La poétesse Lucienne Desnoues est morte en 2004.
Elle avait épousé Jean Mougin, qui n’est autre que le fils de Norge, grand poète que chanta par exemple divinement Jeanne Moreau. Elle était aussi la petite-nièce du forgeron Desnoues que l’on
découvre dans le Grand Meaulnes d’Alain Fournier.
Dès l’âge de 26 ans, elle publia sa poésie.
Une anthologie personnelle a été publiée par Acte Sud en 1998.
Les excellentes éditions EPM ont décidé en 2003 de rééditer l’album magnifique de chansons-poèmes mis en musique par Jean-Grançois Gaël et Hélène Martin, le tout
chanté somptueusement par cette dernière.
Nous reviendrons sur Hélène Martin, elle est -pour moi- et avec Colette Magny ce que l’on a fait de
mieux en femmes poètes-musiciennes-interprétes. C’est une femme d’exception qui a poursuivi la grande poésie toute sa vie.
Bien sûr elle a mis Genet, Giono et Aragon en musique (et en chants) : et quels disques !! On reparlera de ceux là, de cette magnificence des chants et des musiques, des orchestrations de sa voix
alto divine…
Ce disque est un petit bijou, épuisé déjà. Vous pouvez par exemple télécharger ou écouter des extraits ICI.
Dans sa chanson "Liberté femme", Hélène Martin chante aussi :
« Item à Lucienne Desnoues
Et je me souviens du jour où
L'ami Lucien
Nous présenta et ce fut bien
Le plus fameux etceterra
De l'amitié sans errata. »
Je savais le disque de Hélène Martin chante Lucienne Desnoues : (« mes amis, mes amours » grand prix de l’académie du disque français)1968 épuisé, malgré sa réédition en 1996
puis en en 2002 par EPM. Trop petit tirage sans doute et c’est bien dommage.
Quel fut mon plaisir de trouver chez un libraire un exemplaire !
A la première écoute, quel plaisir, cela n’a pas vieilli, je revois toute la puissance et la force d’Hélène Martin . Les poèmes de Lucienne Desnoues sont eux doux et simples.
« Matines » est par exemple, une perle dans le chant et la diction pleine de pudeur d’Hélène
Martin.
Matines
O mes amours, voici le jour,
Un jour de mai qui se proclame,
Un jour, qui va tout feu tout flamme,
Durer toujours.
Voici le jour fort comme quatre
Sous sa crinière de beau temps
Voici le jour bien trop content
Pour en rabattre.
Dès qu(il pointa son museau tendre
Il eut avec lui tous les coqs,
Les platanes musclés à bloc
Pour le défendre.
C’est promis, juré, décrété,
L’eau le dit, le bronze le gronde :
Il va durer pour tout le monde
L’éternité !
Laissez s’arrêter les pendules,
C’est le jour à jamais levé,
C’est le jour J, c’est le jour V
Cœurs incrédules.
Bah ! On sait qu’il déchantera.
Midi va l’assommer sans faute.
Il glissera dans l’herbe haute,
Ce fier-à-bras.
Déjà la voix des eaux s’étouffe,
Le zèle des clochers s’éteint.
On tient à l’œil ce beau matin
Faiseur d’esbroufe.
Toute mesure et tout velours
La sûre nuit guette son heure.
Hélas, il faudra bien qu’on meurre,
O mes amours.
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Hélène Martin c'est simplement :
Le prix du Disque de l'Académie Charles-Cros, qui couronne:
_. une première fois en 1961, un de ses premiers 33t
_. une seconde fois en 1973: Hélène Martin/Fine Fleur
_. une troisième fois en 1980, le coffret "Hélène Martin chante les poètes".
_. Le Grand Prix de l'Académie du Disque Français pour "Mes amis mes amours"
_. Le prix de l'Humour Noir pour "Ballade de Bessie Smith"
_. Le Prix SACEM en 1986
_. Le prix Odette Vargues (SACEM) pour l'ensemble de son œuvre en 1988
_ .Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1986
Pour voir son site ; cliquer sur son visage
Par frenchpeterpan
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L’ami Alain est donc parti
Faire la cour à des murènes
Il est parti « faire le mort »
On sait que cela ne durera pas
Celui qui avait réussi à rejoindre
Le grand Gainsbourg dans le maniement des mots
Les mélodies riches et des interprétations sans faille
Et même dans la dégaine
Fatigué, nous sentions tous que le bout du chemin était proche
Transfusé, pour pouvoir venir recevoir ses prix – comme un enfant –
Qu’il fut toujours
Il avait quand même gardé son regard chaleureux et sa voix puissante
C’est fini, donc, ces mots que lui seul possédait
Ces jeux de mots et de maux rien qu’à lui
Ses hésitations, ses peurs, ses amantes
La mort est venue nous rafler tout cela d’un coup en prévenant cependant
« Bleu pétrole » fut donc le dernier champ dans son expérimentation
il est ainsi parti voyager « en solitaire »
et ma main est tendue pour lui
et j’ai mal comme pour Ferré et Nougaro
ces chants qui seront maintenant du « passé »
ce climax à la fois apogée et orgasme
qu’il désirait et recherchait en tout
va mon ami va visiter tes sirènes et sauter à l’élastique
« à l’envers » dans les nuages
tu remonteras ainsi vers le soleil,
ton frère,
ton ami
tu as besoin de chaud
bien à toi / Marc /
La nuit je mens
On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques
J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née
A la station balnéaire
Tu t’es pas fait prier
J’étais gant de crin, geyser
Pour un peu je trempais
Histoire d’eau
La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains
J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
J’ai fait la saison
Dans cette boite crânienne
Tes pensées je les faisais miennes
T’accaparer seulement t’accaparer
D’estrade en estrade
J’ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque
Un autre à chercher à te plaire
Dresseur de toutous
Dynamiteurs d’aqueducs
La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Effrontément
J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques
J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née
La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains
J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
La nuit je mens…
Texte Alain Bashung/Jean Fauque 1998
Vidéo en
public de "la nuit je mens" / cliquez sur l'image
" Ce qui me stimule, c'est de ne pas trop savoir où je vais..."
Alain Bashung 2005
Par frenchpeterpan
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Pierre Barouh, né à Paris en 1934, sait tout faire. Ancien
journaliste sportif et grand sportif lui-même, il découvre la musique brésilienne et sympathise avec Baden Powell. Puis il est assistant réalisateur, acteur, auteur de chansons. En 1966 il devient
célèbre en tant qu’acteur et auteur de la bande originale d’ « un homme et une femme » de Claude Lelouch. Il profite de se succès pour créer son propre label Saravah et édite certains auteurs compositeurs interprètes peu connus à l’époque : Jacques Higelin, Areski,
Brigitte Fontaine, Pierre Akendengué, David Mac Neil et certains autres… Un groupe d’amis est né. Et Saravah, une sacrée marque de qualité. Il s’occupe de théâtre aussi et crée l’opéra
« le Kabaret de la chance ». Il vit maintenant entre le Japon et la France.
Un petit mot ici sur le Barouh auteur et interprète de chansons. Son premier disque date de 1966 et son dernier de 2007. Il
compose régulièrement à l’abri des modes et des télévisions. Je possède beaucoup de ses disques et les aime ; c’est une chanson de qualité, agréable à écouter, sans histoire, j’écoute
régulièrement « le Kabaret de la dernière chance » quand j’ai le moral dans les baskets et ça fonctionne très bien.
Mais je voudrais signaler un disque que j’aime particulièrement, il s’agit de « ça va ça vient », il date de 1971 et
c’est avec ce disque que j’ai découvert le Barouh « chanteur ». Une idée des musiciens d’abord : Jacques Higelin au piano, accordéon,
banjo ; Areski aux percussions ; et plein d’autres ; les photos du disque sont de David Mac Neil ; cet album est magique, hors temps.
Les compositeurs : Jérôme Savary, Pierre Barouh, Francis Lai, David Mac Neil,…
Une chanson a ma grande préférence, d’abord pour le texte, mais aussi pour l’interprétation quasi nonchalante de Barouh, l’accordéon lancinant d’Higelin au fond et la grande
tristesse de tout l’ensemble ; la chanson s’appelle : « le courage d’aimer », musique de Francis Lai.
La réédition en CD nous offre deux chansons supplémentaires.
Non, je n'ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l'écho de mon « je t'aime »
Non, je n'ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J'ai trop mimé ces gestes qu'il faut sublimer
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer
Toi qui m'offres aujourd'hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude dans mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l'aime bien l'amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J'ai peur qu'il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer
Pourtant si tu voulais, si tu prenais patience
Avec toi je pourrais retrouver l'insouciance
Cette manie que j'ai de conjuguer l'amour
Se tournant à nouveau au futur de mes jours
Alors me reviendraient du fond de mon enfance
Les élans, les frissons des amours sans défense
Sans lesquels il m'est impossible d'espérer
Retrouver à jamais le courage d'aimer.
Dans le film de Lelouch, la chanson a été retravaillée , la voici : (je préfère l'original, bien sûr)
La fleur d’amour est bien fanée
Mon cœur va-t-il me pardonner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Non, je n’ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l’écho de mon je t’aime
Non, je n’ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J’ai trop mimé ces gestes qu’il faut sublimer
je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Toi qui m’offres aujourd’hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude en mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l’aime bien l’amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J’ai peur qu’il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
À tout ce que tu es, je demande indulgence
Avec toi j’avais cru retrouver l’insouciance
Il est un rêve en moi que je dois condamner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Par frenchpeterpan
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En ce moment : Gros coup de
pour le premier album de Berry : "Mademoiselle"
rien de révolutionnaire et cependant :
- une voix fraiche, débordante de sensualité et de féminité
- des textes simples "de chanson", mais très bien écrits, souvent justes
- une musique et une orchestration remarquables de Manou, où rêgne la guitare sèche. C'est truffé d'inventions sonores, et de justesse.
- 2 petits poèmes de Verlaine en fin de disque astucieusement mis en musique et chantés
Toutes les chansons s'écoutent avec un très grand plaisir, les deux premières bien sûr qui sont devenues depuis fin février déjà des quasi tubes : "Mademoiselle" et "le bonheur" ; mais aussi les
autres, en particulier la très très belle chanson de rupture "plus loin", véritable petit chef d'oeuvre de sensibilité et de retenue.
Voici "le bonheur" :
(mais sans musique et sans chant) malheureusement
Le bonheur
N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas / Ni ici ni ailleurs…
Nous allons mourir demain / Ne dites plus rien / Le bonheur conjugal / Restera de l’artisanat local
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer
Le trésor n’est pas caché / Il est juste là / A nos pieds dévoilé / Il nous ferait presque tomber
C’est dommageable qu’on ne vive / Qu’une seule fois / C’est le temps d’une joie / Qui s’offre comme vous à moi
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer
Un peu de sel dans la mer / Ne changera rien / On s’adore on s’enterre
On trouve une main et on serre
N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer
Photographies de Ramon Palacios-pelletier
Le site de BERRY : cliquez sur la photo
Voir les très sympathiques vidéos = c'est là.
Par frenchpeterpan
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