Marco = frenchpeterpan

mots - maux

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --

"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti


"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro


somme des égarés :

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b o n j o u r !

Chers lecteurs,
vous trouverez un peu de tout ici,
quelques poésies, quelques courtes nouvelles et autres textes à commenter et critiquer...
et puis coups de coeur de lecture : romans et poésies, théâtre et chansons poétiques ... enfin : photographies, peintures, voyages ...


je vous souhaite un bon passage / Marc

"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."
Nicolas Bouvier


écrivez moi si vous le souhaitez :   

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

______________________________________________


Vendredi 12 juin 2009
à nouveau disponible
le disque hommage de Jacques Bertin

"Chez Bertin"
Changement de propriétaire
1982

12 chansons d'exception, bien sûr...

chez Velen, Nantes
Commande : ICI



1    Maintenant que la jeunesse (Aragon / Leonardi) 
2    Le temps de vivre (Gougaud / Bertola)
3    La chanson de Tessa (Giraudoux / Jaubert)
4    L'aube sur le Jardin des Plantes (Brua)
5    Noël (Bérimont / Ferré)
6    Amis soyez toujours (Vasca)
7    Syracuse (Dimey/ Salvador)
8    Stanislas (Ricet-Barrier / Lelou)
9    Les voiles du bateau (Dimey / Salvador)
10    Gennevilliers au bout du monde (Sommer)
11    A Paris dans chaque faubourg (Clair / Jaubert)
12    Les chants des hommes (Hikmet / Grassi)
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Mardi 12 mai 2009
une chanson inédite du grand slameur
" Education nationale "
un clip sympa
cliquez sur les images


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Samedi 9 mai 2009
La poétesse Lucienne Desnoues est morte en 2004.

Elle avait épousé Jean Mougin, qui n’est autre que le fils de Norge, grand poète que chanta par exemple divinement Jeanne Moreau. Elle était aussi la petite-nièce du forgeron Desnoues que l’on découvre dans le Grand Meaulnes d’Alain Fournier.
Dès l’âge de 26 ans, elle publia sa poésie.
Une anthologie personnelle a été publiée par Acte Sud en 1998.







Les excellentes éditions EPM ont décidé en 2003 de rééditer l’album magnifique de chansons-poèmes mis en musique par Jean-Grançois Gaël et Hélène Martin, le tout chanté somptueusement par cette dernière.




    Nous reviendrons sur Hélène Martin, elle est -pour moi- et avec Colette Magny ce que l’on a fait de mieux en femmes poètes-musiciennes-interprétes. C’est une femme d’exception qui a poursuivi la grande poésie toute sa vie.
Bien sûr elle a mis Genet, Giono et Aragon en musique (et en chants) : et quels disques !! On reparlera de ceux là, de cette magnificence des chants et des musiques, des orchestrations de sa voix alto divine…

Ce disque est un petit bijou, épuisé déjà. Vous pouvez par exemple télécharger ou écouter des extraits ICI.


Dans sa chanson "Liberté femme", Hélène Martin chante aussi :

« Item à Lucienne Desnoues

Et je me souviens du jour où

L'ami Lucien

Nous présenta et ce fut bien

Le plus fameux etceterra

De l'amitié sans errata. »


    Je savais le disque de Hélène Martin chante Lucienne Desnoues : (« mes amis, mes amours » grand prix de l’académie du disque français)1968 épuisé, malgré sa réédition en 1996 puis en en 2002 par EPM. Trop petit tirage sans doute et c’est bien dommage.
Quel fut mon plaisir de trouver chez un libraire un exemplaire !

    A la première écoute, quel plaisir, cela n’a pas vieilli, je revois toute la puissance et la force d’Hélène Martin . Les poèmes de Lucienne Desnoues sont eux doux et simples.

« Matines » est par exemple, une perle dans le chant et la diction pleine de pudeur d’Hélène Martin.

Matines

O mes amours, voici le jour,
Un jour de mai qui se proclame,
Un jour, qui va tout feu tout flamme,
Durer toujours.

Voici le jour fort comme quatre
Sous sa crinière de beau temps
Voici le jour bien trop content
Pour en rabattre.

Dès qu(il pointa son museau tendre
Il eut avec lui tous les coqs,
Les platanes musclés à bloc
Pour le défendre.

C’est promis, juré, décrété,
L’eau le dit, le bronze le gronde :
Il va durer pour tout le monde
L’éternité !

Laissez s’arrêter les pendules,
C’est le jour à jamais levé,
C’est le jour J, c’est le jour V
Cœurs incrédules.

Bah ! On sait qu’il déchantera.
Midi va l’assommer sans faute.
Il glissera dans l’herbe haute,
Ce fier-à-bras.

Déjà la voix des eaux s’étouffe,
Le zèle des clochers s’éteint.
On tient à l’œil ce beau matin
Faiseur d’esbroufe.

Toute mesure et tout velours
La sûre nuit guette son heure.
Hélas, il faudra bien qu’on meurre,
O mes amours.

----------------------

Hélène Martin c'est simplement :

 Le prix du Disque de l'Académie Charles-Cros, qui couronne:

 _. une première fois en 1961, un de ses premiers 33t
 _. une seconde fois en 1973: Hélène Martin/Fine Fleur
 _. une troisième fois en 1980, le coffret "Hélène Martin chante les poètes".
 _. Le Grand Prix de l'Académie du Disque Français pour "Mes amis mes amours"
 _. Le prix de l'Humour Noir pour "Ballade de Bessie Smith"
 _. Le Prix SACEM en 1986
 _. Le prix Odette Vargues (SACEM) pour l'ensemble de son œuvre en 1988
_ .Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1986

Pour voir son site ; cliquer sur son visage


Par frenchpeterpan - Publié dans : chanson poétique
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Dimanche 15 mars 2009

L’ami Alain est donc parti
Faire la cour à des murènes
Il est parti « faire le mort »
On sait que cela ne durera pas

Celui qui avait réussi à rejoindre
Le grand Gainsbourg dans le maniement des mots
Les mélodies riches et des interprétations sans faille
Et même dans la dégaine

Fatigué, nous sentions tous que le bout du chemin était proche
Transfusé, pour pouvoir venir recevoir ses prix – comme un enfant –
Qu’il fut toujours
Il avait quand même gardé son regard chaleureux et sa voix  puissante

C’est fini, donc, ces mots que lui seul possédait
Ces jeux de mots et de maux rien qu’à lui
Ses hésitations, ses peurs, ses amantes
La mort est venue nous rafler tout cela d’un coup en prévenant cependant
« Bleu pétrole » fut donc le dernier champ dans son expérimentation
il est ainsi parti voyager « en solitaire »
et ma main est tendue pour lui
et j’ai mal comme pour Ferré et Nougaro
ces chants qui seront maintenant du « passé »
ce climax à la fois apogée et orgasme
qu’il désirait et recherchait en tout
va mon ami va visiter tes sirènes et sauter à l’élastique
« à l’envers » dans les nuages
tu remonteras ainsi vers le soleil,
ton frère,
ton ami

tu as besoin de chaud


bien à toi / Marc /




La nuit je mens

On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques

J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née

A la station balnéaire
Tu t’es pas fait prier
J’étais gant de crin, geyser
Pour un peu je trempais
Histoire d’eau

La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains

J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho

J’ai fait la saison
Dans cette boite crânienne
Tes pensées je les faisais miennes
T’accaparer seulement t’accaparer

D’estrade en estrade
J’ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose

Un jour au cirque
Un autre à chercher à te plaire
Dresseur de toutous
Dynamiteurs d’aqueducs

La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Effrontément

J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho

On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques

J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née

La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains

J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho

La nuit je mens…


Texte Alain Bashung/Jean Fauque 1998

Vidéo en public de "la nuit je mens" / cliquez sur l'image

" Ce qui me stimule, c'est de ne pas trop savoir où je vais..."
Alain Bashung 2005

Par frenchpeterpan - Publié dans : chanson poétique
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Vendredi 13 février 2009
    Le 25 ième disque de Bertin est là.
Enregistrement public, Jacques et sa guitare, l'ami de toujours Laurent Desmurs et son piano.
Quelques nouvelles chansons dont la magnifique "Que faire ?". C'est toujours un miracle que t'entendre cette voix, ces textes, ces mélodies. 
 

    Jacques Bertin a sous titré son disque : 40 ans de chanson . Et oui 40 ans !




    40 ans que sa poésie me nourrit intensément, profondément, à grands coups de cuillères délicieuses. Et essentielles. Brel, Brassens, Ferré, morts ; selon moi, il ne reste que lui. Cette chanson-là que je ne veux pas voir disparaitre !

    Ce que je retiens encore de ce tout dernier opus, c'est la perfection du chant et de la voix. Oui, la perfection.






QUE FAIRE ?

Fonder quelque chose
Demeurer vivant
Brûler à tes causes
Courir en avant
Fonder l’amour même
Et l’homme nouveau
Nier le problème
Lancer des bateaux

Ouvrir une route
Cueillir le grand vent
Défier le doute
Brûler le gréement
Atteindre la rive
Débloquer le port
Débarquer les vivres
Débusquer la mort

Tricher sur les dates
Sauver la maison
Avancer sans carte
Plaider la passion
Inventer de l’âme
Gonfler les enjeux
Tutoyer le drame
Rallumer le feu

Renverser la table
Nier le destin
Croire dans ses fables
Retoucher la fin
Rallumer de l’homme
Se laisser hanté
Ramener de l’homme
Tout réinventer

Ramener de l’homme
Cueillir en hiver
Réhabiter l’homme
Planter dans la mer
Parler à mon frère
Te prendre la main
Quelques pas sur terre
Enfant du chagrin

Défier les astres
Marcher au canon
Violer le cadastre
Rétablir les ponts
Croire dans des choses
L ‘homme est dans nos mains
Boire dans des causes
Aimer à sa faim

Boire dans des causes
Aimer à sa faim



Ramener de l’homme
Cueillir en hiver
Réhabiter l’homme
Planter dans la mer
Parler à mon frère
Te prendre la main
Quelques pas sur terre
Enfant du chagrin

Défier les astres
Marcher au canon
Violer le cadastre
Rétablir les ponts
Croire dans des choses
L’homme dans nos mains
Boire dans des causes
Aimer à sa faim

Boire dans des causes
Aimer à sa faim

Boire dans des causes
Aimer à sa faim !

Laurent Desmurs, piano et claviers
Par the very famous french peterpan - Publié dans : chanson poétique
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Samedi 18 octobre 2008
Quai des Chartrons


On jurera que tes grands yeux parjures craignent quelque chose
Ta pudeur lancera démentis et aveux
J’y croirai comme qui l’enlève croit la rose
D’un vase ou sur ta lèvre un rire et tes cheveux

Une radio enfouie dans le salon immense un jazz morose
Très digne et une fumée de blonde fine y jouera un peu
Comme en sourdine son parfum dans l’odeur du cuir nous compose
Le vain décor que pour le désir on se veut

Bien sûr tu tricheras et plus en t’approchant parmi les palmes
Et sous les pales de l’hélice pulsant l’air tu sentiras
En toi et par tes fluides habits et pâles
Gonfler les cuivres ou fondre bien des soleils calmes

Puis comme les effluves du mal sont des lianes ou des feuilles
Fervente tu t’accroupiras savamment parmi des dentelles
Pour les cueillir mais animal aussi et comme humaine
Et de la lenteur qu’on s’enivre et je te veuille

Nous serons un après-midi d’été doux comme un col de cygne
La pénombre factice avec le store en osier on fera
Propice et ce mot sourire à l’intérieur nous fera
Et nous nous aimerons et changeant comme au bal des cygnes

Tandis qu’ailleurs tout près les gens dans la cohue des villes
Iront chacun pour soi surtout ne sachant pas
Et nous frôlant et cette déraison tranquille
Nous aimerons par jeu nous donner comme deux beaux voleurs







        Une chanson que j'aime particulièrement ...   


    Chanson de ce merveilleux disque de 1984 avec pour une fois beaucoup de musiciens : Didier Levallet, Siegfried Kessler et 9 autres musiciens ! Les années 80 furent aussi un tournant pour la chanson "à texte" :  disparition des vinyles, disparition de 90% des disquaires, les producteurs bouffés par les distributeurs, disparition des "circuits parallèles" "grâce" à un "Langisme" très contre-productif et très "anti-social", cette chanson là allait disparaitre dans les années 90 au profit d'un show-biz très "industrie culturelle". Disparition de ce que Bertin appelait "l'éducation populaire" : MJC et autres ...
    Disparition des rubriques "chansons" dans les journaux, les radios qui oublient la chanson à texte, les lois de l'audimat souveraines, disparition du "Chant du monde"...
    Ce n'est pas de l'amertume, juste de la tristesse ...
Par the very famous french peterpan - Publié dans : chanson poétique
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Dimanche 17 août 2008
Ah ! l’ami Ferré, on y reviendra ! Ne serait-ce que pour parler de quelques chansons uniques, comme « la vie d’artiste » ou « ni dieu, ni maître » et puis tant d’autres …Personne ne pourra remplacer cet artiste exceptionnel, écrivain et poète de talent, musicien génial, interprète d’exception !
    On commencera par « la mémoire et la mer » - d’ailleurs repris par son fils Mathieu comme titre de ses éditions - , quoi dire sur ce chef d’œuvre de la chanson française ? Que c’est la plus belle « chanson » poétique jamais écrite et interprétée, qu’écoutée 1000 fois, on garde encore la chair de poule, on écoute encore comme si du neuf allait surgir ! Il y a tout dans cette chanson, la mélancolie, l’énigmatique, l’inspiration rare d’un moment rare, le transcendantal, la verve, le lyrisme. Les interprétations de Lavilliers ou de Léotard sont plutôt réussies – et ce n’est pas simple de chanter Ferré, mais je préfère encore l’original…

    « Un jour je te dirai pourquoi j’écris. La poésie s’arrange toujours ; il suffit d’être là, truelle en main et sueur suintant au soir, devant la soupe, comme un maçon… » Léo Ferré (préface du testament phonographe, 1980.)

La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j'en laisse
Je suis le fantôme Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi le chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurants
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieu des granits ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du flafla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue aux musiques mortes
C'est fini la mer c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle

Léo Ferré, La mémoire et la mer.©
Par the very famous french peterpan - Publié dans : chanson poétique
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Dimanche 8 juin 2008
   

  
    Pierre Barouh, né à Paris en 1934, sait tout faire. Ancien journaliste sportif et grand sportif lui-même, il découvre la musique brésilienne et sympathise avec Baden Powell. Puis il est assistant réalisateur, acteur, auteur de chansons. En 1966 il devient célèbre en tant qu’acteur et auteur de la bande originale d’ « un homme et une femme » de Claude Lelouch. Il profite de se succès pour créer son propre label Saravah et édite certains auteurs compositeurs interprètes peu connus à l’époque : Jacques Higelin, Areski, Brigitte Fontaine, Pierre Akendengué, David Mac Neil et certains autres… Un groupe d’amis est né. Et Saravah, une sacrée marque de qualité. Il s’occupe de théâtre aussi et crée l’opéra « le Kabaret de la chance ». Il vit maintenant entre le Japon et la France.

    Un petit mot ici sur le Barouh auteur et interprète de chansons. Son premier disque date de 1966 et son dernier de 2007. Il compose régulièrement à l’abri des modes et des télévisions. Je possède beaucoup de ses disques et les aime ; c’est une chanson de qualité, agréable à écouter, sans histoire, j’écoute régulièrement « le Kabaret de la dernière chance » quand j’ai le moral dans les baskets et ça fonctionne très bien.
    Mais je voudrais signaler un disque que j’aime particulièrement, il s’agit de « ça va ça vient », il date de 1971 et c’est avec ce disque que j’ai découvert le Barouh « chanteur ». Une idée des musiciens d’abord : Jacques Higelin au piano, accordéon, banjo ; Areski aux percussions ; et plein d’autres ; les photos du disque sont de David Mac Neil ; cet album est magique, hors temps.
Les compositeurs : Jérôme Savary, Pierre Barouh, Francis Lai, David Mac Neil,…





    Une chanson a ma grande préférence, d’abord pour le texte, mais aussi pour l’interprétation quasi nonchalante de Barouh, l’accordéon lancinant d’Higelin au fond et la grande tristesse de tout l’ensemble ; la chanson s’appelle : « le courage d’aimer », musique de Francis Lai.


    La réédition en CD nous offre deux chansons supplémentaires.


Non, je n'ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l'écho de mon « je t'aime »
Non, je n'ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J'ai trop mimé ces gestes qu'il faut sublimer
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer

Toi qui m'offres aujourd'hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude dans mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l'aime bien l'amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J'ai peur qu'il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer

Pourtant si tu voulais, si tu prenais patience
Avec toi je pourrais retrouver l'insouciance
Cette manie que j'ai de conjuguer l'amour
Se tournant à nouveau au futur de mes jours
Alors me reviendraient du fond de mon enfance
Les élans, les frissons des amours sans défense
Sans lesquels il m'est impossible d'espérer
Retrouver à jamais le courage d'aimer.


    Dans le film de Lelouch, la chanson a été retravaillée , la voici : (je préfère l'original, bien sûr)



La fleur d’amour est bien fanée
Mon cœur va-t-il me pardonner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer

Non, je n’ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l’écho de mon je t’aime
Non, je n’ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J’ai trop mimé ces gestes qu’il faut sublimer
je n’aurai plus jamais le courage d’aimer

Toi qui m’offres aujourd’hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude en mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l’aime bien l’amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J’ai peur qu’il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer

À tout ce que tu es, je demande indulgence
Avec toi j’avais cru retrouver l’insouciance
Il est un rêve en moi que je dois condamner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Par frenchpeterpan - Publié dans : chanson poétique
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Samedi 17 mai 2008
Gianmaria Testa nous a habitué depuis quelque temps à de beaux albums, toujours réussis, toujours hors des modes,hors show-biz, toujours honnêtes.
La valse d’un jour (il valzer di un giorno – Harmonia Mundi 2001)
est un pur poème du début jusqu’à la fin. La quintessence de la force de cet artiste piémontais né en 1958 atteint là peut-être son apogée. Les textes sont courts et percutants, toujours précieux et oniriques ; le livret accompagnant le disque est déjà lui-même un régal, photos noir et blanc et traductions de toutes les chansons et de tous les poèmes ; seules deux guitares se répondent, celles de  Gianmaria Testa et Pier Mario Giovannone, elles sont toutes deux d’une sobriété exemplaire et la voix de l’artiste nous donne à rêver, un rêve mystérieux et inestimable. Il y a bien un air de miraculeux dans ces morceaux. On pense à Paolo Conte du début bien sûr, mais aussi Léonard Cohen, de ces artistes trop rares aujourd’hui.

Le disque se termine par une lente diction pleine de talent et de retenue d’un petit poème de Jean Claude Izzo écrit très peu de temps avant sa mort « la plage du prophète ».
Gianmaria Testa est sans nul doute une erreur dans ce monde actuel de la chanson – une erreur pour les textes, une erreur pour la musique -, une bien belle erreur.

Les femmes dans les gares
Des jupes comme des cerfs-volants dans les orages
Sombres élégances de cormorans
Ombres de rouge dans les cheveux et sur les mains

Les femmes dans les gares
Toujours quelqu’un les attend
Elles s’en vont
Et ne se retournent pas.                          

GM Testa







Je me sens seul

Seul
Comme ces balcons
Aux persiennes fermées
Abandonnés
Où tombe la pluie
Le sable se pose
Se pose la poussière

S’ils avaient une voix
Tu les entendrais
Invoquer les oiseaux
S’ils avaient des mains tu les verrais
Dessiner géraniums et azalées

J’attends comme eux
Quelqu’un qui m’ouvre
Plancher à fouler
Véhicule de lumière
Autre chose
Je ne sais imaginer                        PM Giovannone
Par the very famous french peterpan - Publié dans : chanson poétique
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Mercredi 26 mars 2008
En ce moment : Gros coup de coeur.jpg

pour le premier album de Berry : "Mademoiselle"

berry-mademoiselle.png
rien de révolutionnaire et cependant :
- une voix fraiche, débordante de sensualité et de féminité
- des textes simples "de chanson", mais très bien écrits, souvent justes
- une musique et une orchestration remarquables de Manou, où rêgne la guitare sèche. C'est truffé d'inventions sonores, et de justesse.
- 2 petits poèmes de Verlaine en fin de disque astucieusement mis en musique et chantés

Toutes les chansons s'écoutent avec un très grand plaisir, les deux premières bien sûr qui sont devenues depuis fin février déjà des quasi tubes : "Mademoiselle" et "le bonheur" ; mais aussi les autres, en particulier la très très belle chanson de rupture "plus loin", véritable petit chef d'oeuvre de sensibilité et de retenue.

Voici "le bonheur" :
(mais sans musique et sans chant) malheureusement

Le bonheur

N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas / Ni ici ni ailleurs…
Nous allons mourir demain / Ne dites plus rien / Le bonheur conjugal / Restera de l’artisanat local
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer

Le trésor n’est pas caché / Il est juste là / A nos pieds dévoilé / Il nous ferait presque tomber
C’est dommageable qu’on ne vive / Qu’une seule fois / C’est le temps d’une joie / Qui s’offre comme vous à moi
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer

Un peu de sel dans la mer / Ne changera rien / On s’adore on s’enterre
On trouve une main et on serre
N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer


chanteuse-berry.jpg Photographies de Ramon Palacios-pelletier

Le site de BERRY : cliquez sur la photo

Voir les très sympathiques vidéos
= c'est là.
Par frenchpeterpan - Publié dans : chanson poétique
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le temps passe...

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