ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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"poèmes" paysagers

Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 11:16

Etourneau-Sansonnet

Les sansonnets sansonnent
Grappes d’étourneaux étourdis
Ils frictionnent le grand ciel de cris urbains
Tête déployée verticalement j’admire, mal au cou,
Les coups d’écriture qu’ils donnent dans les cieux de la ville
calligraphie précieuse, pinceaux désordonnés
Le moment est où le mâle cherche à séduire, imitateur

Il imite tous mes bruits, même les battements de mon cœur
Ils laissent de grandes traces d’écriture dans le grand ciel de fin d’hiver
Les cris empêchent le grand poète que je suis de méditer sur ma condition humaine
Fléau ! dis-je de ces merles-là qui gueulent leurs trouvailles de bruits
En haut des platanes, les touffes noires et grises et brunes se font et se défont dans des cris d’ouragan, distrayant les foules en dessous
Quand finirez-vous amis ailés de chercher votre compagne
Quand ces cris cesseront : pour quelques œufs, n’est-ce pas tout ce tintouin !
Je chantonne moi aussi, j’ai moi aussi parfois des habits d’étourneau sansonnet
Je met ma cravate, je lustre ma moustache, je fais le beau
Et je prépare mon chant aussi dans le tintamarre de la grande vie
dans la grande ville


En insouciance, eux, les beaux oiseaux dansent et se coursent
Dans des traits de pinceaux bleus et noirs en grande source
Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 19:07

 

cucuron3

On le dit "étang" / ce grand bassin où il fait bon résonne

l'eau flâne puissamment dans les creux sombres des feuilles / argent et vert somnolent ensemble dans la gaieté des cigales

tout à l'heure j'irai poser ma main sur l'arbre de Mai et prier, moi qui suis athée mais qui possède ma peste personnelle

les courtes ruelles, les vieilles églises, la chaleur assomante ; alors je filmerai le haut des arbres dont le bruissement ravit

ou ces gros cyprinidés qui cherchent des caresses

un temps qui passe, le temps passe, la fin des fracas, le calme de ceux qui désirent la paix

parfois, on dirait "l'envie de vivre"...

Pavillon des joies contre la mort péremptoire, les pays alentours sont à observer scrupuleusement ; seule, cette rigueur pourrait nous y faire croire / les platanes, oh les hauts platanes, épées contre mes désespoirs

Oh vieilles pierres et vos résonnances, vieux bois, vieux volets

qui réchauffent les coeurs

encerclant le village LES GRANDS VERTS protègent depuis toujours les errances humaines

 

--------------------------

 

cucuron

cucuron2

cucuron1

 

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 22:47

 

 

L'air se réchauffant, la terre urine de l'eau et de la boue mélangées

sous sa jupe de glace

le long des cuisses d'argile, le liquide hésite dans ses sinuosités

 

détours, ondulations serpentent vers la pente, fuyant le soleil

 

flaquesglacées

 

glace1

 

glace

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 20:59

La mer atlantique est lisse, souvent
Comme une toile de peintre posée


Souvent la houle aussi
Des corps humains montent et baissent au gré des vagues, drapées d’écumes et d’embruns, tels des poissons solubles ou des bouchons de perlimpinpin
Certains corps se désintègrent trop ensoleillés en millions de pixels, on les perd de vue,
L’image alors imaginée décline et forces fanées


Prisonniers des eaux
Les ballots ondulent parmi les vagues


Formation du terreau sableux de nos humanités
Au bout d’un instant :
On ne voit plus que deux yeux s’enfonçant, petites pâquerettes
C’est la grande fatigue
Les mânes turbots s’enlisant dans les sables, préparant nos âmes au grand voyage

En arrière de notre évolution, poisson reviendrais-je
Je voguerais

La mer est lisse nous dit James Salter
Oui elle est lisse à mes yeux – ce jour -
Juste ces bouchons de corps humains palpitant au chant des vagues dans l’incertain de leur vie, accrochant mon regard, encore surpris

toujours surpris

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 11:19

serais-je
inhabile ?


toi dans ton corps
t'éveillerais-tu ?

dans
le monde
d'ingratitudes

 ou mordre
les nuages
en dedans

le fil
de la vie
et sa ténuité


l'immensité
des terrasses et des vignes
du monde à venir
des terrestres alentours
de la terre à mâcher
du papier chiffon de nos peaux
des fleurs animalières
de l'infinité des couleurs
ou du bruit de soie des insectes le soir

il y aurait alors à dire

dans quelle terre deviendra-t-on
habile ?

Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 09:34
dans les hautes herbes

les chants des oiseaux
à peine

les mains en prière
en recevoir

et dans la feinte lumière de l'aube

les paniers  d' araignées en rosée
attendent leur proie
en grande tranquillité

je suis ainsi aussi
dans ma petite maison en croix
j'attends mes captures
ou les isolats de moi-même

le soleil se lève
fait briller les hautes tiges,
graminées en reines frêles


l'aube est sans pareille
en mots de lumière
et de finesse des sens

le court vent du matin
surgit et en flèche
et vacille
fait vibrer
résonances profondes
la terre en ondes
et sondes grandes

il est des instants
singuliers
ainsi où tout s'immobilise
dans un grand silence
et dans un grand trou de son être

juste soi peut-être
isolat
mot solitaire et unique
dans le grand monde


Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 21:18

sur tapis clair-obscur (souvenirs inédits) ou

perdus,

j'irais /
  parfumer aux essences-regrets,

couloirs unicolores faits de rose et de rose,
j'y dormirais aux écorces faites granit, dans un
silence d'oubli total totalement bleu, j'endormirais
mes souvenirs déteints
détrempés ; tout près aussi ceux

de demain pour mieux parfaire alors aux aurores
en cercle, ma peau craquerait rimes en train, mon
coeur musclerait d'oubli, et ma mort, ma mort appuyée
au mur du doute ; un brouillard encore bleuissant qui
n'en finirait pas de s'étendre /

et
et

ce serait un poème doux

et frais qui parlerait sans savoir de bonheurs à
inventer / chanterait sans succès ton amour insatisfait /

et
et

ce sera un soleil persistant qui tressautte
veut domine et tonne et je raisonnerai de mots très
gros qui tonnent et bourdonnent criant dans le soir
vers le noir, le gris
la nuit du Mont Honeck pour moi
pour mou SEUL
gueulant dans l'air vosgien
afin que frétillent

enfin des accents d'heure heureuse et j'en remercierais
d'autant pour la douceur de la grande forêt pour la vertu
herbue étrange des collines,
et le signe doux et très triste,
des nuages très bas et très gris
et des hommes absents
dans le vent clair du matin


Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 08:53
"La Rochelle"

à Kenneth White,


bleu n'empêche d'un coeur vole
parabole belle un flot pêcheur
myriades d'eau poses vagues folles
n'empêche reste feu tes yeux l'herbe-fleur
divins bleus ruisselants bain timide libertin
où cruel vent passage-rein la flaque vient
coeur qui flotte balotte piège fardeau
de blanc de sang mon aisance danse faux
coutelas bas et fier d'un spasme bien

bleu n'empêche d'un coeur long vole

pierres tristes poumons de craie consolent
nos yeux mariés de lilas de plâtre demain
nos yeux et d'or voltige vive qui fige
cet assassin de ballade ce baladin
ballot et roupille son vin fort vertige
demain loin il répond d'un ton badin
où nos yeux comiques monotone ton
monde blond sans ondes de fougue
où le mou mouille fouille laid le béton
nos coeurs de vin rouge aux vaines fougues

bleu n'empêche noirceur fade ô triste bégueule

veule il m'enfonce ce ponce rageur
ô monde sale sale sale qui nos vies meule
et sur le quai reste là pas gai moi voyageur
ô rêves de fées lèvres de fées rêve d'orfèvre
d'or de nuit dors ma douce parle à ton âme
allongé fièrement créé j'azure de fièvres
ta beauté comme ruisselle fiole de paix flamme
claire joliment bleus tes yeux
où bleu n'empêche d'un coeur viole
sombres les ombres visibles cible d'adieu
ô libre bleu et libre traduire ton corps alcool
          aux herbes de chênaie
          aux pailles de chair claire
          aux frissons d'eau de lait
          aux bulles gaies de bière
comme une plainte jadis éteinte
d'une blessure d'arc-en-ciel
il sommeille il dort il s'éveille
ce flot déteint qui feint nous ceindre
bruits d'archipel aux gouttes de sel
de ta couleur tu pêles cette peau
de mer écorce bleue que scelle
ta prunelle belle à mon coeur chaud

bleu cristal canal du peu pluie

triste goutte par goutte s'échappe sang
pour tisser loin l'écharpe du vent
les lunes des coteaux s'ennuient de suie
toutes noires ressemblent des seaux de nuages
et de colline en colline les mamelles des arbres
allaitent des enfances défaites plages sans âge

là parfois se crée un mot d'amour la joie se cabre

et le soleil gueuse misérablement son pain d'étoiles
d'absences stances grosses de silence lancent
au loin des regrets faux aux contours de danse
et près de pins immodestes sexués de liège de toile
d'erreurs de toiles de peau qui dételle son vin dentellé
séquelles d'un zèle passager bleu d'aube soleil tigré
cordons ponts de pluie places de glace siègent
en des endroits de rivières pierres fines
isolées détenues déridées un peu mousseuses beiges
au loin le soleil perlé ridicule désolé bruine

Bleue bleue était la mer au port de La Rochelle


Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Jeudi 31 janvier 2008 4 31 /01 /Jan /2008 20:40
Nuque réjouie des arbres
ce matin là

Aux sourires les branches
visage pèle à l’écorce aubier

Pédant, l’horizon qui
les collines évite

Je fus étoile matinière au creux de tes chemins
dans des facettes mesquines, mes mésaventures

L’amertume du fiel moisi
et l’arbre charnu en mont-joie de mon itinéraire

Alors : arias en mon cœur :
Contraindre le bonheur à m’accepter
dans le grand espace espéré :
Une percée, une trouée, un sentier

Alors : aux nuques fleuries des arbres aimés
J’attraperais le pédicule
court du grand verbe aimer

Les peupliers – ce matin – dans leur peignoir de rosée
m’offraient en courbant, leurs nuques éclairées

Le soleil déchirait une épaisse couche
montant des terres lavées
le gemmail de tes plaies perlait
en grasses gouttes blanches

ton corps gemmé
décorait par son éclat
mes mains blessées
 où désirs usés et touffus

Nuque réjouie des arbres
ce matin là

Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 21:09
éden d'écumes
ou les chutes d'eau en crachats des mousses

l'horizon y verse son oeil
dans l'aurore qui se déséquilibre -
étincelles

Manche bleue verte rouge ou jaune et brune et sale d'ocre
    et traces blancs
en algues rejetées
tes rochers découpent en tranches
ta nappe filante
cet été

et moi
mal barré
mal soutenu

j'

écoute tes ramures
dans les prolongements, les cisaillements, les fonds
dans les silences des grands échos
sons en double
méchamment creusant

ô ma mer
Bretagne apaisée


Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 11:16
Laisse
Laissez aller les aurores hivernales les rayures de corbeaux
Hier déjà les ponts blanchissaient
de grandes cohortes de mouettes aux pages blanches

Les écumes de mer
Où béton prenant le ventre et nouvelle semence : le béton gagnait la mer
- escargot inquiet –

Embruns d’Encalquier sous les routes
Hier les fous fêtaient
Et la mer célébrait cet abandon

Laisse
Laissez aller
Les temps s’ajoutent parfaitement
Identiques chacun
La poussière est pareille et comme le sable
Il y avait des traces de chien
Moi alter ego du vent et de la terre
Je pisse résolu et désabusé contre ces réalités trop fières

Hier les mouettes allumées dans les cieux balancés
Et le temps qu’on n’écoute plus
Son propre fil de vie si ténu si tranquille
Et quelle main peut le tendre encore, joindre son élasticité

Il ne restait rien à finir
Les fils à tresser
Tout était déjà clos

Clos monde de labeur
Monde démantelé affolé déshumanisé

Seul je persistais
l’autre déjà montrait les cous à couper, les volontés à abattre

nous, nous étions à l’air libre
cet air frais et froid, vif
qui, peu à peu, réveille parfois

près de Marseille
Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" paysagers
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Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /Sep /2007 13:32
ce matin très tôt les champs en labours fumaient en jets irréguliers
ou longues nappes brouillard en paquets fumée géante
tous dans des teintes marron distinctes et proches
ocre sienne argile rouge des fonds marins boue argileuse
kaolin brou brûlé châtaigne glacée d’inde doux camaïeu
morceaux ou rognons de silex que le soc avait dégorgés
quelques lièvres endiablés en avaient fait leur terrain de jeux
ils jouaient au hockey sur terre dans les bandes de glaise

le vêlage s’était bien passé, mieux que les deux bons gros bols

moitié café moitié prune que j’avais bu à 5 h 30 ce matin
ainsi les morceaux de terre et l’air dérivant semblaient former
une tectonique des nuages très singulière et les tripailles de la terre en silex heureux
une sorte de guerre des mondes entre l’air et le sol, le divin et l’humain
je me voyais fabuliste facétieux et mes lièvres applaudissaient
mes travaux d’équilibriste funambule matinal des éléments
arbustes et bosquets en tresses en défaut de symétrie donnaient en dyschromie dans les verts et gris ébouriffés

les collines labourées semblaient le grand rachis de ce paysage

l’arête centrale les triangles et les monts s’adonisaient le lever du jour
arrêté au bord du chemin pour humer l’air et descendre en alcool
je dérivais doucement et flottais au-dessus des champs en labour
les lièvres amis jetaient cordages et grappins cherchant une quelconque prise
quand enfin ils me prirent j’étais déjà parti pour l’empyrée
redescendu ils me mirent vite fait dans l’enclos du monde

je pouvais gouter la terre me nourrir en plain-chant tel un ange

revenant au mode des vivants les lièvres disparurent
assis dans les pissenlits et les statices bleues ou roses
tel un troubadour triomphant en lisière ordonnée
j’étais le gagnant de la grande tombola dans cette mangrove
vivre enfin, enfin corroyer ton cuir doux et lisse me faire
le plaisir de cette vie-là ces mille facettes et chants
en grand regret je quittais les champs en labours
immenses falaises de faïence qu’un géant avait couchées





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Mercredi 5 septembre 2007 3 05 /09 /Sep /2007 10:30
c'est la route qui coupe les vignes rousses
et une maison légère bâtie au milieu qui pousse
c'est un sourire des grands arbres dans l'air
et les vignerons fiers, en main les raisins des terres
et je passe calme détendu dans l'automobile claire
et je roule vite droit et calme, éclair et rousseur
les feuilles orange éclairent les grands champs
et la lumière de 18 heures donne un flot laiteux
entre mes yeux verts marrons qui au plaisir me convient
l'auto roule et sa vitesse marque ma chair
et je sens doux ma peine d'autrefois lentement se défaire
comme un arbre qui se déracine un arbre solitaire
et tombe au ralenti dans les feuilles jaunes et sévères
et je passe sur la route des vignes rousses
et l'air et le bonheur qui à l'arrière me poussent



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Samedi 7 juillet 2007 6 07 /07 /Juil /2007 05:00


les longues feuilles en fée

    à l’automne apaisé

tourbillons affamés irrités perdants
tombent sur orpins éclairés
en orpaillage des terres des humus en déchets
et en musc d’oronge
et en mille ormilles tous en synchronicité
et en chute de vieilles feuilles ralenties
et en jaunes tons délavés
en orgie des lumières changeantes ; des cristaux végétaux
faisaient les feuilles oriflamme du monde
au vent balancées
en rouille en roux en rouvre
l’orientement des voiles
et les ornes à fleurs en ornements 
organisés en embellies en ondées
en trilles et mordants , dans un ensemble ordonné
les on-dit des feuilles dans l’ornière remplissant
les orteils des arbres recouverts en chaussons
orvets et orties jaunissants en concierges, aux pieds

dans le vent moulant et démoulant façonnant l’automne apaiserait les ires
l’orgasme bouillonnant naturel des vents dans mes voiles
organiste je poufferais des orémus
dans
 le vent encombrant dans l’automne enchanté

déjà à l’automne de la vie
en pluies d’enfouissements
encore en plein enfantement
dans les travers des songes rires et soupirs
discrètement renaissance en naissance des bois


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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /Mai /2007 22:21
    A Port d'Alon, la mer était idéale pour cette inspiration poétique (ou juste pour ce moment-là) : moutonnée, bleue, violente, ourlée et bleue, glauque aussi avec ses irisations vertes, et un air lointain, un détachement que l'on connait tous.
    Les rochers vifs, bien dessinés en ligne claire. Et les grands arbres méditerranéens, bras levés, sentinelles.
    En longeant le sentier littoral, mon chien et moi avons trouvé une belle plage de galets encaissée avec des falaises énormes, ocrées, abruptes, profondes, difficile d'accès, quelques conifères accrochés.
    Les galets semblaient pleurer quand la mer se retirait, c'était le seul bruit que cet après-midi là, j'entendais. Le ciel d'un bleu ciel éternel sans aucun nuage, la mer d'un outremer intense lapis-lazuli. Comme dans les livres, une carte postale. Une photographie dont les couleurs auraient été forcées.

    Le chien qui avait soif s'approchait de la mer puis fuyait, se retirait. Reniflait la mousse formée, l'écume momentanée. Se fabriquait des attaquants. S'imaginait un autre animal.
    De la crique, vers 19 heures, les gens partaient, se décrochaient rythmiquement et par grappes désertaient ; la mer reprenait ses droits ; la plage sa solitude exacte ;  les rochers s'éclaboussaient de lumière couchée et grandes ombres ; les goélands récuperaient leur territoire, fièrement, air altier, bec aquilin ; ils se réappropriaient la plage en picorant quelques miettes oubliées, fouillant, cherchant les traces humaines - l'eau même de la mer s'éclaircissait quand la plage fut vide et oubliée des baigneurs. Des salissures disparaissaient.

     A 19 heures, le soleil tapait encore fort.
Je partis, en route j'achetais des cerises et les mangeais : j'en proposais au chien, il n'en voulut point. Sa truffe salissait les vitres à chaque virage de mon retour.




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