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"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
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à propos d'Henri Michaux

Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 08:49

3ième diction ; bonne écoute :-)

mais-toi.mp3 mais-toi.mp3


Mais Toi, quand viendras-tu ?
Un jour, étendant Ta main
Sur le quartier où j’habite,
Au moment mûr où je désespère vraiment ;
Dans une seconde de tonnerre,
M’arrachant avec terreur et souveraineté
De mon corps et du corps croûteux
De mes pensées-images, ridicule univers ;
Lâchant en moi ton épouvantable sonde,
L’effroyable fraiseuse de Ta présence,
Elevant en un instant sur ma diarrhée
Ta droite et insurmontable cathédrale ;
Me projetant non comme homme
Mais comme obus dans la voie verticale,
TU VIENDRAS .

Tu viendras, si tu existes,
Appâté par mon gâchis,
Mon odieuse autonomie ;
Sortant de l’Ether, de n’importe où, de dessous
    Mon moi bouleversé peut-être ;
Jetant mon allumette dans Ta démesure,
Et adieu, Michaux.

Ou bien, quoi ?
Jamais ? non ?
Dis ; Gros lot, où veux-tu donc tomber ?


Henri Michaux, LOINTAIN INTERIEUR, 1938


Par the very famous french peterpan - Publié dans : à propos d'Henri Michaux
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 20:02


Henri Michaux est sans conteste un de mes poètes préférés, quelqu'un de ma parentèle, un frère, un ami, un père, une borne sur ma route
c'est surtout un poète "à dire", ses poèmes se lisent, se disent, se récitent tout simplement tellement les mots viennent bien
Michel Bouquet les avait lui même dits avec une perfection divine sur un 33 tours que j'ai écouté des centaines de fois, essayant d'imiter, de reproduire le grand acteur.

On commence par "dans la nuit" / Plume / Gallimard / 1963

diction : la-nuit.mp3 la-nuit.mp3



Dans la nuit
Dans la nuit
Je me suis uni à la nuit
A la nuit sans limites
A la nuit

Mienne, belle, mienne

Nuit
Nuit de naissance
Qui m'emplit de mon cri
De mes épis.
Toi qui m'envahis
Qui fais houle houle
Qui fais houle tout autour
Et fume, es fort dense
Et mugis
Es la nuit.
Nuit qui gît, nuit implacable.
Et sa fanfare, et sa plage
Sa plage en haut, sa plage partout,
Sa plage boit, son poids est roi, et tout ploie
    sous lui
Sous lui, sous plus ténu qu'un fil
Sous la nuit
La Nuit.
Par the very famous french peterpan - Publié dans : à propos d'Henri Michaux
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Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /2008 01:12
    Lecture de ce très beau texte, j'ai appris grâce à Jean-Pierre Spilmont (merci à lui), que Nicolas Bouvier aurait aimé rencontrer Henri Michaux et que ce poème lui plaisait particulièrement.
    Cette diction, donc en amitiés pour Nicolas Bouvier et Jean-Pierre Spilmont.




Rends-toi, mon cœur
Nous avons assez lutté.
Et que ma vie s’arrête.
On n’a pas été des lâches,
On a fait ce qu’on a pu.

Oh ! mon âme,
Tu pars ou tu restes,
Il faut te décider.
Ne me tâte pas ainsi les organes,
Tantôt avec attention, tantôt avec égarement,
Tu pars ou tu restes,
Il faut te décider.

Moi, je n’en peux plus.

Seigneurs de la Mort
Je ne vous ai ni blasphémés ni applaudis.
Ayez pitié de moi, voyageur déjà de tant de voyages sans valises,
Sans maître non plus, sans richesse et la gloire s’en fut ailleurs,
Vous êtes puissants assurément et drôles par-dessus tout,
Ayez pitié de cet homme affolé qui avant de franchir la barrière vous crie déjà son nom,
Prenez-le au vol,
Qu’il se fasse, s’il se peut, à vos tempéraments et à vos mœurs,
Et s’il vous plaît de l’aider, aidez-le, je vous prie.


(© Gallimard, Ecuador, 1929)
Par the very famous french peterpan - Publié dans : à propos d'Henri Michaux
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