Dimanche 21 mars 2010
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"Une race d'hommes nouveaux va paraître. Leur langage sera le cinéma." disait Blaise Cendrars après ses
aventures cinématographiques avec Abel Gance et Arthur Honneger.
Vu ce spectacle au TNT de Toulouse.
One - man - show de et avec Nicolas Bouchaud (formidable acteur)
d'après "itinéraire d'un ciné-fils" entretien réalisé par Régis Debray qui donna donc le film de Pierre André Boutang et Dominique Rabourdin.
Nicolas Bouchaud s'engage donc dans un monologue (ou dialogue plutôt puisque le public peut participer) avec les mots de Serge Daney, grand critique de cinéma des années 80 (Cahiers du
cinéma, puis Libération...) / c'est même plutôt un vrai dialogue car c'est le discours de Serge Daney avec lui même. Il fait à la fois les questions et les réponses.
Serge Daney parle donc de ses voyages, de ses doutes cinématographiques, de ses plaisirs et de ses dégouts, des peurs aussi à l'apparition de la télévision, de la puissance de l'image, de son
enfance bien sûr et des films qui l'ont marqué à ce moment là...
Serge Daney devient donc bien réellement ce passeur, ce griot ; se consumant dans sa passion des choses filmées, ses dialogues avec Rivette et puis tant d'autres ; c'est bourré d'anecdotes
intéressantes avec ce grand cinéma qu'il y eut à cette époque, la nouvelle vague comme on dit, mais aussi le cinéma américain, fantastique objet d'illuminations. L'image, l'image restera jusqu'à la
fin de sa vie son unique préoccupation, la télévision deviendra par la production 'excessive" d'images, la grande inquiétude obsessionnelle de serge Daney ; et de même que Cendrars se demandait si
une race d'hommes différents allait naître du cinéma, Serge Daney se posait la même question pour la télévision. Et quel usage fera-t-on de l'image...
Mort à 48 ans du sida en 1992, il n'aura pas l'occasion malheureusement de voir les dérives de nos télévisions actuelles, nul doute à penser qu'il aurait eu beaucoup de choses à dire sur cette
télévision-là.
- avec Régis Debray, peu de temps avant sa mort -
"Passeur, je suis resté au milieu du gué, en attaendant que d'une rive ou de l'autre quelqu'un m'appelle
ou me tende la main, et comme ça n'arrivait jamais, je me suis mis à donner de la voix et à faire passer de petits messages oraux ou écrits, pour donner des nouvelles d'une rive à l'autre sans
appartenir moi-même à l'une de ces rives. Ni celle des gens normaux qui consomment des films, ni celle de ceux qui "font" des artistes."
serge Daney, in Persévérance.
Serge Daney, au Japon, 1981 l'année où il quitte les Cahiers
"Oh ! On fait pas la vaisselle,
on la f'ra plus tard et on va au cinéma." S.D.
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La
répétition
" La répétition, elle, n'a rien de honteux. Briquer le parquet, la cuisinière, la baignoire, ranger les choses. Répéter un mot, un geste, un accord. On
peut y trouver du plaisir.
En 1981, le critique Serge Daney écrivait :
" Il y a aussi des films (plus rares) qu'on ne peut pas raconter parce que notre plaisir consiste à les voir et les revoir."
On peut relire cette phrase autant de fois que l'on veut. "
Fabio Viscogliosi in "Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit.", Stock, La Forêt, 2010. page 43.
Par frenchpeterpan
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Publié dans : Théâtre
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Avis d'un photographe de presse
L’émotion était de palpable. Les photographes de presse furent conquis, grâce à une interprétation mêlant pédagogie, générosité, culture et humour. La représentation est épuré de toute fioriture scénique hormis un écran blanc qui diffuse sur fond de nostalgie le « cinéma de papa » qu’un Eddy Mitchel n’aurait pas boudé et de quelques accessoires, clope, chaise et bouteille de whisky qui borne allusivement la présence émouvante de l’acteur dans le mirage d’un western.
Incarnant généreusement Serge Daney, c’est à un retour historique à la fois pédagogique et passionnant que nous convie Nicolas Bouchaud entre quelques bouffée de malbak qui ponctuent la réflexion sans concession de Serge Daney sur le 7ème art et les nouveaux médias. On s’amuse des références d’hier et d’aujourd’hui, on se rappelle de son premier film d’enfance, de ses premiers frissons ou de ses premières larmes. Bref, La loi du Marcheur » est un spectacle qui surprend, touchera n’importe qui… photographes compris.
merci d'avoir laissé ce commentaire !
oui c'est un sacré spectacle et un sacré acteur à propos d'un sacré bonhomme !
bien à vous