Mardi 29 décembre 2009
2
29
/12
/Déc
/2009
11:09
"Avant d'être un film, "nous ne vieillirons pas ensemble" est un roman : "une histoire que j'ai
écrite parce qu'à l'époque c'était l'évènement le plus important de ma vie." M.Pialat
"Nous ne vieillirons pas ensemble s'apparente à ces grands romans de la faiblesse masculine.
Insidieusement la réalité de l'abandon s'impose à un homme incrédule qui abusait de son pouvoir, rêvait sa vie et rêvait sa violence. L'art de Pialat est un art d'une puissante humanité, sans
précaution, sans scrupule, sans effort pour rendre les personnages sympathiques. On est dans la peau, le gros grain, "l'homme nu" disait Simenon." Jacques Fieschi
" Je vais dans l'autre chambre. Je me déshabille. Je me mets au lit. J'éteins la lampe.
Je suis dans le noir. Je ne dormirai pas. Je ne dormirai plus jamais comme avant. Rien ne sera plus comme avant. Combien de temps mettrai-je pour oublier Colette ? Je n'oublie pas les gens que
j'aime. On n'en rencontre pas souvent. "
Paris le 15 avril 1970, Maurice Pialat (dernier paragraphe du livre)

Même si je préfère de loin le film au livre et le jeu exceptionnel de Jean Yanne (Prix d'intrerprétation à Cannes en 1972, non reçu car l'acteur était absent), force
est de reconnaître que j'ai lu ce livre avec plaisir, me remémorant certains passages du film.
A 45 ans quand Pialat écrit ce livre, c'est un peintre qui a renoncé et peut être un homme tout court qui se dirait "raté" , le portrait qu'il fait de lui est sans complaisance. On sent de la
compassion pour cette humanité là si réelle et sans fioriture. L'homme est pitoyable certes, mais aussi plein d'intérêt dans son désarroi.
Ce film est sans doute un moment clé dans la vie de Pialat où il passera de peintre raté à cinéaste exceptionnel.
Bref un chef-d'oeuvre qui n'a pas si mal vieilli que cela...

" L'univers esthétique que crée Pialat n'est en rien un univers autonome, pur. C'est un monde impur qui, par toutes ses racines et tous ses prolongements, touche au
réel. Le cinéma de Pialat n'a qu'un seul conseil à donner à ses personnages comme à tout le cinéma : vivre au lieu de "faire du cinéma". "
Joël Magny in "Mautice Pialat, Cahiers du Cinéma, collection auteurs, 1992.
Par frenchpeterpan
-
Publié dans : Film majeur
2
Derniers Commentaires