Poésie Littérature Ecriture Chanson poétique



    Ambrose Pierce est né en 1842 (1842-1913) au sein d’une famille miséreuse et puritaine américaine, il était le 10ième enfant d’une fratrie de 13. Il fit la guerre de sécession parmi les nordistes.
    Le général Sherman donna l’ordre un jour d’attaquer sous les mitrailleuses sudistes, résultat plus de 25000 morts ! Pierce s’en réchappa et quitta l’armée, capitaine, blessé à la tête, à l’âge de 23 ans.
    Sa vie ne devait être ensuite qu’une succession d’échecs et d’erreurs … Et pourtant, il devint l’un des éditorialistes les plus célèbres et les mieux payés (en particulier par le richissime W.R. Hearst, celui dont Orson Wells s’inspira pour « Citizen Kane »). Il possédait un humour féroce et était craint (son surnom : bitter Bierce, Bierce l’amer).     Il restait pessimiste et noir, ce qui fut mal compris en 1910. Son œuvre maitresse reste : le dictionnaire du Diable avec ses 998 définitions, préfacé par Cocteau en 1955, en voici certaines :

- bonheur : agréable sensation qui naît de la contemplation de la misère d’autrui.
- égoïste : dénué de respect pour l’égoïsme des autres
- félicitations : politesse de la jalousie
- aider : faire un ingrat
- politesse : la plus acceptable des hypocrisies
- rire : convulsion interne, produisant une déformation des traits et accompagné de bruits inarticulés

    Vous connaissez sans doute cet auteur sans le savoir, c’est lui qui écrivit « la rivière du hibou » (« Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek »), Robert Enrico en fit un bien beau court métrage en noir et blanc (1962) dont on garde à l’esprit la chute brutale.



    C’est un auteur qui pratique humour noir acerbe et désespoir sombre, vous pourrez aussi le découvrir dans l’excellent «  le club des parenticides » ou « Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek et autres nouvelles » (Libretti à 1.50 €). Ce dernier livre est un fantastique plaidoyer contre l’imbécillité de la guerre et ses horreurs : « le coup de grâce » et « Chickamauga » (en indien : « la rivière de la mort ») ne laissent pas indifférents !!
    « L’humour noir, c’est la politesse du désespoir » disait Boris Vian.

    La mort de Bierce demeure aussi un mystère, en 1913 il décide de partir  en Amérique du Sud (à 71 ans !), à la rencontre des armées de Pancho Villa qu’il veut rejoindre, on perd sa trace à ce moment ; pour beaucoup cette fuite mexicaine sonnait comme un suicide caché. « être un gringo à Mexico, c’est comme l’euthanasie » écrivit-il dans une de ses toutes dernières lettres.
Bonne lecture.

Dim 1 aoû 2010 8 commentaires
merci pour la découverte, félicitations: politesse de la jalousie? hum hum, faut pas exagerer quand même
rire convulsion interne? oui mais joie et plaisir mêlés et légèreté et
l'humour c'est la vie,
qu'est ce que tu lis!!!!:)
bonne soirée, nuit to you. :)
if6 - le 25/06/2008 à 21h56
ce sont de tous petits livres et des nouvelles très courtes
en quelques heures tu peux lire beaucoup de Bierce :-)
oui je lis beaucoup, j'accumule bcp de livres aussi que je mets bcp de temps à lire ou que j'oublie
bises  
marc - le 25/06/2008 à 22h51

Grand auteur Bierce.Owl Creek je l'ai lu dans le recueil Morts violentes et l'ai chroniqué.

Eeguab - le 04/07/2010 à 13h00

merci de ton passage

ton site m'a la'ir fort sympathique

il faut que je prenne le temps de m'y perdre

livres et cinémas... tout ce qu'il y a de chouette

frenchpeterpan - le 01/08/2010 à 10h39

Hi everyone !

Je trouve les définitions de "bonheur" et "égoïsme" absolument excellentes. I love ! C'est tellement juste. Celui-là, je le lirai ! Il me rappelle Cioran et Schopenhauer, ces deux adorables pessimistes (d'ailleurs Schopenhauer n'était pas si mal, physiquement... on dirait un peu Beethov;)).

 

W - le 27/11/2010 à 22h25

Par ailleurs, son pessimiste est mille fois justifié...;) Il y a des hommes, comme ça... Qui vivent des choses affreuses et inhumaines, et qui n'ont presque plus rien à dire que ces choses-là. Ce devait être un sacré bonhomme - en bien ou en mal, d'ailleurs.

W - le 27/11/2010 à 22h28

Ce cher J-J écrit vraiment comme un dieu ! D'ailleurs il croyait l'être un peu...;) En avance sur son temps, comme tous les génies. Mais... je préfère quand même VOLTAIRE ! Une plume comme on n'en fait plus. Et pour le coup des choses à dire : des pensées qui se tiennent ! Non pas comme J-J qui, pour ma part, raisonne on ne peut plus de travers ! Les hommes ne sont pas égaux - malheureseument, mais c'est vrai. C'est davantage un rêveur et un idéaliste, un amoureux qu'un philosophe - mon Dieu qu'il écrit bien.

W - le 27/11/2010 à 22h35

Sorry,

je me suis emmêlée les pinceaux en écrivant MALHEUREUSEMENT... I hate les fautes d'orthographe;)

Good night !

W - le 27/11/2010 à 22h48