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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 10:12

moineau moineau

 

   Je somnolais nonchalamment, de gros livres entrouverts posés près de moi dans cette vaste bibliothèque aux larges baies vitrées. Une climatisation douce ronronnait ; de nombreux étudiants discutaient à voix très basse ou, seuls, travaillaient. Je constatais une fois de plus le grand nombre de jeunes filles ou de jeunes femmes tant les étudiantes avaient pris l’ascendant sur leurs collègues masculins. La médecine se féminisait comme tant d’autres professions.

   J’étudiais ou tentais d’étudier une fois encore la découverte de la sexualité chez l’enfant. Comme disait Rufo, la sexualité est un mystère et doit le rester. Mais devant ses étudiants, il faut bien s’expliquer et faire semblant d’être au courant « de tout », même de théories tordues ou nouvellement « à la mode ». J’étais donc là à rêvasser et à prendre des notes lorsque dehors un moineau ou du moins un oiseau de cette taille vint s’assommer contre la vitre ;  tous les gens proches entendirent nettement un bruit court et violent. Certains comme moi se levèrent . Le petit animal convulsait et reposait sur un étroit parapet. Les courtes pattes se crispaient, le passereau semblait souffrir. Certains, à côté de moi, s’en émurent ;  malheureusement impossible de récupérer le blessé, les vitres ne s’ouvraient pas et nous étions au troisième étage de ce gros bâtiment. Les mouvements se firent moins brusques, mais l’animal tentait toujours de se remettre sur ses pattes, comme un réveil de coma. Peu à peu les gens partirent reprendre  leur travail. Bientôt ne restèrent que moi et une jeune femme dont le visage me disait quelque chose, sans nul doute elle avait dû assister à mes cours. Elle ne disait rien, mais je devinais son émoi, d’autant plus que soudain je vis une larme se détacher et couler sur sa pommette dorée.

   « Il va s’en sortir » me crus-je obligé de dire.

   Elle sourit, calmement répondit : « sans doute. », puis s’éloigna, après avoir fixé une dernière fois l’animal immobile.

   Je restais seul (inutilement seul dit le poète) à regarder l’oiseau. C’était bien un moineau, dire qu’on l’appelle comme cela parce qu’il a la couleur terne d’un moinillon… Cela me fit sourire. Que sont devenus les moinillons maintenant ?

   Brusquement, l’animal se releva, prit position sur ses deux jambes, hésita un moment, puis sauta et prit un envol quasi naturel. Son vol le dirigea vers la cime d’un grand marronnier. Bravo le pierrot ! Je fis demi-tour pour rejoindre ma table et mes documents, j’avais un peu faim comme toujours, mais me résignais en débutant diabétique à attendre calmement le soir, les grignotages, c’était terminé !

   En m’asseyant, je vis l’étudiante les paumes posés contre les joues, elle sanglotait encore ; elle n’était pas loin, j’hésitais à lui parler, à la réconforter – à la comprendre sans doute. Gérer ses émotions dit l’autre ! Peut on enseigner aux gens d’être heureux ? Si le langage est régulateur des émotions, je devrais parler à ma future consoeur ; mais ce sont les femmes qui verbalisent, les hommes, eux, préfèrent l’inaction ou l’action en silence. On dit que les émotions sont de puissants signes sociaux. Je la fixais à nouveau, elle releva la tête à ce moment et nos regards se croisèrent brillants. J’allais vers elle : « Vous avez fini de travailler ? Je vous offre un café pour fêter la résurrection de l’oiseau ! »

   « Non » dit-elle en souriant, « ce n’est pas pour le moineau que je pleure, je finis mon stage en cancérologie des enfants. Hier un petit de onze ans que j’adorais est mort de leucémie. » Et son sourire se termina en pleurs. Je posais la main sur son épaule. Elle dit rapidement : « Allez ! Allons boire ce café ! » Elle essuya d’une main rapide le bord externe de ses paupières.

   Je réfléchissais à ce que j’allais lui dire sur l’empathie, sur le burn out, sur le détachement nécessaire dans ce métier, le travail émotionnel. Le bon Samaritain est dangereux en médecine. « Si vous voulez être heureux, soyez le. » disait Tolstoï ; l’optimisme est l’une des meilleures protections contre le stress. Nous descendîmes rapidement les escaliers pour traverser ensuite la cour, les bars sympathiques gorgés d’étudiants jeunes et heureux étaient nombreux de l’autre côté de la rue. Mon regard fut attiré par une petite tache grise au pied d’un arbre, je marchais sur le gazon ; c’était notre petit oiseau, mort, semble-t-il. Je le pris dans ma paume.

« Vous voyez » dit-elle... Je ne comprenais pas ce que j’étais censé voir…

Comme je restais là interdit, c’est elle qui me prit par la manche et m’entraîna vers le café. 

 

moineau2 moineau2

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commentaires

frenchpeterpan 28/10/2011 10:12



merci if


bonne journée itou à toi :-)


et sois heureuse



if6 28/10/2011 08:16



superbe! j'aime beaucoup ce petit texte qui a toutes les qualités d'une nouvelle. Peu de mots pour dire l'essentiel et cette plongée dans ce quotidien difficile auquel  le médecin doit faire
face, et cette phrase"le bon samaritain est dangereux... et celle de Tolstoi: si on veut être heureux on peut. 


bonne journée à toi Marco;)



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