Poésie Littérature Ecriture Chanson poétique
à mon père,
1
l'enregistrement se déroulait
au rythme des silences
en cadence
tu souriais
2
j'ai souvenir de ces rues
où tu sombrais calme et nue
tu déversais en un flot de lait
tes stances de femme parfait
3
j'aime ces moments imparfaits
où le temps à peine a fait effet
et donne aux vies passées
l'irréel temps de l'imparfait
je m'endormais très nu alors en plein été
calciné
4
où près de l'été tu dansais
des mots formidables
et moi appuyé plein de fétiches posés sur mon ventre
je m'endormais
en m'extasiant
de ton
éternelle beauté
5
et sur ces pistes sableuses
je frôlais, à peine sensible
les cailloux du chemin - automobile -
comme un vrai jésus plein de beauté
mon être passait
ainsi telle une rumeur
au milieu des populations
endormies
6
j'irais marcher sur les traces des hommes
des autres hommes et je m'assoupirais
auprès de pierres sèches et d'algues vives
le soleil miroiterait sa cape
à l'ombre d'un figuier
et dans le noir des inutiles
à jamais
je m'engloutirais
7
j'ensable de souvenirs d'hier
pour ne pas les voir
devant mes yeux demain
je fais ainsi toujours
lorsque je m'ennuie la nuit en main
8
et son visage encadré de parure d'or
de poussières légères
laissait dans l'air doré
la marque des reines adorées
9
c'était la fête dans la nuit
les étoiles clignaient des yeux
l'air chaud se perdait dans mon
coeur attentif
aux cieux mouillés
10
je me souviens de ces pluies
déversant des larmes
en un flot de cuir noir
qui ruisselle
sexy tu apparaissais dans mon
enfance
11
près des autoponts vertigineux
de Toulouse
je rêvais de chute
dans des poèmes ouverts
mais l'issue se fit mal
et le poème resta
incomplet
inachevé
12
se drape une mélancolie connue
l'homme triste s'avance au ralenti
il pleure doucement envie envieux
rue des nostalgies
13
et je tangue sur les pavés tristes
de la rue St Rome
le pas sonore
le regard loin perdu
c'est dans les ruelles sombres que ça se passe
14
silences des villes qui suintent
hors des corps qui filent comme
étoiles-vitesse-force qui
dérape défile
portes s'ouvrant des amours vénéneuses
15
les nuits sont sombres dans
nos coeurs, peu de chants
peu d'amour, peu de rires
seule la vie qui dure
fait vivre
comme un étrange coma
nos désirs puissants de liberté
se sont fait la malle en beauté
16
je m'imagine rêvant n'être plus rien
un piano au loin s'attristait lentement
au-dehors le vent souffle tes reins
au-dedans le suicide bat à mon coeur rêvant
17
Blanche tournait blanche
Dans le jardin de son enfance
Le coeur barbouillé d'enfance
Et de blancheur
18
sur des sommes enfantines
paradons ainsi nos rimes
dans le soleil rayonne de violons
et pluie hors chutant droit
19
parle moi si doux
le grain de ta peau qui parlerait
une suite de notes tendres
infini de ta bouche chaude
j'ai peur d'oublier ton nom
dans les écarts du mauvais monde
20
c'est pour cela que je chante
si fort à tue-tête comme soûl
et me noyer dans le chaud dans le bon
d'un matin naissant
lentement
de tes mains
21
les filles se bercent se penchent
leurs bras en rondeur
dessineront
des soleils de gaze tendre
avec des rayons comme des fils de soie
leurs chevelure font ombre
sur des corps majestueux
22
t'aime inversé trop tôt
pourquoi le dire
je m'inverse dans ton derrière
unique et bon
23
soupçon de vigne
enfoui au profond désir
solitude inversée
et dorée à la plage seule
moisissures
24
et encore je perds
je dors
en chemin m'endormir
m'enfouir
à jamais
25
parce que l'hiver
décolore mes yeux
je perds ma beauté
quand la neige me blanchit
26
c'est une feuille dorée
comme un petit poème doré
mais c'est ? je crois ? ton corps
doré qui se nervurise
27
dans la nuit seule isolée tu t'égares étranger
tes bottes crissent Camel fument sans cesse
seul dans Toulouse à pied mon spleen ma tristesse
28
mon chat noir d'ici est venu ce
matin se lécher les pattes sur
mon bureau il sentait fort la
rosée du matin dans son
poil noir et très froid
29
vous êtes passée grise habillée
dans la langueur de votre beauté blonde
et vos hanches libres sous la toile...
sexes frottés
30
je suis reparti vers mon passé
me refaire une petite beauté
tout ça m'a bien éclairé
soulagé
31
j'écalais des noisettes sur ton ventre nu
tu découvrais grand tes yeux noisette
un soir doux brumeux, mois tendre de
novembre
32
j'arrondissais alors ton corps
prenait la monnaie de ton sexe
et encore et encore
prenant mon temps
je t'enfouissais
33
je gueulais fort Bertin
en solitude un soir,
mariant mes mots aux siens
puis finalement je me fis des crêpes
pour ainsi je conjurais la mort
34
piranha pirate
avec ma nageoire de bois
je décidais malgré tout
alors
de bien vivre hors de toi
35
drôlesse tu étais
mais nous, nous aimions ça
tu faisais vibrer tes seins
comme des galets mauve incertains
36
je m'étais gâtifié en toi
bêtement
bête exploit
puis tu m'avais épaulé-jeté
37
j'étais donc parti
déchirant l'opaque alors de ma vie
grands morceaux d'ouate
cotons noirs ou gris
endolori enfin je
m'endormis.
l'idée
ce laps
est excellente
autant que la mise en mots
merci amis lecteurs
ah ! les merveilleux nuages !
Au moment où je vous écris, la lune, presque pleine, s'installe dans son nid de nuages.
J'aime l'étymologie, pas par cuistrerie mais parce qu'elle dit les choses à l'origine. Que cela redonne de l'écho aux mots, du corps, du sens. J'ai repris mon Gaffiot tout élimé et mon Dictionnaire historique de la langue française, un peu écorné . Et j'ai lu.
Laps, comme lapsus, collapsus, labile, vient du verbe latin " labi" , tomber, glisser. Vos strophes déclinent ce mouvement de glissement de la rêverie à la formulation en mots, en un temps qui lui aussi glisse inexorablement, ce temps où l'oeil saisit les nuages, les suit furtivement , pour y laisser tomber les images que ce défilé fascinant provoque toujours dans notre imaginaire, dans notre mémoire.
J'ai relu Rimbaud aussi, tentant de retrouver un peu de l'esprit qui a présidé à votre poème; des nuages fugaces, légers, juxtaposés, disloqués, apparemment sans cohérence, sans sens, mais porteurs dans leur singularité d'une forme, d'une texture , d'une épaisseur, d'une course qui nous rappellent des instants, des fragments de nous. Des blasons en quelque sorte, au nombre de 37, comme la température du corps humain... 37 moments, 37 images, 37 visions...déchirées, comme on déchire le coton, et qui conjuguent douleur, douceur, sensualité et sommeil à la toute fin. 37 nues de vie, de vapeur accumulée sans qu'on en comprenne vraiment l'alchimie. Une impression de décousu, mais le fil de nos vies, qui le possède?
Alors,dans le désordre, et parce que j'aime les nuages qui passent ...là-bas, les merveilleux nuages", Rimbaud et ses nuages...
Un hydrolat lacrymal lave / Les cieux vert-chou: /Sous l'arbre tendonnier qui bave, / Vos caoutchoucs
Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins; à la cime argentée je reconnnus la déesse.
Jadis si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient
Nuages célestes qui courent et volent / Sur cent Solognes longues comme un railway
Tentative vaine peut-être pour saisir vos nuages...
des commentaires comme ça on en souhaiterait des dizaines ! en gros paquets jouissifs comme Noël
bref c'est Noël
les petits vers en bas sont de toute beauté
avec leurs mots précieux
tous en giration autour des nuages
merci tout simplement
"L'ambassade est une bouche fermée pour longtemps" et c'est bien loin de l'indre et Loire mais tes mots ce soir croisent mes humeurs avec finesse délicatesse et beauté...
Peu de chose à ajouter, juste un vrai plaisir, une céleste émotion...
Amitiés à toi
jlg
merci à toi
entre tes nuages
de l'inquiétude à l'éclaircie
...
à moins que ce ne soit le contraire
mais tu n'es plus là
c'est bête
comme un chou
bizs