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Magritte / "La clairvoyance"

j’avais des droits d’auteur sur toi qu’on dit incorporels
je m’en souciais
en errance ou en errements
les vapeurs du lit
une envie d’en finir
de s’endormir à jamais en boule
gentils hérissons soyeux
en chairs douces et parfumées
odeur de douche et de savon
un soupçon d’indéfini
incompressible incompréhension d’un toi d’un moi
de ce couple de deux ce perlimpinpin
dans le lit froid
ton corps chaud ton dos tes fesses
je suis venu me caler dans tes creux pour conjurer ce froid
tu dormais déjà
épuisée de tant d’images
un couple que nous formions
une éternité dans la lenteur du mouvement des corps
l’exhalaison des souffles
la lenteur du rythme costal
un type d’immobilité enfin et soudainement à réussir
réveils ou sommeils en feintes
une impression d’utilité
suis-je utile ?
désespéré et décalé
puis une éclaircie
en marge
enfin ma main comme un couvercle sur ton sexe
mon bras malhabilement immobile
terriblement la chambre est silencieuse
dans ma nuit sans sommeil
dans mes péroraisons
dans le limon de nos ennuis d’amour

Mar 1 jui 2008 7 commentaires
je sens comme un besoin de chaleur printanière!!
bon dimanche
cocole - le 11/02/2007 à 17h16
je suis revenue souvent sur ce poème
mise à nu
difficile de commenter l'intime
juste
que j'ai senti écho
profond...
Russalka - le 14/02/2007 à 18h04

Lu.


J'ai besoin d'une deuxième lecture.


A bientôt ,donc...

nat - le 16/02/2007 à 12h32
droits d'auteurs qu'on dit incorporels..;ah!ah! ça m'a fait bien rire !
le reste oh le reste
des échos bien sûr
ce que tout le monde vit
est parfois si fade qu'il faut être doué
pour en faire un poème! tu réussis très bien -avec un peu d'humour- ça passe mieux.
bisous
bisous
if6 - le 01/07/2008 à 16h55
Tes poèmes ne sont pas des objets qui se parcourent d'un seul coup d'oeil
denses et aussi vivants et divers que l'est un coeur
ils demandent, réclament, l'apprivoisement.

Et pour cette raison, je me vois contraint de reconnaître mes torts,
et d'amender une opinion que je traîne depuis ... longtemps

Le recueil de poésie peut-être tout à fait nécessaire
pour accueillir un collectif vivant de poèmes qui, malgré la froideur de la page et le silence glacé qu'elle suppose
demeurent poèmes.

C'est en lisant celui que tu as fait paraître (après quelques autres qui ont contribué à enfoncer la porte) que cette réalité s'impose à moi.

Celui que tu nous donnes ici est des mêmes fibres
il dit, murmure, parle
au fur et à mesure des visites qu'on lui fait et des lectures.

A la première que j'en ai faite, à l'instant même, le climat de la chambre à la fois froide et ... autre
est présence

Merci
le bateleur - le 02/07/2008 à 08h22
le limon est un mot bien trouvé
il y  a le côté "vase" où on peut s'embourber, déplaisant
et le côté "limon" où peu naître des choses qui nourrissent
bien trouvé !
Loïc - le 02/07/2008 à 10h23
merci !
le poésie est effectivement "essentielle" à l'homme / encore que moi je suis clairement un poète du dimanche
il faut en lire / quand je vois le désintéressement  du lecteur "moyen" pour la poésie ainsi que le rayon des libraires
m'enfin c'est ainsi
merci en tout cas mots très gentils :-) 
marc - le 02/07/2008 à 13h51