ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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"poèmes" ouverts

Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 21:13

La chambre seule

En hommage à Cesare Pavese

Tunnels inorganiques dans tes cuisses organiques reliés entre eux par d’étranges tamanoirs léchant eux-mêmes tes sucs miellés comme des fourmis blanches

au bout d’un temps l’extase comme un bus strident vissé aux oreilles ; l’architecture elle-même de tes cuisses trouées fait office de galeries pour quelques taupes affamées ; tu es leur mère et tes fourmis blanches grêlées sur tes pâles jambes sont comme des gouttes de sperme.

C’est ainsi que le temps s’écoulait dans les regards de nos égouts communs. Alors devant cette fantasmagorie animalière, les désirs brûlaient comme des bombes incendiaires /

A l’hôtel IRIS aux marches si usées, je montais vers les cieux (en tournant autour de l’axe majeur) (comme des baleines bleues neigeant les nuages disait le poète) de cette chambre abandonnée ; parfois tes cuisses trouées et parfumées ou teintées de soie, de nylon ou très blanches, laine ou peau simple. Parfois la solitude seule ; l’un ou l’autre. Jamais de surprises, d’émotions autres.

Je perdais dans l’isolement un certain désir d’être et la fascination d’en finir régurgitait régulièrement de ma bouche acidifiée.

La chambre solitude celle de Turin ou d’ailleurs. C’est celle où l’homme se referme de l’utérus ultime, celui de la fin ou du refus de naître. La mort viendrait, elle aurait tes yeux ? Non, elle ne vient pas, c’est à moi (à lui) d’y venir, de se « déloger » ; c’est toi qui y vas ; enfin toi et nul autre. Ensuite il faut se décider, on se dit que si l’autre nous est enlevée, alors la ménagerie des corps – plumes, écailles, peau simple – ne perdureront plus. Si le spectacle s’en va, que les cuivres se taisent, clowns assoiffés de malheur ; reste la chambre seule, celle que Van Gogh peigna pour y mourir ensuite dans des draps froids, moites, poisseux vides d’animaux étincelants.
Turin ou ailleurs

Ici c’est Turin

La chambre seule bat en pulsant oreillettes et ventricules donnant la vie à qui veut accepter sa survie. Sinon comment vivre dans si peu d’âme ?

« Je suis seul à tous points de vue » disait l’autre poète

et la solitude devint un objet

ou un lieu

exemple :

cette chambre

seule

de Turin

 

Cesare Pavese

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 18:50

En effort du

 monde flou

Pour paraître, je l’ai écrasé dans mon poing

Des larmes et du sang ont taché les sols

Dans les plaies et bosses des âmes désertées

J’ai voulu déconstruire

Je l’ai déjà dit –

Et puis 

L’immense pont ambigu entre elle et lui

Haie vaste d’ennui,  incompréhension où les

oiseaux sont comme des baies remuantes

la nuit s’éveille, ou s’éveillerait

les bruits du noir se taisent, se tairaient

les pierres font la traite des lichens, feraient

l’eau qui sonnait s’immobilise

le gros crapaud – mon frère – sort

de son trou

 on entend la teinte seule de ses sauts

il est là dans ma paume,

étonné de ma grosse tête

je suis comme lui, effondré du monde

nous puisons – peinant – dans l’air

le vieil oxygène

oh ! comme j’ai vieilli dans ce monde ci

 

crapaud-frenchpeterpan

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 08:31



le monde est en colonne de vertébres

qui du jour cache et montre les ténèbres
se dresser contre les verrous du monde
reculer tous les malheurs qui grondent

en approche vernale de tes humanités
ce vernissage de ton corps aimanté
cette rude éclaircie en rubis transparent
en ruades de tous tes corps en torrents

j'attendis de la nature
un verdict qui ne vint jamais
j'attendis de ces peintures
des soleils-levants en déblais
des impressions de verglas
soleils vernissés chocolat

impédance de mon univers vertical
vers-libriste en toute indépendance
montée des sèves en total génital
en verticalité dire toutes tes danses

homme unique seul perdu et qui observe
un vent giflant et qui donne la verve
poète verbeux en mal de bonnes rimes
avec ton corps sublime en haut des cimes

j'attendis de la nature
un verdict qui ne vint jamais
j'attendis de ces peintures
des soleils-levants en déblais
des impressions de verglas
soleils vernissés chocolat

avec des vers à foisons pleurant à verse
une cascade d'or irradiant traverse
et moi nouveau-né de vernix couvert
j'attendrais de grandir en lisière

en lisière des mondes déshumanisés
jus de vers de petit poète pur jus
tes sexes couleraient clairs en verjus
puis torrents et galets jaunes anisés

j'attendis de la nature
un verdict qui ne vint jamais
j'attendis de ces peintures
des soleils-levants en déblais
des impressions de verglas
soleils vernissés chocolat



Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 23:49

J’aurais pu dire
Quand le vent dans nos nuages
J’ai souffert dans ce chemin sans fin qui plongeait dans l’assistance
On descendait vers l’enfer
Bref j’arrêtais de lire, me mis à vivre
Je ne distinguais plus alors le réel des faux-semblants
Les choses imaginées, les choses peintes, les choses naturelles
Telle plastique de femme au buste sévère, je ne savais plus : qui tu étais?
Je m’exposais aux autres, c’était aussi une forme d’enfermement
Quand on me dit scientifiquement que j’étais fou, je devins enfin lucide
Si c’est ma folie qui fit ma lucidité
Que dire alors de ceux qui ne sont « pas assez fous »
Je m’étais coupé les mains pour arrêter d’écrire, mais
Des moignons semblaient repousser des doigts
Des doigts qui comme des serpents recherchaient des stylos
Puis je coupais mes bras, et ça repoussait aussi
Il fallait donc mes mains pour écrire, c’était mon Sisyphe à moi
D’autant plus gênant que quand le génie manque
Je ne voulais offrir alors que des moignons
Ou du moins des choses manquantes
De moi il ne resterait plus que le zeste ou la flaque
Je coupais tout alors sans même bien souffrir
Seul demeurait dans la flaque étale mon esprit abîmé
Les autres alors prétextant mon infirmité rirent de mon état humide
De mon résumé d’homme, de mes prétentions d’écrivains
Qui es-tu pour te définir dans la mare, pourquoi repousses-tu ton enveloppe humaine
Je dis : je suis fou, je ne suis pas homme, mais simple résonance du vent dans les nuages
Le tempo rythmé des battements de mon coeur
Dans l’air alentour et les grands peupliers hautains
Tu déprimes dirent mes amis ?
Je me bats répondis-je plutôt, je me bats pour vous satisfaire
Je m’habille pour vous plaire, je fais attention alors que je n’en ai guère
De mon apparence externe, je me moque complètement
Dans ce monde, il faut posséder sans cesse, je mens à vous
De vous dire que je ne puis vous satisfaire
Je ne serai pas le gendre idéal, ni l’homme ultime
Ni le poisson qui brille d’argent sous le flot léger
Je ne suis que la flaque sombre qui enfin ne connaît plus rien d’humain
Marchez-moi dessus alors sans même vous en rendre compte
Je serai l’âme du ruisseau, la mâche des feuilles
Le bourbier où l’enfant passe, les cristaux de terre cuite cassée
Je serais la flaque que le soleil abreuve
Ou la flache noire des trous des arbres centenaires
L’étang glauque des trop vieux souvenirs humains
La trop froide absence de toi dans le froid d’immenses nuits

 

arbre

Photographie frenchpeterpan ©

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 10:11
Cette fille avait 0 défaut
Moi, j’avais bu 1 verre de trop
Pris mon courage à 2 mains
En deux temps, 3 mouvements
J’étais à genoux, plié en 4
Ses 5 doigts dans ma main
(je me sentais 6 pieds sous terre) :


je pense à toi 7 jours sur 7
j’aimerais faire le grand 8 avec toi
dire mon amour, preuve par 9
je sais que tu vaux 10 sur 10
tu es mon 11 tricolore à moi
mes 12 mois de l’année
mon vendredi 13 aimé
je ne veux plus chercher midi à 14 heures
depuis 15 jours je ne rêve que de toi
j’en perds la tête comme Louis 16
aurais tu 17 automnes - printemps ?
je saurai attendre tes 18 ans
ou 19 printemps comme tu le sens
20 dieux comme je suis amoureux
22 v’la l’amour qui s’amène
24 heures sur 24 je serai là
j’attendrai sur mon 31
mes 32 dents pour t’embrassant
on écoutera mes vieux 33 tours
tu seras  mes semaines de 35 heures
il y aura 36 choses à faire
ma fièvre de toi est à 40
50 manières de s’y prendre ?
des fripes des années 60
en 69 je rêve de m’étendre
ou le tour du monde en 80 jours
d’accord à 100 pour 100
j’aimerais tes 101 dalmatiens
j’attendrais 107 ans s’il le faut
pas de virage à 180°
360° vision en panoramique
365 jours par an
mes 400 coups pour toi
tu as mis dans le 1000
toi mes 1001 nuits câlines
et ton délicieux style 1900
et 20000 lieux sous tes couettes
il y aura toujours 36000 choses à faire
nous serons riches à millions
dans nos mille milliards d’étoiles en fusion




"le comptable amoureux / chanson pour Jean Bart"
Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Dimanche 13 juin 2010 7 13 /06 /Juin /2010 19:35

1/ à qui sont ces bras offerts ?

tendus vers toi, qui hésites

derrière le vent qui pousse

et les cheveux qui volent

au devant le chemin que l'on doit franchir

et cherche un endroit où vivre !

 

2/ amie je t'avais vue traverser le chemin

et puis d'autres qui ont suivi et d'autres encore

cherchant à terre les signes d'un bonheur perdu

et puis tournant hagarde parfois bras tendus

des sentes inconnues difficiles inconnues

et puis derrière cet arbre : plus rien, un silence

celui du découragement, du vieillissement et du temps

qui ne dit rien et passe

qui ne dit rien et passe et vide les sentiers

 

3/ tu dis : le ciel est haut clair lumineux

la terre marque la limite de mon corps

l'oiseau va de l'un à l'autre

support de ma vie, de mon regard

et l'eau de mon corps pleure

et mon passage je le marque de mes pieds sur le sol enfoncé

et le reste est difficile à juger


4/ passer outre

entrer

et avancer, pousser du bras les herbes hautes

ignorer les blessures aux jambes

avance et passe outre :

éloigne des bras les hautes herbes du doute


5/ va pars

sur les chemins trempés

et suis les peupliers rose et longeant les prés

chaque pas te rapproche du but que tu t'es fixé :

être homme et le rester

 

Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 20:55
LAPS DE NUAGE


à mon père,




1

l'enregistrement se déroulait
au rythme des silences
    en cadence
tu souriais

2

j'ai souvenir de ces rues
où tu sombrais calme et nue
tu déversais en un flot de lait
tes stances de femme parfait

3

j'aime ces moments imparfaits
où le temps à peine a fait effet
et donne aux vies passées
l'irréel temps de l'imparfait
je m'endormais très nu alors en plein été
calciné

4

où près de l'été tu dansais
des mots formidables
et moi appuyé plein de fétiches posés sur mon ventre
je m'endormais
en m'extasiant
de ton
éternelle beauté

5

et sur ces pistes sableuses
je frôlais, à peine sensible
les cailloux du chemin - automobile -
comme un vrai jésus plein de beauté
mon être passait
ainsi telle une rumeur
au milieu des populations
endormies

6

j'irais marcher sur les traces des hommes
des autres hommes et je m'assoupirais
auprès de pierres sèches et d'algues vives
le soleil miroiterait sa cape
à l'ombre d'un figuier
et dans le noir des inutiles
à jamais
je m'engloutirais

7

j'ensable de souvenirs d'hier
pour ne pas les voir
devant mes yeux demain
je fais ainsi toujours
lorsque je m'ennuie la nuit en main

8

et son visage encadré de parure d'or
de poussières légères

laissait dans l'air doré
la marque des reines adorées

9

c'était la fête dans la nuit
les étoiles clignaient des yeux
l'air chaud se perdait dans mon
coeur attentif
aux cieux mouillés

10

je me souviens de ces pluies
déversant des larmes
en un flot de cuir noir
qui ruisselle
sexy tu apparaissais dans mon enfance

11

près des autoponts vertigineux
de Toulouse
je rêvais de chute
dans des poèmes ouverts
mais l'issue se fit mal
et le poème resta
incomplet
inachevé

12

se drape une mélancolie connue
l'homme triste s'avance au ralenti
  il pleure doucement envie envieux
rue des nostalgies

13

et je tangue sur les pavés tristes
de la rue St Rome
le pas sonore
le regard loin perdu
c'est dans les ruelles sombres que ça se passe

14

silences des villes qui suintent
hors des corps qui filent comme
étoiles-vitesse-force qui
dérape défile
portes s'ouvrant des amours vénéneuses

15

les nuits sont sombres dans
nos coeurs, peu de chants
peu d'amour, peu de rires
seule la vie qui dure
fait vivre
comme un étrange coma
nos désirs puissants de liberté
se sont fait la malle en beauté

16

je m'imagine rêvant n'être plus rien
un piano au loin s'attristait lentement
au-dehors le vent souffle tes reins
au-dedans le suicide bat à mon coeur rêvant

17

Blanche tournait blanche
Dans le jardin de son enfance
Le coeur barbouillé d'enfance
Et de blancheur

18

sur des sommes enfantines
paradons ainsi nos rimes
dans le soleil rayonne de violons
et pluie hors chutant droit

19

parle moi si doux
le grain de ta peau qui parlerait
une suite de notes tendres
infini de ta bouche chaude
j'ai peur d'oublier ton nom
dans les écarts du mauvais monde

20

c'est pour cela que je chante
si fort à tue-tête comme soûl
et me noyer dans le chaud dans le bon
d'un matin naissant
lentement
  de tes mains

21

les filles se bercent se penchent
leurs bras en rondeur
dessineront
des soleils de gaze tendre
avec des rayons comme des fils de soie
leurs chevelure font ombre
sur des corps majestueux

22

t'aime inversé trop tôt
pourquoi le dire
je m'inverse dans ton derrière
unique et bon

23

soupçon de vigne
enfoui au profond désir
solitude inversée
et dorée à la plage seule
moisissures

24

et encore je perds
je dors
en chemin m'endormir
m'enfouir
à jamais

25

parce que l'hiver
décolore mes yeux
je perds ma beauté
quand la neige me blanchit

26

c'est une feuille dorée
comme un petit poème doré
mais c'est ? je crois ? ton corps
doré qui se nervurise

27

dans la nuit seule isolée tu t'égares étranger
tes bottes crissent Camel fument sans cesse
seul dans Toulouse à pied mon spleen ma tristesse

28

mon chat noir d'ici est venu ce
matin se lécher les pattes sur
mon bureau il sentait fort la
rosée du matin dans son
poil noir et très froid

29

vous êtes passée grise habillée
dans la langueur de votre beauté blonde
et vos hanches libres sous la toile...
sexes frottés

30

je suis reparti vers mon passé
me refaire une petite beauté
tout ça m'a bien éclairé
soulagé

31

j'écalais des noisettes sur ton ventre nu
tu découvrais grand tes yeux noisette
un soir doux brumeux, mois tendre de
novembre

32

j'arrondissais alors ton corps
prenait la monnaie de ton sexe
et encore et encore
prenant mon temps
je t'enfouissais

33

je gueulais fort Bertin
en solitude un soir,
mariant mes mots aux siens
puis finalement je me fis des crêpes
pour ainsi je conjurais la mort

34

piranha pirate
avec ma nageoire de bois
je décidais malgré tout
alors
de bien vivre hors de toi

35

drôlesse tu étais
mais nous, nous aimions ça
tu faisais vibrer tes seins
comme des galets mauve incertains

36

je m'étais gâtifié en toi
bêtement
bête exploit
puis tu m'avais épaulé-jeté

37

j'étais donc parti
déchirant l'opaque alors de ma vie
grands morceaux d'ouate
cotons noirs ou gris
endolori enfin je m'endormis.


Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 06:30
L’ennui



On vit en dilettante
On s’ennuie de la vie
Slave ou romantique
De Pavese à Moravia
La joie de vivre de Zola
L’ennui est partout
Un ennui presque serein
Une vie sans rien

On vit en dilettante
Au travail on s’ennuie
De Gontcharov à Tchékov
A rebours on vit
Comme Huysman le dit
On s’ennuie à mourir
Un ennui presque serein
Une vie sans rien

Car que faire ?
C’est là le grand mot.
Où trouver la région où vivre ?
L’ennui est la maladie de la vie.
L’ennui dans un long bâillement
Avalerait le monde

On vit en dilettante
On s’ennuie au repos
Baudelaire : désert d’ennui
Chateaubriand de la vie s'ennuie
Bonjour tristesse amie Sagan
On s’ennuie de tout
Un ennui presque serein
Une vie sans rien

On vit en dilettante
Cités des jeunes de l’ennui
Bien tristes villes-dortoirs
Carver s’ennuie de boire
Brautighan dans son suicide
Et s’ennuie dans l’écrit
Un ennui presque serein
Une vie sans rien

Car que faire ?
C’est là le grand mot.
Où trouver la région où vivre ?
L’ennui est la maladie de la vie.
L’ennui dans un long bâillement
Avalerait le monde

On vit en dilettante
De vieillir on s’ennuie
Mallarmé ne croit plus aux livres
Et que la chair est triste
L’ennui à l’école plombe
On s’ennuie de vivre
Un ennui presque serein
Une vie sans rien

On vit en dilettante
Rimbaud : la vraie vie est absente
De toutes ces mélancolies
Ferons-nous quelque bonheur ?
Pour un cœur qui s’ennuie
O le chant de la pluie !
Un ennui presque serein
Une vie sans rien

Car que faire ?
C’est là le grand mot.
Où trouver la région où vivre ?
L’ennui est la maladie de la vie.
L’ennui dans un long bâillement
Avalerait le monde


(merci à Musset, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Pérec …)
 j'ai beaucoup emprunté pour cette chanson


La belle et envoûtante Monica Vitti, égérie d'Antonioni, symbole de l'ennui et du malaise du monde moderne dans les années 60

Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /Mai /2009 11:46
Hier soir
tard
elle était là
nue
dans un rayon de lune
nue écarlate
à vampiriser
les êtres mâles terrestres

je tombais
me consumais

le pire pour plus tard - dit-elle -

Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 08:37
        à l' horizon = médiane
j'aurais bien séparé le monde pour parfaire, refaire
    tel un alexandrin et ses deux hémistiches
    bien scandés / la vie en-rythmée
et je crierais dans un énorme phylactère se matérialisant
tous mes dénis, certaines irréalités ou des parcelles de vie trop "sans danger"

Une pétition pour le monde
Une supplique pour l'humanité

nous sortirions de cette saumure, cette bouillie, ruisselants
nues, nouveaux, en renaissance
pour tout reconstruire, le divin, bien sûr écarté,
A l'ombre des tracas quotidiens, loin des traverses noires et difficiles, dans la lumière d'Alger, de Syracuse, de Naples, avec des enfants comme seuls amis

Je veux gagner cet horizon inaccessible, attraper ce fil et le tordre, le redresser pour nous grandir, grandir l'humanité, la sortir de sa terre, la brandir en haut
comme un fétu de paille, que le ciel, les étoiles enfin nous disent
où nous mettre où nous dresser, vers où regarder
vers qui aimer ?

oeuvre d' akihiro Kubata


Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /Avr /2009 09:48
Les nuages marchent vent arrière
remontant les terrains vagues

Ils parsèment d’étoiles légères
 creux et bosses
Va et vient dans la terre
Les monstres sont là à guetter nos airs
Trompettes forte musique déplaisent au filon
L’eau des rivières coule en biais
les chiens sautent et traversent comme des cabris
le monde vit

l’air pousse des chants divins
Force de dire le vent qui me traverse
Je suis le buvard de ce monde entier
Il faudrait se perdre dans des drogues solides et voir l’infini
Vers plus loin  on recherche

Il faudrait dans tous les corps féminins et roux les corps naturels
Prendre le dessin de tes formes et reproduire en vain
L’essaim au ventre de ton sexe
Sexe des rivières sexe des rochers
Sexe des lumières sexe de verdure
Sexe enflammé
Sexe en retrait sexe à mentir
Sexe à définir
Sexe à brouiller

Manger manger manger
Tout mon désespoir d’un coup pour finir l’age d’homme
et comprendre l’éternel serein monde et le bleu arc-en-ciel
le bleu ciel comme un peignoir divin
Finir enfin ces mots en vains et de parfaire
en vain cette peau comme un désert vers la lumière enfin !

Finir en vain divin : aux coupes des amis je dis : enfin !


oeuvre de Sean Galbraith
Par frenchpeterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Samedi 9 septembre 2006 6 09 /09 /Sep /2006 21:25

le canard cancane
le chameau blatère
l'hirondelle gazouille
l'oie cacarde
l'éléphant barrit
la pie jacasse
le coc coquerique
le cerf brame
le lapin clapit
et toi ? et toi ? tu babilles

l'aigle glatit
la poussin piaule
le renard glapit
la bécasse croule
la pintade criaille
le jars jargonne
la chaton miaule
le cheval hennit
le geai cajole
et toi ? et toi ? tu babilles encore

la poule glousse
le crocodile vagit
la corbeau croasse
le pigeon roucoule
la chouette chuinte
le rossignol chante
le tigre feule
l'âne brait
l'alouette grisolle
et toi ? et toi ? tu babilles toujours !

le cygne trompette
le hibou hue
la cicogne craquette
le chacal jappe
le sanglier grommelle
la grenouille coasse
le porc grogne
le paon braille
le lion rugit
et moi ? et moi ? moi, je rime à rien



chanson pour jean Bart, en hommage à Serge Gainsbourg :

Le ramier roucoule
Le moineau pépie
Caquette la poule
Jacasse la pie
Le chameau blatère
Et le hibou hue
Râle la panthère
Et craque la grue
Toi, toi, toi,
Toi,
Sois belle et tais-toi

L'éléphant barète
La jument hennit
Hulule la chouette
Bêle la brebis
Le crapaud coasse
Piaule le poulet
Le corbeau croasse
Cajole le geais
Toi, toi, toi, Sois belle et tais-toi

Le cerf brame, l'âne
Brait, le lion rugit
Cancane la cane
Le taureau mugit
Le dindon glouglotte
Et braille le paon
La caille margotte Siffle le serpent
Toi, toi, toi
Toi, sois belle et tais-toi

Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 10:23
le brouillard est infini
dans sa grande pochette grise
          alors on poétise nos souvenirs
          en filigrane de nos espérances

que le temps bleu verra clair
que le ciel ici connaitra les joie des hommes
les animaux et les herbes croissent à l'unisson

le monde en demeure est là
dans sa tulle blanche en arrêt de mots à vivre
nous sommes des éclats naïfs et nains au sein des cosmos

j'étoilais ton corps dans mes souvenances
j'entendais encore tu chantais tes stances
et mon sexe c'était l'étrave
qui cherchait à comprendre
tu avais une peau de cuivre
et tes yeux : deux cerises avec ton rire

les souvenirs c'est le nec plus ultra
le seul bon est conservé
on s'assure de ceci de cela
on se dit : on fut aimé

les âmes florissaient sous l'amour
on se mettait à voler, à rêver
on faisait des mots d'amour grand comme ça (________________________)
on se prenait au jeu, on riait

dans l'inflorescence de tes sourires
dans les nids discrêts de tes sexes pluriels
en filigrane du soleil couché orangé
j'ai l'impression que tu as toujours existé
même dans quelque coin abstrait de mes enfances
poésie aimée, chant des hommes, secret des grands amitiés


 
Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /Mai /2006 14:59

mots qui se soulèvent

                  à travers gorge

crachent poésie, beauté

bloquent retraite

arme difficile

sont mots difficiles

pollen d'amour

                   dans coeur arrêté

freine sang de joie

dans veine de fête

arme terrible

sont mots difficiles

chants soulevés

                    aux poumons stoppés

toux de circonstance

aux hommes de souffrance

arme difficile

sont mots difficiles

Par the very famous french peterpan - Publié dans : "poèmes" ouverts
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