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"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
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"O mon passé d'enfance,
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Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
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"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
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Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
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à propos d' Arthur Rimbaud

Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /2010 19:12

hotel-univers.

 

photographie issue d'un paquet acheté par deux libraires malins / l'ensemble portait le nom "Hotel Univers" / or c'est le nom de l'hôtel à Aden où Rimbaud descendait. Les photos sont datées entre 1880 et 1890.

 

L'ensemble des photos est acheté : une sort du lot, le deuxième personnage à droite pourrait être Rimbaud ; vérification faite par des spécialistes (tel Jean Jacques Lefrère), il s'agit quasi à coup sûr du poète !

Si on avait été le premier Avril, j'aurais cru à un canular, oui mais voilà aujourd'hui dans le Figaro Littéraire et dans l'Express, les libraires Alban Caussé et Jacques Desse racontent leur intuition de génie... Les photographies auraient appartenu à Jules Suel, négociant à Aden qui finança les ventes d'armes de Rimbaud.


On connait maintenant 5 photographies du poète ; sur cette dernière le visage est moins hâve que les autres, les cheveux moins gris, nul doute qu'elle est sans doute plus ancienne que les autres... Rimbaud ne semble pas malade ou amaigri.


Rimbaud fixe le photographe avec un regard à la fois intéressé et plein d'ennui ; le visage se voit bien ; quelle belle trouvaille ! Bravo aux chercheurs curieux et gloire à eux ! (le dernier cliché du poète vendu en 2007 s'était adjugé 75.000 €)

 

Rimbaud-photo

Par frenchpeterpan - Publié dans : à propos d' Arthur Rimbaud
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 15:14



à Rimbaud
Je dirai le désert
Et les fleurs qu’il a sous ses semelles semées

Il reste l’homme aux yeux charbon et les mauvaises photographies
où il pose tordu, bancal, sans sourire
Il semble fixer et juger le photographe
Et pourtant ces nouvelles sciences le passionnèrent
Il a le corps maigre de ceux qui vivent trop ou trop vite
Epuisant leur horloge ou malnutri

Fatigué, il poursuit son père dans les déserts arabes (**)
Traversant toujours de ses longues marches
« les membres brisés par mes longues errances »
( = écrit à 14 ans, impressionnant quand on connait la suite)(*)
Abandonnant soudainement tout ce en quoi il excellât

Cherchant son altérité de poète « ailleurs », silencieux dans ses pas
Silencieux dans son humanité, cassant sa poésie pour descendre au Sud
Et fuir ce redoutable hiver européen de 1879-1880 dont il parle sans cesse
mais :
Le soleil - Shams (féminin en arabe) – est aussi dur que l’hiver
pourtant :
 Segalen dira de lui qu’il est un « prototype de résistance à la chaleur »(*)

Aden est là.
Plus tard, déçu, insatisfait et malade, son or à la taille, il sera accompagné par seize robustes noirs vers son destin européen, sa fin à Marseille, une jambe en moins à payer
Il mourra seul, sa mère et sa sœur, uniques et derniers compagnons

aucun ami ni africain ni européen
juste son seul silence de voyant



(*) : (cité par Alain Borer)
(**) : (son père fut longtemps capitaine du bureau arabe de Sebdou, en Algérie)


« D’Europe en Arabie ou en Afrique, Rimbaud passe du « même désert, à la même nuit. » Alain Borer : Rimbaud en Abyssinie, Seuil, 1984

« Ma journée est faite. Je quitte l’Europe. » Rimbaud
« Tout cela est très bien et l’homme a tenu parole. » Verlaine



Par frenchpeterpan - Publié dans : à propos d' Arthur Rimbaud
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Vendredi 26 décembre 2008 5 26 /12 /2008 10:30
 

 " Que peut-on constater, en conclusion, s’il est besoin de dresser un bilan ? Rimbaud n’a pas épousé la belle Abyssine noire qui vécut quelques mois avec lui à Aden Camp. Il n’a pas eu le fils qu’il rêvait d’éduquer : « un ingénieur grand par la science ». Mais il ne fut pas, comme à Londres, un pauvre hère : sa fortune, huit kilos d’or, l’équivalent d’un million de nos francs, il la trimballait dans  sa ceinture, banque quasiment « incorporée » qui lui donnait la dysenterie et non le « repos » tant espéré.

    Rimbaud n’a connu de gloire que posthume, ni Académie, ni lauriers littéraires (le nomade avait ça en horreur !). Même ses articles d’observateur, suppose-t-on ont été mis au panier du Figaro et du Temps.  A-t-on le droit d’en déduire que, velléitaires ou non, tous ses actes furent manqués ? Que – volontaires ou non – il n’a connu que des échecs ? Certes pas ! La brèche qu’il a ouverte dans la poésie, regardez-là : elle est toujours béante ! Et Rimbaud a triomphé en cela même qu’il augura : il a été et il reste pour nous absolument moderne.

Charles Bobzynski.
In Rimborama, Revue Europe n° 746-747, juin-juillet 1991.
(dernier paragraphe d'un très intéressant article)
Par frenchpeterpan - Publié dans : à propos d' Arthur Rimbaud
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Jeudi 25 décembre 2008 4 25 /12 /2008 17:17
Aube


J'ai embrassé l'aube d'été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.

_________________________________

Que dire de ce poème écrit à 19 ans
en prose ... et qui commence et finit par un octosyllabe… ?
( le rapprochement de la première et de la dernière phrase nous donnerait la clé de ce poème )
Il vient d’ « Illuminations » le dernier recueil de Rimbaud ; « Illuminations » au sens d’enluminures (somptuosité de la couleur) mais aussi visions hallucinatoires.

Le jour se lève, le poète se promène …
Notion à la fois temporelle et prise de position sensuelle.
Le dernier vers arrive brutalement comme un échec. Découverte + tonalité sensuelle .

    Rimbaud pousse un cri de victoire : il croit avoir saisi l’insaisissable : l’aube, la blancheur, pureté, luminosité, splendeur, éclat, richesses … C’est une féerie précieuse et pure, riche de sonorités puissantes. L’harmonie physique entre l’homme et la nature semble être là, avec le mythe des nymphes et la poursuite amoureuse qui s’en suit. Aube : alba en latin : blancheur.
8 fois « je » sera employé ; passé composé, imparfait ensuite.
Une ville apparaît, flaques d’eau ; immobilité et ténèbres, l’aube n’est pas encore apparue ; les ombres semblent hostiles et fortes.
Le poète ne devient plus témoin, mais bien créateur : et c’est le réveil du poète qui peut être assimilé à un acte magique ; le réveil se fait avec le passé simple. Au début les sonorités sont étouffées, sourdes puis elles deviennent claires, sonores : c’est le début de l’éveil à la nature.
Pourquoi Rimbaud chasse la déesse à la fin ?
La poursuite serait infinie ? telle est peut-être cette signification ?
En agitant les bras, l’enfant devient coquasse, mais aussi prend une signification païenne, dionysiaque (au sens antique, mais aussi philosophique), l’ivresse vitale : orgies, danses… C’est une nymphe poursuivie par Pan. Séductrice dangereuse. Sexualité adolescente ?
Le sapin est presque noir à l'inverse de la cascade.
Une signification à la fois érotique et religieuse. De même vocabulaire guerrier et valeur érotique très nette. La déesse c’est l’aube.
Mythe des nymphes : harmonie de l'homme et de la nature.
Contraste entre le mendiant et le marbre : pauvreté et recherche du don de l’aube, de son obtention ; encore une fois un parfait tableau symbolique.
Mais c’est une illusion de possession. Et la dernière strophe est ambiguë : les lauriers évoquent les victoires, la gigantesque déesse est attrapée par l’enfant, par un simple mortel.
Contraste entre le mendiant et le marbre.
L’enfant est le poète, le poète est l’enfant : la fin de la phrase montre un émerveillement : seul l’enfant peut transformer le réel. L’aube est alors une renaissance.
Le dernier vers arrive brutalement.
Le monde : conscience du poète ?
Il y a donc une valeur symbolique, une enluminure sensuelle mais douloureuse : la poursuite d’un rêve insaisissable et l’aube est l’émerveillement de l’enfance (qui ne survivra pas à la vieillesse). A aucun moment le soleil n’est cité dans ce poème.
Agiter les bras : à la fois cocasse et signification païenne, dionysiaque ; ivresse vitale : orgies, danses : monde érotique et religieux.
Quand est arrivé le rêve ? où est l’état conscient ? cette duplicité est un des charmes de ce texte.
Art de ce genre de poème ? = sa discontinuité , la rencontre d’images et de poésies libérée. Hypnose ? prémisses du surréalisme ?
Rimbaud est définitivement un paganiste, à la recherche d’un idéal inaccessible.
Poème symboliste, lyrique, paganiste, surréaliste, et plus encore.
Abondance de la ponctuation, phrases nominales, pourquoi le verbe "chassait" ?

Il y a tout Rimbaud là-dedans
Rimbaud finissant son enfance, Rimbaud déçu de l’arrivée d’un âge « adulte ».

Rimbaud : un des premiers Peter Pan
Passant de l’autre côté (l’âge adulte), il s’éteindra dans des activités qui ne seront jamais siennes (comme gagner de l’argent, faire des affaires, quitter l’insouciance de la jeunesse…)
Où donc est le grand roman africain qu’il a quand même dû écrire dans sa tête ? ou rêver simplement ?
L’Aube un grand poème charnière vers la poésie moderne…
Arthur Rimbaud ? définitivement quelqu’un d’autre, tout autant l’enfant poète que l’adulte voyageur-géographe…

C'est sensuel, mais douloureux...
C'est une poésie LIBEREE !
Par frenchpeterpan - Publié dans : à propos d' Arthur Rimbaud
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Jeudi 14 février 2008 4 14 /02 /2008 09:22
" Ah ! J'ai voulu dire ce que ça dit, littéralement et dans tous les sens. "
Arthur Rimbaud
Par the very famous french peterpan - Publié dans : à propos d' Arthur Rimbaud
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Lundi 20 mars 2006 1 20 /03 /2006 21:43
"Et si je vis, je suis habitué à vivre de fatigue...et heureusement que cette vie est la seule, et que cela est évident, puisqu'on ne peut s'imaginer une autre vie avec un ennui plus grand que celle-ci !"
Arthur Rimbaud
Par the very famous french peterpan - Publié dans : à propos d' Arthur Rimbaud
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