ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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spleen "poèmes"

Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 17:04

Front posé vitre

de glace

inerte la vie ainsi

posée où la vie fuit

inachevée

construite - déconstruite tous les jours

musique vaine - symphonie en silence

Joue monotone

collée froid carreau

en retrait

   mots instables - mobilier routinier

Si peu pour l'espoir

Si peu au creux des paumes

mains tendues de mes aimées ont reculé mes suicides

 

Décalqués sur elles mes dégoûts

reste : effrayante effroyable solitude du dedans

 

Front posé sur vitre

neige au loin

vitre de glace vie glacée

 

funeste retrait au monde

incomplétude sereine

 

Front posé à la vitre

peau glacée

neige prête près

vie glacée froide vitre

 

cristal-de-glace

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 18:09

Insufflée la flûte de la vie

Le bon temps passe en rais, tracé comme des poussières

dans le vent de l’enfance lorsque ma mère secouait les draps

Passe le bon temps des gens dont je serrais les doigts

Les petites mains des enfants, les doigts de l’enfance

Offre, offrir à ceux d’hier l’homme que je suis aujourd’hui

Ou en finir n’est-ce pas ?

Quoi dire

Le bon grain, l’ivraie sont les mêmes

Les mêmes qui s’étouffent mutuellement dans une clarté besogneuse

Oh dis-moi ! le bon temps qui passe

Que ferions-nous demain ?

Comment ne plus vieillir et rapporter de nos mains enfantines des palettes riches

Eclatantes

Alors que leur bitume est gris

Je ne sais plus quoi faire

Dans ces matins assombris où le soleil peine

Où l’ennui domine tout ce monde

(Dont j’ai moi même fermé les volets)

Il y a des yeux d’albâtre, tes pieds petits et beaux

Autrefois tu mettais des jupes d’enfants et tu riais

La vie finit là où je commence à peine à comprendre

Je suis statique et cela aurait pu me convenir

Restent les traces du passé dont tu dis

« détruis les»

si je brûle mon passé, mon amie, je me consumerai moi-même

je préfère mourir « comme je suis »

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 09:28

si possible

si paisible

 

mon éternelle fiancée

ma mort glacée

agaçant cassant le givre

de l'heure où survivre

ô vieillesse qui gèle

que sombre écartèle 

 

tes doigts m'ont donné les bagues

de ces fièvres rares

si possible

si paisible

 

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 10:43



un glaïeul comme un deuil en ma main
vers toi, tiré
mon abécédaire de toi, en ce jour finissant
j'effleurais tout tes sangs
globules lunaires

au printemps, commençant,  
j'ai
tout de blanc amusé tes âmes
par entiers pétales enfants
parsemé tes flammes

un glaïeul comme un deuil en ma main
j'ai

aimé ton air en pirouette
monnaies et fêtes
de tes rires, tes tempêtes

nourri endolori perfusé de toi
en rimes incarnat
ton âme, réconfort, un abri
j'ai aimé tes discours, tes rêves 
flamboyantes ancres crochées 
au creux de mes transes

c'est pervenche dimanche ton corps bleu
un glaïeul comme un deuil en ma main
ton sexe, tes hanches sont à moi mes anches
tes branches en moi mes soifs étanchent
un glaïeul comme un deuil à ma main
mon spleen déhanche à ta peau blanche



 
Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 11:18
dans l’ile de moi
isolat en
consentement
éloigné des hommes

je voulus être
ta clairière et arbre
unique en son centre

large membrure de ton corps
ossature puissante
mêmement tes amours

au printemps venant
je me suis éclairci
de mille feuilles douces

au vent scintillantes
miroirs aux oiseaux
des temps passade

à l’automne venant
perdant mes plumes
déséquilibrant

tu ne vins plus sous
mes branches saoule
me laissant isolat
éloigné des hommes

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 18:40

 

 

les  grands arbres que les grands cieux prolongent

où mes regards font la nappe où s'étendre

 

Si dans le grand bleu, parfois je veux mourir

l'immensité donne, invite à se reprendre

 

Grand lac aussi écarte les bras

croix qui forme les frontières

je vois j'observe les cieux bien trop grands

 

Grands les hauts cieux que prolonge ma main

j'étends mes doigts, capturant tous ces bleus

 

Si je suis seul dit le monde

c'est que je suis né seul sans jumeau

et mes frères humains sont ailleurs dans leur monde

 

les mots difficiles coincés entre l'ornière de la terre

et l'immensité des grands cieux

demeurent posés comme des oiseaux malades

 

comme lente guirlande d'aube fine

où écrire et vivre seraient difficiles

 

haut-arbres

le haut des arbres que je vois de la fenêtre de ma chambre d'enfant, photographie prise le lendemain de la mort de mon père, mort la chambre à côté

 

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 09:08

LA

MO

RT

 

---------------------------------------------------

 

si tu dis que tu as le mal de vivre, je dis : moi aussi

si tu dis : où est l'amour, je dis : moi aussi

où est cette pulsion qui donnait vie jadis à chaque articulation à chaque carrefour ?

dans les serres où les corps avaient chaud

même les envies se cachent où l'on décèle la mort derrière les rideaux

elle s'y dissimule et son sourire vermeil

sûre de son gain, son gain perpétuel

trompe-la-mort, j'ai bu à sa santé à l'envers

j'ai refusé de boire la lie de la vie, alors

et puis mon père est mort

 

dans la neige alors de mon coeur, c'est moi le malade ou vous autres ?

mais il y a l'amitié des feuilles, l'amitié des arbres roussissant à la santé automnale

ils ne disent rien, eux

juste leur lumière, leur marche, l'humus doux et soyeux,

que je peux inspirer visage au sol où je tutoie la terre

c'est la vie là que je perçois doigts au sol, crochet à la sève que pousse la terre

le silence, puis

l'envie, puis

la lumière, puis

 

enfin l'enfance à la jonction des deux fleuves comme cadeau de naissance

cadeau comme parrain, marraine

la jonction comme deux cuisses et le sexe de la vie ou de la mort au CENTRE.

 

la vie est un papillon, tel éphémère

la vie, un lac que je survole si haut

alors

j'ai cette vision

du monde que je domine, aigle des altitudes,

je domine, je domine

C'est moi qui dirige

d'un coup d'aile suprême et en riant et en gueulant mes strophes

j'ignore ma mort à venir superbement.

 

de mon âge

l'automne

je suis le papillon éphémère

et j'éclaire

toutes les vies à venir

 

je suis le grand lac où vous tous reposez, la vie en paix...

 

 

  ---------------------------------------------------

 

grelot-diligence

 

(la mort et sa faux traversant l’Achéron dans la barque du nocher Chiron)

image volée sur jbwhips.com (grelots de diligence)

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Vendredi 13 août 2010 5 13 /08 /Août /2010 09:50
lasse l’eau vif argent qui peint

le ruisseau descendant
torrent lacrymal et veines bleutées par le froid
je disais
je ne sais plus
au vent dehors les grands arbres fouettent
le grand vent glacé et un froid blessant
d’hiver gris et sombre endormi
 et neige cassent branches
craquements et eau glacée

le froid s’est installé ainsi
entre chacun de nous
comme une faille ouverte sur d’autres terres
le monde aurait pu se détacher du monde comme un
ballon, la terre partirait au loin
au loin sous d’autres climats enchantés
au loin

pour une autre espèce d’homme
définitivement nous ne participerons plus à cette « terre-là »
Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 22:51

venise-gondole funeraire

Venise 1982 : atelier de fabrique de gondoles  / photographie © frenchpeterpan

 

 

Au coude à coude, avec la grande mort courbée
Fouillis de frelons dans l’ombre des glycines, cet après-midi
Dans l’ombre penchée, l’œil de la mort apparaît attiré

Puis sur la table que les mouches tamponnent
Un rai de soleil inonde le bois d’un trait définitif
Alors : je déplace de quelques centimètres ta photographie
De peur qu’elle ne jaunisse quand la mort fanfaronne
J’entends son ronronnement dans la poussière
Et son contentement de nos vieillissements

Que faut-il que je fasse avec ma main
Des lents mouvements de phrases pour éloigner ces doutes

Sur ces eaux plates et froides où un jour je me noierai
Il y a cet après-midi un gris que j’aime
Un gris d’orage perlé comme les nuages du ciel, comme ces grands cieux
Sur la latérite africaine, ce rouge orangé criant pour ce gris presque noir
Dans ces instants-là, dans ces lumières-là et seulement là
Je n’imagine plus la mort, mais seule la vie rougeoyante et grise
Pour l’eau bruyante qui nous laverait demain

Puis : je déplace encore cette photographie noire et blanche,
Ma main hésite : rejeter la mort ou l’accepter ?
Les poussières dansottent au gré des rayons jaunes
Il y a dans l’immobilité douce de cet instant tout le résumé de ma vie difficile
Les incompréhensions de mon corps, les indécisions, les courtes batailles, les escarmouches miséreuses
Les méchantes humeurs de ceux qui n’y ont jamais cru et qui n’y croient toujours pas

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 10:07

Oh ! Il y a :
sans doute peu comme écart :
Là : juste tendre la main
entre le monde des vivants et celui des morts
entre cette rose fraîche et son contraire desséchée, racornie, rabougrie, noircie
déshydratée

Du temps du temps disais-tu, simplement du temps
Le temps, le temps encore et encore
Le temps qui passe, le temps perdu
Le temps que l’on croit perdre ou celui que l’on souhaite regagner
Mais le temps passe et il est bel et bien perdu

C’est pire l’envers à revers que l’on ne peut pas refaire, revivre
en arrière
c’est pourquoi
c’est ainsi qu’il faut chaque jour
préféré l’instant présent à celui d’hier ou celui de demain

quand la personne est morte, c’était donc hier qu’il fallait lui parler

elle est partie aussi, la voix, la voix qui disait les choses certaines
et le regard clair des grandes amitiés de certitudes
la vie n’était que cela, une suite de rimes
chaque fois proches, mais qui diffèrent cependant
oh ! détails insignifiants, mais qui font les aspérités des parois à escalader
ou les ombres des amitiés à consolider

je t’aime donc , passage nécessaire pour te connaître,
infini et irréel
et pourtant bien réel quand ton bras est raide et froid
et ta peau froide ; oh ! mon père, mon ami

 

 

 

papa

mon père, ici à l'année de ma naissance

est décédé le mois de ma naissance

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 16:10
SPLEEN du passé SURREALISTE AU-DESSUS DE LA MER




à voir
là où je suis, l’estrade vermoulue du monde éteint, sous mes bottes sales ou le repos que je pensais, et nous contemplons, dos tournés, vaste pays, un passé révolu, lisière et plainte et  fracas.
méchants remous de tourbillons gras, papiers sales jaunis.
falaises, océans multiples, mélange familier
l’eau de mer boit, paisible, le sable aux couleurs claires, rejets de vagues, tendre bonne eau, limpide, flux et reflux
…/…
courtoisie de mes plaintes, odeur de pain chaud dans mes têtes, dossier érodé du monde érodé.
Je lis, je bois pour me détacher des idées de mort, ou de ruines antiques, parfumés d’embruns, d’ocres, algues pourrissantes, ou triste ou sinistre, la fin morose des vignes sauvages d’où je tenais notre vin
mes vies d’être humain, puis fœtaux membres en déclin…

derrière mon dos, il y a le verger de pommes noires et d’amertume
la vie déprécie, je disais, pour une perte de temps complexe
intimement visage infime dont mes souvenances,
la marée sombre et la robe blanche ont grisonné
au miroitement de l’embarcadère ennuyeux et les

mains entre bouées et balises, en escalier vers chemins et dunes avancées et
naviguer en s’effaçant, refusant déjà les abîmes
plonger blême dans les lieux imparfaits
définir, suivant les marques, les à-coups insatisfaits
les petites morts de trop

qu’il est ridicule le temps d’hier
une danse passée sur la plage mesquine
parcelle irréelle terrasse unique
surplomb où je peux voir « en dessous »

avec le bruit d’un silence infirme
où toute graine sonne mélancolie




oeuvre photographiée (musée Kampa à Prague)
de Magdalena Abakanovic

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 09:52

04 mort


Parvenu au bout du bout, à l’extrême tension du fil qui casse, dans le monde d’ici et de ce jour ; voir la repousse des mélancolies, sur des drains d’ennui, sur des coteaux solitaires, et les catalyses des âmes nocturnes ; ou la cristallisation des peines : or gaufré, vermeil, argenté comme nuages ; sereinement pencher ma tête vers l’autre aube ; la maladie des sols et des yeux clairs, la grande tentation de la dépression absolue, voire même « et d’en finir », jambes noires opaques la grande mort extravagante fait sa gymnastique élastique dans mon crâne surchauffé ; pourquoi plaider ainsi ?

Parvenu au bout du bout, à l’extrême tension du fil qui casse, dans le monde d’ici et de ce jour ;
voir la pousse des mélancolies, sur des paquets d’ennui, sur les bocages solitaires désertés, et les catalyses des âmes coupe-vent ; ou la cristallisation des peines : or gaufré, vermeil  argenté ; sereinement pencher ma tête vers l’autre sombre ; la maladie des hommes et des yeux clairs, la grande tentation de la dépression totale, voire même « et d’en finir », jambes noires opaques la grande mort noire bizarre fait sa cour dans mon crâne surchauffé ; pourquoi plaider ainsi ?

Parvenu au bout du bout, à l’extrême tension du fil qui casse, dans ce monde d’ici et ce jour ;
revoir la repousse des mélancolies, sur des morceaux d’ennui, sur des coteaux dépeuplés, et les catalyses des âmes féminines ; ou la cristallisation des peines : or gaufré, vermeil, gris argenté de nuages ; sereinement coincer ma tête vers l’autre réveillon ; la maladie des sols et des grands yeux , la grande tentation de la dépression finale, voire même «d’en finir », jambes bordurées noires opaques la grande mort extravagante fait sa cuisine dans mon crâne creux ; pourquoi plaider ainsi ?

Parvenu au bout du bout, et le fil qui casse, dans le monde d’ici et de ce jour ;
voir l’arrière-scène des mélancolies, sur des drains d’ennui, sur des falaises infinies, et les catalyses des âmes nocturnes comme amers ; ou la cristallisation des peines : or gaufré, vermeil, argenté de nuages, engainée ; sereinement pencher ma tête d’un autre côté ; la maladie des sols et des grands yeux, la grande tentation de la dépression absolue, voire même « et d’en finir », jambes noires résilles la mort esseulée fait son entrecuisse élastique dans mon crâne-citerne ; pourquoi plaider ainsi ?

Parvenu au bout du bout, à la tension du fil qui casse, dans le monde d’ici et aujourd’hui ;
deviner la repousse de toutes ces mélancolies, sur mes furoncles d’ennui, sur tes coteaux desséchés, et les catalyses complexes des âmes humaines ; ou la cristallisation des grandes peines : or cuivré, vermeil, argenté cutané ;  grandement pencher ma tête vers une autre direction ; la maladie des sols et des yeux trop clairs, la grande tentation de la grande dépression, voire même «d’en finir », collant noir opaque et jupette noire la grande mort curieuse fait son squash final dans mon crâne douloureux, désoeuvré ; pourquoi plaider ainsi ?


Image 18
Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 12:37
neige en provence



L'APERITIF DE LA NEIGE



J’ai

Cherché à  gravir l’horizon et le profaner tel un funambule, libellule heureuse

En me désenlisant des mots, j’ai voulu déconstruire mes phrases, démonter un établi

J’ai
Cherché dans ma poésie à dévitaliser mon ennui, à revitaliser ton monde
Je t’ai inventé un corps parfait, des dons d’amante
Une féminité idéalisée comme un retour de flamme ; idéalisant ces grains de peau, ces lignes de toi, ces courbes, plaies et bosses, cet Y et ce triangle comme un résumé de mon monde sexuel, toi Elsa, Gala, ma muse

J’ai
Jeté des lettres comme des bouées, des amers épars
L’horizon ensuite je l’ai bancalisé
Je l’ai hissé en tous sens de gauche à droite, de bas en haut
Il fut un arbre sans branche
Une échelle sans barreaux
Un bras tendu

Puis une greffe de soleil pour faire « vrai » pour donner « l’impression » …
Retrouver l’horizontalité et le sens des conventions
Oublier mes sirènes dadaïstes et mes revolvers aux cheveux blancs
Laisser là les fées altruistes, les banquets paganistes

Alors :
L’apéritif de la neige est tombé aux heures crépusculaires dans une tiédeur et un silence assourdissants
Ou inquiétants dans la ville de ma naissance

Il a ainsi neigé sur la Loire, sur les iles et les bras
En oblique vental ou tout droit soudainement
Alors le vent faiblit
C’était saupoudré comme sur un gros gâteau
Du sucre glace qui me venait
J’aurais pu alors à mes côtés te dévorer sucrée
Sentir dans la chute de ta glace tes odeurs de vanillé
Tes sexes de femme en sourires
Tes éclosions en devenir

Il y aurait une sorte de grâce
Des lumières dans la neige bleue
Des étincelles humaines ou la chute de cristaux
Des reins de fée où encastrer mon sexe
Ou ton gros ventre rond enceint recevant la neige
comme des gouttes d’anges d’éternité




"allégorie de la musique et de la poésie" par Louis-Ammy BLANC
Par the very famous french peterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 15:04


« Celle que j’aime a froid… »  Jacques Bertin





Encore une fois, il y a la sente sombre vers les sombres hivers
Les retours en arrière pour déplaire
là où la solitude et mon mal se réunissent et font la fête
La m é l a n c o l i e de l’être
- dit-on -

Aragon parlait de blondeur des blés pour tes écrins, tes mets, tes vins
Il y aurait tant à dire sur ce chant de ton corps, de leurs corps
Sur les perles, les rosées des chants de coqs , aubades d’or
Cette valse des épidermes quand j’appuie de mon front mes doutes sur ton ventre rond
Partiellement et ta voilure, ta chevelure de lin, tes galions, tes caravelles
Tes bas de laine et ton teint vif, tes mains de lait des doigts qui pèlent
Tes oranges en forme de seins dont j’ai sucé le goût comme un jus peint de blond,

Femme univers
Femme de la rue
Ma belle frangine disait Ferré

Tu es ma copine, dans la rue le soir, je fumais pour faire comme toi, et pour crier sur les toits que je t’aimais, aux amis pigeons éreintés
Dans les ruelles, les noirs chevaux derrière moi se hâtaient pour égaler ma course vers toi, mes déraisons de toi, des fusions pulsantes sur les rythmes de tes danses et j’y croyais
Et ma course était belle
Au ralenti filmée
Déjà la peine germée
Si forte et si cruelle

Toi, ma drôle de fille
Peinte en lune
Toi qui te maquilles avec le bleu de l’eau, le vert de l’herbe, le jaune du soleil
Jupons des aubes automnales
Jupons des capricieux du matin
Tristes réveils à midi avec les bruits de la ville qui travaille, ô nous adorables fainéants
Avoir faim, alors, réveiller, reprendre conscience de nos corps

Poitrine de lait
La mer calmée
N’est-ce pas Léo ?

saison malade
Au sud de ton sexe vert oh les merveilleux nuages du centre nombrilisant de toi
Oh les vergers que tu promettais, t’en souvient-il de tes pas sur les pavés luisants glissants mouillés
Serrée à moi et nous avions ri
Je marchais comme Dylan avec mes bottes qui me faisaient mal et toi comme Suze Rotolo
On voulait devenir la pochette de « The freewhellin’ »
La devenir entièrement, retrouver cette jeunesse, cet air frais

Fidèles, fidèles excessivement nous étions
Terriblement fiers et jeunes, magnifiquement heureux dans nos parcs à deux
Glissants tels des ombres bleues

Nous étions les bons sergents de cette ville-là, de ce temps-là, de ces espoirs
C’est ta jeunesse qui doit faire crier
Cette jeunesse dans tes yeux et ton corps adolescent maladroit hésitant
Je rêvais de corps à corps violents ou de grands coups en serpette dans les âmes
Et rires de femmes
Et ta jupe, tes robes en résumé de ton féminin
Cette forme absente de ce sexe immense
Ce sexe qui manque au creux de toi qu’il faut combler
Sans cartes pour s’y retrouver
Perdu au cœur du problème
N’y voyant rien dans ce soyeux poème

Ou mensonges, encore ? mensonges affamés
Mensonges faits pour tuer, pour massacrer d’un coup ce château de cartes si patiemment érigé
Sarments savamment mis de côté pour un feu final
Il y a si lointain si longtemps

Puis ce fut le sombre, le noir, le gris sombre que je vis
Et cette absence, cette terrible absence, ce moment terrible ailleurs
ton regard a fui vers d’autres villes, d’autres champs
J’ai perdu ces moissons là dans ce vieillissement tissulaire auprès du lit
- parmi les livres -
(mes compagnons de révolte, mes deuils)
ce grand lit si vide de toi où tu as vécu
laisse des creux où la chaleur se perd
le grand trou qu’il fit en moi
dont je ne pus dire que : pourquoi ?

oh ces anciennes années que je vis maintenant en silence
- inutiles stances -
c’est comme un douloureux héritage
c’est bien demain, les temps bénis ?
oui ! c’est bien pour demain les temps bénis ?



« où tu es bien
parce que on ne nous séparera pas… »  Jacques Bertin



Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 22:25
EQUILIBRE

    Où suis-je dans ce monde, où suis-je dans ton monde ?
    poivrée, à cette heure matinale, ta sueur
à l’hypogastre de tes collines, je lèche, patinée peau fragile
de ta couleur noisette, il reste où ta peau frissonne
couleur d’enfant, j’étais le mage en grand

Les geysers ce matin au soleil fainéant
teintent
Les étourneaux qui strient et vrillent les cieux marron
Et puis : brûlures du soleil sur les toits endormis, protecteurs

La terre est amicale et ses gradins immenses,
    immenses pour l’immensité des hommes
le sang qui fouille mal a mité mon âme
mille thèses dît-on sur les vies humaines

laiteux sentiers fissures entre les doigts aimants
en vain, en vain, vainement et flamboiement
pour lire aussi toutes ces peines brutales

et pourtant l’entrain du monde
la grande embase
et puissante d’où tout s’élève
juguler cet épanouissement
les coquelicots étaient rouge sang
et rose avant fraichement dans leur cocon
puis brunis
embuées les fleurs naissent avec minutie
Puis la césure, le monde ou toi-même coupé en deux
Histoire d’un rythme adouci

Il est resté de ma vie une marbrure jolie dans un coin du monde, orogénèse absente, signe de mon insignifiance


Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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