Poésie Littérature Ecriture Chanson poétique
W.H. Auden est un poète américain d'origine anglaise, il est peu connu en France alors que sa poésie a influençé de nombreux écrivains anglo-saxons. il est aujourd'hui considéré comme un des plus grands poètes de langue anglaise du XXième siècle. Il est mort à Vienne en 1973. Il devint célèbre brutalement chez nous suite au film
"4 mariages et un enterrement" grâce à ce poème lu lors du dit enterrement.
Voici l'original
puis la traduction du livre que je possède © christian Bourgois 1995
enfin une traduction trouvée sur le net et ma foi fort différente
laquelle préférez-vous ?
Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.
Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.
He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.
The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.
Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu’il cesse d’aboyer,
Fais taire les pianos et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.
Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l’agent de la circulation.
C’était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durait pour toujours : j’avais tort.
On ne veut plus d’étoiles désormais ; éteins-les toutes ;
Emballe la lue et démonte le soleil,
Vide l’océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine. ------------
Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne.
Faire taire les pianos, et sans roulements de tambours,
Sortir le cercueil avant la fin du jour.
Que les avions qui hurlent au dehors,
Dessinent dans le ciel ces trois mots, Il Est Mort.
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices,
Ganter de noir les mains des agents de police.
Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait, j'avais tort.
Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye,
Démonter la lune et le soleil,
Vider l'océan, arracher la forêt,
Car rien de bon ne peut advenir désormais.
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En voici une troisième de l'amie Sabouret (traductrice professionnelle de son état)
merci à elle :-)
Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Pourvu qu'il n'aboie point, jetez un os au chienEtouffez les pianos et qu'un tambour voilé
Au sortir du cercueil, accompagne le deuil.Que les avions décrivent des cercles en gémissant
Et tracent dans le ciel ces trois mots : il est mort
Nouez un crêpe au cou des oiseaux blancsAjoutez des gants noirs aux tenues des agents
Cétait mon nord, mon sud, l'orient et l'occident
Mon travail en semaine, mon repos du dimancheMon midi, mon minuit, ma parole, mon chant
Je pensais que jamais l'amour ne finirait ; j'avais tortEtoiles, disparaissez, qu'il n'en reste plus une
Démontez le soleil et remballez la lune
Asséchez l'océan, balayez les forêtsCar rien de bon ne peut advenir désormais.
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celle d'Yves Perret :
Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Faites taire le chien d’un os gras qu’on lui donne,
Silence les pianos ! Sourdine, les tambours
Pour sortir le cercueil entre tout ces cœurs lourds..
Que les aéroplanes voltigeant au dehors
dessinent ces trois mot : Il Est Mort.
Mettez du crêpe noir aux cous blancs des pigeons,
aux mains des policiers des gants noirs en coton.
Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
ma semaine affairée, mon dimanche de sieste,
mon midi, mon minuit, mes mots et ma chanson.
Je pensais que l'amour ne finirait jamais : eh bien non.
Plus besoin des étoiles et que, tous, ils s’en aillent
envelopper la lune, démonter le soleil
assécher l'océan, arracher les forêts
car ici rien d’heureux n’adviendra plus jamais.
La seconde traduction est à mon goût sans commune mesure avec la première. La seconde traduction est incomparablement meilleure que la première, même si elle se permet quelques libertés avec le texte original. La première traduction est une traduction technique. La seconde traduction est une traduction poétique.
mais tu as peur de la mort
quoi de plus naturel
bon je m'en vais 3 jours chez Mickey faire de la dermato
je vais voir si mickey a des verrues
j'en profiterai pour examiner Minnie aussi ;-)
bonne soirée à bientot
j'ai également découvert l'écrivain récemment, fin juin.
Il m'a accompagné pendant deux semaines en république d'Irlande; quelle bonne compagnie!
Du coup, j'avais déposé ceci, sur une toile :
A la mémoire de W.B.Yeats
(mort en janvier 1939)
I
Il disparut au plein coeur de l'hiver:
Les ruisseaux étaient gelés, les aérodromes presque vides
Et la neige défigurait les statues municipales;
Le mercure tomba dans la bouche du jour mourant.
Les instruments dont nous disposons conviennent
Que le jour de sa mort fut un jour sombre et froid .
Loin de sa maladie
Les loups couraient toujours au milieu des sapins,
La rivière rustique dédaignait les quais élégants,
Les langues affligées
Cachèrent la mort du poète à ses poèmes.
Mais pour lui, ce fut le dernier après-midi où il était lui-même,
Un après-midi d'infirmières et de rumeurs;
Les provinces de son corps se révoltaient,
Les places de son esprit étaient vides,
Le silence envahit les faubourgs,
Le courant de ses sensations fut coupé; il devint ses admirateurs.
Le voilà dispersé à travers une centaine de villes
Et livré tout entier à d'insolites affections,
Il lui faut chercher son bonheur dans une autre sorte de bois,
Être puni selon un code de conscience étranger.
Les paroles d'un homme mort
Se modifient dans les entrailles des vivants.
Mais dans la prétention et le bruit de demain,
Quand les courtiers hurleront comme des bêtes sur le plancher de la Bourse,
Que les pauvres souffriront comme ils y sont accoutumés,
Et que chacun, dans la cellule de lui-même, sera presque convaincu de sa liberté,
Quelques milliers d'hommes penseront à ce jour-là
Comme à l'un de ces jours, où l'on fit quelque chose d'un peu inhabituel.
Les instruments dont nous disposons conviennent
Que le jour de sa mort fut un jour sombre et froid.
II
Vous étiez absurde comme nous; votre don survécut à tout:
La paroisse des femmes riches, la déchéance physique,
Vous-même. L'Irlande folle en vous blessant vous fit poète.
Aujourd'hui, l'Irlande a toujours sa folie et son climat,
Car la poésie ne fait rien arriver: elle survit
Dans la vallée qu'elle a créée, où les chefs d'entreprise
N'auraient aucune envie de s'ingérer, elle s'écoule vers le sud,
Hors des ranchs de l'isolement et des chagrins actifs,
Villes rudes auxquelles nous croyons, où nous mourons, elle survit
Comme une façon d'exister, comme une bouche.
III
Reçois, Terre, un hôte honoré:
William Yeats va pouvoir dormir.
Que le vase irlandais repose,
Vidé de sa poésie.
Dans le cauchemar des ténèbres
Tous les chiens de l'Europe aboient,
Les nations vivantes attendent,
Chacune enfermée dans leur haine;
Une disgrâce de l'esprit
Se lit sur chaque face humaine,
Et des océans de pitié
Sont enclos, glacés, dans chaque oeil.
Va, poète, descends tout droit
Jusqu'au plus profond de la nuit,
Que ta voix qui nous laisse libres
Nous invite à nous réjouir.
Que la culture d'un beau vers
Fasse du juron un vignoble,
Chante les insuccès de l'homme
Dans une extase de détresse.
Fais, dans les déserts de son coeur,
Jaillir la source guérisseuse,
Dans la prison de ses journées
Instruis l'homme libre à louer.
Wystan Hugh Auden
in "Poésies choisies"
traduction de Jean Lambert
nrf
ISBN 2-07-031737-4
jl
du coup on a l'impression que funeral blues est une sorte de raccourci ou de résumé ?
merci pour ce texte
Du point de vue de la traductrice professionnelle quej e suis, la seconde traduction est de très loin la meilleure. Elle respecte l'esprit du texte et restitue bien sa tension .Pourquoi ne pas tenter une 3ème traduction qui aurait les qualités poétiques de l'une et la fidélité de l'autre. Ceci dit, en matière de traduction littéraire, connaissez-vous l'adage ?
"Aussi fidèle que possible, aussi libre que nécessaire..."
bon personne n'a d'idée ?
personne n'aime ce poème ?
tristounet, tout ça ...