de la vivacité moderne de cette prose. Que serait devenu cet écrivain né en 1899 sans l’arrivée de Staline ? Car dès 1930, 1932, tout se gâte, l’écrivain vedette écrira sous censure en permanence (il fera même une vive autocritique de lui en 1934 au premier Congrès de l'Union des écrivains) et arrêtera la forme romanesque. « L’envie » a pourtant remporté un grand succès à l’époque. Issu d'une famille d'origine polonaise, Olecha passe son enfance à Odessa et gardera toujours un souvenir nostalgique de cette ville et de la « Russie méridionale » (Olécha se sent plus « européen » que russe).  Il publie ses premiers poèmes à l'âge de 17 ans et meurt à Moscou en 1960 dans la pauvreté et la déchéance, quasi clochard.

 


Ensuite Olécha consacrera le reste de son travail d'écrivain à son journal qui paraîtra de façon posthume en 1965 sous le titre « Pas un jour sans une ligne ». Puis paraitra récemment dans sa forme complète sous le titre « Le livre des adieux ». Livre que je vous recommande et qui  parle bien des conditions de vie et de travail d’un artiste soviétique pendant trente ans (des années 30 à la fin des années 50), de la reconstruction impossible. Le créateur sous le totalitarisme, sous la terreur communiste. (très belles pages aussi sur sa sœur morte du typhus « par sa faute », lui, ayant apporté la maladie et ayant survécu.)(1)

 
Il s’agit dans « L’envie » de montrer ni plus ni moins la lutte (en outre fraticide) de l’homme nouveau et de l’homme des temps anciens, la tragédie du modernisme. Un troisième larron sera là, on peut y voir un éventuel portait de l’artiste écrivain, en homme cultivé, mais faible, alcoolique et velléitaire, inapte à cette nouvelle vie proposée. Ce sera lui « l’envieux » et par là même « le perdant », l’impuissant à qui manque le mode d’emploi du métier « vivre ». 
Le style d’Olécha mélange burlesque, sérieux, fantastique et poésie puissante ; ce qui ressort à la lecture c’est surtout l’incroyable originalité du style narratif et de la construction du roman. C’est très moderne. La place de l’individu dans la nouvelle société qui s'édifie. Les « hommes  nouveaux », rejettent les « vieux sentiments » : l'amour, l'orgueil, la peur, l'envie, la haine, la jalousie, le désespoir etc… et ne s’intéressent qu’à la nouvelle société dans laquelle dominera « la machine ». Adieu sentiments humains, adieu individualisme, vive les machines à fabriquer les saucissons, vive la libération grâce au travail… Adieu sentiments poétiques, adieu rêves inutiles et futiles, sans intérêts, vive le matérialisme triomphant, le sport hygiénique et le rendement ! Action dynamique contre art statique. Hommes du progrès contre rêverie, attentisme pessimiste et « romantisme attardé » !
A la fin du livre les deux compères perdus et perdants, vivant chez une veuve Anetchka, boiront un coup à un sentiment devenu important : l’indifférence !

 


- Buvons, Kavalérov… Nous avons beaucoup parlé de sentiments… Mais nous avions oublié le sentiment le plus important… Nous avons oublié l’indifférence… ne trouvez-vous pas ? Sérieusement… Je crois que l’indifférence est l’état le plus agréable de l’homme. Soyons indifférents, Kavalérov ! Regardez ! Nous avons trouvé le repos. Buvez ! A l’indifférence ! Hourra ! A Anetchka ! Aujourd’hui, à propos… Ecoutez bien… Je vais vous annoncer une bonne nouvelle… Aujourd’hui, Kavalérov, c’est votre tour de coucher avec Anetchka. Hourra !

 

"L’Envie", ce livre étrange et fascinant, poètique et pathétique, qui a fait éclater les cadres habituels de la littérature de l’ex-Union soviétique. Un chef-d’oeuvre.”-F. Rude ( La Quinzaine littéraire )
 

 


 (1) Ma sœur était pour moi un être étonnant. Non, à vrai dire, dans ma relation avec ma sœur, il y avait bien des choses qui aujourd’hui m’étonnent : il est absolument évident que je voyais en elle une femme. Je me livrais parfois à des actions qui donnaient à penser que je la voyais précisément ainsi. Ainsi je l’enlaçais, ainsi j’avais envie de l’embrasser dans le cou, d’embrasser ses bras nus lorsque je les voyais. Elle ne s’y opposait pas. Au contraire, cela lui plaisait. Je nous revois assis sur le bord du lit où je m’apprêtais à me coucher –ma chambre était à la croisée des pièces de l’appartement–, il est tard, tout le monde dort, nous ressentons l’état douloureux et doux d’êtres faits pour se donner l’un à l’autre mais qu’arrête la barrière de la honte, de la responsabilité et de la peur. Je la frôle à chaque instant, je frôle ses jambes et ses épaules nues (elle est sur le point de se mettre au lit) et elle dit pour transformer ce qui est en train de se passer en plaisanterie :
-Tu as les oreilles brûlantes.
Il me semble que c’est elle qui m’aurait fait connaître la plus grande volupté que peut procurer la possession d’une femme. Ce que je suis en train d’écrire est-il offensant pour sa mémoire ? Je ne crois pas ! Il me semble qu’une femme ne peut jamais se sentir offensée d’être reconnue comme telle, quand bien même cette reconnaissance serait le fait d’un babouin, pour ne pas parler d’un frère !

 

le livre des adieux- Olécha

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commentaires

Hécate 02/07/2011 19:24



Voilà qui suscite l'envie d'en lire plus !



Lysiane 11/06/2011 19:59



Je vais de ce pas aller chercher ce livre! Votre présentation m'a beaucoup attirée, d'autant que  je suis fascinée par les auteurs russes en général.



frenchpeterpan 24/05/2011 17:14



j'ai le même sentiment que toi


voilà pourquoi j'ai mis ces phrases



Viviane 24/05/2011 09:50



Etrange transcendance du désir, et comme ces lignes qui pourraient nous mettre mal à l'aise nous semblent... belles et sans noirceur.



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