Mardi 3 août 2010
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La mer me touche de tous ses doigts
Je rêve, illuminé
Les chants musicaux flottent insensiblement et les mouettes guettent les vautours
Les dériveurs plongent et ressortent ruisselants d’essence marine
Les nuages préparent leur migration
Les oiseaux crient de joie
Et ma main se rapproche de la tienne par les sombres détours de l’irréel
Je t’aime.
Le silence se met à exister
Et la lampe de pétrole brûle près de mon corps
Derniers souffles de la flamme qui danse aux sons de l’air
Ma montre indique 23h 30 et je n’ai pas sommeil
Comme pour préserver mes minutes de bonheur, le silence m’enveloppe et la nuit est claire, à ma lucarne un phare
Et dehors, la mer bouffonne
Je suis seul et bien, mes seuls amis : ma montre, la lampe de pétrole, le phare inlassable, les craquements nets des bûches dans l’âtre
J’ai le torse nu, la nuit est belle
Le murmure pâle de l’eau et ce phare rythmique pour mes jeunes sens
J’écris le nez sur mon bloc
Un éclat toutes les 10 secondes
Pour dire l’ennui qui pousse
Je suis loin de toi que je rêve, loin de ma ville
Le phare tourne bêtement se moquant de ma vie
Dans mes songes, je vois tes seins d’alouette, tes seins de mouette
Tu es si légère, parfois, le phare éclaire des mots d’amour
Je les déchiffre, ils viennent de toi, le soleil terne et noir, l’air me manque
Mes inspirations fuient comme des poissons dans l’eau
30 jours nous éloignent
je compte le phare comme le métronome de nos séparations
je suis sur l’île de Victor Hugo
le vent souffle, un chien errant sur la plage est venu nous côtoyer
il cherche à voler les chaussures d’un ami
celui-ci est obligé de marcher le bras en l’air dans le sable froid
je disais :
la peinture éternelle
c’est le sombre sang
que ma belle fidèle
fait couler depuis 100 ans
L’air paraît mer
Et ces chevaux, ces arbres et ces tuilent flottent comme des méduses aoûtiennes, le long de la Vilaine
Le chemin est rude, mais ta main m’entraîne
Le soleil oblique nous jette
Des clins d’œil complices et les lapins qui nous guettent
Semblent vivre leur premier jour
Odeurs des mers du Sud de la Bretagne
O paysages limpides des tableaux du peintre
Il reste dans mes yeux pâles l’immense visage de la mer
Et tous ces bleus et verts, ces îlots crachats de géants
Je suis seul comme l’adolescent que je suis dans mes souffrances
Tu n’existes pas encore, je le sais
Et pourtant je rêve aux bonheurs des filles de ma rue
Regards et soupirs courtois ou non
Vous gonflez vos bustes à volonté
Vents et souffles de la mer
Rugissez vos prières
O vagues si violentes
Je suis là dans l’attente
Dans quelques semaines
J’aurai 17 ans
17 ans déjà derrière dans le vent affolé de l’enfance
j’ai l’impression déjà d’une carcasse trouée
d’un poète noir
et d’un corps chaud qui n’est là que pour brûler et mourir

photographies frenchpeterpan ©
Par frenchpeterpan
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Publié dans : Textes de jeunesse
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Vendredi 21 août 2009
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10:57
Participer à ta vie cellulaire intérieure, tes mitochondries, tel est mon souhait
Puis se taire et se faire cajoler
Toucher autrui : n’est-ce pas là un acte simple, mais sans doute bien plus : une finalité ? la finalité essentielle, vitale ?
Le but de ce monde : communiquer
Avec tout l’alcool ingurgité hier, j’ai cru voir le nocher de la mort, je me sentais partir doucement et involontairement, tendre mes bras vers un oxygène limoneux, des eaux croupies, des flaches
ténébreuses
Puis j’ai sombré dans les hésitations de vivre incroyables, petits succubes me piquant l’épiderme en rythme avec l’alcool, puis la gadoue, je devais vivre
Je deviens moi-même outre, tonneau, je m’encuve ; mon cœur trop plein d’encre est parti inviter le silence ; j’observe mon nombril : il me dit de continuer, bougre d’idiot rajoute-t-il !
Rythme de be-bop dans mes veines, mon cœur vilain qui bêche ;
J’essaye de rentrer chez moi dans ces ruelles du vieux Tours, les noms et les destinées inquiétantes des rues, ici un cul de sac, là une boucherie, des animaux morts dont le sang brun suinte des
cous me scrutent à travers les vitres rendues rouges par le soleil
Leurs prunelles sont sans appel : je suis condamné
Je traîne comme une méduse en longeant les voitures garées, somnambule d’un mauvais film ; puis je tombe et mon genou saigne, les vieilles maisons tentent de me cerner, m’emprisonner, des pavés
sortent de terre pour m’encercler, j’étouffe, je remarche ou cours, puis je vois mes mains se détacher de mon corps et je cours moignons lançant des jets de sang artériel sur les murs de tuffeau
blanc, le ciel est pourtant très bleu et malaisé ; encore une histoire d’existence que je fuis, même la Loire ne m’apparaît plus, face contre l’herbe tendre, je m’écroule comme un drogué, le long
du fleuve ; les fils bleus de la Loire m’apaisent cependant, mon inquiétude se dissout, enfin je ressens le textile doux du fleuve, les fibres unitives cardiaques se redéploient intelligemment, je
peux commencer à revivre
Et dans ce grand trou noir et puant que formait le fleuve vient tranquillement l’eau remplir et les bras et les îles et les berges dont je vois éclore en accéléré les petites fleurs des prés.
Le sable de mes souvenirs poudroyait à ton passage, au calme succédait le désordre ; j’avais potassé ton corps en élève sérieux, mais le chemin des écoliers n’est pas chose tranquille et me voilà
seul sur ce talus, à attendre, le cœur et les yeux fermés. Là, au sol, je végète, mon ossature s’affaiblit, quelques racines se mettent à croître entre les doigts de pied, je n’ai même plus des
yeux d’animal et mon sang se charge et se décharge de cette sève de jeunesse ; mon visage ne s’épanouit pas , faute de couleurs et de regards. Et toujours ces couleurs (ou douleurs ?) lancinantes
qui blessent mon cœur malsain. Je rêve à revers, faute de lumières qui guideraient mes pas incertains, je rêve à revers…
dans mon cerveau encombré, s’ajoute cette houle de noir que je rejette en souffrant.
Chez moi, je me vautre dans un fauteuil et attend la mort, elle entrera par ce vasistas doucement, qu’y a t il ? Est-ce vous Madame ?
Puis enfin cet après-midi, je me suis relevé et puis c’est ce soleil splendide qui m’a gobé, ôtant tout ce qu’il y avait d’homme en moi, c’est ce soleil splendide qui a brûlé mes yeux et mes
poumons en m’aspergeant de son eau jaune. C’est ce soleil splendide qui m’a remis sur les rails naturels, m’a réduit en homme de nouveau, m'a verticalisé et puis m’a fait penser à elle, à elle…
J’avais fini une de mes premières décantations de jeune homme.
Par frenchpeterpan
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Publié dans : Textes de jeunesse
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