Samedi 3 juillet 2010
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13:43
Mon ami, mon frère, mon compagnon est donc mort hier
soir
Celui qui m’avait fait – comme Michel Bouquet, Alain Cuny (et tant d’autres) – aimer la diction et le théâtre ; le choix des mots justes, la richesse aussi de l’interprétation juste…
Quoi dire ?
Je vais faire encore le vieux con – comme avec Jacques Bertin pour le milieu de la chanson - , mais où sont passés ces gens INDEPENDANTS, libres, non soucieux de leur présence en
tête d’affiche ou sur les plateaux télés ; bref où sont ces gens de très grande qualité : Michel Bouquet, Alain Cuny, Pierre Brasseur, Roger Blin, Jean-Louis Barrault, Jean Desailly, Jean Vilar,
François Perrier, Pierre Bertin, Georges Wilson, etc : qui les remplacent ?
La diction de Terzieff était atypique, sa voix inouïe est inoubliable et nous manquera ; quand je n’étais pas loin de Paris, je prenais le train en catastrophe pour une seule chose :
aller au théâtre de la Bruyère, pour le voir et l’entendre, pour revoir sa gestuelle et ses mots, et son sourire mi triste mi désabusé, ses mises en scènes sobres et efficaces. Je ne montais à
Paris que pour cela. Loin des modes et des cons du milieu théâtreux, Laurent Terzieff a défendu le théâtre que j’aime : le théâtre indépendant et contemporain. Les mots d’auteur. La grande
littérature.
Il n’a pas seulement défendu ce théâtre, il l’a magnifié par sa présence, par son regard clair et infini, par sa voix divine.
Va, cher Laurent rejoindre Pascale, décédée déjà depuis 8 ans, je savais bien – vu ton visage aux Molière – que c’était bientôt la fin pour toi, mais tu gardais ce sourire d’une
insolente jeunesse, tu semblais repousser cette mort aisément, comme si le théâtre était la meilleure des médecines, je pense à toi et je suis triste ce samedi-là.
J’ai réécouté ce matin « Florilèges »,dommage que l’enregistrement ne soit pas d’une qualité exceptionnelle, mais c’est un bonheur de sa balader dans ces textes que tu aimais et que si bien tu
disais.
un des tes nombreux spectateurs, et compagnons de routes
communes...
Par frenchpeterpan
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Dimanche 21 mars 2010
7
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07:29
"Une race d'hommes nouveaux va paraître. Leur langage sera le cinéma." disait Blaise Cendrars après ses
aventures cinématographiques avec Abel Gance et Arthur Honneger.
Vu ce spectacle au TNT de Toulouse.
One - man - show de et avec Nicolas Bouchaud (formidable acteur)
d'après "itinéraire d'un ciné-fils" entretien réalisé par Régis Debray qui donna donc le film de Pierre André Boutang et Dominique Rabourdin.
Nicolas Bouchaud s'engage donc dans un monologue (ou dialogue plutôt puisque le public peut participer) avec les mots de Serge Daney, grand critique de cinéma des années 80 (Cahiers du
cinéma, puis Libération...) / c'est même plutôt un vrai dialogue car c'est le discours de Serge Daney avec lui même. Il fait à la fois les questions et les réponses.
Serge Daney parle donc de ses voyages, de ses doutes cinématographiques, de ses plaisirs et de ses dégouts, des peurs aussi à l'apparition de la télévision, de la puissance de l'image, de son
enfance bien sûr et des films qui l'ont marqué à ce moment là...
Serge Daney devient donc bien réellement ce passeur, ce griot ; se consumant dans sa passion des choses filmées, ses dialogues avec Rivette et puis tant d'autres ; c'est bourré d'anecdotes
intéressantes avec ce grand cinéma qu'il y eut à cette époque, la nouvelle vague comme on dit, mais aussi le cinéma américain, fantastique objet d'illuminations. L'image, l'image restera jusqu'à la
fin de sa vie son unique préoccupation, la télévision deviendra par la production 'excessive" d'images, la grande inquiétude obsessionnelle de serge Daney ; et de même que Cendrars se demandait si
une race d'hommes différents allait naître du cinéma, Serge Daney se posait la même question pour la télévision. Et quel usage fera-t-on de l'image...
Mort à 48 ans du sida en 1992, il n'aura pas l'occasion malheureusement de voir les dérives de nos télévisions actuelles, nul doute à penser qu'il aurait eu beaucoup de choses à dire sur cette
télévision-là.
- avec Régis Debray, peu de temps avant sa mort -
"Passeur, je suis resté au milieu du gué, en attaendant que d'une rive ou de l'autre quelqu'un m'appelle
ou me tende la main, et comme ça n'arrivait jamais, je me suis mis à donner de la voix et à faire passer de petits messages oraux ou écrits, pour donner des nouvelles d'une rive à l'autre sans
appartenir moi-même à l'une de ces rives. Ni celle des gens normaux qui consomment des films, ni celle de ceux qui "font" des artistes."
serge Daney, in Persévérance.
Serge Daney, au Japon, 1981 l'année où il quitte les Cahiers
"Oh ! On fait pas la vaisselle,
on la f'ra plus tard et on va au cinéma." S.D.
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La
répétition
" La répétition, elle, n'a rien de honteux. Briquer le parquet, la cuisinière, la baignoire, ranger les choses. Répéter un mot, un geste, un accord. On
peut y trouver du plaisir.
En 1981, le critique Serge Daney écrivait :
" Il y a aussi des films (plus rares) qu'on ne peut pas raconter parce que notre plaisir consiste à les voir et les revoir."
On peut relire cette phrase autant de fois que l'on veut. "
Fabio Viscogliosi in "Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit.", Stock, La Forêt, 2010. page 43.
Par frenchpeterpan
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Vendredi 29 janvier 2010
5
29
/01
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01:06
Le théâtre m'a apporté beaucoup de satisfaction, soit de belles mises en scène, soit des textes sublimes,
parfois quand les dieux s'accordaient, les deux en même temps. Je me souviens de quelques pièces exceptionnelles, comme "Faut pas payer" de Dario Fo avec un
orchestre de jazz derrière, ou certains spectacles mis en scène par Patrice Chéreau, ou certaines dictions de Terzieff disant Pinter particulièrement, Molière aussi bien sûr.
Mais une pièce qui m'avait réellement scotché sur mon siège tant elle était parfaite, c'est sans nul doute "Jacques et son maître" hommage à Denis Diderot écrit par Milan Kundera
et que j'ai eu la chance de voir au théâtre des Mathurins en 1981, mis en scène par Georges Werler. Les acteurs étaient sublimes, la mise en scène intelligente et astucieuse, le texte merveilleux.
Bref, du pur bonheur à l'état brut. Je me souviens en particulier d'un passage sur les poètes. Le voici, qu'en pensez-vous ?
"Les mauvais poètes" ...
.../...
JACQUES : Monsieur, vous vouliez me dire un mot au sujet de ce poète.
LE MAITRE, encore sous le charme de l'aubergiste : Poète ?
JACQUES : Le jeune poète qui alla trouver notre maître à tous deux?
LE MAITRE : Oui! Un jour, un jeune poète est venu chez notre maître, celui qui nous a inventés. Les poètes venaient souvent l'embêter. Les
jeunes poètes sont toujours légion. Ils s'accroissent d'environ 400.000 chaque année. Rien qu'en France. Et c'est pire chez les nations moins cultivées!
JACQUES : Et qu'en fait-on? On les noie?
LE MAITRE : C'était l'usage autrefois. A Sparte, dans le bon vieux temps. Là-bas, les poètes étaient précipités dans la mer du haut de la roche
aussitôt après leur naissance. Mais en notre siècle éclairé, il est permis à quiconque de vivre jusqu'à la fin de ses jours.
.../...
Donc un jour un jeune poète se présente chez notre maître et tire de sa poche un papier. "mais en voilà une surprise, dit notre maître, ce sont des
vers ! - Oui, des vers, Maître, des vers de mon cru, dit le poète. Je vous prie de me dire la vérité, rien que la vérité. - Et vous avez peur de la vérité dit notre Maître ? - Non ", répondit le
jeune poète d'une voix tremblante. Et notre Maître lui dit : "cher ami, non seulement il m'est démontré que vos vers ne valent pas leur pesant de merde, mais jamais vous n'en ferez de meilleurs! -
C'est fâcheux, dit le jeune poète, il faudra donc que j'en fasse de mauvais toute ma vie. " Et notre Maître de répondre : "Je vous avertis, jeune poète. Ni les dieux, ni les hommes, ni les poteaux
indicateurs n'ont jamais pardonné la médiocrité aux poètes! - Je le sais, dit le poète, mais je n'y peux rien, c'est une impulsion. "
JACQUES : Une quoi ?
LE MAITRE : Une impulsion. "C'est une formidable impulsion qui me pousse à écrire de mauvais vers. - Encore une fois, je vous avertis!" s'écria
notre maître ; et le jeune poète lui répondit : "Je sais, Maître, que vous êtes le grand Diderot, et que je suis un mauvais poète, mais nous autres les mauvais poètes, nous sommes les plus
nombreux, nous aurons toujours la majorité! L'humanité toute entière n'est composée que de mauvais poètes! Et le public, par l'esprit, par le goût, le sentiment n'est qu'une assemblée de mauvais
poètes! Comment pensez-vous que de mauvais poètes pourraient offenser d'autres mauvais poètes ? Les mauvais poètes qui sont le genre humain sont fous de mauvais vers! C'est justement parce que
j'écris de mauvais vers que je deviendrai un jour un grand poète consacré!"
.../...
Par the very famous french peterpan
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Mercredi 28 juin 2006
3
28
/06
/2006
08:58
Avignon !
l'ami Gauthier fourcade m'envoie son traditionnel message avignonnais / Si vous passez par là, ne manquez pas son passage temporel
Nous y voici : départ demain matin pour Avignon, pour jouer "le secret du temps plié" du 7 au 29 juillet à la Luna à 20h45.
Du coup, la France a gagné 3-1 contre l'Espagne, contrairement à ce que prévoyait Nostradamus. On ne dira jamais assez l'importance du Festival d'Avignon.
Bon été à tous et et si vous êtes un nouvel abonné à cette lettre d'info, rendez-vous de temps en temps sur www.gauthier-fourcade.com, rubrique "forum de l'absurde".
Qu'on rigole un peu !
Le secret du temps plié Un homme a décidé de regarder le temps passer.C’est une activité de chaque instant, exclusive, car dès qu’on se divertit, on ne voit plus le temps passer !De cette longue observation il tire une théorie révolutionnaire sur le temps, son origine, sa fonction, sa matière, sa couleur, ses intentions ; il nous explique enfin pourquoi la nuit tombe au lieu de descendre délicatement et s’il y a une différence entre le temps qui passe et le temps qu’il fait.Toutes ces affirmations sont étayées par la logique implacable des jeux de mots.Mais emporté par son discours, il se confronte à son propre passé qui lui livrera peu à peu ses secrets.
Par the very famous french peterpan
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