Poésie Littérature Ecriture Chanson poétique

    A l’aide d’un lasso de salsepareille, j’arrivais à capturer la lune, je l’approchais de mes mains, elle était fine et sa surface craquelée comme une crêpe.
Je tenais enfin la lune entre mes mains.
    Bon dieu ! Que cet astre contenait comme poèmes et messages en son creux ; si j’avais eu quelque talent de copiste ou si ma mémoire ne me faisait pas si souvent défaut, j’avais là tous les maux des hommes à engranger pour écrire, raconter, que d’histoires, que de rêves doux ou cauchemardesques.
    La lune me dit-elle souhaitait repartir
L’attraction terrestre lui donnait des nausées, en outre elle était en pleine menstruation et souhaitait du calme.
Elle me dit aussi « qu’elle en avait assez vu »



    J’attendis cependant le matin, l’aube ;
L’astre mat du coup devenait de plus en plus difficile à maintenir
Lorsque ma voisine se fit les cils, nue en chantonnant
Je lâchais l’ensemble, la petite lune se remit d’elle-même pile poil au bon endroit
Perdant un peu de son éclat rougeâtre
Ma voisine était encore plus belle, avec mes jumelles toujours à portée de mains, j’observais son corps satiné, elle prenait son temps afin de bien tout montrer à travers la fenêtre sans rideau.

    L’aube encore se dessinait et le gros astre sortit vraiment de ses couvertures,
il lançait chaud ses rayons pour nous nourrir tous, nous 3vitaminerD tous.
La voisine sortit alors de notre immeuble avec sa jupette tremblante, plissée, écossaise bref prodigieuse.
Et prit son solex, elle partait à la « faculté » des hommes
Ses jambes blanches qu’elle possédait en double cachaient à leur union un sexe féminin dont je me réjouissais d’en inventer la couleur, l’odeur, la forme et la texture.
Je fermais les yeux pour bien ressentir ce qui gagnait mon bas-ventre.
   
    Puis :
Moi, 13 ans ( ?) je me souvins subitement qu’il restait du clafoutis dans le réfrigérateur et j’allais de ce pas m’en engloutir de fortes portions pour un petit déjeuner qui s’annonçait dithyrambique et salvateur.
Je voyais la vie commencer comme un chemin / plaisir des sens / dont a priori j’aimerais les courbes et les déliés pour peu que mon extraversion s’affirme et/ou s’affole.
Je fis ce matin-là de mon petit-déjeuner un théâtre invitant à ma table beaucoup d’invités invisibles.
Je décidais d’appeler ma future compagne « Sonia ». J’affirmais aussi que toutes celles qui suivrait (je les imaginais innombrables et différentes) se prénommeraient ainsi.

    C’est ce que je réussis à faire scrupuleusement depuis un certain temps déjà.


Mer 4 fév 2009 7 commentaires
(je ne sais pourquoi il est de plus en plus difficile de déposer un commentaire
et notamment lorsque la page est belle
tant pis
cette fois ci
j'ose)

une fraîcheur ... que je t'envie (sourire)²
Le bateleur - le 07/02/2009 à 19h31
... et le goût du clafoutis...
martine, la pèlerine - le 07/02/2009 à 22h07
délicieux souvenirs
La salsepareille, quel joli mot dans un poème fantaisie
où la sensualité le dispute au féérique
et cette Lune indomptable.

Comme les femmes ;o))
Viviane - le 08/02/2009 à 20h25
oui finalement
le clafoutis c'est mieux :-)
au moins pas d'histoires de coeur  
marc - le 08/02/2009 à 20h45
Comment vas tu Marco ?
ce texte est vraiment charmant j'aime beaucoyp l volteface du héros ... qui finalementpéfère le clafoutis ! ça me fait penser qu'il me reste un peu de ma tarte à la pomme d'hier ...    ;-)  hélas je n'ai plus 13 ans depuis longtemps !
NicoleA - le 09/02/2009 à 13h07
merci Nicole
à vrai dire j'aime bien la tarte aux pommes aussi  
marc - le 09/02/2009 à 13h27
"je fis ce matin là de mon petit déjeuner un théatre", c'est très joli cette phrase ,
et le lasso de salsepareille , c'est vraiment des trucs de gamin -schtroumf
pour tenir la lune en éclat.
bizous
if6 - le 09/02/2009 à 16h30